‹ Péritonite tuberculeuse de la région iléo-cœcaleChapitre 15 sur 30 · OBSERVATION V · texte numérisé non relu

OBSERVATION V

Péritonite {uberculeuse chez un phtisique, plus spécialement localisée à la région iléo cœcale. — Perforations tuberculeuses le l’appendice. — Foyer purulo-fécal circonscrit dans la cavité péritonéale. — Mort. — In thèse de Bodard, Paris 1844. Des perforations du cœcum et de l’appendice cœcal.

Un homme d’une constitution faible, Agé de 32 ans entra dans le service de M. Honoré à l'Hôtel-Dieu, le 16 février 1844, Il offrait tous les symptômes généraux de la phtisie à la période de ramollissement des tubercules. — L’auscultation et la percussion faisaient reconnaître dans la poitrine, au sommet des deux poumons, tous les signes physiques du ramrollissement tuberculeux. Il accusait aussi plus spécialement des douleurs répandues dans tout l'abdomen qui était tuméfié et se plaignait surtout d'une douteur lrès forle dans la fosse iliaque aroile. Quand on percutait cette région, ontrouvait de la matité; parle palper on sentait une fluctuation extrêmement obscure. Cet homme était en outre affaibli par une diarrhée qui alternait avec des sueurs copieuses.

On combattit plusieurs fois la douleur par des applica-

tions de sangsues ; mais on n’obtenait qu’un soulagement de médiocre et courte durée. On chercha en vain à résoudre la tameur par des frictions mercurielles. La phtisie pulmonaire et intestinale, marchèrent simultanément. Enfin le malade succomba aux progrès de l'affection tuberculeuse le 40 avril.

Il s'était toujours plaint jusqu’au dernier moment d'une douleur vive dans la région cœcale mais n'avait jamais présenté ni nausées, ni vomissements à aucune période de sa maladie.

Aulopsie. — Têle : Cerveau, cervelet, méninges entièremement sains.

Poitrine. — Les deux poumons adhérent fortement aux parois thoraciques, par des adhérences filamenteuses et résistantes. Le sommet de chacum d'eux présentait des tubercules à tous les degrés, car on y trouvait des granulations miliaires, des points ramollis et des cavernes d’une assez grande étendue remplies de pus tuberculeux. Les ganglions bronchiques étaient aussi dégénérés.

Abdomen. — En ouvrant cette cavité, j'ai trouvé de la sérosité accumulée surtout dans l'excavation pelvienne et une masse de tubercules développés çà et là, avec exubérance sous la membrane séreuse du tube intestinal qui n'était injecté nulle part et n'offrait aucune fausse membrane. Ils élaient surtout nombreux au voisinage de la valvule iléo-cœcale,soas la membrane séreuse du cœcum et dans le tissu cellulaire sous-muqueux, à l’état d'isolement et d'agglomération ; on les trouvait encore excessivement nombreux sous la membrane séreuse de l'appendice à son origine,

Il existait aussi des ulcérations multiples, les unes petites, les autres larges dans la muqueuse du cœcum, de tout le gros intestin et de l'intestin grêle. Il y avait une dégénérescence tuberculeuse énorme de tout le mésentère,

En examinant la fosse iliaque droite, je découvris une cavité qui pouvait avoir lacapacité d’un œuf de poule, dans laquelle existait du pus mêlé à une petite quantité de matières féciles délayées. Elle me parut limitée, en dedans par le grand épiploon qui adhérait à la paroi abdominale et à l’appendice au niveau de sa base, et formait comme une paroi tendue limitant en dedans le foyer purulent ; en dehors le fascia iliaca doublé de ses muscles servait de limite. Dans cette cavité flottait l'appendice vermiculaire plissé un peu sur lui-même par desadhérences, mais communiquant facilement avec la cavité cœcale. Il présentait à son origine, une première perforation de deux lignes de diamètre, puis plus loin, trois autres perforations moins grandes. Je fendis alors l'appendice vermiculaire, afin d'examiner sa face interne ; la muqueuse était altérée, ramollie, présentait des ulcérations profondes, au-milieu desquelles on apercevait la matière tuberculeuse, sous forme de détritus jaunâtres. L'extrémité libre de l’appendice était également perforé: et présentait un orifice béant et frangé, résultat d’une altération tuberculeuse. Il n'existait aucune communication du foyer avec la cavité du péritoine.

Evidemmentcet homme a succombé à son affection tuberculeuse et à une suppuration profonde ; la douleur iliaque fut le seul phénomène observé pendant la vie.

Probablement, à mesure que lulcération gagnait en

profondeur les parois de l'appendice, quelques fausses membranes effectuaient un enkystement salutaire, favorisé puissamment par les adhérences de l'épiploon lui-même.

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