‹ Perpétuité de la foi de l'Église catholique sur l'eucharistie (volume 2)Chapitre 17 sur 323 · Chapitre X · texte numérisé non relu

Chapitre X

Des moyens par lesquels M. Cliu>de élude les lémoi-

gnagosclesaiileiiis iioiivcaux qu'on lui a protliiiis. Premier moyen. — Suspension de jui^cnicni. Qur

M. Claude en a usé irès-tiial à propos -iur le sujet de

Gabriel de Pliilndelpliie.

Qiioiqn'aiirés les preuves que nous venons (Pallé giiiT de la foi préseiile des Grecs , il soii peu nécessaire (le se meure en peine d'exiimincr de qm'lle sorle •M. Glande ré|)ond à celles ipi'on en avail déjà a|»p((rlées dans le premier limie de la Perpéluiié, je no laisserai pas de faire nue revu<! sm- les manières dont il les éiiide, |)arco qu'elles ont qm^lque clioso de fort singulioî', et qu'elles donnent lieu d'admirer jusqu'où se jieut porter un esprit préoccupé, qui met sa gloire à répondre à lui adversaire à quelque prix que ce s:)il.

Ces témoignages con<iislenl ou en des passages, on en des alle.-<lationa si formelles et si précises, que toutes les solutions de M. Glande se S(mi trouvées courtes. On la présence réelU; etia tr;nis^id>s!aniiaiion y sont formellement e\piiniées, comme dans les passages de Bessarion , de Gabriel de l'hilideiphie , de Païsins L'garidius , du concile tenu en Chypre l'an 16US; (m elles v sont si préeisémeni marquées, (ju'il n'est pas possible de le désavouer, coKMi.e dans les passage^ qu'on a allégués du Itaron de Spatiiri et d'Agapius, dans ceux du religieux llilarion , de Jean Plnsiadène, et dan» ceux qui sont r pporiés par Ekcl- Icnsis.

Il a donc fallu que M. Claude eût recours à d'autres manières d'enipèrher que l'on n'en conclu! que les Grecs et les antres Orientaux croient en etï'clce que ces téntoignages ptnient.

La première se peut appeler suspfusîon de jitgcniçnt, et c'est celle que M. Gbiude praiiipie à l'égard de Gabriel de Pliiladelphie. Car, se sentant pressé par nu passage que l'on en avail cilé après le cardii.al du Perron, où la trariSsubslauiiatii n est exprimée en termes formels , sous préievle qui; ce cardinal ne met pas à la marge les parohîs greeqin's , et que ce livre est assez rare, ;iu lieu de prendre la peine de le faire chercher, il s'est conlenié <le ré|)on(lre , que l'on ne doit pas trouver mauvais qiCil smpeiule son jugetueut sur ce point.

El sur ce (ju'on lui avail représenlé, dans le premier lonie de la Perpéiuiié, (pie n'y ayant aucune apparence que le cardinal du Perron 'eût inveu'.é ce passage, et ce qii'Arcudins en rapporte, en cilant h s lernn'S grecs, yéimil etilièreinenl conrorme , ii n'avait pas dû demeurer d;ins celle su pension, il la défend d'inie telle sorte , dans sa troisième Ré|)onse , qu'il jiarail qu'il est irès-saiisf dl de lui-même siu' ce point.

J'avoue, dit il , que je ne suis pas si facile à uie dé. terminer, et que jf ne tnen rep< se pas tout n- fait sur la foi d'iiulrui. Que voulcz-rous ? chacun a ses manières. il . Anuiuld est d'Iiunuur à s'arrêter à ce qu'on lui dit , el à prendre parti sur les pretniers objrts- J'en itse un peu dilJérenimenl. Jusqu'ici je ne m'en suis pas mal trouvé , et j'ai toujours cru que c'était l'unique mvijen d'éviter les surprises.

Mais si l'on peui dire, selon M. Claude , que chacun n SCS manières , je croîs (pi'on lui peni dire aussi quV en ayant *U'. boimes et de mauvaises, les siennes s'on'i cnli(''renieul de ce dernier L'enre ; car il éiait djl'iicijede f.iire siu- C(> snjei pln^ de laul(;s (pi'il en a f^il. Je lais e :iu nn)ii(le à décider s'il a pu doiiier raïscnnabiement d'(ni passa^'c cilé p;ir le (ordinal à» N'rron , et Ci idiinuî ji.ir ini auteur grec de ijation, Oui rapporte des pa oies groeqnes (pii oui le isènu; sV'ns (pie ce qn'uva l cilé ce cardinal ; et si M Cbiude cîail en droiu'o le faire , lui qui vent que nous ne doutions pas de diver>es lellres manuseriles (pi'il cite dans son ouvrage, et dont il n'a mis les originaux nulle part. Mais il nous permettra de romarquer pre-

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mièremenl que sa suspension de jugement n'est pas heureuse, parce qu'il est très-facile de le convaincre que le livre de Gal»r^(^lcoulicnt ellectivemenl ce que le car(lin;d du Perron en a cité. Il n'y .^ pour cela qu'à l'avertir de prendre la peine de consulter l'édition qui en a éié faite depuis peu à Paris , avec des noies fort savantes.

