TS TOUCHANT L'ÉGLISE GRECQUE
cinquième chapitre aux Hébreux ; de Siméon de The?salonique, en son Dialogue contre les hérésies; et de la Confession de Germain, patriarche de Consianlinople, qui vivait peu après.
11 parle dans la cinquième section de Sicidilcs religieux, qui fut, dit-il, chef d'uiie hérésie, disant quo dans le sacrement de l'Eucharistie le corps de Jésus • Christ n'était pas incorruptible comme après sa passion et sa résurrection , mais corruptible. Il rapporte ce que dit Nicétns (p. 332), que ceux qui étaient dans les bons sentiments lui prouvaient par S. Jean Chrysoslôme, S. Grégoire de Nysse, S. Cyrille et Eiitychiu,c, patriarche de Conslantinople sous Jus*ijsien, que dans le sacrement le corps de Jésus Christ était incorruptible, étant celui qui après la rcsurreclion était impassible, et non pas celui qui était passible avant la passion : et quiconque reçoit une partie du p;iin eucharistique reçoit Jésus-Christ entier. L'empereur Alexis Comnène fit assembler un synode en 1199, qui condamna Sicidites. Dosilhée rapporte divers passages sur ce sujet de la Chronique en vers d'Euphraim, de Michel Giycas au moine Joannicius, de S. Cyrille de Jérusalem, de S. Éphrem, de la lettre de Pierre, patriarche d'Antioche, de Nicolis de Mélhone, d'Isidore Pélnsiote et de Siméon de Thessaloiiiqiie, pour prouver que ce qui est dans le sacrement, c'est-à-dire, le corps et le sang du Sauveur , est incor^ ruplible.
La section sixième regarde une question assez extraordinaire : quelques prêtres vers l'an 1440, eu distribuant la communion disaient : Recevez le S.- Esprit, et d'autres les accusèrent comme des blasphémateurs. Cependant Marc d'Éphèse entreprit de les justifier; ce qu'il fait par un raisonnement qui consiste principalement ea ce que le corps que nous recevons dans la communion étant uni à la divinité, en participant au corps et au sang du Seigneur, nous participons aussi au S. -Esprit, la divinité des deuxpersonnes étant inséparable. Il prouve trcs-cer'ainement le dogme de la présence réelle, et c'est riis.'>ge qu'en a fait Dosiihéo; mais il ne justifiait pas ces prêtres d'une nouveauté inconnue à toutes les églises , et qui n'avait aucun fondement dans la discipline grecque.
La sepiiômc section, qui est plus étendue que toutes les antres, a pour préface ce qui a élé rapporté ci-dessus louchant le commencement des hérésies de Luther et de Calvin, el comme elles furent combattues par Jérémie, patriarche de Conslantinople, et Mélèce d'Alexandrie. Ensuite Dosilhée rapporte un grand nombre de passages de Pères el d'auteurs ecclésivis^ tiques, sous ce tilre général : Exposition d'antres témoignages tirés de quelques anciens Pères, et de plusieurs écrivains ecclésiastiques orthodoxes, qui prouvent la présence réelle et substantielle du Sauveur dans F adorable sacrement , par le changement substantiel du pain et du vin au propre corps précieux et au sang du Sauveur, ce qui est la transsubstantiation dans le sacrements Dosithée distribue ces passages sous différents titres d'autant de mots employés par les écrivains e*'
599 rERPÉÏUlTÉ DE LA FOI
clésiiisliques nuciens cl laodcnics , pour signifier le cii;i!igcmcnl qui se fait dans le inyslèro de rEiichalislic : el il fait voir que tous rcvicnueiit à un niéaic SQns, qui est celui du cluiiigcmcnl vérilahle, réel et substantiel, cl qui esl par une conséquence nécessaire celui de la transsubslanllalion. Ces mots sonl : Ms-
viyw, Tpûyoi, Ttivw, fftT0D//.«£, y;teT«).«/Ji6â'JW , xotvwvw, î,(«Ç«, hfovpyû, ànofKhoixy.i, -/Lvo/acc/., à-MoeUm/Ai, ràd, j^apiÇo/*Kt , -TiKpcf.cilufJLi, /arpsùerat, //.tTKncteÏTKt, /iST«-
literot.ppv6{JilÇBiJ, àXloiovcSai, y.szovtjioûadui. SouS cliacUU
de ces lilres, il rapporleles passages de presque tous les anciens Pè.-es Grecs ; même sur l'adoration de l'Eucharislie , ceux de S. Anibroise et de S. Augustin. Il cite aussi plusieurs auteurs plus récents , dont quelques-uns ne sonl pas impiimés, ce qui fait voir le soin avec lequel il avait étudié celle matière. On irouve cilés entre autres Nicélas d'iconie, contre les azymes, Cabasilas, Siméon de Tliessalonique, S. Nil Tancicn, les Réponses de Pholius à AmphilochiuSjNicéphore, patriarche de Constanlinople, contre les iconomaques, Proclus, Nicolas de Mélbone contre Solériclms cl contre les azymes, Jean de Jérusalem, Matthieu-le-Religieux , Pierre d'Anlioche, Siméon de Jérusalem, Tliéodore Curopalate, Mélhodius de Conslantinojile, cl divers anonymes contre les Latins, Glycas , Nicélas , Théodore Graptus , Michel Coniates, Solérichus Panlcugénus, les Liturgies et l'Eucologe.
