CHAPITRE Mil
Si dans les attestations des Grecs et des autres chréiiem
d'Orient, il se trouve des expressions et des dogmes
qui fassent croire qu'on peut soupçonner qu'elles leur
ont été suggérées.
Cette question est presque la seule qui mérite dëlrc examinée, toutes les autres objections qui ont é:é faites contre la sincérité et raulheniicité des attestalions, ne méritant pas la moindre attention ; de sorte que ce que nous en avons dit, a plutôt été pour montrer aux ennemis de l'Église qu'on est en état de leur repondre sur tout, que par la crainte que de si faibles arguments ne fissent impression sur ceux qui chercheni de bonne foi la vérité. Celui-ci a quelque chose de spécieux, et l'auteur qui l'a fait valoir dit que les pro. testants ont fait celle objection, quoique, dans les livres où ils ont parlé de ( es pièces, on ne trouve pa^ (Qutnze.J
459 rERPÉTurrn; de la foi
liii'iis raidit employé contre les catholiques; car, comme il a déjà été remarqué, la foi cl la discipline (les Grecs cl des Oiieniaiixcst si peu connue aux plus savants protestants, qu'il y a tout sujet de croire que celte réflexion ne leur est pas venue dans respril, et moins à M. Claude qu'à aucun autre. Voici donc en quoi consiste la force de l'objection :
Les Grecs, dil-on, el les Orientaux ne croient point que le corps et le sang de Jésus-Cfirist soient dans {'Eucharistie, immédiatement après la prononciation de ces paroles : Hoc est corpus mcum, etc. Messieurs de Portliojjal en conviennent eux-mêmes, ce qui pourrait être eonleslé. Cependant plusieurs Orientaux assurent dans les attestations dont il s'agit, qu'aussitôt que le prêtre a prononcé ces mots, le pain et le vin sont changés au corps et au sang de Notre-Seigneur.
Nous dirons d'abord qu'il est vrai que les Grecs croient que la consécration ne se fait pas par les seules paroles de Jésus-Christ, mais que les prières de l'É- {;lise y concourent, el qu'ils regardent la consécration conmie achevée, lorsque le prêtre a prononcé r;«»ocation du S.-^Esprit, peu de temps après avoir prononcé les paroles de Jésus-Christ. Mais ils n'entrent pas si avant dans la question qu'ont faile plusieurs scolastiques qui avaient ému celle question avant le concile de Florence, comme il paraît par ce qu'en ont ccrilCabasilasetSiméondeThessalonique. (Expos, lit. C.29 el 50.)Nos théologiens accusaient les Grecs, comme d'auires firent dans les dernières sessions du concile de Florence, de ce qu'ils ne croyaient pas que les paroles de Jésus-Clirist fussent suffisantes pour la consécralioii, puisqu'ils ajoutaient la prière de l'invocation du S.- Espril, par la(|uelle ils demandaient à Dieu qu'il l'envoyât sur les dons proposés, et qu'il les fît le corps el le sang de Jésus-Christ. Les Grecs, comme il paraît par deux Chapitres entiers de Cabasilas soutenaient leur pratique par la tradition el par l'autorité de leurs Liturgies; ils montraient par plusieurs passages des anciens, que les prières de l'Église ne diminuaient point l'autorité des ministres sacrés, ni la puissance des paroles de Jcsus-Chrisl : ils interprétaient les paroles (lu canon latin : Jubé hœc perfcrri pcr manus sancli angcli lui, etc., d;«ns le même sens que leur invocation di: S. -Esprit; mais on ne voit pas qu'ils aient jamais enseigné que les paroles de Jésus-Christ n'eussent au. cune efficace, ni qu'ils aient dit que la consécration ne se faisait que dans le moment que l'invocation était achevée, mais seulement qu'alors la consécration était consommée. Au contraire, supposant tous que les paroles de Jésus-Christ sont nécessaires, et qu'elles ne ,>ervent pas seulement à rappeler en mémoire ce qu'il ^t en insiiluant l'Eucharistie, mais qu'elles ont une vertu sanclificalivc pour les dons qui doivent cire consacrés, on ne peut dire qu'ils leur ôleut toute l'cfficacc. Sur cela, ils cilenl ordinairement le fameux passage de S. Jean Chrysoslôme, que comme ces paroles^ croissez cl multipliez, ayant été dites une fois, opèrent continuellement par la toute-puissance de Dieu, 4e même celles de Jésus-Christ opèrent continuellement
