‹ Perpétuité de la foi de l'Église catholique sur l'eucharistie (volume 2)Chapitre 100 sur 323 · LIV. m. CROYANCE DES ORIENTAUX PROUVEE PAR LEUR DISCIPLINE · texte numérisé non relu

LIV. m. CROYANCE DES ORIENTAUX PROUVEE PAR LEUR DISCIPLINE

ne lui accordera pas, i! n'aurait encore rien f^it à l'égard des Grecs modernes, qui ne les ont jamais entendues que comme les calholiqucs, et ne les entendent pas encore autrement, puisqu'ils s'en sont servis de nos jours pour réfuter le calvinisme de la fausse Confession de Cyrille Lucar.

De plus, cette manière de prouver des faiis par des conséquences, est très-dcfeclucuse : car si quelqu'un après avoir prouvé que l'église anglicane ne croit pas l;i présence réelle, prétendait que par conséquent on îi'y reçoit pas la communion à genoux, il se iromperiiit certainement. Celui qui de cette seule marque de respect conclurait qu'on y adore lEucharistie , raitonnerail plus juste; mais il ne laisserait pas de se tromper, parce qu'on lui ferait voir une noie dans le livre des prières communes , qui lui apprendrait le coiitrairo. Ce n'est donc pas ainsi qu'on établit des fails ; c'est par des preuves qu'on appelle de fait, telles que sont clIIcs qui ont été tirées de livres qui ont autorité publique , et dont la pratique est constante et prcuvée par les témoignages les plus assurés , dont M. Claude n'a pu produire un seul. Que si , comme on ne peut pas en disconvenir, nos preuves sont bonnes, et qu'il en résulte que les Grecs , et toutes les communions d'Orient, ont le même respect pour l'Eucliarislie, les mêmes précautions, et en un mot toutes les suites de l'opinion de la présence réelle, il est inutile de perdre du temps à prouver qu'ils ne la croient point, sur celte fausse supposition qu'ils ne doivent pas la croire, fondée sur une encore aussi fausse, qui est que les anciens Pères grecs ne l'ont pas crue. Mais ce que les disciples de M. Claude doivent faire , est d'utlaquer nos preuves. Ils ne l'ont pas encore fait, I arce que la plupart ont été découvertes depuis l'impression des derniers volumes de la Perpétuité, et on doute qu'ils puissent le faire.

Que diront-ils donc? Que ces preuves sont suspectes? Mais ce soupçon ne peut pas tomber sur ce que nous avons cité de Théodore de Cantorbéri , de Réginon, de Burcliard, et des autres canonistes, qui sont connus longtemps avant la dispute de la perpétuité , ainsi que les Pénitentiaux et les canons grecs qui ont élé cités. A l'égard des Orientaux, ils trouveront qu'o.T n'iiUégue pas des auteurs en l'air, puisqu'une partie de ceux de l'autorité desquels on se sert, sont connus par les catalogues des bibliothèques, et même par ceux qui ont été imprimés en Angleterre ; outre que quand il s'agira de prouver l'autorité de ces livres on n'y aura pas beaucoup de peine.

Ce que les proteslanls pourraient objecter de plus spécieux serait que la plupart de ces livres sont tirés des canons des apôtres, des constitutions et d'autres pièces apocryphes , et que des copies fort altérées et défectueuses ne peuvent pas avoir plus d'autorité que les originaux. C'est à quoi il n'est pas difficile de réporidre. Si on prétendait se servir du témoignage des Orientaux pour établir i'aulhenticité de ces anciennes collections , comme si elles avaient été faites par les apôtres ; lu de leur temps , on aurait quelque raison

de ne pas faire grand élal de leur jugemeni, puisqu'on sait qu'en matière de critique on ne peut y avoir égard. Mais ce n'est pas cela dont il est question : c'est de savoir premièrement s'ils considèrent ces canons, et d'autres lires des constitutions apostoliques, comme de fausses pièces; en second lieu, si telles qu'elles sont, la discipline de toutes les communions orienteles y est conforme ou non.

