LIVRE PREMÎFR
ilanlialiott, il a voulu qu'on lui accordai do plus qu'il esl oorliiiii qu'il ne sV« servent ni ord'mniremenl ni extruonlindh-emenl ; ce qui (!tMiiniid;\it un cxauicn dos aiit«nirs grecs l)caiicoui) plus grand et plus exact que celui qu'il :i fait.
M:>is i"Ui co'a nVsl rien au prix d'une aniro surprise 011 M. Claude esl tombé sur ce sujet , qui f;ul voir qu'une de ses wmiJèies esl de dire pnsiiivcnicnl le conirnire dp ce qu'il s;iil on de qn'ii devrait savoir.
Comme la chose esl rare, olli' mérite d'èlre écluirc\o. ^\. Claude traite dans le cliapiire IV de soii troisième livre, l;i qucsticm des pi-iiles panicnles de pain que les Grecs (>(Treiit an nom des saints, et qn'iis joipneni avec la fîrande qui est olFerte au nom de Jésns- Clu'isl. Siiiiéon d(! Tliessidoniqne et Gabriel de piiiladeipliie distinguant ce-> parlicides de la principale hostii', en ce (in'elles ne sont point cli:ingées el ne
devinincnl point le corps de Jésiis-Cluist , mais lu ini-mcme In pag(î qn'il ciic, ou ipril a la hardiesse qu'elles reçuivenl seiilem<'nt la sancliticaiion par l'ii nioii (iu'elh'& ont à la chair de Jésiis-Cbrist , c'cst-à
d re, avec la grande ppriion rpi'ils préiendenl être la seule f|iii soil changée el consacrée, op en avait conclu t]ue lou( cela nuirait pohil de sens que ditns la docliiue de la iraiissnbstaniiation; el que comme cen auteurs supposent que ces particules ne ioni point Iraussubslanliées, ils supposent (ii'ssi que la grande portion qui est offerte un nom de Jésus Christ, el (le laqndle seule on prend ce que l'on re'serve pour tes malades , est effectivement tvanssubstantiée,et devienlle corps n'éme de Jésus-Christ,
Voilà la diictrine que l'on alirihuc à ces deux auteurs, l'un desquels esi Gabriel de Philadelphie. Et voici de quelle manière M Claude rejette celte conclusion. J'ose lui dire, dit-il, que sa philosophie le trompe Car ces auteurs ne disputnl pas' sur ce point, si ces particules sont transsubsiantiérs ou non. Ils disputent seulement si elles sont faites le corps de Jéf us- Christ en lu même manière que ta grande pnriion; mais cela ne suppnse pas qu'elle soit transsubsianliéc.
Pour parler de cet air et avec celle assurance des senlincnis de Gabriel, il éiaii nécessaire d'avoir lu exaetemeni cel eudroii sur lequel nu se fondait, et d'y avoir reconnu (|u'il ne s'y agissait point de iranssu'hsianliali<ui. E' ponime M. ('lande fait prole-sioii de n'avoir point In ceiautenr, il ne peut ceilainement s'excuser de lémériié, <le décider si affiiinaiivement du seulimenl d'un auteur (pi'il n'a pas lu. Mais ce n'est pas encore ce qu(> je lui reprociie ici. La vérilé est au contraire qu'il y a' t(Mite sorte d'apparence rpi'd a lu le texte original du passage où Gabriel parie de ces parlicide-, et dans hvpiel il iiréiend (pi'il m; s'agit poinl de ir inssubslaniialiou et qu'il y a |)U voir (ju'il s'agissaii posiiivemenl de transsubsianiiaiiun. Car en ▼oici les paroles.
Il faut savoir, dit Gabriel , que quoique ces petites particules soient unies an corps et an sa g du Seigneur, ' uc'ine néanmoins n'est changée en la chair el an sang de Jésus Christ. Car il n'y a cvn>. le vain et / • vin qui sont offerts en ta mémoir ■ de Ici passion et de la résurrection du Sauveur qui soi, ni trvnsslbstantiés el changés. M a' s les particules ne reçoivent la sancliiirci' lion qti:^ pir pirticipation. Kl comme les âmes des saints étant environu'es de la lumière de Dieu ne deviennent pas pour celi dieux /)ar nature, uiuis par pnilicipalion , il en est de même de ces p irticiites (fui sont unies à la ch ir et nu suïig du Seigneur.
Il esl d >nc clair partes paroles que Gabriel afiirme pos'liveuienlquela «rMxàei^o-A'uwi^siiranssubstantiée; qui en |>récisénienl le contraire de ce que M. Claude eu dit.