TOLCIIANT LEUCILVRISTIE. m
par le ministère et les prières des prêtres; car il es', à remarquer que Cabasilas ne dil pas que tous les Latins, mais quelques-uns, trouvaient à redire à la discipline de l'église grecque : et comme tout son discours, de même que celui deSiméon deThcssaloniquc, tend principalement à prouver que les prières jointes aux p.imles (le Jésus-Christ ne sont pas inutiles, mais nécessaires, pour allirer la grâce du S.-Esj rit, auteur el consommateur des sa(romenls, on peut reconnaître qu'ils ne comballaicnl pas la nécessité des paroles de Jésus-Christ, n"i la foi communedel'Égliso, mais l'opinion de quelques particuliers qui soutenaient qu'tui prêtre disant ces paroles sacrées, même hors de la messe, en quelque manière que ce fûi, pouvait consacrer, cl qui atta(|uaient très-mal à propos les prières, comme si elles n'élaienl que pour la bienséance, et pour exciter rattenlion. Ainsi les Grecs n'avaient pas les opinions extravagantes que leur attribue Arcudius, cl la preuve en est claire dans le concile de Florence. Car toutes ces mêmes objectious ayant été proposées par Turrécréniata ne purent engager le pape à rien faire insérer sur cet article dans le décret de l'union.
Les Orientaux n'ont jamais eiUendu parler de cette dispute, et quoiqu'à l'exemple des Grecs ils aient l'invocation dttS.-Esprit ckins toutes Ivurs Liturgies, qu'ils croient la consécration achevée seulement lorsque cette prière a éié iirononcée, ils reconnaissent la vertu cl la nécessité des paroles de Jésus-Christ. Denis Barsalibi, jacobite, en parle ainsi dans son commentaire sur la Liturgie de S. Jacques : Le prêtre dit les même* paroles que le Seigneur prononça lorsqu'il accomplit ce mystère dans le cénacle, afin qu'on entende que c'est te Seigneur même qui sanctifie les fruits de la terre proposés sur l'autel, par la volonté de son Père el par l'opération du Saint-Esprit, par le ministère du prêtre qui forme les signes de croix et qui prononce les paroles. Aussi dans toutes les Liturgies orientales, les pantles de Jésus-Clirisl se disent toujours, et avec une ailertlion parlicidière. On sait bien qu'il y en a trois syriaques où elles sont comme en abrégé ou sous-entcaducs, mais on les doit plutôt corriger par les autres, que de prétendre réformer celles-ci au nombre de plus de cinquante, par celles-là qui sont récentes el peu en usage.
Eiifin un 'preuve assez considérable que, nonobstant l'opinion qu'ils ont, de même que les Grecs, touclianl l'eriicacc el la nécessité de l'invocation du Saint-Esprit^. les pai-olt's (le Nolrc-Seigneur ont aussi leur effet , selon eux, et que dans les Liturgies des cophles,qui Sont assurément très-anciennes, après ces paroles le peuple dil : Amen, ce qui est marqué non seulement dans les exemplaires eu langue égyptienne, mais aussi dans le texte grec de celles de S. Basile el de S. Grégoire qui sont à la Bibliothèque-du-Uoi, où cet Amen est eïpli(iué en marge par des paroles cophles , qui signifient cela est ainsi en vérité. De plus lesÉlinopicns, qui ont tiré presque tous leurs rites des Éi^yptiens, princifialomcnl la Liturgie, disent en cet endroit, ou-
L!V. VII. ACTS5 DKS ÉGLISKS D'ORIENT PRODIilTS DANS LA PERPÉTUITÉ.
