LIV. IV. DES LITURGIES
est présentement celles des Maronites, principalement dans la forme des paroles de Jésus-Christ , qui ont été accommodées à la manière du canon latin , el dans l'invocation du S.-Esprit, qui a été réformée, comme dans le Missel maronite , quoiqu'il n'y ait eu aucun changement dans celui des Éthiopiens imprimé sous Paul llï. Les Arméniens ont des rites fort semblables à ceux des jacobites du patriarcat d'Antioche , et c'est sur la Liturgie de ceux-ci qu'a été formée la leur. A l'égard des lumières qui pourraient être tirées des manuscrits, nous avouons de bonne foi que nous n'en pouvons promettre , n'ayant aucune connaissance de celle langue; ainsi tout ce qui en sera dit sera pris sin- les traductions.
A l'égard des autres dont il a été parlé, les grecques ont été iniprimées plusieurs fois ; et pour l'intelligence des rites et des principales parties de ces offices , elles onl été expliquées avec beaucoup d'érudition par le P. Goar, savant dominicain , dans son Eucologe. On a aussi de très-anciennes expositions des mêmes Liturgies, comme est celle de Germain, patriarche de Conslantinoplc , celles de Cabasilas el de Siméon de Thessalonique, outre plusieurs auteurs anonymes qui en établissent l'usage et l'autorité d'une manière incontestable. Les deux Liturgies alcxandrines de S. Basile el de S. Grégoire, dont nous avons parlé, n'ont jamais été imprimées; celle de S. Mare, qui est le texte grec de celle que les Cophtes appellent de S. Cyrille, a été , ainsi que les autres , traitée par les critiques comme une pièce supposée , quoique son autorité soit incontestable.
Des Liturgies syriaques on n'a imprimé que celles qui sont dans le Missel des Maronites au nombre de quatorze; mais entièrement altérées dans les paroles de la consécration , et dans la formule' de" l'invocation du S.-Esprit. On avertit au reste que dans tout cet ouvrage, el dans les autres qui onl rapport à celte matière , elles sont toujours citées scion les manuscrits.
Celles des Cophtes furent traduites par un Maronite au commencement du dernier siècle, sur un manuscrit qu'avait prêté Joseph Scaliger à Marc Velser, qui fil imprimer celte traduction à Augsbourg. Elle est fort défectueuse en plusieurs endroits , comme Scaligor remarqua irès-bien ; mais elle l'est en beaucoup d'autres qui échappèrent à sa critique. C'est que .'e traducteur ne travailla que sur la version arabe , cl non sur le texte égyptien , scion lequel nous espérons la donner traduite fidèlement avec un commentaire, cet ouvrage étant fait il y a déjà plusieurs années.
La Liturgie éthiopienne fut traduite presque en même temps qu'elle lut imprimée dans sa langue originale, néanmoins avec quelques changements, parce que les Éthiopiens ne voulurent pas choquer les Romains. On ne la cite jamais non plus que selon les originaux.
PERPÉTUITÉ DE LA FOI TOUCHANT L'EUCHAIliSTiE.