‹ Péritonite Cancéreuse PrimitiveChapitre 15 sur 28 · LE · texte numérisé non relu

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: mènes S d'asphyxie mécanique. On avait dù ponctionner l'abdomen une quatrième fois, la veille de la mort. A l’autopsie, une vaste masse cancéreuse siégeant dans le. ‘mésentère, enfermée par une ponction de l'iléon, et semblant homogène plutôt que formée par la réunion de tumeurs multi- ples. Cette tumeur possédait à la coupe les caractères assignés aux fumeurs squirrheuses. Son tissu était dur, lardacé, criant sous le scalpel, avec des réflets bleuâtres. C'était bien un cancer primitivement développé dans le mésentère et se propageant peu à peu à l'intestin, Ce dernier, en effet, était seulement malade à son insértion mésentérique. be ses tuniques étaient parsemées de petites masses végétantes : faisant une saillie peu considérable et diminuant à peine le calibre de l’organe. Dans l'intérieur de là masse cancéreuse existaient des vaisseaux artériels, à orifices largement ouverts, et/qui ne semblaient pas avoir souffert beaucoup de la compression. En présence d’une lésion de ce genre, l'examen microscopique devenait superflu. ja se autopsie n'a fait découvrir aucune apparence de dégénérescénce cancéreuse autre part que dans le mésentère. On n’a pas trouvé non plus de dépôts tubereuleux dans les poumons. Mais il faut signaler un détail intéressant de l'examen cadavérique. Le cœur droit contenait des caïllots fibrineux se prolongeant dans l’artère pulmonaire et dans les veines caves.

OBSERVATION IX (Tirée de la thèse de Lorreyte, p. 35) :

Epanchement hémorrhagique. — Le 9 janvier 1873 entre à n° 91, salle Sainte-Joséphine, service de M. Millard, la rommée Th..…., âgée de trente-neuf ans.

Antécédents. -- Interrogée avec soin au point de vue de l’hé-

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rédité, elle ne nous apprend rien qui puisse se rapporter à sa maladie actuelle. Elle à eu, il y a treize ans, un enfant qui se porte bien. Jamais elle n’a été gravement malade. Les accidents qui l’amènent à l’hôpital ne remontent pas au-delà de deux mois. À cette époque, elle a ressenti dans la région abdominale, à gauche de l’ombilic, des douleurs intermittentes, sourdes d’abord, et dont l'intensité n’a fait que s’accroitre. Quelques jours plus tard, elle s’est aperçue que son ventre grossissailt. Elle n’a jamais eu grand appétit ; mais un mois avant sa maladie elle à commencé à éprouver du dégoût pour les aliments ; actuellement elle ne prend guère que du bouillon et du lait. Pendant tout le mois qui a suivi l'apparition des premières douleurs, elle a eu des vomissements fréquents qui n’existent plus aujourd’hui. Elle à subi chez elle deux ponetions abdominales à huit jours d'intervalle. La dernière qui a été pratiquée le jour de Noël, a donnéissue à environ trois litres d’un liquide rougeâtre, sanguinolent. Les règles sont supprimées depuis deux mois. |

État actuel. — En examinant cette malade, ce qui frappe au premier abord, c’est son état cachectique. Les traits sont tirés, les yeux encavés, le sillon naso-labial profondément creusé. L’élasticité de la peau est presque entièrement perdue, ce dont on peut s'assurer par la permanence des plis qu’on lui imprime.

Le ventre, considérablement distendu, est sillonné par des veines volumineuses qui se dessinent sous les téguments en trainées presque rectilignes. Le palper et la percussion font reconnaître l’existence d’une ascite abondante. La région hypogastrique et les flancs sont le siège d’une matité absolue, de même que l’hypochondre gauche. On ne trouve de sonorité qu'au niveau de l’épigastre. La peau de l’abdomen est distendue, luisante; elle offre des vergetures nombreuses et elle est marbrée en certains points par des taches rouges, ecchymotiques, de

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forme irrégulièrement circulaire, dont les dimensions varient entre un demi-centimètre de diamère. Au palper, on a la sensation de noyaux durs, inégaux, occupant la cavité abdominale. Quelques-uns paraissent superficiels, contigus à la paroi, tandis que d’autres en sont séparées par ‘une couche de liquide. Toute la région hypogastrique donne à la main la sensation d’un gateau volumineux qui remonte vers l’ombäic, en se dirigeant surtout vers le côté gauche, pour aller se perdre en haut sous le rebord costal du même côté.

Les membres inférieurs sont œdématiés depuis deux jours seulement au dire du malade.

Rien d’anormal au cœur ni aux poumons.

Par le toucher vaginal on constate que l'utérus est presque immobile ; le col est tout à fait sain. |

Il n'existe aucun trouble de la miction ; l’urine ne contient pas d’albumine.

La langue est rouge, sèche, sur sa base de même que sur la face inférieure du voile du palais, on aperçoit des plaques

blanches de muguet.

La masse épiploïque à une longueur de trois décimètres sur dix à quinze centimètres de largeur. À cinq à six centimètres d'épaisseur, sa surface antérieure est assez régulièrement mar-

ronnée. Son bord inférieur offre des bosselures très distinctes qui se dessinent encore davantage sur la face postérieure, où l’on trouve des noyaux nombreux de la grosseur d’une noix, sillonnés de tâches et de stries bleuâtres. Ces dernières sont formées par des vaisseaux dilatés. 4 ;

L’estomac n’est envahi par la dégénérescence que sur sa paroi antérieure et dans ses deux tuniques externes. La muqueuse est parfaitement saine.

Le gros intestin et l'intestin grêle sont rouges, et, sous la séreuse qui les tapisse, on découvre de fines arborisations vas-

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