‹ Perpétuité de la foi de l'Église catholique sur l'eucharistie (volume 2)Chapitre 13 sur 323 · Chapitre iX · texte numérisé non relu

Chapitre iX

Témoignages décisifs el autltetiliques de la foi présente de réglise greeqne.

Comme c'est un des desseins de Dieu en permettant que sa vérité soit coniballue p;ir la lémériié des honnues, d'y doiiner un nouvel édal , il est jnsie de Se servir de la nécessité où M. Claude nous met de soutenir ce que l'on a avancé touchant l:i foi de Véglise grec(iue sur l'Eucliaristie, pour ajonloreucoro de nouvelles [ireuves à celles que nous avons déjà alléiiuées dans le premier tome di; la Perpéluilé.

Celles que nous avons à iiroduire mainieniini sont telles , (pic sans l'expérience (pie Ton a de ce que M. ('lande sait faire quand il s'agit de résister aux preuves les plus évideules, je me promettrais pour cette fois de lui faire avouer que les Grecs croien( la prése.ice réelle , el qu'ds sont d'aceord avec TEglise romaine sur le myslèrc de rEucharislic.

Je ne veux pas même en désespérer ; el au moins je crois me p^iuvoir pronie;ire de lircr cet aveu de tous les autres ministres , pourvu iju'ils prennent la peine de les lire.

Si j'avais affaire à des personnes moins prévenues, je leur pourrais ailé;;uer, comme tme pièee décisive, un catéchisme éeril eu grec vulgaire , el imprimé à Venise en 1633, où l'on trouve toutes les propositions suivantes en lermcs formels.

Aussiiàl que le prélre a prononcé les paroles du Seigneur el qu'il a invoiiué le S -Es])ril, la substance du pain fsl changée el convertie au vrai et réel corps de Jésus-dlirisl , el il ne reste que la blancheur, la don. ceur , la quantité , fodc.tr : ce que l'on nomme les (Xiidents.

Quoique Cou voie dans ce Sacrement tous les accidents du pain el du vin , la chair et le sang de Jésus-Christ y sont uéanmuinfi;et c'est pourquoi après le changement le corps de Jésus-Christ s'appelle pain , à cause des accidents du pain que l'on voit dans le corps de Jésus- Christ, non que la substance du pain el du vin y demeure , n'y ayant que le corps el le sang de Jésus- Christ, ce corps qui est né de Marie , ce propre corps qui a été crucijié. .

Il y a celle différence entre ce Sacrement et les autres , que d(ms les autrea il n'y a que la grâce de Dieu ; el on les appelle saints, parce qu'ils sont sanctifiés parla gtàce du S. -Esprit : mais dans ce Sacrement Jésus Chrisl est par su présence ; et c\sl pourquoi ils appellent ce cltaiigemenl Irunssubslantialion ou conversion d'une subslanee en une autre.

Ce Sacrement a encore été figuré par le charbon que vil haie. Car comme ce chin-bon était composé de deux sitbslaaces , de celle du bois el de celle du feu , el que ce n'éiuil néanmoins qu'an charbon, de même ce saint pain qui a été transsnbsinntié en la chair de Jésus- Chiist, est unique en nombre, el néanmoins il est corn ■ posé et form. de deux natures, de l'humanilé cl de la divinité.

On renuirijua quatre choses dans ce Sacrement audessus de la nature : 1" Que la substance du pain est (hangée en la chair de Jésus-Christ.

2" Que l'on y trouve les accidents du pain et du vin, quoique la subs:ance du pain et du vin n'y soit plus.

ô" Qu'un même corps se trouve en plusieurs cl divers jeux.

A" Que la substance du corps de Jésus-Chrisl n'est point divisée, qucicpCon la donne à plusieurs.

