OBSERVATION III
Péritonite tuberculeuse aiguë à la localisation iléo-cœcale plus marquée et présentant les symptômes d'appendicite compliquée de péritonite généralisée. (Obs. de M. Lejars rapportée par M. Guillemare. In Péritonite tuberculeuse aiguë. Thèse, Paris, 1898.)
Femme, 40 ans, entrée en mars 1896, dans le service de M. Dalché à l’hôpital Beaujon, pour des accidents péritonéaux graves, paraissant d’origine appendiculaire.
Vue par M. Lejars, le 27 mars. Malade: très pâle, traits tirés, aspect général des plus inquiétants.
L'affection avait débuté brusquement 4 ou 5 jours
avant, par des douleurs et des vomissements. Il était impossible de retrouver quoi que ce soit dans l’histoire antérieure de la malade.
Les vomissements avaient continué, fréquents, verdàtres sinon nettement porracés ; la constipation était opiniâtre, sans qu'il y eût d'arrêt stercoral proprement dit ; de fait les émissions gazeuses persistaient et les lavements ramenaient quelques matières dures.
Quand M. Lejars vit la malade, cellé-ci paraissait en pleine péritonite ; le ventre était très ballonné, douloureux
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sur toute sa surface, mais surtout dans la fosse iliaque droite, où la palpation que cette douleur rendait du reste fort malaisée, décelait une sorte de masse profonde, mal dessinée, mais dont la consistance paraissait trancher avec la tension des régions limitrophes. Langue sèche ; Pouls à 120, petit : Température 38°5, facies très mauvais.
Le diagnostic d'appendicite compliquée de péritonite semblait s'imposer, le pronostic fut des plus réservés. L’intervention semblait urgente et elle fut pratiquée quelques heures plus tard. ;
Sous l’éther, la masse que l’on sentait dans la fosse iliaque droite, ne devint pas plus nette, maïs on y retrouväit une tension plus grande et peut-être une vague fluctuation ; en somme la sensation était celle que l’on a souvent, lors d’appendicite sans foyer circonserit.
Incision iliaque ordinaire ; les différentes couches de la paroi se montrèrent avec leur aspect normal ; le péritoine incisé, il.ne s'écoula aucune espèce de liquide et on arriva tout de suile sur 10 cœcum et l’appendice.
Ce dernier était recouvert et entouré d'un semis de granulations miliaires qui firent penser immédiatement à la tuberculose. Sur le cœcum, amené au dehors, le. nême . semis granuleux fut constaté et l’épiploon attiré à son tour en était lui-même couvert. Le diagnostic de granulie péritonéale parut dès lors évident, et on incisa seulement un petit fragment d'épiploon pour l'examen. La plaie fut refermée suivant le mode ordinaire.
On s'attend à voir succomber la malade ; cependant, on lui fait, sans grand espoir, d'abondantes injections souscutanées de sérum artificiel.
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Le lendemain, situation plutôt meilleure. Peu de vomissements. Température à 38° ; pouls meilleur ; amélioration progressive ; l'appétit reparut, les douleurs disparurent en grande partie, le facies redevint presque bon. La plaie iliaque s'était réunie sans incident.
Dans le mois qui suivit, quelques poussées nouvelles se reproduisirent, se traduisant par une élévation thermique et quelques vomissements. Puis le calme se fit et la malade sortit de l'hôpital le 4 juin 1896, dans un état général fort satisfaisant.