‹ Péritonite Cancéreuse PrimitiveChapitre 17 sur 28 · MES A · texte numérisé non relu

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Autopsie. — Abdomen. — Tous les organes contenus dans la cavité abdominale sont adhérents entre eux, excepté les deux reins, quise laissent facilement détacher et ne présentent aucune lésion apparente. Le péritoine contient une grande quantité . d’un liquide légèrement teinté de rouge. A première vue, il est difficile de reconnaitre les différents viscères. Ce qui frappe, tout d’abord, c'est un bloc volumineux, mamelonné, jaunâtre, Strié de rouge-carmin et occupant tout le grand épiploon. Cette énorme tuineur, par son poids a attiré le colon transverse vers la partie inférieure et gauche du ventre, laissant ainsi à découvert une grande partie de l’estomac au détent et dans la paroi antérieure duquel se trouve une production cancéreuse janàtre, striée de rouge, arrondie, et avant environ un décimètre de diamètre.

A la coupe, tous les noyaux cancéreux et la grosse masse épiploïque offrent les mêmes caractères ; la surface incisée laisse suinter un suc laiteux quand on la comprime. Ce tissu pathologique est mou'et offre les caractères extérieurs de l’encépha- Joïde.

OBSERVATION X (Tirée de la thèse Lorevyte, p. 47)

Pleurésie hémorrhagique. — Gi... Hippolyte, âgé de 30 ans, entre fin janvier 1872 dans le service de M. Dujardin-Baumetz, à l’'Hôtel-Dieu.

Depuis deux mois, il éprouve dans le ventre üne sensation de pesanteur. En décembre 1871, il est entré dans un, service de chirurgie, où l'on a constaté la présence dans l'abdomen d’une tumeur assez considérable, Une ponction exploralrice à été faite, rien n’est.sorti.

Etat actuel. — Abdomen considérablement développé, sil-

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lonné par des veines sous-cutanées très apparentes ; au palper, on sent une tumeur dure, bosselée qui, limitée au moyen de la percussion, paraît siéger à gauche et au-dessous de l’ombilie, de manière à remplir le flanc et la fosse iliaque du même côté. Dyspnée intense. Etat cachectique assez avancé.

Au bout de quelques jours, œdème des membres inférieurs, puis symptômes de péritonite, douleurs vives dans le ventre, vomissements poracés. Des tâches ecchymotiques apparaissent. sur la peau de l'abdomen deux ou trois jours avant la mort qui survient le 5 février

A l’autopsie, granulations cancéreuses répandues sur toute la surface du péritoine et particulièrement dans le crand épiploon. Anses intestinales agglutinées par des fausses membranes récentes. Tumeur carcinomateuse du volume d’un cœur

humain, situé dans la fosse 1liaque du côté gauche et comprimant la veine iliaque primitive, qui présente des tâches rouges, ecchymotiques ne disparaissant pas par le lavage.

La veine cave inférieure renferme dans sa cavité une saillie en forme de champignon qui adhère à la paroi et qui parait être de nature carcinomateuse. L’aorte ne présente rien.

Le foie offre à sa surface des petites tumeurs du volume d’une noix, d’une coloration blanc-jaunâtre, et ayant déjà subi, quelques-unes du moins, un ramollissement au niveau de leur centre. Reins et rate sains.

Epanchement sanguignolent dans le péritoine.

La colonne vertébrale n’est pas altérée, le tissu spongieux du corps des vertèbres paraît seulement un peu plus rouge qu'à l’état normal.

A la face postérieure de la paroi abdominale antérieure, sous le péritoine pariétal, à l'endroit qui correspond exactement à la ponction faite par le chirurgien, il existe une petite tumeur carcinomateuse.

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Les ganglions de l’aine ont subi la dégérescence cancéreuse ; ils sont durs et augmentés de volume.

