DIAGNOSTIC
Le diagnostic de la péricardite en elle-même, quelque origine qu'elle puisse avoir, est souvent difficile. Bien des fois, en effet, cette maladie est fruste et ses signes propres sont perdus au milieu de l'ensemble symptomatique des maladies qui la compliquent ou qui l'ont engendrée. On sait que dans le rhumatisme articulaire aigu le médecin doit ausculter régulièrement le cœur des malades, afin de ne pas laisser échapper Les complications endocardiques et péricardiques. Il devrait en être ainsi dans le cours de toute bacillose: de celle surtout où les manifestations rhumatismales sont le plus prononcées. Les cas où l'épanchement est suffisant pour attirer l'attention sont rares et on risquerait de méconnaitre bien des pericardites toxiques si l'on ne considérait qu'eux.
Le diagnostic de la péricardite, en général, ne trouve qu'un appui médiocre dans les symptômes fonctionnels présentés par le malade, car ils n'ont rien de caractéristique et peuvent se rencontrer dans la plupart des cardiopathies et même dans quelques affections des voies respiratoires. Quant aux signes physiques, ils exigent pour être observés que l'attention du médecin
ie soit attirée d'une façon toute spéciale sur le péricarde et, ajouterons-nous, au moment voulu, car bien des lésions pseudo-rhumatismales, par exemple, s'atténuent avec le temps et ne peuvent être révélées à une époque reculée, même par un bon examen clinique. Mais devant une péricardite nettement attestée par nos moyens d'investigation, il est un diagnostic plus serré que nous devons porter. Quelle est l'origine probable de cette péricardite?
Il est incontestable que chez un individu qui présente toute la symptomatologie d'un rhumatisme franc, qui aura de l'hérédité de ce côté-là, nous songerons sans restriction à la péricardite consécutive à cette maladie. Mais dans les cas douteux, et ils sont nombreux, où les malades ont eu de simples douleurs articulaires, mobiles, fugaces, parfois aiguës cependant, il faudra penser au rhumatisme tuberculeux abarticulaire. On y pensera d'autant mieux que le rhumatisant sera un bacillaire par d’autres lésions. Or, la bacillose, maladie infectieuse, a le droit, comme les autres infections, à un pseudo-rhumatisme. Nous reproduisons ici l'opinion de MM. Poncet et Mailland : « L'absence de toute autre infection que la bacillose constitue une très grande probabilité en sa faveur. Nous ajouterons, d'après l'examen de nombreux malades, qu’elle impose, à priori, ce diagnostic, et ce qu’on devrait, en premier lieu, démontrer. c'est que l’on ne se trouve pas en présence d’un pseudo-rhumatisme d’origine tubercu-
leuse. » Mais le rhumatisme bacillaire primitif localisé
au péricarde est rare; presque toujours on trouve dans les antécédents du malade des manifestations articu-