LIVRE PRSMIEK
parce qu'il ne regarde que les points contestés avec les Latins.
Il est attesté par neuf métropolitains ou arclievéques, et même par la signature de Parlhénius , qui >ccupe présentement le siège de Mélliodius, encore vivant : et ainsi il peut passer aussi pour leur confession de loi , étant clair qu'ils n'autoriseraient pas un acte tiré des arcliives de l'église de Conslantinople , s'il contenait quelque chose (ie contraire à leur foi. I Cependant voici de quelle sorte le point de l'Eucharistie y est exprimé.
A ces points, sur lesquels nous sommes en différend avec les Latins, nous ajoutons que ces paroles de Jêsus- Clirist : Ceci est mon Corps, f/ ceci est mon Sang, ne sont pas les seules qui ont été instituées pour la consécration surnaturelle et inexplicable , et pour la consommation des Sacrements mtjslérieux , comme disent les Latins, mais encore celte prière que le prêtre fait, par
laquelle il invoque le Saint-Esprit ciprès lesquelles
paroles nous confessons que ce mystère ineffable est achevé, et nous crotjons que c'est véritablement et substantiellement le même corps vivant cl déifié , et le même sang vivifiant de notre Sauveur, qui est entièrement mangé impassiblement par ceux qui le prennent, et qui est sacrifié par nn sacrifice non sanglant , et exactement adoré comme Dieu.
Le second léinoigiiage est de iiuit religieux ou supérieurs du mont Allios , qui a été donné aussi sur un fait particulier que nous rapporierons plus bas, et qui p;\rleiit par occasion de i'Enclinrislieeii ces tenues.
Les hérétiques calvinistes ne veulent pas croire, touchant le très-sacré mystère de l'Eucharistie, que le pain et le vin après la consécration ne sont plus m le piiin ni te vin desquels on ne voit que les apparences, étant vrai que le pain est changé au propre et véritable cor])s de Jésus-Christ vivant , et le vin au propre et vérilablc sang de Jésus Christ vivant , comme notre église d'Orient nous l'enseigne.
Eiitin le dernier témoignage est du patriarche Mélliodius, qui csl encore à Conslantinople sans avoir fait cession du poulilicat , (juoique son siège soit occupé par Parlhénius , qui est plus puissant auprès des olliciers du grand-seigneur. Ce palriarclic ayant appris la conteslaliou qui s'est élevée en France sur les sentiments de l'église grecque , a bien vonlu condamner exi)ressénicnl les dogmes des calvinistes , et en a donné une bulle ou (lécret signé de sa main à M. l'ambassadeur, dont M. Claude pourra consulter l'original , quand il lui plaira, à l'abbaye de Saint- Germain. Eu voici la traduction.
La malice de quelques novateurs hérétiques île France est venue jusqu'à un tel excès , que pour couvrir leur effronterie et leur mauvaise conscience , ils o)tt en la hardiesse d'envelopper dans leur erreur calviniste l'église orthodoxe de Jésus-Clirisl qui est répandue dans l'Orient , écrivant et enseignant qu'elle était entièrement d'accord avec les calvinistes sur le S. Sacrement de l'Eucharistie , et quelques autres de leurs opinions qui sont considérées parmi nous comme des bliisptièmcs. C'est pourquoi lisant ces choses , j'ai cru être obligé, en qualité d'orthodoxe , de fermer la bouche à des personnes si hardies , à la prière et sollicitation de trèspieux , Irès-illuslre, et très honorable seigneur Charles- François Olier, marquis de Nointel , ambassadeur du très-chrétien roi de France.
Et premièrement sur le S. Sacrement de l'Eucharistie : Nous disons qm le corps vivant de Jésus-Christ, qui a été crucifié , qui est monté aux deux, et qui est assis à la droite du l'ère, est vérilablemenl présent dans l'Eucharistie , quoiqu'invisiblement.
Secondement , que le pain et le vin , après la consécration du prêtre, sont changés de leur propre substance en la véritable et propre substance de Jésus-Christ , et quoique les thèmes accidents paraissent , il n'y a néanmoins ni pain ni vin.
