CHAPITRE VU
Examen de quelques autres objections qui ont été faites sur les attestations produites dans la Perpétuité.
Comme les calvinistes profitent des objections les plus frivoles qui peuvent ôlre faites contre l'autorilé des altcslalions qui ont été produites dans la Perpétuité, ils n'ont pas manqué de faire valoir quelques contestations qu'il y a eu entre des catholi(]U«s à l'occasion de ces pièces. La grande autorité qu'on donne présentement à des écrits furlifs, à des pièces supposées, à de prétendues anecdotes fondées sur des récits de ce qu'on fait dire à des personnes mortes, pourra aussi faire valoir des histoires ridicules sur celle matière, puisqu'on voit des critiques qui les citent sérieusement en toute rencontre. Or, comme les demisavants sont capables de croire ce qu'ils trouveront sur ce sujet dans le premier recueil de semblables curiosités , nous avons cru qu'il n'était pas inutile de prévenir les mauvais effets que peut produire la facilité qui règne parmi eux à tout croire ce qui leur esl nouveau, pourvu qu'il attaque la mémoire des hommes qui ont fait honneur à notre siècle. Ce ne sont guère que ceux là qu'on voit attaqués dans ces libelles, et en même temps ils nous produisent des hommes dont la réputation a élé très-médiocre et souvent trèsmauvaise, qui, n'ayant jamais élé ni dans les emplois ni dans le grand monde, savaient ce qui s'était passé de plus secret à la cour , à la ville , dans les cabinels des grands, si on veut croire ceux qui ont recueille leurs conversations. Aprè^ cela , ceux qui n'avaieni
c'est ce que M. Bayle a fait plus qu'aucun autre dans son Dicliounalre critique. Un huguenot réfngiéaura dit à quelqu'un qu'il avait oui dire à des catholiques que les atloslalions produites dans !a Perpétuité de la Foi pouvaient souffrir quelque dif(ienlté ; qu'on disait qu'elles avaient élé obtenues avec beaucoup de peine et de dépense : cela s'accordait avec la calomnie de M. Claude ; il n'en a fallu pas davantage à ce grand critique, non seulement pour assurer qu'elles avaient élé achetées, mais il y a ajouté de son chef que cette dépense avait coûté beaucoup à messieurs de Port-Royal^ qui n'élaicnl pas eu élat de la faire. Il s'en trouvera qucl(iue autre qui enchérira, ci qui dira la somme, ou qui, sachant par hasard que les affaires de M. de Noiutcl, au retour de son auibassade de Conslaniinople, n'éiaieni pas en fort bon élat, dira que la dépense des altcslalions l'avait ruiné, cl il sera cru comme l'a élé M. Claude sur toutes les fausselés qu'il a avancées. Nous déclarons donc que ïiohs naus inscrivons en faux contre tout ce qui pei't êl.'C appuyé sur de (elles autorités; cl quaml ceux qui lâchcnl de les faire valoir les soutiendront par des preuves qui méritent quelque attention, nous espérons les renverser d'une manière qui ne souffrira aucune réplique.
Quand il y aurait eu quelques catholiques qui auraient pensé sur ces atlestalions ce qu'on leur a fait dire, il n'y en a auciui qui puisse être cru sur sa parole, conirc des preuves aussi cerlaincs que celles qui ont élé produites. La plupart n'ont point élé nommés; et ceux qui les ont cités, en déguisant leurs noms, leur ont assurément rendu service ; car, par exemple, que pouvait-on penser de ce Yéniiicn, auquel on fait dire des absurdités qui sautent aux yeux, sinon que c'était un homme qui ne savait pas les premiers éléments de la matière dont il parlait, et qui a été démenti publiquement par le rcpréscnlant de sa république? Croira-l-on les papas de M. Wheeler plutôt que toute Is Grèce? Si d'autres ont atlaqué les attestations, ce n'a pas été pour dire qu'elles éiaieut supposées, ni obtenues à force d'argent ; ce n'a pas élé pour découvrir les mauvaises pratiques que les calvinisles disent avoir élé employées pour engager les Grecs à les donner , et c'est cependant de quoi il s'agit.