Mais d'où paraît-il, dira t-on, que M. Claude ait VII ce passage? La preuve ei est bi'in iaeiie. Ce passage est rauportéeii grec et en latin dans la pige 165.5 du"^ livre d'AllaliiiSf/!^ Perpet. Cous., m celle question des particules est iraiiée. Or .^L Clamle a vu celle page, el y a examiné rciu^. (piestion. Car il la ciie lui-même d tus la jiage 189 de sa troisième Ué.onse, et il la cite niôuie avec insulte, eu reprocbanl à son adversaire
de ne l'avoir |>as assez lue. Si M. Arvautd , dil-i!, eût bien lu .Mlaiius, c'est à dire son grand auteur, ceint qui lui a fourni la j)lus grande partie de sa dispute touchant les Grecs, il eùi appris que ce seulimenl , que les particules ne sont pas consacrées, est celui des moines du mont Athos. Ce qui osl eunienn dans eelle page même doni nous parhms, (m'i Ailalius rapiiorlc ce passage de Gabri(!l, dans lequel il dit expressénicul ce que M. Claude assure (jifil ne dit point.
Il faut dont reconiiaitreiiue les jm/jiim's de M. Claude ont quelque chose de fort étrange. Il sespend son jugement sans raisoa sur le passage d'un aulc'ur dont il ne p(Mivail raisonnablemenl doiiier. 11 sedéiermine ensuite avec nioins de rais<ui à assurer des choses sur lesquelles il devait susiieudre sou jugement. Il reproche aux gens de n'avoir pas lu un endroit d'AIlalins avec assez de soin : el il lémoigne qu'il n'a pas lu ini-mcme la pag(î qu'il ciic, ou qu'il a la hardiesse de soutenir, après l'avoir lue, (pi'un auteur n'y dit poinl ce qu'il y dit eu Icrm s huinels.
.Mais si tonl cela ne s'accorde pas avec la raison ut avec la sincérité, il s'accorde an moins avec l'inléréi qu'il avait en chacni) ih; ce. endroits, (pii paraît èiro la rèiil • uiiiijnedeM (^llaude. Il a cru, eu nu endroit, qu'il lui éiail utile de siuitenir que les (Ji'ecs n(! se servent dn mot de tran-subslantialion ni ordinairement ni extraordinairemenl. Il le sonlient. Il a jugé dans un aiilre (jn'il lui était avantageux de suspendre son jugeuieul sur Gabriel de Phil.idelphie. 1! le suspend. En nu aut>e, (pi'il éiail bon d'assurer neileinenl qn'il ne s'agissait point dans cel auteur de transsubstantiation. Il l'assure. Il ne fallait rien l'aire de louies ces choses, ou au îuoins il ne les fallait pas l'aire V!Ul(!S en-enible, puisqu'elles s(î combailent et se délrnisenl l'une l'auire. Mais l'iulérél a su allier en lui desaclions (pii paraissent si contraires. M. Claude Ii'ptenil guère ses vues à ce ipii peut arriver à l'avenir, et sa manière, (p.Micpi'il en dise, esl de prendre ffu'l légèrement parti sur des apparences ironipenses d'avantages qui le fl lUeni pour un moment, el dont il ne prévoit puinldu toulles fàrheuses conséquences.
CuAPiTne XI.
ir MOYEN DE M. Claude. — luscriplion en faux contre
les auteurs d mt les téuioiguages l'incommodent.
Qu'il en a usé très mal à l'égird d'Agapius , et des
conciles tenus contre Cyrille Lucaris.
La voie que M Glande a prise contre un anleur de ce siècle, nommé Agipins, que Ton avait cilé dans le livre di: la Perpémiié, a beaiicoup de rapport à celle qu'il emploie conire Gabriel <le Philadelphie. Il n'ose pas à la vérité dire qu'il ne sait pas si c'est nn véritable livre, el s'il coniieni les passages qu'on en cite, el il l'ail la gr.àce à l'auteiu' de la Perpétuiié de ne le pas s lupçonner d'avoir invenié les passages qu'il en a rapionés. Mais connne il ne veut p.is aussi (pièces passages l'i icoounodeul, il a recours à une autre déiaile, qui esl (|e dire qu'il soupçonne, avec beaucoup de justice, (/Ht' c'est l'ouvrage d'un fourbe.
Quelle assurance, dit-il encore, avons-nous que cet auteur ne soit pas supposé, et qu'il n'y faille soupçonner aucune im])os'ure (I)?
Je lui donnerai sur ce point i>lus d'assurances qu'il n'en désire ; mais avant de le faire, il me semble utile de faire réflexion sur les raisiuis (pii ont fait entrer M. Claude dans ce doute. Car elles soûl aussi surprenantes qu'on s'en puisse gnèie imaginer.
