OBSERVATION VI
Péritonite tuberculeuse générale chez un phtisique, mais plus spécialement localisée à la région iléo-cœæcale. — Anus contre nature dans la fosse iliaque droite. — Mort.iln Lebert, Physiologie pathologique,t.Il,p. 470).
Un garçon de 8 ans, d'une constitution faible et chétive, était entré à l'Hôpital des Enfants avec un anus contre nature situé à 3 travers de doigt à droite du nombril, offrant les signes ordinaires de cette affection : développement des follicules, renversement extérieur de la membrane muqueuse des intestins, écoulement d'une g'ande partie des matières fécales par la fistule, etc., etc. Le ventre était ballonné et on put reconnaître en le palpant l'engorgement des ganglions mésentériques. Le petit maïade toussait, mais presque sans expectorer, il présentait les signes sthétoscopiques de la phtisie tuberculeuse au 1* degré : expiration prolongée sous les clavicules, son mat, ràles sous-crépitants, respiration bronchique en plusieurs endroits, etc., etc. La fièvre devint de plus en plus intense et le malade succomba dans un degré avancé de marasme, — Pendant la vie on ne pouvait trouver le bout
supérieur de l'intestin : en explorant, on arrivait dans une poche dont les bords etaient adhérents à l'ouverture anormale des intestins.
Aulopsie 36 heures après la mort.
Les ganglions bronchiques contenaient beaucoup de tubercules. — A la surface des poumons ainsi que dans leur parenchyme, existaient de nombreux tubercules jaunes miliaires, surtoutau sommet.La surface pleurale du diaphragme était recouverte de masses tuberculeuses. Il en existait aussi dans le feuillet péritonéal du foie et de la rate. Le péritoine en général était le siège d’une tuberculisation fort étendue, de même que les ganglions mésentériques. Tout autour de ces tubercules, se trouvait beaucoup de matière pigmentaire noire. Dans les intestins on voyait de nombreux ulcères tuberculeux. L'anus contre nature correspondait à la partie inférieure de l'intestin grêle {out près du cœcum. Entre la peau et l'ouverture de l'intestin, existait une espèce de poche intimement adhérente à l'une et à l’autre, et présentant une forme d'’entonnoir dont la base se trouvait du côté de l’intestin.Beaucoup de brides, traces de fausses membranes, réunissaient entre elles les masses intestinales.
L'anus contre nature paraît avoir été produit par une ulcération tuberculeuse de l'intestin grêle qui s'était terminée par la perforation. Comme celle-ci était pour ainsi dire cernée par les énormes masses luberculeuses qui l'entouraient, les matières fécales ne se sont pas répandues dans le péritoine et n’ont pas provoqué de péritonité mortelle. Des brides et des adhérences se sont établies et les matières qui continuaient à sortir de l'intestin dans
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cet espace circonserit, ont promptément ulcéré les téguments extérieurs et ont ainsi établi l’anus contre nature qui permit au malade de vivre encore quelques semaines.