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CARACTÈRES MINÉRALOGIQUES

On donne le nom de caractères minéral ogiques à certaines propriétés auxquelles on reconnaît les minéraux ; ces caractères sont de quatre espèces :

1° Caractères physiques : la forme primitive, la double réfraction, la phosphorescence, la pesanteur spécifique, l'électricité, le magnétisme ;

2° Caractères mécaniques : la dureté, la fragilité, l'élasticité, la flexibilité, la ductilité, la ténacité ;

3° Caractères chimiques : l'action des acides, l'action du chalumeau ;

h" Caractères des sens : l'aspect, les couleurs, le goût, l'odeur et le son.

Forme vrimitive.

La forme primitive étant constante dans les minéraux , c'est surtout par ce caractère qu'il est facile de les connaître. Ces formes sont au nombre de six, ainsi que nous l'avons dit plus haut en parlant de la cristallisation qui est le moyen le plus sûr de ramener les minéraux à leur noyau ou forme primitive.

MIINÉKALOGIE DES DAMES.

Double réfraction.

Certains minéraux, tels que la chaux carbonatée, le diamant, et, en général, toutes les pierres qu'on nomme gemmes, telles que les topazes, les grenats, etc. , ont la propriété de faire paraître doubles les objets que l'on regarde à travers deux de leurs faces.

Pour s'assurer qu'une pierre jouit de cette propriété, il suffit de la poser sur une ligne noire tracée sur du papier blanc ; cette ligne alors paraît double. Un autre moyen plus sûr, parce qu'il s'applique à toutes les pierres qui offrent ce phénomène, consiste à placer la pierre près de l'œil, et à regarder à travers une épingle qu'on tient par la pointe. La tête de l'épingle paraît double, et les bords de ces deux têtes ainsi que ceux du corps de l'épingle sont irisés.

Les corps doués de la double réfraction sont de deux espèces ; ceux de la première espèce ont la double réfraction à un seul axe ; ceux de la seconde ont la double réfraction à deux axes. Ainsi qu'un rayon lumineux tombe perpendiculairement sur la face plane d'un cristal doué de la double réfraction, il se divisera en deux rayons, dont l'un est appelé rayon ordinaire, et l'autre rayon extraordinaire, soit que le cristal appartienne à la première espèce ou à la seconde ; mais s'il est de la première, il y aura une direction particulière et unique de la face plane par laquelle le rayon incident normal pénétrera sans se diviser. Si le cristal est de la deuxième espèce, il y aura deux directions jouissant de cette

24/j LES JOYAUX.

propriété. Ce sont ces directions qu'on nomme axes et qui constituent la différence des espèces.

Nous n'insisterons pas davantage sur cette propriété de certains minéraux, non plus que sur la manière de l'observer. C'est par la pratique, Mesdames, que vous achèverez d'étudier ces divers phénomènes, et il suffira, pour cela, de jouer avec vos diamants, charmant passe-temps qui a l'avantage de placer la science sous l'égide du plaisir.

Pospliorescence.

Certains minéraux, après avoir été exposés pendant quelque temps à une lumière très vive, s'imprègnent en quelque sorte du principe lumineux, et si de la lumière où ils sont exposés, on les fait passer brusquement dans une obscurité profonde, ils demeurent luisants ; de quelques-uns même semble s'élever une légère flamme semblable à celle que projette le vers luisant. La phosphorescence de beaucoup d'autres corps ne se manifeste que par le frottement ; d'autres encore ne paraissent phosphorescents que lorsqu'on les expose sur des charbons ardents après les avoir pulvérisés.

Pesanteur spécifique.

On entend par pesanteur spécifique le poids d'un corps relativement au poids de l'eau. Que l'on suppose plusieurs fragments de divers minéraux et d'égale dimension, ils différeront entre eux de pesanteur ; ainsi un centimètre cube de chaux pèsera moins

qu'un centimètre cube de plomb. Si donc on pouvait réduire tous les corps à une égale dimension, il serait facile, à l'aide de simples balances, de constater le rapport de leur pesanteur spécifique. Cette réduction n'étant pas possible, il faut avoir recours aux balances hydrostatiques, à l'aide desquelles on trouve le rapport entre le poids d'un corps pesé dans l'air, et le poids du même corps pesé dans l'eau.

La manière d'opérer est très simple, elle consiste à peser successivement le corps à l'air libre et dans l'eau. Par exemple, qu'un fragment de minéral pesé dans l'air donne 8, et qu'il donne (l pesé dans l'eau, on divise 8 par k, et l'on obtient 2 qui est la pesanteur spécifique de ce minéral, c'est-à-dire qu'à volume égal, ce corps pèse deux fois autant que l'eau. Cela est très facile à comprendre, puisque la perte de poids que fait un corps plongé dans l'eau est égale au poids du volume d'eau qu'il déplace , attendu que la force qui servait à soutenir cette eau déplacée, est employée en partie à soutenir le corps que l'on y plonge.

La pesanteur spécifique sert surtout à constater la valeur des pierres précieuses.

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