Iro r.4;jit'H : Ceci est vcrilablemenl votre corps, cect est vi-rilabUmcnt voire sang ; nous le croyons, nous en tom' mes certainement assurés. Il est vrai qu'on peut dire que CCI Amen a plus <le nppdrl à la reconnaissance que fi)nl ces chrétiens de la vérité des paroles évangéliqiies récitées par le prêtre, qu'à une confession spéciale sur la vérité dû cliangcmcnt fait par celles-ci : Ceci est mon corps, etc.; car, dans le rit coplilc, Amen est répété plusieurs fois après tcv^rf/x;/, /"reg//. Cependant rien n'empêche qu'on ne les rapporte également à l'un et à l'autre ohjet de la foi do l'histoire évangélique, et du changement dos dons proposés au corps et au sang de Jésus-Christ.
La Liturgie élhiopicnne marque ce dernier sens expressément; cela n'empêche pas que dans ces mêmes rites, l'invocitlhii du Snint-Espril ne se dise onsuile précisément telle qu'elle est dans les Liturgies grecques, cl qu'on ne demande à Dieu qu'il envoie son S.iinl-Espiil sur les dons proposés, et qu'il les faspe le corps et le sang de Je -us-Christ ; de même que les passages de S. Jean Clirysostôme , si exprès pour prouver que ces paroles opèrent conlinuellemont , comme celles-ci : Crescite et ntuliipticamhii, no l'ont pas empêché de parler de l'opération du S.iint-Esprit, inar(|uanl l'invocation d'une manière qui ne souffre aucune autre interprétation.
On n'a jamais soupçonné d'erreur les anciennes églises d'Espagne, où après les paroles de la consécration, on disait ces prières : Hœc nos. Domine, institttla et prœcepta relinentes, suppliciler oramus uli hoc sacrificinm snscipere, benediccre et sanclificare digneriSf ut fmt nobis Eucharislia légitima, in luo FUiique lui notnine et Spiritùs sancti in Iransformutionem corporis et samjninis Domini Dei nostri Je u Clirisli unigeniti Filii ni, perguem liœc omnia, etc. Dans une autre l'invocation du Saint-Esprit se trouve en termes exprès: Descendat , Domine, in liis sacrifiais tuœ benedictionis cowlernus et coopcrator paradilus Spiritùs, ut oblationem quam tibi de tuà terra fruclificante porrigimus, cœle>,li permuneratione , te sancti ficante, snmamus : ut, translata fruge in cor pore, calice in cruore, proficiat vierilis quod obtuUmus pro deliclis. On n'a pas non pins accuse l'ancieime église gallicane d'aucune erreur, et néanmoins, dans son ancien Missel <>\\ trouve celle prière : Descendat, precamnr, omnipoicns Deus , super liœc quœ tibi offerimus, Yerbum tnum snnctum: descendat ina'sliniabilis gloriœ tuœ Spiriius, etc. Nous pourrions citer un grand nomhre d'autres pjssagcs ic'lenicnt conformes à l'invocaiion des Grecs et des Orientaux, que ce sont presque les mêmes paroles; mais ce qui a élé rapporté suffit pour faire voir que les cg'iscs d'Espagne, gothiques et mosarahes, l'ancieime gallicane et d'autres, où jamais il n'y a eu ni doute ni dispute sur l'efficace des paroles de Jésus- Christ, ont eu néanmoins des prières lort semblables à V invocation du Saint-Esprit pratiquée parles Grecs et parles Orientaux ; qu'ainsi la seule raison de cette prière ne suffit pas pour prouver qu'ils ne croient pas qu'elles conîribnenl à la consécration. C'est ncnnmoins
ce qu'ont supposé ceux qui ont remarqué en quelques attestations, ce qui s'y trouve sur l'efficace des paroles de Jésus-Christ, comme un sujet légitime de les soupçonner (l'avoir élé dressées par des Latins.
