ANATOMIE PATHOLOGIQUE
Le péritoine possède des nerfs, signalés par Haller, Glisson, Malpighi; ils ont surtout été décrits par Luschka, Bourgery, Cyon (1868), L. Jullien (1872).
Ce dernier a pu suivre les terminaisons des nerfs péritonéaux. Il a constaté, dans le derme de la séreuse, l'existence de troncs nerveux suivant le trajet des vaisseaux et se divisant fréquemment. Chaque branche subit des divisions nouvelles, dont les plus ténues sont des fibres de 2 à 3 4 de diamètre.
De distance en distance ces fibres pâles présentent des renîlements fusiformes de 5 à 6 y . Puis ces fibres se résorbent enfin en fibrilles d'une extrême ténuité, qui se termineraient par un renflement piriforme. En 1892, Ranvier a montré que ce riche réseau péritonéal est formé, à la fois, de fibres à myéline et de fibres sans myéline.
Les filets nerveux du péritoine viennent du système Grand Sympathique par l'intermédiaire des plexus solaires et lombaires.
L’excitation ou la section de ces filets produit des troubles dans le fonctionnement des organes abdominaux, comme l’ont montré les expériences de CI. Bernard, M. Popelsky (1), Laignel-Lavastine (2), etc.
Outre les filets pneumogastriques, le réseau sympathique péritonéal et digestif « contient des rameaux émanés des racines rachidiennes qui s’y continuent par des fibres fines, facilement
(1) L. Popelsky. — Physiologie du plexus cardiaque. Vratch, 16-23 décembre 1900.
(2) Laignel-Lavastine. — Recherches sur le plexus solaire. Thèse de Paris
reconnaissables à l'examen microscopique et nous savons, depuis les recherches de Graupner (1), de Langley (2) et de Roux, que ce sont ces filets d’origine radiculaire qui sont lésés ou dégénérés chez les tabétiques .
Les fibres du système sympathique, au point de vue hystologique, sont de deux sortes, les unes sont des fibres grises, les autres sont des fibres à myéline.
Pour ce qui est de leur longueur et de leur origine, les unes naissent ou se terminent dans un ganglion sympathique. Elles peuvent aller d’un ganglion à l’autre par les cordons intermédiaires, ou d’un ganglion sympathique à l'organe périphérique ou bien encore venir d’un ganglion du plexus solaire, par exemple, au ganglion sympathique.
Si nous étudions les fibres des rameaux communicants, nous voyons qu'ils sont composés par des « faisceaux de fibres nerveuses reliant les nerfs spinaux aux ganglions de la chaîne sympathique. On admet généralement que ces rameaux communicants renferment des fibres cérébro-spinales et des fibres sympathiques. Les fibres cérébro-spinales amenées par les rameaux communicants dans les ganglions de la chaîne sympathique, sont des fibres motrices.
Les fibres d’origine périphérique (sympathiques) peuvent se comporter de deux façons. Les unes se recourbent en dehors et deviennent fibres constitutives du nerf spinal périphérique. Les autres continuent leur trajet vers la moelle pour transmettre les impressions recueillies dans les organes périphériques. Elles se terminent, pour la plupart, dans le ganglion de la racine postérieure. Elles auraient une fonction sensitive.
Les analgésies péritonéales chez les tabétiques sont dues à des lésions du système sympathique.
Duchenne avait insisté sur la possibilité de lésions du système sympathique et disait : « Qu’un état pathologique du grand sympathique pourrait, s’il était constant, expliquer l'étrange symptomatologie de cette maladie ».
(1) R. Graupner. — Travail sur l'anatomie sympathique, 1888 (en allemar (2) J.-N. Langley. — On the origin from the spinal cord of the cervicz and upper thoracic sympathétic fibres, with some obser 5 OU ite an
grey rami. (Philosophical transactions of the Royal Society Série B. CLXXXIII, p. 114.)