Il esl certain en général que, connue c'est une chose rare de supposer des Uvrcg à des au eurs , on doit rareineul se laisser aller à ce soupçon , et que connne il est encore plus rare (l'eu supposer à des auteurs récents , cl de premlre la peine de faire imprimer des livres considérables pour les leur atlribiier, il faut encore des raisons plus fortes cl plus évidenlos pour se servir de ce moyen.
(1) M.Claiide,p. 376.
RÉPONSE GÉNEKALE AU NOCVEAU LIVRE DE M. CLAUDE
iout cela se renconlrantdonc dans le livre d'Aga- Viiis, il n'a pu être permis à M. Claude de soupçonner que ce livre fftt l'ouvrage d'un fourbe que sur des preuves Irès-lorles , et même avant de produire \m si étrange soupçon, il devait faire tout son possible pour s'en éclaircir.
Les moyens n'en étaient pas difficiles, il n'avait qu'à en faire écrire à ce seigneur Gradenigo qui demeure à Venise , et dont il nous rapporte des lettres. Les Hollandais ont aussi assez de commerce en Orient, et il en a assez avec les minisires de Hollande, pour avoir, par leur moyen, tontes les lumières qu'il pouvait désirer sur cet ouvrage. Eniui il aurait pu le faire clierclicr à Paris , et cette légère recherche aurait clé suffisante pour l'en éclaircir. Mais il n'est pas iionnue à se donner tant de peine. 11 croit qu'il vaut beaucoup mieux raisonner dans un cabinet, et n'être redevable; à porsomie de si>s découvertes. 11 s'est donc contenté de nous propi-ser simplement trois moyens de fau.v dont le lecteur va juger.
Le premier est que M. Arnauld dit qu'il a rencontré depuis peu ce livre écrit eu grec vulgaire; sur quoi M. Claude fait celle judicieuse réflexion : Déjà, «lit-il, cette rencontre me choque, il semble que ce soit wi pur hasard qui lui en n donné la connaissance ; cependant on sait assez combien ceux de r Église romaine sont soigneux de recueillir ces sortes de pièces. Mais si M. Claude est choqué de cette rencontre, je lui avoue que je suis encore plus choqué de son raisonnement, et je crois pouvoir dire qu'il y aura peu de gens qui ne le soient aussi bien que moi. Car sur quel fondejueiit prélend-il qu' un théologien de France doive savoir tous les livres écrits en grec vulgaire, et qu'en faisant reeherfhe dans une bibliolhèquc, il n'eu puisse trouver un ([u'il ne connût pas? Qu'est-ce qu'il y a d'exiraordinan-e ou de clioqu;inl dans celte rencontre? rniu'qiioi avanee-l il témérairemerit que ceux de PEglise romaine sont soigneux de recueillir ces sortes de pièces, puisqu'il aurait bien de la peine d'alléguer des auteurs latins qui aient cité des livres écrits en grec vulgaire, qui est une langue que très-peu de personnes savent , et qu'on lui en peut alléguer un trèsgrand nombre qui n'ont jamais élé cités?
Mais que lui peut servir celte circonstance, que ce livre ait élé trouvé par hasard, pour en conclure qu'il est supposé. Est ce (ju'il n'y a que les livres supposés qui se trouvent par basaril ? Ou prélend-il que l'on est complice de celte supposition , et qu'on l'ait fait imprimer exprès pour feindre ensuite de l'avoir trouvé ? En vérité M. (;iaude devrait se ménager un peu davanlage, et ne s'exposer pas aux réflexions que des imaginations si bizarres attirent naturellement.
La seconde preuve de M. Claude est di; même force que celle là. Allalius, dit-il, ne l'a point cité : donc il est suspect de supposition. Mais quel lieu y a-t-il vie s'étonner qu'Allatius , qui ne se mêlait que de criliejue , et qui cite très-peu de livres écrits en grec vulg;iire, n'ait pas vu ou lu un livre imprimé en celle langue l'année 1641 , qui ne contient que des instructions spiriluellos? M. Claude songe-t-il à quoi il s'eui-age en traitant de suspects tous les livres (ju'Allalius ne cite point, comme si cet auteur aVait entrepris de faire un catalogue des auteurs grecs? Celte conjecture est si notoirement fausse, que je puis produire à M Claude, s'il est besoin, plus de vingt volumes (ie nouveaux Grecs dont il ne trouvera pas une seule citaiion dans Allalius : et, sans aller plus loin, il y a dans la bibliolhèiiue de Sainte-Geneviève de Paris cinq autres volumes du même Agapius qu'Allatius ne cite i)oiut, non plus que celui du Salut des pécheurs.