La première pièce qui a été citée dans la Perpétuité, a élé l'écrit qu'un gentilhomme modalve donna à Stockholm à feu M. de Pomponne, pendant son ambassade de Suède, où on lit ces paroles : Quia credimus panent et vinum per verba Domini subsiantialiter et verc mutari, ac transsubslantiari in corpus et sanguinem , ita ut post consecratiomm non mancat substantia punis et vint, sed loco ipsorum corpus et sanguis Christi per divinum operalionem et voluntatem succédât. Dans celles qui furent publiées dans le même volume, on liouve d'abord l'altestalion des Grecs du patriarcat d'Antioclie, dans laquelle il est dit seulement que TEucliarislie est véritablement et substantiellement le corps cl le sang de Jésus-Christ par la vertu de lu consécrav.on : il on est de môme de l'écrit du mélropolilain de Gaza , et dos autres qui parurent avec le premier voîinne de la Perpétuité.
C'est donc seulement sur le premier qu'on fit, à ce; qi'on suppose, avenir M. Arnauld de ce défaut, et qu'on marqua en même temps le remède qui était fort inutile, puis(|«e le livre étaii imprimé et distribué, oi c'était de rejeter les attestations où cela était, et rien n'eût été plus contraire à la bonne foi. On ajoutera en passant que ces avis donnés aux auteurs de ia Perpétuité, ainsi que divers autres faits qui se irouvcnl répandus dans ces écrits anonymes et imprimés fur- Uvement, sont des choses dont ceux qui ont été dans la plus grande liaison avec eux n'ont jamais ouï parler. Enfin, supposanlque ces avis leur aient été donnés, ils auraient fait une grande faute de les suivre sur ce principe , que les Orientaux ne croient point que le corps et le sang de Jésus-Christ soient dans l'Eucharisiieinimédiaiemenl après les paroles sacramentelles.
Carcclui qui ditque les paroles de Jésus-Christ seules ne font pas la consécration entière et parfaite, ne dit pas pour cela que les paroles n'opèrent pas, et ces deux propositions sont fort différentes. Or tous les Grecs et Marc d'Éphèse lui-même reconnaissent une opcralion aniécédcnle des paroles sacrées, qui est accomplie par les paroles de Jésus-Christ. Nous croyons , dit Cahasilas, qu'ici la parole de Notre-Seigneur est ce qui opère le sacrement, mais par le prêtre, par son invocation et par la prière. De même Siméon de Thessaionique : Nous célébrons les mystères de la terrible communion par rinvocalion de l'Esprit divin , par tes paroles de Jé&us-Clirist , et par les prières des prêtres. Marc dÉphè^e : Ce n'est donc pas que nous ayons confiiince à notre prière, ni parce que nous croyons que ces paroles n'aient aucune force, que nous prions sur les dons proposés , et que nous croyons qu'ils sont ainsi consacrés ; mais nous confessons que tes paroles conservent leur propre force , et nous faisons voir la puissance au sacerdoce sacré, qui achève tous les sacrements, par Cinvocationdu S.-Esprit,qui opère par lui. Gabriel de Philadclohie ; La l'orme du sacrement de l' Eucharistie est
>EUI>ÉTU1TÉ DE lA FOI
^ntécédemmenl dans les paroles de Nolre-Seigncur : Trcncz, mangez, ceci est mon corps, auxquelles on ajoute ensnUe les prières que le prêtre dit. (Grégoire proto^yncelle : Après que le prêtre a dit les paroles de No'.re-Seigneur, pr. noz , mangez, ceci est mon corps , etc. , avec ces paroles, et rinvocation que fait le prêtre aussitôt, la srbstance du pain est changée et convertie au véritable corps et au sang réel de JésusCltrist , ne restant que la blancheur, la douceur, la quantité et l'odeur qu'on appelle accidents... Nous n'avons pas cette opinion, que le prêtre , qui est un homme, change les choses saintes; mais il invoque (le S.-Espril) et il prononce les paroles de No ire- Seigneur qui opèrent le changement. 11 n'est donc point contre la théologie des Grecs, daltribucr de l'eiacace aux paroles de Jé- Mis-Christ, et c'est aussi ce qu'a dit le gentilho;iime moldave dans son écrit, que le pain et le vin sont changés substantiellement par les paroles de Notre -Seigneur, en sorte qu'après la consécration , ajouic-t-il , la substance du pain et du vin ne reste plus, etc. Que veut dire après la consécration, dans la bouche d'un véritable Grec, tel qu'éiait ce .Moldave, sinon après l'invocation du S.-Espril? Il n'y a donc rien dans ces paroles qui soit contraire à la doctrine commune de l'église grecque, puisqu'elles ne disent point que les