Il reconnaîtra en le lisant que non se\ilemenl le passage (jue M. le cardinal du Pernm en cite s'y trouve en propres termes, mais que le uiol ménie de traussubstiinliation y est employé vingt l'ois, et (lue la , Ycriié du mystère y est exprimée si fortement, que, malgré qu'il en aii, \\ faut qu'il sorle de sa suspension .à l'égard de cdauleur; el tout ce qu'elle aura, produit est qu'en fournissant à M Claude une méchante réponse (pii ne pouvait avoir Leu (pi'nn an on deux après, elle aura douné occasion à l'impression de ce livre, et ainaapprKpiélcmonde à le rechercher, ce qui n'est pas un grand avanlageponr ceux de si société.

Ce n'est pas néanmoins ce que j'ai dessein de lui reprocher ici Car,ai)rès tout, ce n'est pas un si grand déiaul que de prendre mal son parti, cl de ne deviner pas ces fàelieiix événements. Les autres fautes dont il accompMgne celle-ci me semblent beaucoup plus considérables.

(]ar un homme (pii déclare si hautement qu'il smspend son jugement sur un auteur qu'il na pas Vu , et (pu reprocite aux anires d'être d'humeur à prendre parti sur les premiers objets, ne devail pas sans doute avoir la hardiesse d'assuier positivement des choses, qui dépendaient do l'examen de cel auleur (pi'il n'avait pas vu. C'est néanmoins ce que M. Claude a lait, en ce (|ui regirde les termes de iranssubstanlier el de transsubstantiation, qui se Irouvent dans le passage de Gabriel de Philadelphie allégué par le cardinal du Perron. Car il nous déclare d'une part, qu'il suspend son jugement surGabri-l de Pliilailelpliie, ce qui enferme (ju'd ne sait pas s'il use ou n'use pas de ce terme; et il décide de l'aulre, qu'il est ceitain que les Grecs ne se servent ni ordinairement iii extraordinairement du mol de irimssnbslantiution.

Une dé( ision si expresse d'im homme qui se vante qu'il n'est pas d'humeur à prendre parti sur les premiers objets, demandait, sans doute, non S(Hileinenl qu'il se fftl a>suré de la fausseté de ce (pu; l'on altribimit à Gabriel de Philadel|)hie, mais qu'il eût lu avec grand soin tons les livres des nouveaux Grecs pour vérifier s'ils ne se servent du mot de iranssubstantiaiion ni ordinairement ni extraordinairement. Néannn)ins , il est encore clair (pic M. Claude n'a pas prali(iiié cel unique moyen d'éviter les surprises; puisqii'onlre ce catéchisme si anihentifiue, et celle confe>sion célèbre de tonte l'église orientale que nous avons ci-dessns cilée, où le iiint d(! iranssubstantiaiion est employé, il eûi pu trouver ce même terme dans un livre iinprii! é à Venise en 1642, (jui esi dans la hibliollièipKi de Sainitv Geneviève. Ce livre conlienl un discours dQ la (ligiiiié de la prêtrise, comp i>é el prononcé par nt| Gre(; de Candie, nnmmé Michel C(n'lacins, le jnur même qu'il fut ordonné iirèlre par l'archevèipie da Céplialénie. Il esi dédié an patriarche d'Alexandrie; et l'auteur, après avoir appelé Lulber un hérésiarque détestable et très-impie, y parle de celle sorie de la |iuissance des prêlrcs.

Dieu, dil-il, par une ieule parole fit tout ce grand univers, selon qu'il est dit qi e les deux ont été alj'ermis par la paride du Seigneur ; et le prêtre de même par celte si'ule parole : Ceci est mon corps , fait le corps de Jésus CJirisl. Dieu changea la terre, qui éiait encore informe, en cette variété de corps di/fércitts qu'elle contient; et le prêtre de même change tous les jours le pain au précieux corps (le Jésus-Christ, hieu a fait de l'eau du vin, el le prêtre tuanssubstantie le vin au sang de Jésus-Christ.

Il laiii (loue (pje M. Claude av()ne (pi'il a pris parti trop légèrement sur les premiers objits, lors(pie ne se contentant pas de ce (|u'(mi lui avouait que les Grecs ne se servent pas ordinairement du moi de iran$sub

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