‹ Peril en la demeure comedie en deux actes, en proseChapitre 43 sur 59 · ACTE II, SCÈNE V · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE V

marque de ridicule, et serrer avec efl'usion la main qu'on déshonore... ce sont là les obligations fatales d’un tel rôle... et c’est là, dis-je, une situation honteuse qu’un homme ne saurait traverser, même une fois en sa vie , sans y laisser pour toujours quelque chose de s-a pudeur d’âme et de son honneur ! ( Elle B*ari'6t(î , puis roprend.) Est-ce Vrai, Caroline, ne le croyez-vous pas?

CAROLINE, sccablëe et suppliante.

Oui... sans doute... Mais que puis-je faire, do grâce?

MADAME DE VITRÉ, ^Tec plus do douceur, mais toujours force.

Vous pouvez , mon enfant , épargner à mon fils ces indignes misères, et vous pouvez, en môme temps, sauver celle qui court avec lui vers des abîmes encore plus profonds. Il en est temps encore. .. j espère. . . (carouoo s, itro TiTemont.) j en suis sûre ! Elle aussi, je l’aime... et je veux l’aimer toujours. Je la connais... c’est une tête jeune et troublée ; mais un cœur sain et généreux. Elle est troublée parce qu’elle a trop rêvé, et trop peu vécu ; parce que. la fête du mariage ne lui a pas' tenu peut-être tout ce que son imagination de quinze ans s’en était promis (caroune sa rassied.); et pour échapper à cette vague et commune tristesse , elle s’endort dans un songe dont le réveil lui apprendra bientôt quelles sont les vraies douleurs et les tristesses mortelles... car c’est une âme délicate et fière. Aucun malheur ne la ferait plier ; mais l’ombre même de la honte l’accable déjà, et le remords la briserait 1 (eiio

la regarde avec une douce émotion et poursuit.) AuSSi nOUS la SauverOnS ,

nous les sauverons tous deux, n’est-ce pas? Oh! je sais qu’elle va me maudire... mais l’heure de la justice viendra pour moi. (atoc dignité.) Un jour surtout... un jour, quand elle se sentira heureuse, paisible et honorée , sous dcs»cheveux blancs comme les miens, elle bénira la main qui Taura soutenue et relevée malgré elle... elle bénira du fond de Tâme la vieille amie... qui alors ne sera plus !

CAROLINE^ so lovant.

Je suis toute prête!... Que demandez-vous?

MADAME DE YITRE^ avec une gaieté afToftuoustf*

Je vous demande , mon enfant , je vous supplie d’écrire deux mots au ministre, et de faire en sorte que mon démon s’envole le plus tôt et lo plus loin possible,

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