Ces quatre choses ont porté les hérétiques à nier la rérilé de ce Sacrement ; mais ils devaient croire plutôt Dieu (jve leurs sens. Ces gens ne veulent rien croire (pie ce (lu'its voient. Et nu peu après : Ces misérables hérétiques en pensant combattre noire doctrine, combattent Jésus Christ même, puisqu'il a donné au pain le nom de son corps.-.. Il a dil : Ceci est mon corps, el il a marqué par là la transsubslantiution , parce que le pain naturel ne peut être le corps de Jésus-Christ ; le corps de Jésus-Chrisl ayant un enlendemenl cl une àme, el le pain n'ayant ni âme , ni seniimenl. Les paroles de Jésus-Chrisl monircni donc que la substance du pain est changée en celle de la chair de Jésus-Christ ; et cela ne doit point paraître absurde : car lequel est le plus étonnant, ou que Dieu donne l'êlre à ce qui n'était rien, ou qu'il change une petite chose en une grande ?

Voilà comment p.irle ranteiu' de ce ca!échismc(1). Et d.' peur qu'd ne prenne envie à M. Claude d'eu faire im faux Grec, ou un Grec latinisé, il remanincra, s'il lui plaît, qu'il paraît par ce caléchisme mémo, que cet auteur y souiient toutes les (t|)ini(Mis sur lesquelles les Grecs soni en dispnle avi-c les Laiins.

M. Claude ne peut pas dire aussi que cet auteur n'était (pi'nn partie ulier sans autorité, el qui ne pouvait pas rendre lémoiguage des seniimenls de son égli- ,se. Car il poshédaii dans l'église de C(Mislautinople la dignité de piotosincelle, qui est une des premières.

Sou livre de plus est autorisé |iar le lliéoloj^ien de l'église de Conslantinnple, qui éiait chargé par les évoques de la censure des livres.

il est dédié à tous les arclievêque.s évêques et prêlrcs.

El il n'y .1 guè'e d'apparence qu'un des premiers ofiiciers de la première église de l'Orient, osât soutenir el enseigner si haulenienl dans Constan!ino|)le par un livre dédié à tous les évêques de l'église orieulale la présence réelle et la iianssnbsiamiaiion.siron ne croyait ni l'uiic ni l'autre dans celle église.

Je le suis pas en peine néanmoins de deviner ce que M. Claude répondra, parce qu'il a eu soin de l'insinuer dans sou livre.

11 nous dira sans doute que c'est ce caléeliisme même dont M. Basire, son ami, lui a écril, (pi'il sait qu'un certain moine du nombre de ces faux Grecs avait fait glisser le ternie de iranssi'bsiantiation dans sa catéchèse qu'il a vue à Conslantinople, et qu'il n'évita pas la censure des véritables Grecs.

Mais s'il est assez injuste pour vouloir appliquer à ce caléchisme le discours en l'air etdesiilué de toutes preuves de ce calviniste anglais, il est aisé de lui fermer la bouche.

Premièrenieni en le rciiToyant à ce caléeliisme même, où l'auteur fait voir qu'il n'est que trop allaché aux opinions des Grecs.

Secondeincul, en obligeant et lui et son M. Basire de nous dire ipii sont ces véritables Gn;cs qui Ton! censuré et désapprouvé.

Car il ne peut entendre par là que Cyrille Lucaris, qui élait archevêtpie en ce temps-là ; et néannioins ou ne voit point (pi'il ail fail aucune censure juridique de ce catéchisme, quoique l'on ne douie pas (pj'il ne l'ail impronvé.

En Irnisième lieu, en lui montrant que la doctrine soutenue par cet auteur a été pubiiipieiiienl appri uvée, autorisée, el publiée par toute l'Eglise orientale.

Comme celle preuve est par elle-même plus (pie snflisaiile pour décider noire question, je permets de hou cœur à M. Claude de ne s'arrêter pas à ce caléeliisme, pourvu qu'il juge sans passion de ce (|ue je lui vais alléguer.

Si l'on voulait se former à plaisir l'idée d'un aclo pro|)re à décider le différenil (|ui est entre nous, on ne pourrait, ce semble, y exiger d'autres conditions cl

(i) Pagg. 108, 112, 113, lis, 121.

(r;iiilrcs circonstances que celles quo je vais dir r Qu'il soil siifiié et aiildiise |);)r les «iiialr

ire.

|);)r les «inalre pà-

irinrclies el p fr les priiuijK'mx cvèijnes et écclési;is-

li(jiifs (1(^ réglisc orifH!;ile.

