LIV. IV. DES LITURGIES
Les prêlrcs cl les di:icrcs roçoivcnl la communion de la main du célcljnnl, cl il leur donne ensuite le ca • lice ; les autres la reçoivent avec une cuiller, dans laquelle le diacre leur donne des particules trempées dans le calice. Gel usage est comnuin aux Grecs cl à tous les Orientaux. Enfin on dit les prières d'actions de grâces, outre celles que chacun fait en son parl:culier ; le célébrant donne la bénédiction , et la Liturgie finit ainsi.
Telle est la forme générale de toutes les Liturgies des églises d'Orient, qui ont été durant plusieurs siècles en ccmmunion avec celles d'Ocoideni, sans qu'il y ait eu entre elles aucune conleslalion sur les prières et les cérémonies dont les unes et les autres se servaient dans la célébration des saints mystères. On commença d'abord à disputer sur l'usage du pain levé ou azyme, et ce ne fut que du temps de Michel Gérularius; après cela, comme les Latins firent souvent aux Grecs des reproches mal fondés, ceux-ci en firent de leur côté qui n'était [)as plus raisonnables. Biais avant ces temps malheureux, les Grecs, venant en Occident, assistaient et participaient aux mystères célébrés dans les églises latines, et de même les Lalins qui se trouvaient en Orient assistaient sans difficulté au service des églises grecques. G'élait en effet le même esprit, le même ordre, et souvent les mêmes paroles, comme il est aisé de le rcconsiaître.
Si on examine les offices latins les plus anciens, comme l'ancienne me>se gallicane imprimée par Illyricus. la Liturgie de la même église donnée au public par le savant et pieux P. Mabillon, les messes gothiques de Thomasi, et quelques autres dont il reste des fragments, outre le Missel mozarabe, il ne paraît pas d'abord monis de diversité entre elles et le canon gélasjen ou grégorien , dont l'Église romaine se sert depuis plusieurs siècles. Cependant les prières sont toutes conçues dans le même esprit, et la diversité des expressions et des rites n'y change rien. Car tous les offices de la messe latine commencent par la psalmodie ; elle était autrefois phis cumplèle, paire que les psaumes qui se disent à l'Introït, mais do:it on ne récite ordinairement qu'un verset , se disaient entiers. De même ceux dont on dit quelques versets au Graduel ou au Trait se chantaient enticrcmciit, comme on le pratique encore au premier dimanche de carême, et a celui des Hameaux , ce qui s'est conservé dans les usages particuliers de diverses églises qui le gardent encore.
La lecture de TÉcriturc sainte ne manque jamais •iprcs la prière commune que fait le prêtre, (jn'on appelle la Collecte; et on sait que ces prières sont de la première antiquité : on lit mie leçon, ordinairement des Épîtrcs des apôtres, d'où cette leçon a été appelée Éjnire, comme les Grecs l'appellent à7to(7Tc>o,-, l'Apôtre. On en lisait autrefois plusieurs, ce qui s'observe encore en certains jours, comme aux jeûnes des qnatre-lemps, et principalement à l'office de la semaine-sainte, dans lequel il reste de grands vestiges d'antiquité. Entre chacune, on dit une oraison, cl un