Pour ce qui regarde le premier point, il est certain qu'ils regardent tous ces canons comme ayant été établis par les apôtres , et rédigés par S. Clément en l.i forme qu'ils ont. Les melchites , les nestoriens et les jacobites reconnaissent de même l'autorité des canons arabes attribués au concile de Nicée; ils reçoivent avec le même respect les Constitutions apostoliques et d'autres qui y ont rapport. En cela ils ne sont pas habiles critiques ; mais ceux qui ont traité tous ces recueils comme des pièces supposées, ont fait voir qu'ils ne les avaient pas assez soigneusement examinés,; car ils contiennent la forme générale de la discipline de l'église d'Orient, tirée de plusieurs canons, ou de traditions qui d'abord n'avaient pas été écrites, et qui le furent d:ins la suite. Les diversités qui se trouvent dans les traductions syriaqueset arabes ne viennent pas seulement de la différence des exemplaires, mnis aussi parce que dans les églises principales on y ajoiuait ce qui était de la discipline selon les temps et les lieux. C'est par cette raison que tout ce qui a rapport aux usages des églises d'Orient se trouve réglé suivant ces canons ; et comme les Questions et Réponses canoniques en étaient tirées, lorsqu'on ajoutait quelque chose par nruiière d'éclaircissement , il était facile qu'il entrât dans le corps de ces mêmes collections. Que les protestants accusent donc, s'ils veulent, les Orientaux de n'êlre pas critiques , ce n'est pas cela que nous louons en eux ; ils ne le sont pas assez, et peut être le sommes-nous trop. Les plus habiles conviendront qu'il vaudrait mieux être dans la simplioilé des Orientanix, et recevoir comme écrit par les apôtres ce qui comprend les anciens usages de l'église orientale, fondés sur la tradition apostolique, que d'en faire dos critiques aussi absurdes que sont celles de Dumoulin, de Rivet, et de plusieurs autres touchant ces anciens canons, les Liturgies et plusieurs ouvrages des SS. Pères. Car toute leur critique roule sur ce principe, que si des pièces de cette antiquité portent de faux litres, elles sont fausses, et perdent leur autorité. Or il n'y a rien de moins vrai que ce principe. Les titres ne font rien pour autoriser les Liturgies, les canons de discipline, et d'autres pièces semblables; c'esl l'usage qui en a élé lait dans les églises; et comme on ne peut douter que toutes celles d'Orient ne s'accordinl depuis plusieurs siècles dans l'observation de la plus grande partie des coutumes qui sont marquées dans ces anciennes collections, il n'en faut pas davantage pour les mettre hors d'atteinte contre tous les reproches des protestants. Or il n'y a rien qui soit prouvé plus certainement que la discipline tirée de ces livres, cl telle que nous l'avons expliquée, puisqu'elle

PERPÉTUITÉ DE LA FOI TOUCHANT L'EUCHARISTIE

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e,l confirmée pir les liisloircs. Dans celle des paln.irclics d'Aloxaiidrie , où est rapporlé le miracle d'une appnrilioii de Jcsiis-Clirist en forme d'enfant dans l'Eue harislie, les historiens manmenl que les chrétiens curent une telle horreur de la profanation qu'en avait faite un prince arabe, qu'ils furent quelipie temps sans célébrer la Liturgie. Les nesloricns rapportent que Joseph, caliioliq'ie vingt-huitième, mais qui fut déposé pour ses crime-, ayant fait mettre dans une prison Sinico»., évêquc d'Anbara, et ayant su qu'il célébrait la Liturgie, y entra pnr force, renversa l'autel, et jeta l'Euciiarislic à terre, ce qu'ils traitent d'un énnrme sacrilège. Ce Joseph vivait sous Cosrocs Nuschirïian, sous leci'iel naqiiit Mahomet.

Les Cophles ont une coutume particulière, qui est que le diacre ne se tient pas derrière le prêtre comme ailleurs, nvtis à côlé, tourné vers lui. La cause, dit l'auteur du traité de la Science ecclésiastique, vient de ce qu'autrefois les hérétiques poussés par une fureur diabolique, entraient dans les églises de ceux qui ne confessent quune seule nature en Jésus Cltrist , et une seule volonté , et lors]ue leurs prêlre-i étaient attentifs au sacrifice , pendant qu'ils consacraient les ablations , les hérétiques les enlevaient et les foulaient aux pieds. C'est pourquoi les Cophtes- ordonnèrent que le diacre se tien-

drait vis-à-vis du célébrant, pour prendre garde ii quelque hérétique ne venait point faire cette insulte ; et s'il en apercevait quelqu'un , il prenait l'obtation et le calice qu'il cachait sous l'autel dans rme petite voûte faite exprès. On craignait donc dès ce temps là parmi les jacobites cl les nesloricns la profanation de PEucharislie, cl ces époques sont plus anciennes que le mahomélisme. Les hérétiques dont parlent les Cophles ne sont autres que les orthodoxes, qui ne pouvaient comnioltre de pareilles violences, si on peut croire qu'ils les aient conunises, sinon avant que les Mahomélans se fussent rendus maîtres du pays ; c'est-à-dire, avaiil li^ septième siècle. Si donc ces craintes et ces précautions sont des suites de la présence réelle, il fau'. qu'elle fût établie parmi les jacobites dès ce temps -là. Toutes les subtilités de M. Claude ne servent de rien pour expliquer de pareils faits, puisqu'ils ne sont sujets à aucun équivoque, et qu'ils p;»rlent des preuves certaines de la créance intérieure de ceux qui priitiqucnl tout ce que nous avons extrait de leurs auteurs , beaucoup plus croyables que des voyageurs ignorants, ou des auteurs aussi méprisables que trois ou quatre que les calvinistes ont cites pour établir leurs paradoxes.

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