Il est vrai qu'on a vu dans divers écrits, la plupart anonymes, des réflexions assez ambiguës sur qrelques-unes de ces pièces, et on y a déjà répondu il y a plusieurs années. Ce qu'on peut dire de plus certain, est qu'il n'y a rien dans tout ce qu'en a écrit u: au • leur assez connu , qui donne lieu de croire que son dessein ait élé d'attaquer directement les atlestalions comme fausses ou comme obtenues par de mauvaises /oies. Il avait fail quelques autres remarques, dont la principale était que les calvinistes pourraient ne se pas rendre à l'autorité de ces pièces, et qu'il aurait fallu les convaincre par les livres des Grecs. C'est ce qui a
*.'i5 LIV. V!l ACTES DES EGLISES D'ORIENT PRODUITS DANS LA PERPÉTLITÉ.
été fail ilans le Iroiàième volume de la PeryétuUé (i) ; et comme il ne convienl pns d'entrer d:uis ce qui i)ciit avoir rapport aux disputes personnelles, il sulïit tic dire jue si on ne l'a pas fail alors suffisamment, on a eu dans la suite de quoi le 'aire, et les pièces, imprimées depuis peu, de Geunadius, de Mélclius Piga, de Neclarius , de Dosiliiée et quel(pies autres , peuvent suppléer à ce qui ne pet pas cire fail alors. Enfin ce que CCI auietir donna dans quelques traités sur la créance des Grecs, avait été tiré des livres mêmes qu'on avait envoyés de Constanlinople, dont on n'avait pu se servir, parce qu'ils n';irrivcreut qu'après l'impression du dernier volume de la Perpéluilé. .^
On a dit que les pièces devaient être publiées dans leurs propres langues avec des traductions exactes, et celle pensée était venue d'abord ; mais il ne se trouva "pas de caractères orientaux, et la mort de M. Colhei t rompit ce dessein. On a dit sur cet article qu'il avait été pourvu, autant qu'il était possible, à rendre les originaux publics, eu les exposant à la vue de tous ceux qui les voudraient examiner, puisque la plupart avaient été déposés dans la bibliolliè(|ue de l'abbaye de Saint- Germain -des-Prés, oii ils ont élé vus par un nombre infini d'étrangers, sans qu'on eu sache un seul qui :iit remarqué le moindre défiiut ou aucun caractère de supposition. Les originaux de la Confession orthodoxe, de l'acie du patriarche Denis, et du synode de Jérusalem , sont dans la Bibliolhèque-du-Roi. Cela étant, ils sont aussi publics en quelque manière que s'ils étaient imprimés ; car combien peu y a-t-il de personnes capables d'examiner les originaux en leurs propres langues ! Il faut bien que ceux qui ne les savent pas s'en apportent aux versions qui ont élé imprimées, dont la plupart ont élé faites dans le pays, Cl ne sont pas fort élégantes. Il s'y est môme glissé quelques fautes ; mais on est bien sûr qu'il n'y en a aucune essentielle, ni qui en ait altéré le sens.
Il s'est dit, Cl cela a été imprimé en quclquec livres anonymes, que les jésuites avaient d'autres allesialions qui seraient plus authentiques, et qu'ils feraient imprimer dans les langues originales. Ce fait doit être mis au nombre de ces anecdotes dont nous avons parlé ci-dessus , cl il est enlièremenl faux. Le P. Michel Nau , qui élait dans les missions de Syrie et de Perse lorsque M. de Noinlel élait à Conslantinople , fut chargé de procurer quehiues-unes des attestations de ce pays-là, et il en envoya trois, où il inséra des articles qui n'étaient pas dans les mémoires que cet ambassadeur lui avait envoyés. Il revint ensuite à Paris , et on ne lui a jamais ouï dire qu'il on eùl apporté d'autres. On laisse à examiner à toute personne de bon sens , si un religieux particulier, sans autorité et sans caractère , eùl élé écoulé par les patriarches el les mclropuliiains, s'il leur avait demandé d'autres attestations, plus auihoiUi(iues que celles qu'ils avaient mises entre les mains de l'ambassadeur. Ils ne l'auraient pu faire quand ils au-
{l) Deuxième pirlie de noire volimie II.