.le lui ai allégué aussi un sermon, écrit en grec vulgaire par un prêtre nommé Michel Cortacius , qui se iioiivc dans la même bibliothèque, où la iranssubslantiaiion est enseignée en ces termes formels : Dieu o fait , dit ci'i [wiMir , de l'eau du vin , et le prêtre iraussiibilanlie le vin an sang de Jésus-Chrisl, è &eè; t»
uècjp oho-^ Éxay.e, y.a.1 h Upioç ziv oTto-> etj a7y.K tcO \r,':oJ
X|5i'aT6û ixirowMJÛ. Cependant on ne trouve point qu'Allatius en ail lait mention.
Je ne sais aussi si M. Claude pourrait faire voir que le volume d'un moine grec nommé Damascène de Thessalonique , imprimé à Venise en iG18 , ait élé allégué par Allalius. Ccl auteur néanmoins parle de l'Eucharistie en ces termes {\) : Ayons la foi ov- Ihodoxe , et croyons comme il faut en Noire-Seigneur Jésus-Christ , et que c'est là le luême corps et le même sang de Jésus-Christ , et non une autre chose , ni son image; mais son corps et son sang même, lia dit: Ceci est mon corps qui est rompu pour la rémission des péchés. Ceci est mon sang qui est versé pour la rémission des péchés. Il »'« pas dit : Ceci est la figure de mon corps ou de mon sang, mais, ceci est ces choses mêmes. Et c'est pourquoi le prêlre dit : Croyez avec une foi sincère , et recevez-le tous tant que vous êtes de bons et de justes comme lecorps même et le sang même de Notre- Seigneur Jésus-Christ.
On eu pourrait alléguer plusieurs autres ; mais ceu>;-là suffisent pour faire voir qu'il n'y eut jamais rien de plus téméraire que celle preuve fondée sur le silence d'Allatius.
Je passerai plus légèrement sur la dernière des preuves de M. Claude, qui est que Caryopliile, qui a réfuté la confession de Cyrille, ne parle point d'.^gapius, parce que je n'aime point à insulter aux gens sur les surprises de celte nature. Il suffira seulement d'avertir M. Claude qu'il devait avoir pris garde que Caryophile a écrit avant Agapius, et qu'ainsi il ne le pouvait citer sans être prophète, ce qu'il n'était pas. Je ne me suis arrêté à la réi'ulalion de ces raisons de M. Claude que pour faire remarquer à quel excès il se porte par le désir de se défaire d'un auteur qu'il ne saurait éluder par ces autres défaites ; et de quelle sorte il a la hardiesse de proposer les plus vaines conjectures contre des faits cerlains et indubitables. Je m'en vais maintenant lui donner les assurances qu'il demande , quelque peu de droit qu'il ait de les demander.
Qu'il prenne donc, s'il lui plaît, la peine de s'en aller à la bibliothèque de Sainte-Geneviève , et il s'y convaincra lui-même par ses propres yeux qu'Agapius n'est point un auteur inconnu , et qui n'ait fait qu'un seul ouvrage ; qu'il y en a plusieurs dans celle même bibliothèque qu'il a doiuiés au public, et (ju'en- Ire autres dans la préface d'une traduction de Métaphrasle en grec vulgaire qu'il a faite, et qu'il a dédiée à Athanase, archevêque de Philadelphie, il cite lui-même le livre intilnlé. Le Salut des pécheurs, qui est celui que nous avons allégué.
J\ii , dit-il , souvent formé le dessein de composer quelque petit ouvrage pour rutilité de ceux qui le liraient; et ce qui m'en a donné lapensée, c'est que je vois que non seulement les chrétiens engagés dans le mariage , mais ceux même qui vivent dans la continence , comme les religieux, sont si attachés à celte vie périssable, qu'ils en sont entièrement occupés, et ne pensent point du tout au véritable bonheur. Je me suis donc appliqué avec beaucoup d'ardeur à ce travail, et en ayant tiré la matière de divers auteurs, je l'ai ramassée dans un livre que j'ai intitulé. Le Salut des pécheurs, que j'ai dédié et consacré à ta mère de Dieu toujours vierge, comme étant le refuge commun de tous les pécheurs.
Il me semble qu'on ne saurait guère mieux prouver que le livre du Salut des pécheurs n'esl point un livre supposé, qu'en montrant qu'il est avoué par l'auteur même qui l'a composé, dans un autre ouvrage de plusieurs volumes. Mais de peur néanmoins qu'il ne prenne envie à M. Claude de prétendre qu'afin de donner créance à ce livre du Salul des pécheurs, on a aussi supposé ces autres volumes où il est cité , j'ai eu encore recours à la voie la plus naturelle pour m'en assurer, qui est d'en écrire à Conslantiuople, pour en
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scltx LIVHE PREMIER.
avoir lumière par les religieux même du mont Ailios ; et voici ralleslalion que l'on en a envoyée, signée de liuil religieux de cette montagne, qui sont maintenant pour la plupart supérieurs de divers monastères de Grèce, et qui font voir de plus, en passant, quelle est la foi des Grecs sur rEiicliaristie, et quel sentiment ils ont de la doctrine des c;ilvinistes.
