DES ACTEURS DE
e{ approuvée pnr feu M. Bossuet, évêque de Sîoaiix, dont la mémoire sera toujours en véuération. Car ce savant prélat avait lu la plus grande partie des dissertations latines dont ils sont tirés, et il les avait approuvées, particulièrement le travail sur les Liturgies, que j'espère donner bienlôt au public. Le bonlieur que j'ai eu de passer près de dix années avec lui pendant qu'il éiait précepteur de feu Monseigneur le Dauphin, me donnait occasion de le voir tous les jours ; et comme je l'ai toujours cultivé depuis, j'en ai profité autant qu'il m'a été possible, et j'ai souvent tiré de lui de grandes lumières. C'est une justice que je dois rendre à sa mémoire, qui me sera toujours fort chère, non seulement par les sentiments que doivent avoir tous les enfants de l'Église catholique, qu'il a si bien défendue, mais aussi par reconnaissance de l'amitié dont ce grand prélat m'a honoré pendant une longue suite d'années.
Ceux qui liront cet ouvrage avec attention reconnaîtront, comme on espère, que dans une matière toute de discipline, il n'a pas été possible de suivre toujours la rouie ordinaire de la théologie de l'école. Celui qui voudrait réformer les rituels grecs et orientaux sur la forme du baptême, parce que la plupart des scolastiques ont dit qu'elle était déprécatoirc ou impérative, se rendrait ridicule. On ne peut pas non plus disconvenir que les cérémonies et les prières avec lesquelles les sacrements ont été célébrés dans la primitive Église et dans celles d'Orient, ne leur aient été entièrement inconnues; que plusieurs n'ont raisonné que sur la discipline de leur temps, et que la conclusion que la plupart en ont tirée, a été que les ordinations des Grecs et les autres sacri;menls n'éîaieut pas valides, et qu'on devait les réitérer, ce qui ne s'est fait que trop souvent. M. ilabert s'est élevé avec force contre de pareilles conséquences sur ce qui regarde l'ordination, après avoir marqué la dilTérence entre la forme latine et la grcc.;ue. Un jeune lliéoloçjien, dit-il, croira y apercevoir une fjninde différence dans les paroles et dans le sens ; car s'il cherche pliuôl rÉgtise dans f école que l'école dans l'Ecflise. il demeurera d'abord tov.l étonné, et il conclura peut-être par des raisonneineiits philosophiques, qu'il n'y a jamais eu aucun prêtre dans l'église grecque. Mais tout beau, poursuit-il, jeune guerrier ; ce n'est pas ici une escrime, c'est vn combat sérieux. L'Église romaine, mère et maîtresse de toutes les autres, ordonne bien : l'église grecque en fait de même; et l'une et l'autre ordonnent de véritables prêtres par une forme différente, mais qui a la même efficace. Nors ne douions pas de ce qui regarde l'Église romaine : mais comme elle, qui est l'arbitre et le juge de toutes les autres, n'a jamais eu de doute touchant les ordinations de la grecque, nous n^en pouvons non plus douter avec justice ou avec sûreté, nous qui fais07is profession de suivre la foi et la doctrine de l'Église romaine (1).
(1) Al discrinion ingens et verborum et sensuum lyrotii theolngo plané videbilur, qui si Ecclcsiani potiùs in scholâ quàm schniam in Eccîcsià quœral, repente obsiupescei, et nuUum forsan in ecclesiâ grcecâ
LA PERPÉTUITÉ. ÇSy
Les théologiens qui ont dans ces derniers siècles écritavec plus de réputation, n'en ont pas jugé autrement que M. Habort; cl les conséquences qu'ils onf remarquées de certaines opinions trop subliles sur les sacrements ne sont pas imaginaires, puisque sur ce seul fondement, les Latins dans les temps d'ignorance ont souvent rebaptisé les Grecs, et les autres clirélions orientaux, qui à leur exemple commencèrent à rebaptiser les Latins. De même la réitération de la confirmation à l'égard des Grecs, parce qu'elle était administrée par les prêtres, aynnt fait croire à quelques tiiéoiogiens que les Orientaux n'avaient pas ce sacrement, aiiima tellement les Grecs, (pie ce fut là une des premières causes du schisme, comme le remarque Holslenius,dans un livre imprimé à Rome. Le schisme déplorable, dit ce savant lionmie, qui a depuis si longtemps dinsé les églises d'Orient et d'Occident, doit être principalement imputé à ceux qui, laissant à part la charité chrétienne par une démangeaison de disputer, ont mis en question et en dispute tout ce qui se ftnsait chez les autres selon un rit différent. Ces gens-là n'ont que peu ou point d'attention pour éctaircir la vérité ; mais ils ne pensent qu'à être supérieurs dans la dispute, afin de donner la loi aux autres, suivant leur opinion et leur coutume (1).
C'est de ces sortes de théologiens que se plaignent avec raison ceux qui ont e.\amiiié avec attention la discipline des sacrements ; ce sont ceux qui ont prétendu cclaircir les questions théologiques par des argu" ments frivoles , qui citent très-rarement la sainte Écriture , encore moins les conciles et les saints Pères ; qm même n'ont aucune teinture de la bonne philosophie , mais qui, avec des chicanes puériles, ventent se faire passer pour scolastiques et théologiens , n'étant ni l'un ni l'autre ; qui, remplissant l'école de pitoyables sophismes, se rendent ridicules auprès des savants , et méprisMes auprès de ceux qui ont plus de délicatesse. C'est ainsi qsi'en parle Melcliior Canns, qui ensuite dit qu'un théologien scolastique est celui qui parle avec justesse , doctement et prudemment de Dieu et des choses de la religion , selon les Ecritures et la doctrine de l'Église (2).
presbyterum unquàni extitisse philosopbabitur. Sed nu'liora q;:a,'SO verba, Neoptolemc. Non osL Invc umliratiiis pugna, sed stalaria. Ecclesiâ romana, onmium muter et iiuigistra, benè ordinal: ecclcïia gneca benè consecrat : ulraque vcros saciîrdotes, dissimili.inidem, sed paris onmiuô virtulis forma initiât, iinô perficit. De ronnasiâ , Romani non dubitamus. De groicà verô, (uni ncc romana omnium discept.trix tît arbitra unnuiiin dnbiiaverii, neque nos profectô dubiiar«, rolîianam (idem etdocirinam prolitentes, ;eqi!i.m tutumqiie fiieril. Uaberl., Pontif. gr. p. Uô et 11(3.
(!) Luetuos'.un scbisma quod Orientis et Occidentia ccclesias dudùni disjunxit illig potissimùm imputanduin est, (jui chrisiianà cliaritaleposthibitàdisputandi pruritu, omniain qiia'Slionem et coniroversiam adduxerunt, quœ diverso rilu apud partem adversam aguntiir. His nuila, vel exi;4ua veritatis cura, sed unum vincendi sludium, ut ex suâ consuetudine vel opinione aliis legem pixscribanl. Holslen. diss. 1, de Minist. confirm.
(2) Inteiligo autem fuisse in scholâ quosdam Iheo-