"2° Qii'il {s-.ir.iisReiiiiecenx qui l'oiil f;tilel approuvé

n'ai 'iil en aiicmie inlelligeiu-e av(;c les Lislins, el qu'ils pcrsisiassetit dans Uuis les senliiueiUs parliculiLMS (le ('ég'isi' grecque.

5° Qu'il sdil li>ii pour des nécessités pariiculières (le l'église grecque, sans que le^ Latins y aient eu de part.

4" Que li'S termes en soient précis, cl qu'ils coi;tieniieiit si clairement les dogmes de l:i présence réelle et dt; la transsubsiaiiiiaiion, (jue M. Claude ne puisse pas les éluder par ses suhlilités ordiiuiircs.

Or l'on irouver.i justemi'nt loulesccs clrcoiislnncos dans r;iclo que je i)ro|(:iser;ii ici, dont un piUriarclie <le "Jésusaii-in nommé Neciarius a pris le soin do nous Taire riustoire dans une lettre qui est en lête. La voici :

Pierre Mngilns, qui avait été ordonné arclievêque de Russie parthéopliaue, pa'riarclie de Jérusalem, ayant failas^endficr irois évoques. ^essuflVagants, el les |i!iis hahiles ci les plus pieux Ihéologiens de la ville arcliiépiscnpale, pnur hamiir le? ern'nrs et les siq^erslilions , de S!in peuple résolut avec eux d'un counniin accord de dresser nue confc>sion de foi sur ions les ariiclcs de la docriiie clirélienne , et de la faire revoir cl approuver par l'église de ConslanlinOi)lc el par le synode (|ui y était asvend)!é.

Pr)urexcciiler ce dessein, ils composèrent un livre sur les articles de la toi qu'ils intilulèreiit. Confession de la foi dis Russes; et cn-uiie il.- prièrent l'église de Consinnlinopli- d'ordonner à ceux ([u'elle (hîvail députer eu Moldavie en qualiié d'exanjues de l'examiner avc(; Ceux (|u'ils y enverraient de leui' côié.

La chose se (il scNui ce projet Le synode de Conslanlinople dé|»ula en Moldavie Porpliire, métropoli lain de Nièce, el Méléiius Snrigus , lhéologi(;n de la grande église, à la piéié et à la <loclriuc duipiel le paliiarche de Jérusalem donne de très gr.imls éloges ; el les députés des Russes s'y élani rendus de leur côté, celle conl'ession de loi fut examinée avec tout le soin possil)Ie.

Ils ne se conienièreiit pas néanmoins de cet examen, et ils crurent que pour remlre celte pièce plus auilienli(iue , ils la devaient envoyer à tous les (juatre pâli i.iiclics diî l'église d'Orient, cl la soumettre de nouveau à leur jug(;mei!l.

(^es patriarches, l'ayant donc reçue et examinée, la trouvèrent si con'orme à la foi de leur église, (jne non seulement ils l'approuvèrent et la signèrent de leur propre main avec plir-icurs aulre> évè.pies, mais ils ordonnèrent de plus qu'au lieu iju't Ile ne pr)i tait auparavant |)Ourlilre (pie relui de Confession de la foi des Russes, elle s'apixdlerait désormais Confession de foi de réytise orienUde orthodoxe.

Apiès'la letlre de ce patriaiehe de Jérusalem (jui contient l'hisloirc (pie nous venons d • r.ippoi ter , on voit en tète même de celte confe-sion rapprobalioii et la signature des (piaire patriarches, de neuf év(^qnes et de tous les principaux ofliciers de l'église de Con- Slantinople.

L'approbation des quatre patriarches est daiéî de l'an l(>45 (I) , el'celle de la lellre du palriarche de Jérusalem, qui n'a été mise qu'à riiiipression, n'est (pie de l'an i (362; celle confession de loi n'ayant été imprimée en grec que l()iiglem|)3 ai rès ([u'elle l'ut taite, el ne s'élanl auparavant dislrihuée quiî inanuscriie, parce (jiie les Turcs ne souffrent point d'impression dans leur empire.

Pour toutes les autres conditions que nous avons marquées, on les trouve de même dans cette confession de l'oî.

Les Latins ne s en sont mêlés en aucune sorte. Elle

(1) AU mois de mars.

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