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Cependant Vulpian, en 1879, déclarait qu’il n'avait jamais noté de lésions ganglionnaires dans le tabès. Charcot (1888), confirme cette opinion, à la suite d'examens de ganglions du plexus solaire chez des tabétiques ayant eu des crises gastriques.
En 1884, Raymond et Arthaud signalent cependant des épaississements des travées conjonctives et l'élargissement des vaisseaux dans les ganglions, s’accompagnant de régénérescence granulo-graisseuse des cellules ganglionnaires. Roux reprenant la question, n’a pas trouvé les lésions d’atrophie ou de dégénérescence signalées précédemment.
Les recherches de Heitz confirment celles de Roux. Après avoir examiné plusieurs ganglions, il aurait simplement noté dans un seul d’entre eux un « épaississement assez notable des cloisons secondaires, donnant à l’ensemble un aspect sclérosé, avec une atrophie modérée de beaucoup de cellules ». Pour cet auteur, « les lésions des ganglions sympathiques, sans être absolument nulles, lui ont paru légères; elles existent à peine dans la moitié des cas et sur certains ganglions seulement ».
Les lésions des nerfs sympathiques, recherchées par Vulpian, Charcot, Pitres et Vaillard, ont été étudiées par J.-Ch. Roux dans sa thèse. Ces lésions ne sont pas primitives comme le croyait Duchenne, mais secondaires aux lésions des racines postérieures de la moelle, ainsi que l’a établi Roux, par ses recherches chez des tabétiques et ses expériences sur le chat.
Les physiologistes sont d'accord avec Roux pour reconnaître que l'excitation localisée aux racines postérieures ne donne lieu à aucune réaction motrice dans le domaine sympathique (1).
Ces fibres motrices et sensitives seraient des fibres à myéline. Elles sont de petit calibre et de longueur variable; les unes s’arrêtant aux cellules des ganglions de la chaîne thoracique, d’autres allant par les splanchniques jusqu'aux cellules des ganglions du plexus solaire. On trouverait, en outre, quelques fibres à myéline, de gros calibre, à fonction probablement sensitive et qui iraient des ganglions rachidiens à la périphérie sans relai au contact d’une cellule sympathique.
(1) Horton Smith. — Journal of Physiology. T. XXI, 1897.
Ce qui caractérise le système sympathique des tabétiques, c’est la disparition de la moitié environ des fibres fines à myéline (à jonction sensitive), avec conservation à peu près complète des autres fibres.
Ces lésions ont pu être provoquées chez le chat par section des racines postérieures médullaires.
Chez les tabétiques, elles paraissent liées à l’atrophie des cordons postérieurs de la moelle, et les modifications de la sensibilité viscérale en seraient la conséquence logique.