‹ Péritonite Cancéreuse PrimitiveChapitre 19 sur 28 · DIAGNOSTIC · texte numérisé non relu

DIAGNOSTIC

Le diagnostic de la péritonite cancéreuse primitive est toujours un diagnostic difficile. On est appelé à le porter dans cinq cas bien séparés :

1° Il y a un épanchement abdominal séreux ou sérofibrineux, dont l'évacuation laisse percevoir des tumeurs : ‘Roll y à un épanchement abdominal séreux ou sérofibrineux, mais après l'évacuation on ne perçoit pas de grosse tumeur ;

3° Il y a un épanchement intraviscéral et non pas intrapéritonéal ; |

4 I y à un épanchement hémorrhagique avec ou sans tumeur ;

5° L’épanchement est un smptôme secondaire au point de vue clinique; il existe une tumeur abdominale ; |

6o Il y a une cachexie fruste et sans symptômes lo-

caux bien spécifiés par le malade.

= [.— Les cas d’épanchement non hémorrhagique sont fréquents et nous les signalons en tête, pour que l’on soit bien convaincu que le caractère séreux de l’épanchement n’est pas incompatible avec l'existence de la péritonite cancéreuse,

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Dans cette première catégorie de faits nous nous trouvons | en présence dé deux cas bien différents, l’un relativement rare et l’autre très fréquent:

1° La tumeur tr avec généralisation en secondaire ; :

Pan bE tolie tuberculeuse, avec gâteaux péritonéaux.

Le premier cas est le plus simple. En faisant l'examen complet du malade, en répétant soigneusement la palpation et la percussion, on retrouvera, avec l’aide des commémoratifs, des symptômes capitaux. <

L'existence d’une tumeur augmentant la matité de la région lombaire, donnera au palper de Guyon le phénomène du ballotement rénal, dont l’évolution à été accompagnée d’hématuries répétées, fera songer à un sarcome du rein. Alors, la cystotomie permettra de voir que l’urine ne s'écoule plus dans la vessie que de l’uretère correspondant au rein sain. |

Cependant, il est des cas ou après avoir diagnostiqué cancer du péritoine, on a | irouvé à Fautopsie un cancer primitif du rein.

Une longue période d’état où la santé est restée intacte, la forme ovoide »roéminente du ventre, la matité continue, la latéralité nette de la tumeur, les signes fournis par le toucher vaginal permettront de dépister le kyste de l'ovaire, dans les cas où la tumeur a greffé ses végétations sur le péritoine.

Mais le diagnostic avec la péritonite tuberculeuse est de beaucoup le diagnostic le plus délicat. Certes, d’une façon

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générale, à existe deux signes bien distinctifs. L'une frappe les jeunes gens débiles, : à antécédents scrofuleux, ayant eu des abcès froids mal guéris ou des coxalgies, et dont les sommets pulmonaires sont rarement intacts. C’est la péritonite tucerculeuse. L'autre frappe des adultes ou des vieil- lards robustes, et mine progressivement des organismes indemnes de tare bacillaire. :

Que de variations et combien dans la clinique ces signes donnent peu de certitude. D'autant que les signes communs abondent et dans une thèse soutenue à Paris en 1893, Castruil a bien mis en relief les difficultés de la diagnose.

Des deux côtés, ballonnement du ventre, météorisme, ascite cloisonnée, amaigrissement, adénopathies, déchéance organique. Le gâteau péritonéal simule merveilleusement la tumeur.

Il est dans ce cas un signe de premier ordre. C’est la réaction biologique du liquide. Mème en cas d'intégrité des sommets, même chez un sujet adulte l’inoculation de l’épanchement au cobaye va trancher nettement la difficulté.

Si la péritonite est tuberculeuse, le cobaye inoculé mourra de tuberculose généralisée; et le diagnostic différentiel sera ainsi posé.

Nous rappellerons ainsi la nature différente de l’adénopathie inguinale qui n’aura jamais dans fa tuberculose la dureté qu’elle présente dans le cancer.

20 Dans le cas d’ascite sans grosse tumeur, la péritonite cancéreuse primitive peut être confondue avec deux groupes de maladies,

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I). Les maladies où le péritoine, malgré l'existence de l'épanchement, n’est pas l'organe essentiellement lésé.

Il). Les péritonites chroniques simples, c’est-à-dire celles qui ne relèvent ni de la tuberculose, ni du cancer. |

Un malade se présente avec du ballonnement du ventre. une ascite moyenne et de la dyspnée. —En l'examinant, vous remarquez que les jambes sont enflées, le scrotum oœdé-

-matié; il vous apprend qu’il a eu une attaque ou plusieurs

attaques de rhumatisme articulaire aigu, qu'il souffre de battements de cœur violents. Vous le voyez haletant. A l'auscultation vous trouvez un souffle systolique à la pointe. Il ne saurait y avoir de confusion.