raient voulu ; puisque toutes les formes qui rendent des actes solennels et authenli(]ues ont élé observées dans ceux qui ont élé cités. Il n'y a pas non plus d'apparence que ce religieux , ni quelque lionnne que ce put être, eût osé prier l'ambassadeur de légaliser de nouvelles pièces qu'on aurai: «upposé meilleures, et plus hors d'atteinte que celles qu'il avait reçues des Grecs. On est au moins très-assuré qu'il n'en a vu ni légalisé aucune , et par conséquent ces actes , quand on les aurait, manqueraient d'une formalité nécessaire pour être rej^ardés comme authentiques. Ainsi ce qui peul avoir donné lieu .à ce fait, qui aurait été justifié depuis plus de trente ans, s'il eût élé véritable, est que le P. Nau pouvait avoir dit, qu'il avait bien d'autres preuves à donricr de la créance des Grecs et des Orientaux, qu'il n'y en avait dans la Perpéluilé de la foi, el qu'il entendait tout aulre chose que des attestations en forme publique, et qu'on a confondu ces deux idées. II a en effet donné au public, en IGSO, un livre intitulé: Ecclesiœ Grœcce Romanœque vera effigies , (jui est proprement un livre de controverse contre les Grecs, sur les points ijnicslés avec les Lalins , où il n'est point parlé de l'Eucharistie, parce qu'il n'y a aucune dispute sur cet article. Ceux qui Tauront lu , pourront juger qu'il avait élé plus occupé à ramasser des argiunents contre les Grecs qu'à étudier leurs livres , dont il paraît n'avoir eu qu'une médiocre connaissance. Car s'il av;iil vu les traités de Geunadius , et d'autres contre les Lalins, il aurait omis plusieurs choses que les Grecs croient avoir solidement réfutées ; el , quoiqu'ils se trompent, il faut néanmoins répondre à leurs subtilités, ce qu'il n'a pas fait. Ainsi comme ce n'est que de lui, qu'on pouvait attendre les pièces plus autîientiques que celles de la Perpéluilé , puisqu'il n'est venu aucun autre jésuite du Levant, sinon lui, vers la fin de celte dispute; il ne faut pas ajouter foi à une histoire qui n"a aucun fondement que des ouï dire, et celle-là n'en a pas d'autre. Cependant l'auteur, qui est le seul qui en ait eu connaissance, l'a répciée encore depuis peu; mais elle n'en est pas plus véritable.
C'est dans un recueil de pièces attribuées à différentes personnes , quoique le style en soit fort sentblable. Le chapitre 22 est une réponse à ce que M. Arnauld avait écrit contre l'auteur dans les difficultés proposées à M. Slcyacrt. On n'entre point dans les reproches personnels qui ne regardent pas l'Église. M. Arnauld se plaignit qu'on abandonnait la cause de l'Église, lorsque l'auteur avançait que les attestations des églises d'Orient n'étaient pas si convaincantes qu'elles ne souffrissent encore quelque difficidlé. Cet article a déjà élé écbiirci en partie, tant dans les livres qui ont élé cités que dans ce que nous avons dil sur ce sujet : et quoique le criii(]uo proteste qu'il n'a pas prétendu donner atteinte à la vérité el à l'autorilé des attestations , il est néanmoins vrai que les calvinistes se sont prévalus de ces objeelions pour les rendre suspectes, comme a fail en
TERPÉTUITÉ DE LA FOI TOUCHANT L'EUCHARISTIE
(Icriiier lieu raulcur des Moiuiiiients aulhciilitiues. Le crili(iue préteiitl que quand il a dit après cela qu'il n'y avait pas de (ail prouvé avec plus d'évidence (lUC la confonnilé de la créance des Orientaux avec celle lie l'Église romaine, en quoi M. Arnauld assurait qu'il s'élail contredit , il n'avait pas eu en vue le livre de la Perpétuité , mais ceux de Léo Allatius , d'Abraliam Échellensis el de Raynaldus, qui ont dotmé de bons actes sur celle maliêre, et que messieurs de Port- Uayal n'ont fait presque antre chose que de tneitre en français ce qu'ils ont lu en latin dans ces auteurs. 11 ne l'araît pas néanmoins que le public en ait ainsi jugé; et même on ne croit pas que personne Juge que les livres d'AUalius seuls suffisent à détruire tous les sopliismes de M. Claude, ni les faux faits qu'il a avancés. On a pu voir par tout ce qui a été cité dans la Perpétuité, et par les pièces que nous avons employées , qu'on n'a presijue rien tiré d'Allatius sur ce qii regarde les derniers temps, et même qu'il a fallu souvent le réfuter.