ISous soussignés, supérieurs cl religieux de ta sainte Montagne , attestons et déctarons dans la crainte de Dieu, qu'un de nos religieux nommé Agapius, à présent décédé, a vécu sur la suinte Montagne d'une vie exemplaire, et saintement, comme le témoignent ses écrits et ses ouvrages, et principalement le livre intitulé Le Salut DES PÉCHEURS , dont ta doctrine orlliodoxe enmgne à tout bonclirétien le cliemin du salut. Mais parce qu'il est contraire à la doctrine des calvinistes, parlant des sept mystères de notre foi, selon l'église orthodoxe d'Orient , ils ont inventé que ce livre n'était point du religieux Agapius, ces liéréliques ne voulant pas croire, toucliant le très-sacré mystère de l' Kucliaristie , que le pain et le
VIN, APRÈS la consécration DU PRÊTRE , NE SONT PLUS M LE PAJN NI LE VIN DESQUELS ON NE VOIT QUE LES AP- PARENCES, le pain étant changé au propre et véritable corps de JésuS'Clirisl, et le vin au propre et véritubte Éang de Jésus-Ojirist vivant, comme notre église d'Orient NOUS l'enseigne. Donc pour confirmation de la vérité, nous attestons que ce livre et plusieurs autres ont été imprimés à Venise par le même Agapius , religieux de la sainte Montagne ; et le connaissant ainsi , nous souisignons avec serment. A Conslanlinople , le 16 avril 1671.
Hierotiiée, du monastère de Laure. — Parthénius, religieux du monastère d'Eviron. — Atiianase , supérieur du moiiaslère ilcCulliuiinuse. — Cyrille, religieux de la grande Congrégation. — Cosme , religieux. — Gabriel, religieux du monasicre de Caracaie. — Sergius, religieux. — Philaretus.
Si M. Claude désire de voir l'original de celle attestation, il le trouvera à l'abbaye de Saint-Germain, où on l'a mise en dépôt ; et après qu'il l'y aura vue, qu'il prenne la peine de nous dire ce qu'on y peiil répondre, non seulement à l'égard du livre d'Agapius, mais à l'égard de lous les Grecs en général.
Tous ces religieux élevés sur le mont Alhos ne savent- ils pas la loi de leurs monaslèressur l'Eucliarisiie? Enseigne-t-oii une autre foi dans l'Orienl que celle qu'on enseigne dans ces monastères là? La Coi de l'église d'Orient esl donc que le pain et le vin, après la conséciation des prêtres, ne sont plus du pain et du vin ; que l'on n'en voit que les apparences , et que le pain est cliangé au propre corps de Jésus-Clui.\t vivant , et le vin au propre sang de Jésus-Christ vivant Voilà ce (|iie ces religieux appellent la loi de l'église d'OricMil, el ce qu'ils alleslent par leurs signatures; en quoi sans doute ils sont plus croyables que W. Claude.
M. Claude forme encore une inscription en f.uix plus iniportanle contre deux conciles de Constanliiiojile : l'un sous Cyrille de Béiée, et l'antre sous P;irlliéniiis, p;ir les(|iiels on avail prétendu prouver que la doctrine des calvinistes et la coiilession de Cyrille Lncaris avaient été condamnées par l'église gieccpie. Il suit sa coinluite ordin;iire dans celte accusîition de f;iiix ; car, au lieu d'avoir recours aux moyens naturels de s'éclaircir de ces faits, qui sont d'en écrire à Conslanlinople el de s'en faire instruire cxacieineiil, comme si toul l'Orienl était abîmé, et qu'il fût impossible d"en apprendre des nouvelles , il a recours au magasin inépuisable de ses conjectures, d'oîi il en lire quelques-une^ sur les(iuclles il décide aussi hardiment la fausseté de ces pièces que s'il en avilit tiré des aveux formels de tons les patriarches d'Orient. Ou va voir s'il a raison de les avoir proposées avec tant de confiance dans deux ouvrages dilférenl-, qui sont sa troisième Réponse à la Perpétuité, el son livre contre !e père Nouel.