Un autre malade est cachectique, mais il est blanc et non jaune paille. Les paupières sont bouffies. Le ventre est souple, malgré l’ascite non douloureux. L’acide nitrique précipite de l'albumine dans ses urines. L'examen approfondi du malade fait faire le diagnostic de mal de Bright.

En présence d’un malade porteur de varicosités veineuses des pommettes qui, après une période de troubles digestifs, a vu goniler son ventre, un réseau veineux labial développé à droite. Vous êtes porté à percuter le foie. Il est petit, la rate est grosse et sensible à la percussion. L’urée est diminuée dans les urines, qui contiennent de l’urobiline ; l'expérience de la glycosine alimentaire donne un résultat

positif. Vous concluez à une cirrhose de Laënnec.

Il en est lout autrement des péritonites chroniques simples, qui relèvent le plus souvent de l'alcoolisme. Ecoutons la description de la péritonite chronique alcoo-

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: EE de Lancereaux : « Douleurs généralement sourdes. Al diminuée sur les différents points de l'abdomen, accusées :

V par la percussion tout au moins à la première période du mal avec augmentation de volume et inégalité de l’abdomen, sans dilatation des veines sous-cutanées, sensation de flux, déplacement incomplet de liquide épanché, absence de déplacement des anses intestinales à la palpation, parfois diarrhée concomitante, dyspepsie et souvent cachexie. » Voilà résumés les principaux caractères de la maladie d’après M. Lancereaux (Dictionnaire des sciences médil'cules, art: ALCOOLISME).

Si ce sont là des signes communs, on peut en trouver de différents. Le plus important est-la différence de l’évolution des deux maladies. | |

La péritonite Cancéreuse primitive mène à la mort en huit mois, en général, la péritonite chronique alcoolique à une évolution lente, torpide.

Les commémoratifs mettent sur la voie du diagnostic. Enfin, on ne retrouve pas cette adénopathie ligneuse spécifique pour ainsi dire du cancer.

Indépendamment de l’alcoolisme, la péritonite chronique a été décrite, soit comme lésion venant compliquer un ulcère de l’estomac, une ovarite ou une tumeur abdominale, soit au cours du mal de Bright et des cardiopathies.

Delpeuch, du reste, remit dans une même pathogénie la péritonite chronique survenant au Cours des cardiopathies, ou mal de Bright ou de l’intoxication saturnine. Il s’agit, selon lui, d’une action toxique ou de poisons autogènes ou

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hétérogènes. Ces affections donnent. peu de symptômes ;

surtout peu de symptômes inquiétants et ne feront pas com-

mettre une erreur de longue durée, si on les a confondues

momentanément avec la péritonite cancéreuse.

Quant à l’ascite idiopathique des jeunes sujets, ascite Cura-

ble, on sait depuis les travaux de Marfan qu’elle correspond à la forme la plus bénigne de tuberculose péritonéale.

3, La péritonite chronique cancéreuse peut encore, par

l’ascite, être confondue avec les collections liquides déve-

loppées à l’intérieur des organes de la cavité abdominale.

Ainsi la rétention de la bile dans les voies biliaires peut donner lieu à une annulation de bile dans la vésicule sans ictére ou avec ictére léger,et qui pourrait donner le change.

Le kyste de l'ovaire se diagnostiquera aisément par son origine (toucher vaginal et rectal) son évolution, la forme

ovoide du ventre, l'analyse chimique du liquide et la pré-

sence de la paralbumine. à 4, Lorsque la ponction a démontré l’existence d’une ascite hémorrhagique, s’il s'agit d’un, malade, âgé, cachectique,

le diagnostic de péritonite cancéreuse primitive est de beau-

couple plus probable. Toutefois, ces épanchements hémorrha-

giques peuvent se rencontrer dans deux autres affections. La péritonite tuberculeuse peut se compliquer d’un épanchement franchement hémorrhagique, en particulier dans un cas publié par M. le professeur Jaccoud. | On à même décrit une pachypéritonite hémorrhagique, inflammatoire, où l’épanchement hémorrhagique est dû à la rupture des vaisseaux de nouvelle formation.

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A | L'inoculation aux animaux de l'épanchement, la marche

te irrégulière, sans cachexie avec poussées aigues, feront

2 éviter les erreurs de diagnostic.

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