‹ Perles et parures (volume 2)Chapitre 4 sur 16 · I . « l . OCO a tl'u i r. »",'•.'. Vi · texte numérisé non relu

I . « l . OCO a tl'u i r. »",'•.'. Vi

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le murmure des fontaines, semblaient plus doux encore sous les vertes arcades des jardins suspendus.

Il y avait là des rois venus du golfe Persique, des contins de l'Éthiopie, des profondeurs de l'Afrique, et même des régions de F Indus; ils étaient tous humbles comme des esclaves devant la reine magnifique, et ils lui offraient sur son passage, dans des corbeilles de géroflier, des trésors de myrrhe, d'aloës, de nard, de cinname et d'encens.

Trois princes, parents de Ninus, avaient choisi exprès cette fête pour assassiner Sémiramis; toujours, selon l'usage de cette époque, où les souverains étaient assassinés dans une fête : eh ! bien ! ce complot avorta.

Les princes et leurs complices jetèrent leurs poignards dans l'Euphrate lorsqu'ils virent étinceler la couronne d'or sur le front de Sémiramis.

Bien plus, on savait généralement dans Babylone que la reine avait assassiné son mari, et quoique cet accident de cour fût passé dans les mœurs, l'instinct moral des bons Babyloniens n'en était pas moins blessé ; beaucoup même avaient manifesté hautement l'indignation causée par cet assassinat de tradition assyrienne.

Dès que Sémiramis parut, ces haines sourdes s'évanouirent, cette indignation se calma; on ne voulait plus croire à un si grand crime en voyant une si grande majesté.

La couronne projetait des ombres douces sur le front et le visage

de la reine, et faisait ainsi disparaître les traces déposées par le crime et les remords.

Alors commença le règne le plus glorieux dont l'histoire ait gardé le souvenir, règne de près d'un demi-siècle, et tout consacré à la gloire de l'Orient.

Jamais la civilisation ne s'est élevée si haut chez un peuple, ainsi que l'attestent encore aujourd'hui les plus beaux et les plus considérables monuments des arts.

Sémiramis fit admirablement bien deux choses également glorieuses, surtout la seconde, la guerre et la paix.

Dans un empire composé de plusieurs empires, cette grande reine ne comptait qu'un seul ennemi ; fra lanti régi, e popo/i, parmi tant de rois et tant de peuples, comme dit le poème italien de Sémiramis, un seul ennemi, c'est bien peu. Les rois et même les reines en ont toujours eu bien davantage.

Cet ennemi isolé se nommait Osroës; il était grand-prêtre de profession, croyait descendre du soleil en droite ligne, ce qui lui donnait beaucoup d'orgueil et justifiait ses projets ambitieux.

Sémiramis, toujours très occupée à suspendre des jardins, à soigner la tour de Babel, à construire des colonnades, n'accordait pas une grande attention au pontife Osroës, et le négligeait d'une manière insultante.

Osroës se vengea.

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