La -emarque la plus importante est qu'il y a, dit ce ■ critique, de certaines expressions qui pourraient donner occasion aux protestants, qui chicanent sur tout, de les tenir pour suspectes ; que ce défaut ne doit pas être attribué aux peuples du Levant, qui ont répondu avec sincérité aux queslions qu'on leur a proposées, mais à ceux qui les ont adressées, lesquels ne sachant pas assez les manières de ces peuples, ont employé dans Le modèle de leurs demandes, de certaines expressions Ifui ne sont propres qu'aux Latins II dit ensuite, qu'aussitôt que le premier volume de la Perpétuité parut, il en fit avertir M. Arnauld, el lui indiqua le remède qui élnit, comme il le marque ailleurs, de supprimer les attestations où ces défauts se trouveraient. Ce défaut principal est que les Orientaux ne croient point que le corps et le sang de Jésus Christ soient dans l'Eucharistie immédiatement après la prononciation de ces paroles : Hoc EST CORPUS MEUM, ctc. Cependant plusieurs Orientaux, dans les attestations dont il s'agit, assurent qu'aussitôt que le prêtre a prononcé ces mots, hoc est corpus melm, le pain el le vin sont changés au corps et au sang de Notre Seigneur. Si M. Arnauld avait rejeté les attestations où, cela se trouvait, et qu'il n'eût conservé que alUs qui mettaient ce changement après ce que l'on appc'le dans les Liturgies orientales, linvocation du Saiul- Esprit, les prolcslan:s n'auraient pas eu occasion de former contre ces attestations l'objection dont on vient de parler.
On ne sache néanmoins aucun prolestant (jui l'ait faile; car leurs plus savants hommes, au rang desquels on ne nicllra jamais M. Claude, ont très-peu entendu CCS matières liturgiques. C'est donc l'auteur qui l'a formée, et qui n'a pas cependant produit une seule de CCS attestations, qui dise que le corps de Jésus-Christ se trouve présent dans l'Eucliaristie aussitôt que le piètre a prononcé ces paroles ; Ceci est mon corps ; mais scoiemcnl qu'il y est véritablement, ainsi que iésus Clirist l'a enseigné par ces mêmes paroles, et quelques- unes, en vertu de ces mêmes paroles. Or c'est
AU
n'en savoir pas plus que ces théologiens, dont il parle avec mépris, que d'attribuer aux Grecs une opinioi\ dont ils sont fort éloignés, qui est de croire que les paroles de Jésus-Christ n'opèrent pas dans la consécration, quoiqu'ils attribuent en même temps un grande efficace à l'invocation du Saint-Esprit, et qu'ils ne regardent la consécration comme achevée qu'après que celte prière a été prononcée. Mais nous donnerons ailleurs un éclaircissement particulier sur cet article , parce qu'il ne peut être traité en peu de mots.