Sur le mol de transsubslantiution , il rapporte le discours de Gennadius, que Mélèce Syrigus a inséré à la fin de sa Uéfulalion de la Conlession de Cyrille Lucar, cl qui a été iniprimé depuis peu avec la grande homélie du même auteur : et par celle raison il ne se Irouve pas dans la traduction en grec vulgaire de cet ouvrage, quoiqu'il soit dans le manuscrit copié sur l'original qu'avait Panaiolii; parce que les deux ouvrages ayant élé imprimés en même temps et pour être reliés ensemble, Dositliée n'a peut-être pas cru qu'il fallût le meltre deux fois. Il a joint divers passages des Pères, pour prouver que dans les mystères de la religion il ne faut pas chercher comment une chose se fait, mais la croire humblement lorsque la foi nous l'enseigne; et qu'il suffit de savoir que ce changement se fait suniaiurellement et par l'avénement du S.-Espri!. 11 finit par un exlrait de lu leUre de Mélèce d'Alexandrie h Edouard RartOii, que nous avons rapporté ci-de<sns.
La dix-huitième section est pour marquer que la Confession de Cyrille, qui parut en iGôô, et qui dans le dix-septième chapitre expliquait le mystère de rEucharislie selon l'opinion de Calvin, avait clé condamnée en un synode tenu l'an 1638, cl à J.i.si en iG42 ; que Mélèce Syrigus et George Coressius la réfutèrent, anathématisant partout Luther et Calvin et leurs sectateurs, et expliquant clairement ce que l'Eglise catholique enseigne de loule anliqniié loutbanl le sacrement de riîucliaristic.
Le reste est conforme à ce qu'il publia dans le sy node de Jérusalem , excepté qu'il n'a pas raitporl les signatures, el qu'il a changé ce qui regardait î dix-huitième article de Cyrille louchant l'étal de âmes après leur mort; ayant marqué à la marge qu'i s'était trompé en quelques endroits dans la réfutatioi de cet article, el que pour cela il l'avait corrigée. Mai comme cela ne regarde pas la matière que nous irai tons, nous n'en parlerons pas présentement.
Chacun peut aisément comprendre que ce seu ouvrage de Dositliée détruit entièrement tout ce qu M. Claude, M. Smiih, el ceux qui les ont copiés, on avancé touchant la créance des Grecs sur l'Eucha rislie. Ce n'est pas un Gergan, ni des vagabonds comme ces prétendus archevêques de Tibériade c de Sa!i!Os, qui donnent en secret des témoignage informes ; c'est un des quatre patriarches grecs, qui ayant publiquement déclaré la foi de son église dan un synode noiiibreux , confirme au bout de dix-hui ans ce qu'il avait publié alors, el qui , au lieu de s rétracter, ajoute à son premier ouvrage un très grand nombre de nouvelles preuves ; qui condamn expressément les calvinistes et les luthériens; qui cil tous les passages des Pères dans le même sens qu les catholiques les enler.dent ; qui se sert avec clog. des témoignages des Grecs modernes, que M. Claul veut faire passer pour latinisés ; qui elle les synode que ce ministre traite de pièces supposées; enfin, qu fait imprimer, au vu et au su de toute l'église grecque dans un pays où elle est publiquement professée, ui ouvrage qui est reçu avec une appiobalion générale sans que depuis vingt ans il ait essuyé la moindr< contradiction. On peut juger que puisque Dositliée i eu l'adenlion d'y faire quelques changements dan! des choses indifférentes, il en aurait fait de mêm dans les articles essentiels, s'ils ne s'étaient pas trou vés conformes à la doctrine de son église sur l'Euclia rislie. Il l'a encore plus nettement confirmé dans soi traité contre Caryophylle, imprimé quelques année après VEiichmdion, et par la déclaration publiqu qu'il fit contre les Grecs qui envoyaient leurs enfanl au collège d'Oxford.