rOUCIlANT L'EUClIARiSTIE. 454
de ce critique pour le rendre croyable , quoique cela importe peu , puisqu'il n'y aurait pas grande perle à abandonner ces attesta lions. Mais ce que nous savons certainement, est qu'il ne se trouve aucun témoin qui ait ouï dire rien de semblable au P. Nau après son retour en France; cl ceux qui l'ont pritiçué n'ignorent pas qu'il ne savait pas assez d'arabe pour conposer ces pièces, et qu'il était assez savant pour n'y pas insérer de certaines choses qu'on peut pardonner aux Orientaux, mais non pas à un homme qui a quel* qiio connaissance de l'histoire eccicsiasliqne. Quand il les aurait composées, on ne peut contester que les patriarches, métropolitains et autres ecclésiastiques ne les aient signées; ils ont donc approuvé ce qu'elles contiennent; et cela suffit, puisqu'on prouve d'ailleurs par les certificats des consuls que les signatures sont véritables. Enfin, quand trois ou quatre attestations de Syriens seraient défectueuses , par la faute de qui que ce puisse être, par ignorance ou par mauvaise foi, cela ne fait aucun préjudice aux léaioignagcs rendus si solennellement par les Grecs , qui ont parlé de leur chef et sans suggestion, et qui ont déclaré en même temps, sans en être requis, que tous bs Orientaux étaient dans la même créance qu'eux sur l'Eucharistie. Il y a seulement une réllexion à faire,
paroles étant prononcées, le changementsoit fait «m- * qui est qu'on peut juger, par cet écliantillon , quelles
médiatement après, ce que le critique ajoute de son chef; car celte parole ne se trouve pas dans IVcril dont il est question , ni dans les attestations des Syriens publiées dans le troisième volume.
Il est vrai que dans celles-là il peut y avoir quelque difficulté, quoiqu'elle ne soit pas de si grande conséquence, sinon pour l'acte des Grecs d'Anlioche ; car pour les Syriens et les autres jacpbites, ils s'expliquent plus simplement, cl, comme if a été remarqué ci-dessus, ils n'ont aucune connaissance des disputes qui entêté sur ce sujet entre les Grecs et les Latins. Quoi qu'il en soit, quand parmi un si grand nombre d'attestations , il s'en trouverait deux ou trois où il y aurait quelque défaut , on a assez d'autres preuves ♦railleurs pour se passer de celles-là, dont on ne pouv.iit pas avoir fait averiir M. Arnauld, puisqu'elles parurent les dernières en 1674 dans le troisième volume. On ne jugea pas néanmoins qu'il fallût les supprimer, non seulement parce que ce procédé eût jiu donner aux protestants des soupçons légitimes ; mais parce qu'il y aurait eu lieu de croire qu'on aurait voulu cacher de propos délibéré des articles dont on n'avait demandé aucun éclaircissement. Le P. Nau les ajouta ; et si c'est lui qui a dressé les réponses (juc M. de Noiiiiel reçut par ses mains , il outre-passa sa commission, puisqu'un est très-certainement informé qu'on ne lui envoya que des questions à proposer aux chrétiens de ce pays là, comme elles avaient clé proposées aux antres, cl ([u'on ne le chargea point de dresser les réponses.
Le fait qu'on avance sans aucune preuve, que c'est ce missionnaire qui les a dressées, nous est entièrement inconnu ; mais il (but d'autres autorités que celle
pouvaient être les attestations pins aulheniiiiues que devait publier ce missionnaire, si on veut croire celui qui veut rendre les autres suspects puisqu'apparcmmcnl elles auraient été du caractère de celles-là , c'esl-à dire, trcs-défcclueuses, si on admet la critique qu'il en a voulu faire.