CHAPITRE III
PATHOGENIE
La diversité des théories émises au sujet de la pathogénie de la péritonite tuberculeuse, montre assez quelle obscurite règne encore sur cette question. Pour les uns, l'inflammation précède le tubercule. Pour les autres, le tubercule naît avant l’inflammation. Il est un point cependant sur lequel tous les auteurs sont d'accord, c'est que chez un tuberculeux, la granulie appelle la péritonite. La réciproque de cette proposition semble être également vraie, mais non d’une vérité absolue.
Il faut donc considérer dans la péritonite tuberculeuse deux agents principaux, linflammation et le tubercule. Mais la part qui revient à chacun de ces deux facteurs varie nécessairement avec la forme clinique de tuberculose péritonéale. Il est des cas où, malgré l’absence de symptômes graves, et si le sujet a été emporté par une maladie autre que la tuberculose, on trouve le péritoine tapissé de granulations. Il est donc bien évident que, dans ces circonstances, le premier phénomène a dû être l’éruption granuleuse, et qu'ici, le tubercule a précédé l'inflammation.
Plus souvent, au contraire, et principalement chez l'adulte, il existe des fausses membranes épaisses, abondantes, de couleur ardoisée, très résistantes, et malgré cela, les
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“tubereules sont en très petite quantité ou à l'état de granulations grises ou jaunes. [ci, le développement des granulations a été secondaire.
L'idée que la péritonite tuberculeuse n’est, dès son origine, que la manifestation d’une diathèse, a été émise, il y a longtemps déjà, par Aran, dans les termes suivants : « Tantôt les tubercules dépendent d’une tuberculisation « générale qui parait affecter principalement les séreuses ; « tantôt ils paraissent procéder d'une tuberculisation ayant « son siège primitif dans les organes génito-urinaires, sur- « tout les vésicules séminales dans un sexe, et les trompes « de Fallope dans l’autre ».
Nous dirons donc pour résumer cette question de la pathogénie : tantôt la péritonite tuberculeuse est consécutive à une granulie plus ou moirs généralisée, tantôt elle est düe à une tuberculisation, soit de l'intestin, soit de l'appareil génito-urinaire. Mais toujours elle est secondaire, et si à l’auscultation du poumon on ne découvre aucun signe nettement accusé, c’est que l’évolution du tubercule dans l’appareil respiratoire est excessivement lente ou que peut-être elle sera bénigne.