; La première esl , que ces pièces ayant sou'Xnl été
imprimées, il n'y a eu pourtant personne jusqu'ici qui au voulu s'en charger envers te public, ni en garantie la vérité. Cette conjecture n'est qu'une conviction de la léniérilé avec laf|uelle M. Claude assure hardiment les choses qu'il ne sait point ; car il est très-faux qu'il Ji y ait personne qui se soit chargé de la vérité du concile de Parthénius, qui est le seul qui ail été imprimé par l'ordre des Grecs. M. Claude en pourra voir, quand il lui plaira , dans l'abbaye de Saint-Germain , un exemplaire imprmié en Moldavie, et il y remarquera , s'il lui plaît, que ce sont deux légats du patriarche de Conslanlinople qui prennent la (lualité d'exarques, et trois légats de l'église de Russie qui ont procuré l'impression de ces actes; qu'elle a été faite par l'ordre exprès du prince de Moldavie, et (pie ces légats l'en remercieni par une lettre exjiresso qui est à la fin de ce concile, dont voici la traduction : Au très-illustre et très-magnifique prince le très-pieux despote et gouverneur de toute la Moldavie , Jeaii' Basile Boibonda. Salut en Noire-Seigneur. t C'était à vous, très-illustre prince, à procurer par votre autorité l'impression de ces décrets synodaux ; car Dieu vous ayant établi défenseur de son Eglise et extirpatenr des hérésies, et ayant fait choix de vous entre tons les princes de la terre pour lui rendre ce service, à qui appartenait-il plus jusienient qu'à votre très-pieuse grandeur de flétrir ces méchantes doctrines? Ainsi, ayant vu depuis peu les églises troublées par les articles calvinistes (|ui onl éié publiés, et que l'on prétendait contenir notre doctrine à cause de l'inscription qu'ils portaient de Confession (le foi de. l'église orientute , vous n'avez point cru devoir négliger ce mal , et vous avez étendu vos soins jusqu'à faire venir des légats du saint, aposlolifinc et œcuniéni(pie trône de Conslanlinople , cl du synode qui est assend)lé avec des députés de l'église de Russie ; et , vous joignant à eux , vous avez détruit CCS doctrines corrompues en conlirmant par des livres publics les véritables dogmes de l'église orientale. Vous avez de plus découvert à tous les cliréliens orthodoxes le venin caché dans ces articles , et vous avez ordonné que les sentiments de notre grande église seraient publiquement proposés , afin que les brebis de Jésus-Christ puissent reconnaîire parlonl de quoi elles doivent s'abstenir et de (pioi elles peuvent se nourrir sans crainte. C'est pour(iuoi en reiidanl dt> très humbles actions de grikes à DieJi des biens (pj'il lui a plu de nous faire par votre moyen , nous le prions de tout notre cœur de vous don'ncr nue longue cl heureuse suite d'années , de combler de ses grâces le trône de votre principauté. Cl de vous faire passer cnlin de la terre dans le royaume des Cieux. >
Les légats patriarcaux cl exarques de Conslanlinople. Porphyre , ci-devant archevêque de Nicée. — Méut- Tius SïRiGUS , prêtre religieux , prédicateur de l'Evangile.
Les légats de Russie.
IsAïAS Trophime, pasteur de l'église de S.-Nicolas. —
Ignatius , prédicateur de l'Evangile. — Joseph,
pasteur des saintes TJiéophanies
imprimé en Moldavie en raugusle maison de Irois saints lér.irques, l'an de Notre Seigneur 164''2, au mois de décembre.
Que si M. Claude veut qu'on lui prouve que ces légats de Conslanlinople et de Russie étaient effecii-i vemeiil en Moldavie cette année 1642, quoique l'acte même que je lui produis suflise pour le prouver, il en peut encore être convaincu par celle célèbre Confession (le fui de l'église orientale que je lui ai déjà citée. Car l'histoire qui en esl à la tète porte expressément qu'elle fut examinée en Moldavie par ces mêmes légats de Conslanlinople el de Russie , et qu'elle y fui publiée sous le liirede Confession de l'église de Rus-
RÉPONSE GÉNÉRALE AU KOUVKAU LIVRE DE M. CLAUDE
sie, ce ([ni osl marqiié a"ssi pnr im oiulrnil <l<'b Icllrs^ (jîic nium voni'iis de nippiiriiM- , oii il psi t\v (\"C l ininco (l(î MoUbme aviiil rotifinué pir dus livres }iublics la vérilahle doctrine de réijlhc orieiilale , cl oom nie elle fui eiivuyée de Moldivie à Coiislanlinople, cl qu'cne y lui îtpiiroiivée eu 16'»5, romiiie nous l'avdus dil iiiileurs , il p;\r:iît qu'elle avaii été exnuihiée eu Moiiiavie. Tau 104-2, el par coii^^équeiil que ces légats qni Oiii lait iuijuiiner le concile de l'arlliénius y étaient effectivement.