Les poumons sont congestionnés, dans la plèvre gauche épanchement abondant, légèrement coloré en rouge par du sang. Epanchement pleurétique moins considérable du côté droit. Les deux plèvres diaphragmatiques sont le siège d’une foule de granulations cancéreuses analogues à celles de l’épiploon. :

Dans le péricarde, quelques cuillerées d’une sérosité transparente. Le cœur présente à sa surface des tâches laiteuses et aussi une petite tumeur, large comme une pièce de 50 centimes, d’un blanc jaunâtre, offrant des saillies et des dépressions et paraissant limitées à l’épaisseur du péricarde vénéral. Valvules mitrales parsemées de noyaux athéromateux. L’aorte ascen- ‘dante présente également des athéromes, situés un peu audessus des valvules sigmoïdes.

Cerveau sain.

OBSERVATION XI (Chuquet)

Début par occlusion intestinale. — L..., 73 ans, macon, est “entré le 10 février 1879, salle Saint-François, n° 17.

Ce malade nous est entré avec une recommandation d’un médecin qui le disait atteint d’occlusion intestinale: « Il n'avait pu aller à la selle depuis près de trois semaines; malgré 100

grammes d'huile de ricin et deux gouttes d'huile de crôton par la bouche à plusieurs reprises, malgré des lavements purgatifs répétés, etc. il n'avait rendu que très peu de matières. »

Il nous a donné lui-même très peu de renseignements sur son état antérieur. [1 était mal portant, disait-il, depuis environ un an. Il ne vomissait pas il n’avait pas rendu de sang par les garde-robes.

Etat actuel. — Très peu d’œdème des jambes. Tuméfaction de la paroi abdominale qui est dûe à un météorisme considérable, mais aussi à la présence d’une certaine quantité de liquide ainsi que le révêle la percussion des parties déciives. L’embonpoint du sujet rend les recherches très difficiles. On ne perçoit aucune tumeur. Le foie, au dire de M. Millard, est augmenté de volume. Rien d’important à noter pour le cœur et les poumons. on

11 février. — Très vives douleurs dans le ventre qui Sn hen le malade de dormir et lui arrachent ne cris. Efforts de vomis-

‘ sements incessants.

Le 12 février. — Ponction qui laisse sortir 7 litres de liquide jaune très foncé. Après la ponction on perçoit des rénitences localisées dans la cavité abdominale. Le liquide après dépôt nous permet de voir à la partie inférieure du vase des parties blanches mêlées à des parties rouges. L'examen microscopique montre que ce-dépôt est constitué par des globules sanguins crénelés, des globules blancs et de grandes cellules polymorphes à noyaux multiplés donnés comme sd ire du suc Cancéreux.

Le 138 février. — Même état malgré la ponction. Les douleurs

restent très vives et ne sont calmées que par l'injection hypo- . { f dermique.

Le 14 février. — Mort. s Le diagnostic avait été, même avant la ponction: péritonite

cancéreuse. L'examen du liquide: vérifiait pleinement cette assertion de M. Millard.

Aulopsie. — Ouverture de la cavilé abäominale. — Deux litres de liquide, jaune foncé s’en échappent. En écartant les deux lèvres de l’incision du ventre, on est frappé immédiatement par l’aspect du grand épiploon parsemé de noyaux blanchâtres autour desquels la séreuse présente une vascularisation

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considérable. A la partie supérieure de ce grand épiploon, au niveau du point où il s’insère à la grande courbure de l'estomac existe une plaque de choudroïde de la dimension de la paume de la main, de Ov01 d'épaisseur, présentant un aspect blanchâtre qui contraste avec l'aspect rougeñtre du grand épiploon. Au niveau de l'insertion mésentérique de l'intestin grèle et au niveau de l'insertion du mesocôlon sur le côlon, on trouve des granulations jaunâtres dont la dimension varie depuis un grain de millet jusqu'à un noyau de cerise. Quelques-unes présentent même un développement plus considérable. Les mêmes crains jaunes se retrouvent au niveau de la partie convexe de l'intestin, mais beaucoup moins nombreux. Ilen existe très peu dans cette partie du mésentère qui s’insère à la colonne vertébrale. On en trouve également sur toute la paroi abdominale et surtout sur le trajet de l’ouraque, et des artères ombilicales jusqu'à lombilie où est un noyau considérable. Le péri- | toine diaphragmatique en est tapissé, et, à ce niveau, ces grauulations forment en se réunissant des plaques considérables. Sur la face pleurale du diaphragme, on retrouve quelques granulations assez développées, peu nombreuses en somme.

