CHAPITRE II
ÉTIOLOGIE
Nous n'avons pas à nous occuper ici de la péritonite chronique dite simple non tuberculeuse, dont l'existence a été contestée pendant longtemps, et qui. cependant, malgré sa rareté. est bien une entité morbide. ainsi que l’a démontré Delpeuch(Arch. de méd.,1884:des péritonites chroniques dites simples). Son étiologie est différente de celle de la péritonite tuberculeuse. Elle succède souvent à une péritonite aigue ou même peut-être chronique d'emblée. Sa marche, ses lésions anatomo-pathologiques, ses symptômes, ne se rapportent en rien à la marche, aux lésions, aux symptômes produits par le bacille de Koch sur la séreuse péritonéale. Mais nous devons ajouter qu'à la longue, et protiablement par suite de l'affaiblissement du sujet, la péritonite chronique simple peut devenir tuberculeuse.
La tuberculose peut-elle se manifester primitivement:
sur le péritoine avant même d'avoir atteint tout autre organe ? Nous ne le pensons pas et les observations que nous avons euës sous les yeux sembleraient plutôt indiquer que le contraire à lieu,au moins chez l'adulte (car on admet que chez l'enfant la tuberculose du péritoine peut être primitive): Presque toujours le sujet portait aux poumons des marques de tuberculose, sait que cette tuberculose fut en pleine évolution, soit qu'au contraire les tubercules pulmonaires eussent subi un commencement de transtormation fibrocrétacée.
L'influence de l'âge dans la production de la péritonite tuberculeuse est manifeste. Fréquente chez les jeunes sujets de 6 à 10 ans, elle n’est pas rare chez l'adulte. Voici, d’ailleurs, le résultat des recherches de Lebert, Bristowe et Hilton Fagge, recherches qui portent sur 135 cas :
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J'otal. . . . 135 Il existe quelques cas de péritonite tuberculeuse survenue chez des vieillards de 70 à 73 ans. Maleval (thèse de Lyon, juillet 1894) prétend qu’elle est rare chez l'enfant et n’en rapporte que 92 cas sur près de 6,900 enfants entrés à la Charité de Lyon pendant plusieurs années. D’après cet
re
auteur, le maximum de fréquence serait la puberté. C’est aussi l’opinion de Rilliet et Barthez. Les femmes sont plus tréquemment atteintes que les hommes.
Nous n'insisterons pas sur les causes qui président au développement de la tuberculose en général. La misère, le surmenage, la privation d'air et de soleil, l'alimentation insuffisante, l'encombrement et l’acclimatement sont des causes importantes qui, en affaiblissant l'organisme, prépa-. rent un terrain favorable au développement du bacille de Koch.
On a remarqué la fréquence de la péritonite tuberculeuse chez les jeunes soldats nouvellement arrivés au corps. MM. Collin et Vallin ont été les premiers à rechercher les causes capables d'expliquer la fréquence de cette affection. Trabaud, sous sa thèse (Lyon 1885) invoque la pénétration du bacille, dans un intestin déjà malade par l'intermédiaire d'aliments de mauvaise qualité. Cette théorie suffirait à l'exclusion de toute autre pour nous éclairer sur le fait en question, car la bactériologie nous apprend que le baclile de Koch demeure inattaquable par le suc gastrique. De plus. les expériences de Dombrolonski ont montré qu'il n'était pas nécessaire que la muqueuse intestinale fut malade pour que cette pénétration eut lieu. Il a vu le bacille traverser l'intestin d'animaux parfaitement sains. A l'encontre de cette opinion, M. Marfan dit que le baccile suit rarement la voie indiquée par Trabaud.
L'hérédité joue un grand rôle, évidemment, dans la
production de la tuberculose péritonéale, et son influence est surtout marquée chez l'enfant.
La tuberculose des organes génitaux de la femme a été prise en grande considération depuis les recherches de M. Brouardel : « Le péritoine, a écrit cet auteur, est le véritable réactif de l'état pathologique des organes génitaux de la femme ». Cette phrase tendrait à faire croire que la péritonite tuberculeuse est une affection spéciale à la femme. Or, nous avons vu qu'il n’en est rien. La tuberculose génitale est si rare chez les petites filles, qu'elle ne doit pas * entrer en ligne de compte.
La pleurésie peut entraîner la péritonite tuberculeuse, et réciproquement. Mais le mécanisme d’après lequel l'une de ces affections produirait l’autre, est encore inexpliqué. M. Marfan pense que le système lymphatique doit être mis en cause : « Qu'elle qu’ait été la porte d’entrée du bacille, « que celui-ci ait laissé où n'ait pas laissé à ce niveau, la « marque de sa pénétration sous forme d’un foyer bacillaire, « c’est dans les ganglions lymphatiques qu'il s'arrête, qu’il « végète d’abord, mais comme les vaisseaux afférents de « ces ganglions sont en communication avec le canal thora- « cique ou la grande veine lymphatique droite, le système « sanguin peut être très facilement infecté, et c'est par cette « voie que le bacille, après avoir traversé tous les capillaires « du poumon se répand dans l'organisme ». (Presse médi-
cale ?8 avril 94).