CHAPITRE PREMIER
De ce qu'on doit entendre par le mot de Liturgies, et de celles qui se trouvent dans les églises d'Orient en diverses langues.
Le mot de Liturgie, par un usage reçu depuis plusieurs siècles parmi tous les chrétiens, signifie la forme des oraisons cl des cérémonies auloiisées et pratiquées par les églises dans la célébration des saints mystères. On l'appelle aussi Kjocyopà., c'est-àdire oblaiion ou sacrifice; et ce mot n'est pas seulement en usage parmi les Grecs, il est employé par les Cophtes, par les Syriens el par les Éthiopiens. Les autres mots ordinaires, comme koudclio des Syriens, kadas en arabe cl en éthiopien, signifient la même chose que le grec Ufow^-jLa.
Les Grecs ont plusieurs de ces Liturgies en leur langue ; celle de S. Jacques, celle de S. Marc, celle de S. Clément , mais ils ne se servent guère depuis plusieurs siècles que de celles de S. Basile el de S. Jean Chrysoslôme, outre celle des présanctiliés.
Les nestoriens, qui font la secte la plus ancienne de celles qui subsistent encore, ont trois Liturgies, avec un Ordre général de la célébration des saints mystères, qui sert à toutes les trois, comme le canon de la messe latine sert à toutes les messes de l'année. C'est cependant avec celle différence, que noire ca-
non qui commence après la préface juscpi'à la communion, est toujours le môme à rexcoplion de quelques oraisons qui varienl selon les fêtes: an lieu que cet Ordre général des nestoriens, aussi bien que des autres Orientaux, comprend ce qui se dit depuis le coumiencement de la messe jusqu'au baiser de paix, qui se donne avant la préface el n'a rien de différent, sinon les leçons de la sainte Écriture; au lieu que l'autre partie qui est l'action sacrée, esl composée d'.uitant de différentes prières qu'il y a de Liturgies, quoiqu'elles aient toutes le même sens et la même disposition. La iiremière LiUngie des nestoriens est celle qu'ils appellent des saints apôtres, el ceux (ju'ils enlendcnt sont S. Thadée et S. Maris, par lesquels ils croient avoir reçu la première prédication de l'Évangile. Le premier esl connu ; l'autre ne l'est que par leurs histoires irès-fabuleuses. La seconde esl celle d>; S. Théodore l'interprète ; c'est ainsi que par excellence ils appellent Théodore de Mopsuesie, à cause du grand nombre de ses commentaires sur l'Écriture sainte. La troisième esl celle de Neslorius. Ces Liturgies sont plus simples et paraissent plus anciennes que les autres, comme aussi la séparation des nesloricns est la plus ancienne; et il paraît mauifcstemenl qu'elles ont été formées sur les grecques, principalement sur celle de S. Jean Chrysostôme. 11 est clair que celle des chrclicns de Malabar él.tit conforme à