CHAPITRE VL
Éclaircissement touchant Grégoire prolosyncelle, auteur d'un Abrégé sur les sacrements.
Comme ce n'est ([u'à l'occasion de ce livre qu'on avait parlé d'abord de Coressius, il est à propos d'en dire quelque chose, puisqu'il a été cité dans la dispuW touclianl la Perpétuité, et qtie les calvinistes, selon leur coutume, ont rejeté sou autorilé , comme d'un grec latinisé. Ce grec était de Chio , compatriote de C(!rossius, et son plus fidèle disciple, ainsi que témoigne le patriarche Nectarius ; cl ce fut des écrits do sou maître qu'il composa cet ouvrage , sous le litre d'Abrégé des divins et sacrés dogmes de l'Église, qui lut imprimé h Venise en grec vulgaire en 1635. On en i donné depuis peu une analyse. Grégoire reconnut qu'il avait tout tiré de Coressius, et celui-ci approuva U". livre. Il a depuis clé considéré comme représcnlaut fidèlement la doctrine des Grecs ; et quoique l'autenr euip!oi(; divers termes de scoiastiqocs, c'est néanmoins d'une manière qui n'altère en rien la suhstarice du dogme, imitant en cela Mélèce d'Alexandrie et Gabriel de Philadelphie.
Le seul argimienl dont les calvii.isles se sont servis pour diminuer l'autorité de ce théologien, est que sort livre avait été imprimé à Venise avec permission ; quoique chacun sache que les Grecs, ayant une entière liberté dans ce pays-là, et étant sous la protection de la seigneurie, vivent selon leurs lois, et cpi'il s'y est imprimé un grand nombre de livres conire les Laiins. Ainsi celte objection ne peut frapper que ceux qui n'ont aucune connaissance de cet usage, et même des livres des Grecs. Car les Menées, le Synodicon, le Paraclelicon, le Triodion , et en un mot lous les livres ecclésiastiques, dans lesquels il y a diverses choses conire l'Église romaine, ou d'autres qu'clld n'approuve pas, ont été imprimés de même à Venise, avec la permission des magi- irais.
De plus, la preuve ceriaiiie que Grégoire était un Grec fort éloigné des Latins, esl que dans l'article 8 il parle de la procession du S.-Esprit selon le sen imenl des schismati.jues ; qu'il ne reçoit pas les paroles/î//o7«e , ajoutées au symbole; cl qu'expliquanl la consécration de i'Eucharislie, il dit, conire l'opinion commune de la plupart des scolasliqucs, qu'elle ne se fait pas par les seules paroles de Jésus-Christ, mais aussi par l'invocation du S.-Espril. A ces marques on reconnaît un Grec véritable, et qui n'est point latinisé. C'est aussi ce que prouvent incontesUi- Ideuienl les éloges qu'ont faits de l'auteur et de l'ouvrage Nectarius dans sa lettre aux Sinaïles, Hosillice dans la conclusion des décrels du synode de Jérusalem de lG"->, qu'il a fiil imprimer en Mol. lavis