‹ Péritonite tuberculeuse de la région iléo-cœcaleChapitre 22 sur 30 · OBSERVATION XII · texte numérisé non relu

OBSERVATION XII

Tuberculose circonscrite du cœcum avec péritonite localisée simulant une appendicite chronique. — Obs. de M. Richelot, in Bull. Soc. chir., 23 mars 1892.

J. R..., 50 ans, grand buveur d’absinthe. Depuis quelques mois il a beaucoup maigri, ses forces diminuent, son appétit est nul; maisil ne tousse pas et l'examen de ses poumons ne révèle pas de signes de tuberculose. Il y a 3 ans, ilfut pris tout à coup, de douleurs vives dans la fosse iliaque droiteavec fièvre et constipation. Tout disparut après quelques jours de repos.

. Au printemps de 4890, mêmes accidents qui s'amendèrent de la même façon. Enfin le 10 juin 1891, après de grands efforts pour soulever un fardeau, douleur iliaque violente qui l’oblige à cesser tout travail et à garder le lit. Coliques sans diarrhée. Vomissements. Le 13, il vient à l'hôpital, sans fièvre, mais continuant à souffrir. On sent dans la fosse iliaque, une petite tumeur dure, allongée verticalement au niveau même du cœcum ; aucun empâtement inflammatoire ne l'entoure. Le diagnostic qui se présente à l'esprit est celui d’appendicite à rechutes, pour préciser davantage et par analogie avec des faits déjà vus: typhlite tuberculeuse. ‘

Le 24 juin 1891, incision analogue à celle de la ligature de l’iliaque interne; j'arrive couche par couche sur le

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péritoine épaissi, à travers lequel je sens la tumeur qui adhère à la face profonde. Dans l'étendue de 3 ou + centimèt. j'ouvre le péritoine avec beaucoup de prudence, pour ne pas blesser la paroi intestinale; celle-ci étant mise à nu, je la décolle avec le’‘doigt, j'agrandis la boutonnière péritonéale, puis j'attire le cœcum au dehors. Il vient avec la fin de l'intestin grêle et une portion d’épiploon adhérente, que je résèque aprts ligature et qui rentre dans l'abdomen, puis je dispose autour de l'intestin quelques éponges montées et je place les pinces à mors flexibles Sur le cœcum, au-dessus de la tumeur et au-dessous d’elle sur l’iléon. Cette tumeur est un noyau dur, incorporé à la paroi cœcale, au niveau mêne de l'abouchement de l'intestin grêle et empiétant sur lui; j’entreprends la dissection. Je reconnais et j'isole peu à peu, un foyer tuberceuleux qui pénètre profondément entre les tuniques ; je ne vois rien qui ressemble à l’appendice caché sans doute derrière le cæcum. J’enlève d’abord la partie du foyer qui envahit l'intestin grêle ; j'atuincis sa paroi sans compromettre beaucoup sa solidité, dans une largeur de 2 centimètres environ, je nettoie bien la surface cruentée avec la curette, puis j'attaque le noyau principal. Ici la paroi est creusée profondément dans une étendue de 3 cent. sur 4 et réduite à la seule muqueuse sur uncentimètre carré. Enaucun point la cavité intestinale n’est ouverte ; mais comme l’amincissementest considérable, je dois reconstituer la paroi. Après avoir touché la perte de substance avec la solution phériquée forte, je fais des sutures à la soie fine, en suivantles sinuosités de la plaie, et en fronçant l'intestin assez large pour me laisser faire plusieurs étages.

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