L'expédient de supprimer ces atleslalions prétendues suspectes, aurait été pire que le mal, s'il y en avait aucun, et contraire à la bonne foi qu'ont observée les auteurs de la Perpétuité dans celle dispute. C'e>t pourquoi ils donnèrent les trois allestations dans lesquelles le P. Nau inséra des articles qui regardaient les matières de la grâce ; car on sait bien qu'elles étaient entièrement inutiles au sujet, et elles étaient plus capables de rendre ces actes suspects, que toules les autres choses que remarque cet auteur. Que n'aurait pas dit M. Claude, et avec raison, si on avait supprimé des pièces, parce qu'elles auraient pu porter avec elles un caractère de fausseté et de suggestion, capable d'éblouir les simples! Car il pouvait dire : Ces bons Levantins ne savent certainement ce que c'est que l'hérésie qu'ils condamnent ; c'est ainsi qu'ils ont condamné le calvinisme, et les conséquences sont aisées à tirer. Cependant elles sont très-fausses, puisque sans entrer dans une longue discussion dos disputes qu'il y a eu sur ce sujet, ils reconnurent d'abord que ce qu'on leur proposait était contraire à la sainte Écriture, et à la créance commune des chrétiens, comme ils condamnèrent les calvinistes sans avoir lu les gros livres de M. Claude, ni d'Aubertin. Cela fait voir en passant ce qu'on devait attendre de ces prétendues attestations plus authentiques que ces premières.
Mais, dit le critique, il les aurait données dans leurs langues; comme si cela importait beaucoup. Cela n'eût rien fait à l'égard de M. Claude qui n'en savait aucune ; ni à l'égard du commun des calvinistes, qui n'ont pas été plus touchés des passages syriaques et arabes qui ont été insérés dans les notes sur Gabriel de Philadelphie, que des traductions qui en ont été données dans la Perpétuité, ni du grec qui se trouve dans quelques autres ouvrages. La conclusion de toute cotte critique est donc que les attestations peuvent être bonnes, quoiqu'il paraisse qu'il en excepte quelques-unes, mais que ces pièces là ne sont pas si propres à confondre les calvinistes que de leur citer des autours grecs, reçus dans toule leur église comme orthodoxes.
11 semble que les auteurs de la Perpétuité ne l'aiiMit point fait, el ils en ont néanmoins beaucoup plus cité que celui qui les critique. Quand il donna au public les ouvrages de Gabriel de Pliiladelphie, il ne cita aucun auteur grec qui n'eût déjà été cité. Au bout de quelques aimûes tous ceux qu'il cita lui furent com-
io7 I.IV. VII. ACTES DES EGLISES D'ORlIi
niuniqiiés par un dos amis des niilciirs de la Perpéiuué, cl ils claienl à eux; ce fut ainsi qu'il en cul connaissance. Il y en a beaucoup d'autres r]ui n'étaieul p.is encore connus, cl uiênic qui le sont à peine, quoiqu'ils aient clé imprimés en Moldavie et en Valachic. On n'accusera pas un théologien d'éire ignorant et de re p'.s savoir la matière dont il écrit, parce que tous les livres ne lui ont pas pas é par les mains. La Coalession orlhodoxe élail si peu connue, quoiqu'on en eût fait deux impressions, que les premiers exemplaires qui vinrent à P;iris furent ceux que Panaiolli donna à M. de Noinlol. Tous ces livres oi-t été cités dans la Réponse générale, ou dans le vol. 5 de la l'erp. (pirl. 2 (le notre lom. '2), et l'acte aullienliq:e du pairiirciic Denis fnlinq)rinié en grec et en lali.i en 1G77, avec le synode de Jérusalem.
Il dit sur celle dernière [lièce, qu'il est à craindre que ios prolestants ne l'aienl pour suspecte, [arce que M. Claude y est nounné. Cette raison n'a las louclié M. Allix,et ne loucliera personne qui fera i-éflexinn à la matière; car comment une réponse syn:)dale, dressée par le patriarche de Jérusalem sur les exlrail^ qu'on lui avait envoyés de ce que ce ministre avait écrit louchant la créance des Grecs, poiivaii-elle être donnée sans l'aire mention de l'auteur de toutes les faussetés qui y sont réfulc^îs? On aurait pu écrire autrefois de cette manière sur le synode de JéruSiilcm, mais il est difficile de comprendic (iii'<m puisse le faire, après que tout ce qui a rapport à ce syn.)de a été si amploincnl éclairci; cl on ne reprochera point à cecritiijue d'avoir ignoré que toute la pièce qui fui envoyée uianuscrilc au roi, a été imprimée sous le litre ù'KucImidlou en Moldavie par les soins du patriarche tVosilliéi; ; ainsi toutes les critiques sont finies à cet égard.
