LIV. VHI. EXAMEN M L'HISTOIRE DE
vcnl dans un livre connu de loullc monde, ne le connnissc pas.
Il est encore plus élonnanl qu'il n'ait pninî, conini les ouvrages de Mélèce son prédécesseur, diu|uel il dil qu'il n'avait rien fait im[)rin)er sinon un petit livre contre les Juifs. Cependant il avait, outre celui-là, donné au public celui qui a pour litre : àpôido^o; xpicTiKvô,- imprimé à Viina en 1596. Allalius nianiue qu'il avait écrit une grande lettre an eue/, Basile et aux Husses de la conununion des Grecs, contre la primauté du pape , et sur les autres points conlesiés <între les Grecs el les Latins. Les lettres qui ont été depuis peu données au public, étaient des ouvr;»ges tliéologiqucs, connus el cités pour tels par les tlicologiens el par les synodes : et lui-même marque (ju'il avait traité plus au long la matière de TEucbarihlie , dont il est parlé dans ses lettres. Dositbée en cite une dogniali(iue adressée à un Anglais nommé Edouard , c'est-à dire, Edouard Barton , ambassadeur d'Angleterre, avec lequel il éiait en grande liaison. Si Cyrille, qui avait été protosyncelle de Mélèce, el qui <levait avoir une plus grande connaissance que personne des ouvrages de son patriarche, ne connaissait |)as ceux-là, il fallait qu'il n'employât guère de temps à l'élnde, ce qui n'est guère le caractère d'un aussi ^rand théologien que nous le représentent ses panésgyristes. On doit donc plutôt juger, conformément à celui qu'il a soulenu toute sa vie, de duplicité, de •dissinudalion el de fausseté, qu'il connaissait les ouvrages de Mélèce, mais qu'il ne voulut pas les faire connaître à Willem , de peur qu'il ne découvrît en même temps sa fourbe et sa mauvaise foi. Car icur simple leciure aurait prouvé clairement qu'il s'éloignait entièrement de la doctrine de son maître , et qu^il donnait une exposition fausse de la foi de son église.
Ilottinger a donné une partie de la lettre qu'il écrivit de Ténédo, le 25 mars li)54, dont M. de Noinlel rapporta une copie de Conslanlinople. Elle est adressée au ministre Léger, el il le prie d'être témoin que, s'il vient à mourir, comme il s'y attend, Je meurs, dit-il , catholique, orthodoxe , dans la foi de îiolre Seigneur Jésus-Christ, dans la doctrine évangélique, conforme à la confession belge, à la mienne, et à celles des églises évanyéliques qui sont toutes conformes. Ce seul endroit fait voir combien il était peu instruit de ces confessions; puisqu'on sait assez qu'elles diffèrent en plusieurs points essenliels, pour lesquels il y a eu de grandes disputes, et une rupture entière de communion. Si la tolérance présente empêche les divisions qu'elles ont produites autrefois, ces différences subsiblcnt toujours. Mais ce grand théologien de Cyrille n'y en connaissait aucune : il él.iil frère en Jésus-Christ d'Abbol, archevêque de Cautorbéry, premier ecclésiastique de Péglise anglitane , où en ce lemps-la Calvin ne passait pas pour im très-saint et tressage docteur qui était dans le ciel ; ni Léger prcslntérien , pour un vase du S. -Esprit : il èiait de même frère de Diodali , de Léger, d'Ulenbo-
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LA CONFESSION DE CYRILLE LUCAR. 4y«
g:iri, el de quiconque se disait prolestant. Que ceux qui ont pu!)lié ou cilé les lettres de Cyrille, achèvent de donner ce qu'ils ont de lui, et qu'ils épuisent leurs trésors; qu'ils remplissenl les vides qui se Irouvenl en plusieurs lellres, parliculièremenl dans la langue à Ulenbogart; qu'ils donnent les écrits d.mt il pade qu.dquefois , qu'il dis;iil avoir fait conln- C.rcssius et quelques autres, nous promettons d'en tirer encore de nouvelles preuves de l'ignorance et de la mécliancolé de cet apostat.