La seconde conjeclure de M. Claude n'est guère pliis solide. C'est, (lit il, que la première pièce, qui porte le nom de Cyrille de fiérée, est sanscrite pur plusieurs qui oui souscrit la secoidc, et pur le même Partliéiiins à qni on ailribne celle dernière. Et néanmoins dans la seconde, il n'est fail aucune mention de la preinière, d'où M. Claude ccuidut que ceux (pii ont fail la seconde, tfi^v.iient aucune connaissance de la première. Mais lOdt l'eiiiharras que M. Claude trouve eu cela ne vifMii (|ue (le ce qu'il ne veut pas se MU'ttie d;ins l'esprit (juc Cyrille de Berce, quia présidé au premier concile, et Partliéniiis, qni a présidé au second, élairnt en des disposilioiis fort diirérenles à l'égard de Cylill • Luearis. Que runcl:iil sou ennemi déclaré, l'antre son ami parlieidier, el cpie c'^st celle diiréreiile (lispo.-ilion (jni a produit la diversité qu:' l'on remu-qne entre ces deux conciles : i'mi élan f;iil pour fléliir (Cyrille Lncaiis, el l'aulrc pour sauver sa mé moire auianl qu'il élidlpossilile ; car Cyrille^ de Béiée, qui élail animé en parlicuiii-r contre Cyrille par des inoiifs de religion cl d'inlérêi, ne crut pas^ devoir épargner sou nom, cl ainsi il frappa d'anallième Ces ariiclcs hous le nom même de Cyrille.
Mais Parihénius, an contraire, étant d'une pari ami particulier de Cyrille, et n'osant pas approuver de l'antre les arlicles qui lui étaient atlriliués, poinsaiislaire en niènn; temps à l'amiiié et à la foi, prit le parti de condamner ces articles, sans nounuer Cyrille. De sorle que ce second concile étant philôL une juslificalion de la niémoiie de Cyrille cpiune condanmatiou, il n'est pas élrangeqii'ayanl élé (ail dans celle vue, 1'(mi n'y ail point pailé du concile lemi p.ir Cyrille de Béréc, puisqu'il éi;iil fait |)onr réparer l'injure (pie fou y avait l'aile à Cyrille Liicaris. Que s'il se lionve que quelipies évoques et Parikénius même ont souscrit à l'im et à l'auire , il n'y a aucun lieu de s'en étonner, car ils oui souscrit K; premier élant emportés par Cyrille de Bcrée, à qui ils n'osaient résisier, et ils oui s.)uscrit le dernier par leinpropre nn)nvemcnl, et pour mettre à couvert, anlanl <|u'ils pouvaient la niéuiairc de Cyrille Lncaris, en comlamnant ces arlicles sans les lui ailrihuer.
Et que .M. Claude ne nous dise pas (|ue Parliiénius ne pouvait être en même lemps ami de Cyrille cl défenseur de la véritable loi; car oulre (|;ie la corruption dil CG'ur allie soiivenl ces deux clioscs, il est vrai encitre que Cyrille Lncaris n'ayant jamais piddié lianiement sa conf<îssion defoi , il" y a eu plusieurs Grecs rpii ont soutenu qu'elle n'élail |ioinl de lui. Ct M. (daudc pourra voir dans la suite, par l'extraild'nu n'.étnoir,' envoyé par M. l':im!)a>>sadein- de Conslantirojilc. que le [»airiarclie d'à présent, qui s'appelle Parihénius. est encore de ce seniiineni.
f.,a Iroisième raison ûi-. M. Claude ne mérite pas presque d'èlre rapportée, tant elle a peu de vraisenibLiiice. Il dit (in'il n'y a point d'appaience ni que Mé- Irophane, patriarche d'Alexandrie, qui avait assisté au premier sijnode sous Cyrille de Bérée, ni<iue Parihénius, (pCon dil avoir fail le second, aient voulu condamner si léyèrcmeut el si frauduleusement Cijrille Lncaris, puisque l'un avait clé premier officier de sa chambre, et l^autre son proleclciir el son ami. Car c'est ctunine si M. Clandt; nous disait en propres termes (jn'il n'est poinl (royahie que les liommcs passent agir ni par inlérèt, ni )>ar conscience , l'un et faiilre de ces uv)lil's ;iya ;I élé SMliisanls (le porterce- p:Ur:arelie.-.à eoiiianuicr i'.yr li ■, linéique union qu'ils eussent avec lui.