Il dit aussi qu'il a donné un témoignage authentique ée Cciituidius., pniriarche de Constatiliuople, sur le mol Ir; n'^sii'l)<tantiation. iMes&imrs de Port - Royal, qui cxainii te livre de Mélèce Stjrigus, d'oiije l\ii pris, uen ont l'ait aucune mention. Il est surprenant que ces messieurs , qui nont rien oublié pour avoir dis nltcstations du Levant, n'aient pas eu la curiosité de visili'r la Dibtiollièque-du- Roi , et les autres bonnes bibliollirques de Pans , cil ils auraient pu trouver les nouveaux ailes que j'ai produits dans le livre de lu croyance de Véqlise orientale sur la transsubstantiation. Mais il est encore plus .surprenant que cet auteur ne se souvienne pas que ces nouveaux actes qu'il a produits sont tirés du propre manuscrit de Syrigus, que lui prêta une persoime de leurs amis, et qu'il «l'en a pas donné d'autres. Il ne ■peut |ias non plus ignorer que Syrigus, ni l'honié le de Gennadius , n'ont jamais été dans la Biblioihè<piedu-Uoi. Tout le mystère qu'il y a sur ce qu'on n'a pas donné d'extrait ni de traduction de ce que Syrigus cite de Gennadius, est que ce manuscrit arriva comme l'impression était achevée ; de sorte qu'on ajouta, hors d'ouvré, l'éclaircissement sur le mot de transsubslanli.nion ; cl l'extrait de Gennadius fut oublié par la négligence d • ceux qui curent suii; de riniprcssion. celui
P. DK LA F. 111
;NT IMluhUiTS DANS LA VKUPÈTUTÊ. .f,8
qui avait fait cet extrait n'étant pis à Paris.
Les auteurs de la Perpél,ii;é ne se sont point vanlés desavoir les langues onenlale, ; mais indépcndammenl de celte érudition, ils ont donné dans leur ouvrage plus de choses rares tirées des livres orientaux que personne n'en avait encore produit, et beaucoup plus que celui qui les critique. On a cité dan^ celui-ci un très-grand nombre d'auieius arabes et syriaques, et les liturgies coidiles et éihiopiennes ; »i quelque calviniste en yail éluder l'autoriié de ces témoignages parce que nous ne les citons pas en leur langue , ce n'est pas notre faute, puisqu'il n'y a pas ici de ces carsclères. 11 suffit que les traductions soiei.i fidèles , comme sont cîires des pièces insérées dans /,* Perpétuité : s'il y a quelques fautes, comme il en e>t échappé quelques-unes, elles ne vont pas à donner un faux sens dans des choses essentielles , et n)ême ce critique en rei.rend quelques-unes sans aucun sujet, comme les mots français ou latins qui signifient les s:;rrements. Car il est certain que les Grecs- et l(>s chrétiens, parlant arabe, enlcndent par les noms qu'ils leur donnent, ceux qui sont en usage parmi nous.
Jamais, depuis le renouvellement de la théologie, oi.i n'a cité plus d'auteurs ni plus de témoignages qu'ont niit les auteurs de la Perpétuité. S'ils n'ont pas eu connais; aiice de quelque livre, cela ne h\l pas un grand tort à leur ouvrage, mais il n'est pas permis de le leur reprocher j quand on n'en a pas ciié d'autres que le> leurs, SI ce n'est quelques-uns fort étrangers à la matièrc. Si on traitait leur critique avec la même rigueur, ou pourrait avec plus de raison lui demander pourquoi, faisant tant de livres sur la créance des Orientaux , il n'a pas cité un seul théologien jacobite ou nestorien, sinon ce qu'il a trouvé dans Échellcnsis ; qu'en citant les Lilmgies cophtes, il n'a pas cité là texte égypiicn , ni la confession avant la communion, ni aucun aiilcur mahométan, en parlant de leur religion. Ce ne seront donc pas de pareilles objections qui diminiieioiit l'autoriié des attestations, et encore moinsdesfaits qu'on veut bien croire qu'il n'a pas inventés ; niaiscommeon sait certaineinenl qu'ils ne sont pas vrais, le plus court est de n'en faire aucune mention.