Troisièmement , que l'Eucharistie est un sacrifice vour les vivants ei le» morts établi vur Jésus Clni'ii ci
que les apôtres nous ont laissé par tradition.
Quatrièmement, que le corps de Jésus-Christ tout eii' { lier se mange impassiblement dans l'Eucharistie par ceux qui le reçoivent , dignes et indignes , pour le salut des dignes et pour la perle de ceux cjui en sont indignes ; et ce corps est sacrifié sans effusion de sang , et exactement adoré comme Dieu.
Cinquièmement , que l'Eglise peut ordonner des jeûnes, et priver de certaines viandes.
Sixièmement , que les chrétiens priant la Vierge mère de Dieu et les saints qui sont dans le ciel, ne diminuent point l'honneur de Jésus-Christ.
Septièmement , qu'il faut honorer et louer les saints.
Huitièmement, que nous devons honorer d'un culte relatif les images des saints.
Neuvièmenienl , que les évêques, par un ordre établi de Dieu , sont au-dessus des ecclésiastiques , qui reçoivent la grâce d'eux.
Dixièmemenl, que l'épiscopat est nécessaire dans l'Eglise de Dieu.
Onzièmement , que l'Eglise catholique subsigimra toujours , étant visible et infaillible.
Douzièmemenl , que le huplême est néceuaire à tous les enfants pour être sauvés.
Treizièmement , que les oraisons et prières des religieux sont agréables à Dieu.
Quatorzièmement , que les livres de Tohie , Judith , l'Ecclésiastique , Baruch et les Machabées font partie de l'Ecriture sainte.
Nous croyons toutes ces choses, comme articles conformes à la foi de l'église d'Orient. Ceux qui croient le contraire se trompent, et étant trompés calomnient faussement l'église d'Orient. Ce que nous témoignent
DEUX synodes tenus A CONSTANTINOPLE, l'uN SOUS LE
tatiuarcat de Cyrille de Béuée , v.r l'autre sous celui de Parthénius surnommé le \\zv\, dans lesquels on rejeta les propositions qu'on dit avoir été avancées par Cyrille Lucaris, conformes aux sentiments des calvinistes , comme il parait encore à présent dans^ le livre des archives de l'Eglise de Jésus-Christ. C'est pourquoi nous avons signé et apposé notre cachet , pour Servir d'assurance aux fidèles et orthodoxes.
A Pérn , l'indiction 9. 10 juillet 1671.
Méthodius par la grâce de Dieu , archevêque de Conslantinople, la nouvelle Rome, et patriarche œcuménique.
Je ne sais , connue je l'ai déj.î dit , de quelle sorte on pourrait inonlicr pins prècitéiiienl et pins clairement le scnlinienl piéseiii d'une église. Et je (Ouiinence à espérer que nous n'aurons plus de différend sur ce poini avec M. Claude , e! qu'il ne s'obslinera pas davantage à soutenir que les Grecs ne croient pas présentement la pré-^cnc' réelle et la iranssubslanliatio!!. Mais s'il avoue ce point , je sais enc(ue moins comment il pourra résister à la conséquence que nous eu avons tirée . qui est qu'ils la tenaient donc aussi au temps de Bérenger, étant impossible, comme nous rav(ms prouvé, que les Grecs ayant été mêlés avec les Latins deimis ce temps-Là au poini où nous avons laii voir qu'ils l'ont éié, ils aient en:brassé universellemenl la doctrine de la présenc: réelle, sans (pie les Latins se soient aperçus qu'ils ne la tenaient pas auparavant.
Enfin je ne sais comment , éiant oblige d avouer qu'ils la lenaienl au iem|)S de Bérenger , il pourra s'cmpêclier de reconnaître qu'ds l'ont toujours crue, puisqu'il n'a Osé soutenir jusqu'ici qu'elle ait pu s'introduire dans l'Orient depuis Paschose jusqu'à Bérenger, Ainsi ce seul fût que les Grecs croienipréseniement la présence réelle , joint à ces deux conséquences indubitables , jusliiie enlièrement A Peri)éluilé de la doctrine de l'Eglise catholique sur l'Euchaiislie.
xuit
RÉPONSE GÉNÉRALE AU NOUVEAU LIVRE DE M. CLAUDE