‹ Péricardite Inflammatoire: D'Origine Tuberculeuse: Tuberculose InflammatoireChapitre 6 sur 19 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

ÉTIOLOGIE

Nous nous demanderons maintenant dans quelles circonstances se déclare la péricardite toxique tubereuleuse. Faisons tout d’abord remarquer que bien des fois elle ne se manifeste pas pendant la vie par des symptômes précis et qu'elle ne devient qu'une trouvaille d'autopsie. Letulle, en effet, parlant de la péricardite chez les tubereuleux dit qu’elle à pour caractère distinctif une évolution insidieuse plus ou moins lente, et il l’a fait rentrer dans le cadre des péricardites latentes. Il reconnaît que toutes les variétés de péricardite peuvent se montrer chez les tuberculeux depuis la péricardite séreuse, exsudative, fibrineuse, jusqu'aux péricardites purulentes. Mais la péricardite nettement tuberculeuse quant à ses lésions anatomo-pathologiques est plus rare qu'on ne pourrait le croire.

« La péricardite simple, aiguë, inflammatoire si lon « peut dire, se montrerait assez fréquemment, croyons- « nous, chez les tuberculeux exposés au froid et rendus « très impressionnables par leur faible constitution. Il « ne répugne nullement d'admettre que le refroidisse- « ment surtout sur le thorax ne puisse, dans certains

a pe « cas, déterminer une péricardite ou une pleurésie, où « mème affecter les deux séreuses simultanément. »

Letulle indique ici d'une façon évidente que la péricardite peut être la première manifestation d’une infection tuberculeuse. Ne pouvons-nous pas, nous, la considérer comme une localisation extra-articulaire d'un rhumatisme taberculeux. Ainsi, la péricardite toxique peut être primitive; du moins, l’évolution clinique semble montrer qu’elle a précédé les autres loca- : lisations. On ne trouve rien, en effet, dans les antécédents du malade; quelque temps après surviennent souvent d’ailleurs, soit un mouvement fluxionnaire du côté des articulations, soit une poussée de péritonite ou de méningite soit enfin une tuberculose pulmonaire qui peut guérir ou évoluer d’une façon très lente.

Mais la péricardite pseudo-rhumatismale est beaucoup plus souvent secondaire. Chez presque tous les malades on retrouve des douleurs articulaires qui revètent bien l'aspect du rhumatisme bacillaire décrit par M. le professeur Poncet. Les antécédents bacillaires autres que le rhumatisme sont fréquents. Ce sont les antécédents de tous les tuberculeux en général (bronchites à répétitions, scrofule).

D'ailleurs, rien n’est moins fixe que l’époque d'apparition des lésions péricardiques chez les tuberculeux. Dans les observations que nous avons recueillies nous constatons que bien des fois elles sont des accidents qui surviennent en pleine évolution d'une tuberculose viscérale, Ces accidents, nous le répétons, n’ont pas tou- Jours le caractère net des manifestations tuberculeuses ordinaires et ne sont révélés souvent qu'à l’autopsie.

moe C'est le fait du rhumatisme bacillaire de donner des lésions bénignes.

Les symptômes cardiaques peuvent prévenir les signes pulmonaires ou, du moins, les signes pulmonaires sont très faibles devant l'intensité des symptômes péricardiques. Témoin les observations suivantes.

OBSERVATION I (Recueillie à l'hôpital militaire Desgenettes par le D' Géniaux.)

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