COMPLICATIONS
Les complications du cancer du péritoine relèvent de deux
processus différents, qui sont l’exagération des deux processus de la maladie. Le processus cancéreux et le processus inflammatoire. | |
Le processus cancéreux nous donne surtout Comme complication la pleurésie hémorragique.
___ Nous avons rappelé que Debove, dès 1873, a démontré
que la propagation des carcinomes se faisait par une véritable lymphangite cancéreuse. C’est sans doute ce mécanisme qu’il faut invoquer pour expliquer la propagation aux plèyres. ;
La pleurésie hémorragique évoluera tantôt avéc façon comme une pleurésie sero-fibrineuse aiguë avec point de côté, frissons et élévation de la température. Le plus souvent, elle sera torpide. Point de côté léger ou nul, pas de frissons, mais augmentation notable de la dyspnée.
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En examinant alors le malade, on trouve la matité, la suppression des vibrations, le souffle, ete. et le communicatif du diagnostic de l'affection essentielle fait supposer que l’épanchement sera : hémorrhagique. La seringue de Pravaz confirme cette idée. et l’épanchement croissant rapidement on est rapidement obligé de faire une thoracentèse. La même difficulté se présente alors. Le liquide se reproduit rapidement, et on est dans l’alternative ou de laisser la dyspnée devenir trop considérable, ou de faire subir à l'organisme une perte de sang considérable. Du reste, la mort ne tarde pas à survenir.
A lautopsie, on trouve le plus souvent sur la plèvre un ou plusieurs nodules cancéreux, recouverts de placards fibrineux, qui tapissent ça et là les feuillets pleuraux, mais on peut également ne trouver que des manifestations inflammatoires.
Le carcinose peut aussi se généraliser. L’anatomie pathologique nous a démontré la possibilité des embolies infectantes qui iront créer des nodules pulmonaires, ou par suite d’anastomoses un cancer de la colonne vertébrale, par exemple.
L'élément inflammatoire a une importance beaucoup moindre. Il est surtout un élément surajouté et se manifeste par les pneumonies terminales,
LS
La phlegmatia alba dolens à été signalée dans plusieurs
observations,
OBSERVATION VII (Mongird) (Gazette hebd. de méd. elde chir. n° 45 p.713 par M. le prof. Colin)
Type de dyspnée. — Le sieur X..., du 9 régiment de ligne, àgé de 43 ans, entre le 12 juin dernier à l’hôpitai militaire du Val-de-Grâce, dans le service du professeur Colin.
D'une robuste constitution, d’un embonpoint assez marqué, ce malade éprouve depuis quelques mois déjà des douleurs vagues dans les hypochondres, de l’anorexie et une grande difficulté de digestion. Les confrères qui l’ont vu avant son entrée
ont cherché à localiser l’origine de ces symptômes soit dans une pleurésie sèche, soit dans une affection purement nerveuse de l'estomac.
L'état oénéral da reste s’est maintenu satisfaisant. Mais un phénomène qui, dès cette époque, se prononce chaque jour davantage est une dyspnée dont le malade lui-même se rend très peu compte; on remarque, au moment de la visite, qu'il esthabituellement assis sur son lit, que ses réponses sont brèves, saccadées, mais en vain cherche-t-on la cause de cette gêne en consultant le cœur ou les poumons dont les fonctions semblent toujours s’accomplir d'une manière normale. En même temps aussi, le malade de vient de plus en plus nerveux, impression nable, perd complètement le sommeil; l'anorexie se prononce de nouveau accompagnée de régurgitation après chaque repas et dès le 25 juin, on ne prescrit plus que des bouillons à la glace et des tisanes vineuses.
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Le 27 juin, on constate un changement considérable; le teint encore animé la veille, est devenu pâle, jaunâtre, les traits sont grippés, les yeux ternes, la respiration extrèmementanxieuse, le pouls petit, irrégulier, saccadé. IL n’y a ni toux, ni expectoration, mais il existe un bruit de Ale évident à la base du poumon gauche, en arrière.
D'autres faits non moins graves se révèlent en même temps; la palpation de l’épigastre fait reconnaitre une tumeur correspondant à la région gastro- -sphénique, tumeur dure, présentant sous la main une surface irrégulièrement quadrilatère, et, d'autre part, plongeant sa base sous les fausses côtes gauches. On constate de plus de l’œdème des membres inférieurs. C’est à cette date seulement que fut formulé le diagnostic de cancer encéphaloïde du péritoine. Le 29 juin la tumeur a augmenté de volume, le ventre est ballonné, les veines superficielles sont distendues, et il y a dans toute la région abdominale des douleurs qui rendent intolérable la moindre pression; le malade à vomi presque toute la nuit. Le faciès jaunâtre, crippé, présente le double caractère de la cachexie cancéreuse et de la péritonite aiguë. Il n’y avait dès lors aucune ressource, on n’administra plus que quelques opiacés contre la douleur, et. le malade s’éteignit le 3 juillet, dans la matinée.
Autopsie le 4 juillet. — À l'ouverture de la cavité abdominale, écoulement considérable de liquide citrin, transparent ; la surface péritonéale est parsemée de plaques rosées et de fausses membranes très friables, agglutinant les anses intestinales. La grande courbure de l’estomac est englobée dans une masse de tissus encéphaloïde, offrant l'aspect et presque le volume d’un cerveau entier; cette masse s’est développée dans l’écartement de deux feuillets antérieurs du grand épiploon.
En butre de cette tumeur principale, il s’en rencontre cinq | autres le Iong du bord libre de l'intestin grèle, toutes remar-
-quables en ce qu'elles sont régulièrement arrondies, et en ce qu’elles vont en diminuant progressivement de volume à mesure qu'on les rencontre à des points plus déclives de cet intestin.
Ainsi, la première est du volume d’un œuf d’oie ; la dernière n’a que celui d’une framboise. A l’examen microscopiqué on trouve dans toutes ces tumeurs de ‘nombreuses granulations graisseuses et une grande quantité de cellules arrondies, à un seul noyau, et en général assez petites. Sur la surface antérieure de l’estomac, il existe quelques petites taches blanches, sous. forme de gouttes de cire, comme elles ont été si bien décrites par Curveilhier. Les parois de ce viscère n’ont à part la tumeur sous-péritonéale, subi aucune altération de structure, par suite de la compression périphérique exercée par cette tumeur; il y a eu seulement diminution de la capacité de l'estomac et la muqueuse présente un aspect mamelonné dù aux replis qui S'y sont ainsi produits d’une manière toute mécanique, de même, à part les tumeurs appendues à son bord libre, l'intestin est parfaitement sain. Le petit lobe du foie venait plonger par son extrémité dans la masse principale qui lui formait une espéce de gangue, mais il a été facile d’en obtenir l’énucléation et à établir que sa capsule d’enveloppe n’avait pas été atteinte par cette dégénérescence. Les autres organes renfermés dans Ja cavité abdominale, rate, reins, pancréas, n'offrent non plus aucune altération. Le diaphragme est fortement refoulé en haut, il existe une diminuation notable de la capacité thoracique ; c’est surtout au niveau de laponévrose que ce refoulement est le plus marqué, et la gène qui devait en résulter pour la circulation, surtout dans le cœur droit, peut nous. rendre compte de la dyspnée observée pendant les quinze derniers jours. Le lobe inférieur du poumon gauche est aplati, mou, non érépitant, mais a conservé sa consistance normale ; il présente le type de la splénisation.