La quatrième qui esi que le moine Arsénins, de la main de (pii l'tiu ticiii le coiuile de Parilié nus, ne p irle point du concile de ("yrille de Bérée. est eiicm'e aussi C(mirairer.u bon sens ; car quel sujet y a l-il de s'éioiiner (ju'Arsénius ipii n'envoyail ipie le concile de Parihénius, n'ait parlé i|ue du concili; de Partliéiniis? Mais de plus, on n'a nul besoin de l'anioriié d'Arsénius pour établir ce concile, puisque l'on v.n a un exemplaire de Piinpression même (jui en a élé faite en Moldavie.
Ensuite de ces quatre raisons qui ne peuvent pas être plus frivoles, M. Claude allègue eu l'air qu'il était si notoire (pie la confession de Lncaris éiait de lui , (pie Parihénius n'aurait pu ire sémillant d'en douter : ce (pii esl doubleineni f.nix. |:aic<; ([iie cela n'était poinl notoire, et (pic l'on feint --oumuiI de douter des choses notoires; ef puis d a recours à une remarque de crtique qui ne lui rén^sil pas mieux ; Cesl, dit il, <jni'j/ n'y a poinl Wapparence (jue Parliiénius cl son concile eût si grossièrement et C(domnieusement imputé à Cyrille une chose fanssr, comme il fait. Car Cyrille uynnt dii dans le premier article de s(i Confession, que le Saint-Esprit procède du Père par le Fils, qui est un lanqacje dont les Grecs ne s'éloiyncnt pas, le premier article de la coisiire parle qu'il a établi contre les sentiments de l'Eijlise, la procession substantielle et éternelle du Père et du Fils, qui esl précisénienl l'expression que les Grecs ont en horreur.
Mais la critique de M. Claude le trompe encore en ce point; car (pioi(pie dans le concile de Florence, les Grecs se soient piriés à offrir ces termes pour s'ap;)roclier des Latins, ils les oui néanmoins souvent aussi regardés comme contraires à leur dogme. C'est ce qui paraît maiiifestemenl par l'exemplo de Jean Vcccus, pairiarclnî de Coustanlimqile, qui se réunit avec l'Cglise romaine, el fut ensuite déposé dans un syiiodi! et envoyé eu exil, où il mourut en firison; car la cause de sa déposition, de son exil el de sa prison, fut (ju'il smitint que le Saint- Esprit procé(|ail du Père par le Fils, C(unmc il le déclare Ini-inèniedans son tesiainenl, en ces termes : Puisque l'un m'a imputé comme un crime diqne d'èlre chassé du patriarcat d'avoir dit que le Suint-Ksprit procède du Père par le Fils , et qtCil lire son exisliiice du Père par le Fils, cl que l'on a juqé ce crime diqne de l'exil et de la prison qui m'a conduit à la mort , je déclare que je ne nie point ce crime , liue je l'avoue, que je ne m'en juslifierai point, el que s'il mérite de souffrir quelque infamie, je ne refuse pas de la souffrir. Il le conclut même jiar ces pandes : Moi Jean , par la miséricorde de Dieu , (.ircherêque de Constanlinuple , ayant souffert l'e.rH el la prison pour le vénl ible dogme de la procession, du S. -Esprit jiar le Fils, j'ai soubcril ce testament de ma main propre.
Il n'est (l(Mic |)as éir;mge (pie Parihénius ait pris dans les arlicles de Cyrilhî celte cxpr.-ssioii (juc le S iint-Esprit|)rocède du Père par le Fils, comme nue approl);ilion des Latins, el (pi'ainsi il l'ail condamnée, comme elle avait été déjà cimdamnée par ses prédécesseurs d:ins le patriarche Vcccus. Je ne me suis .arrèié à réfuter ces raisons de M. Claude (|U(; pour éclaircireii passant ces petites diKicultés, el non pour confirmer la vérilé de ces conseils. Celni dei>arlhénius ne r(;si dé à (jue lioj) par rtîxcuipl.'ure imprimé en Moldavie, dont j'ai parlé, cl il snflirail pour l'nu et li()ur l'aulre de le re voyer à ce (pi'il a pu lire dans l'atteslatiou du patriarche Jiéihodius, on d dil e\pr.'ssémeiil que ia doctrine de l'église d'Orient p:\rail par les deux synodes tenus à Caiistantinople , l'un sous le patriarcal de Cyrille de Bérée, d l'antre sous celui de Parliiénius, surnommé le Vieux, cl que cela se voit encore à présent dans les archives de l'église de Jésus-Christ.
Si M. Claude n'est |>as c(Miteni de ce^ preuves, on le supplie de nous déclarer oueiies sont celles (]ii'd délirerait , et l'on essaiera de le contenter; mais si elles ii(! snl'iisent pa^- pour lui, on croit (ju'elles seront plus que suflisantes pour tous les autres.