Examen des viscères. — Foie. — (Considérablement augmenté de volume, il présente un aspect jaunâtre qui tient à la dégénérescence graisseuse. Au niveau de l’incision du péritoine sur sa face convexe, ces noyaux cancéreux se retrouvent et paraissent s'étendre sur la face convexe en devenant de plus en plus petit. L’odeur est celle du foie gras.

A la coupe, on retrouve les caractères d’un foie moyennement oraisseux. Vers. la partie centrale existe un noyau blanchâtre de 12 dimension d’une petite noix et à côté un noyau plus petit. Poids 2 kil 100.

Estomac. — Il est rempli de liquide. I parait contenu dans un véritable sac de tissu cancéreux, du moins quant à la partie

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pylorique. Au niveau de la grande courbure et de la grande tubérosité il n’existe pas de productions cancéreuses. Nous ouvrons l'estomac le long de la grande courbure. La muqueuse dans toute son étendue paraît saine, mais au niveau du pylore, la plaque volumineuse que nous avons mentionnée au début constitue un canal inexténsible qui ne laisse pas passer deux doigts. L’épaisseur du tissu morbide au niveau du pylore est de près de On 04. Quoiqu'il n’y ait rien dans la petite courbure l’épiploon gastro-splénique est farci de granulations et présente une épaisseur de 0"02. : :

Rate. — Elle paraît normale. La capsule est seulement un peu épaissie.

Reins.— Graisseux à gauche. Dans la rein droit on trouve un noyau ovalaire de la grosseur d’une amande.

La muqueuse du gros intestin est saine. Les tuniques externes sont rétrécies par le néoplasme. Il en résulteune diminution de calibre.

La muqueuse de l'intestin grèle est absolument saine.

Ganglions mésentériques dégénérés, cancéreux.

Aorte athéromateuse.

Ganglions du médiatus cancéreux.

Cœur. — Surcharge graisseuse. Dilatation générale des cavités. Légère hypertrophie du ventricule gauche. Valvules mitrales et tricuspèdes intactes. Athérone des valvules aortiques. Les poumons ne présentent rien de particulier à noter, sauf un peu d’hypostase, La plèvre pariétale, dans ses portions costales et médiastines, n’a aucun grain cancéreux. Rien de particulier à noter dans le cerveau et les méninges.

OBSERVATION (résumée)

(CANCER DES ÉPIPLOONS AVEC POCHE KYSTIQUE HÉMORRHAGIQUE (Société anatomique, 1868, p. 59)

M. Deshayes, fait voir des lésions trouvées à l’autopsie d’un

.. homme de 71 ans, mort à Bicêtre, en trente-six heures, avec

; tous les signes d’une péritonite aiguë. Cet individu était entré à

l’hospice depuis 1828, comme atteint de cécité, et sa santé avait toujours été généralement bonne.

Les lésions graves qui ont déterminé la péritonite mortelle, s'étaient done développées d’une manière tout à fait latente ; ou au moins sans trouble important de la santé.

L’autopsie montre d’abord les lésions de la péritonite ultime, rougeur, fausses membranes, adhérences péritonéales, etc., mais il existait une tumeur globuleuse énorme, située derrière la paroi abdominale et en avant des intestins, étendue depuis le foie et l'estomac jusqu’au pubis. Elle contient des gaz et un liquide brunâtre qui s’échappent lorsqu'on la presse, par deux

! orifices de perforation ; un examen attentif démontre que cette tumeur est développée dans le grand épiploôn.

En arrière et à gauche existe une adhérence assez large avec le jéjunum qui a cependant conservé toute son intégrité. Cette tumeur renfermait outre les gaz abondants et le liquide, des masses d’un rouge brun foncé, tomenteuses, analogues comme aspect aux lobes placentaires qui sont composés de fibrine concrétée et friable.

En outre, on retrouve, dans le méso-côlon, dans Je mésentère, de petites masses grosses comme une tête d’épingle, comme des pois ou même plus volumineuses, isolées ou en chapelets, de nature cancéreuse et développées dans le tissu cellulaire souspéritonéal .

j Aucun viscère ne présentait la moindre altération.

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