‹ Perpétuité de la foi de l'Église catholique sur l'eucharistie (volume 2)Chapitre 192 sur 323 · DE LA PERPÉTUITÉ. 6S · texte numérisé non relu

DE LA PERPÉTUITÉ. 6S

on ne peut faire présentement ce reproche à nos théologiens , qui joignent l'élude de la tradition, des conciles et des Pères , à la théologie de l'école avec tant de succès. C'est ce qu'on voit particulièroineut dans la Faculté de Paris , où on eniend tous les jours avec ad' miralion éclaircir ce qu'il y a de plus recherché dans l'antiquité ecclésiastique.

Il y a quelques endroits dans cet ouvrage qui pourraient avoir un sens équivoque , sur lesquels il est à propos de donner des éclaircissements. Où il est dit (liv. I, c. \), que les Orientaux croient qu'un pécheur repentant, qui a accompli la pénitence, reçoit la grâce sacramentelle, on n'a pas préiendu qu'il fût nécessaire selon leur doctrine , d'avoir accompli ce qu'ils appellent le canon, c'est-à-dire, les œuvres laborieuses de la pénitence. La suite du discours fait assez voir le contraire. On a donc voulu faire entendre que les Grecs cl les Orientaux reconnaissaient avec l'Église catholique, ce que le concile de Trente a enseigné , en disant que les actes du pénitent, c'est-à-dire la contrition , la confession et la satisfaction, sont comme matière de ce sacrement , et qu'ils sont appelés parties de la pénitence, parce qu'ils sont requis d'institution divine pour rintégrité du sacrement, et pour la parfaite et entière rémission des péctiéi (Trid. , sess. i, c. 5). On a donc considéré le sacrement en son entier, en marquaiil que lorsqu'il s'y trouve tout ce qui en fait parlie, les Orientaux ne doutent pas qu'il ne produise la grâce. Ce qui est dit dans la suite fait assez comprendre qu'on n'a pas préiendu que l'accomplissement de la pénitence fùl absolument nécessaire , puisque ])ar leur discipline on fait voir qu'ils accordent l'absolution en plusieurs occasions avant quelle soit accomplie.

11 est dit {ibid., paulô infià), que les protestants se sont contredits eux-mêmes en conservant la coutume de baptiser les enfants, quoiqu'elle ne soit fondée que sur la tradition. Cela se doit enlendrc selon leurs principes, puisqu'ils ne conviennent pas avec les catholiques du sens des passages de lÉcnture , qui établissant la nécessité générale el absolue du baptême, la prouvent à l'égard des enfants.

11 est dit en un aulre endroit que comme l'Église est infaillible dans la foi , elle l'est aussi dans la discipline. 11 s'agit de la discipline sacramentelle , et le sens de cette proposition est , que comme l'Église ne peut proposer aucune erreur dans la foi , les cérémonies et les prières qu'elle a établ les el pratiquées universellement pour l'administration des sacrements ne peuvent être ni abusives, ni superstitieuses, ni renfermer aucune erreur.

Au livre II, chap. 1, il est dit que les catéchumènes n'étaient pas en voie de salut. Celte expression peut avoir un faux sens, puisqu'absolument ils croyaient en Jésus- Christ, et qu'ils étaient chrétiens lu w/o. Mais ce qu'on a voulu dire , comme il paraît par la suite, est que la nécessité du baptême était tellement crue dans l'ancienne Église , qu'elle doutait du salut de ceux qui mouraient avant de l'avoir reçu , e:

qu'elle n'offrait pas pour eux le sacrifice comme pour les autres déluiils.

Ailleurs , oîi il est dit que l'immersion n'est pas moins nécessaire au baptême, etc., cela doit s'enlehdre par rapport aux protestants, qui, prenant l'Écriture sainte à la lettre, doivent reconnaître que baptiser veut dire plonger.

Dans le chapitre 7 du livre Yl, où il est parlé du divorce accordé dans l'église grecque et dans tout l'Orient aux maris qui avaient convaincu leurs femmes d'adultère, tout ce qui a été dit est rapporté cl doit cire entendu historiquement, sans en tirer aucune conséquence contre la doctrine et la pratique de l'Église latine. A l'endroit où l'on a rapporté les paroles du septième canon du concile de Trente, on voit assez qu'on n'a pas prétendu meilrc en question ce qu'il a décidé. Ensuite lorsqu'il est dit que le concile de Trente justifie la docUiue ancienne de l'Église latine que les luthériens allaquaient témérairement, et sans donner aucune atteinte directe on indirecte à la pratique des Grecs , voici en quel sens ces paroles doivent être entendues : C'est que les Grecs, nonobstant la différence de leur discipline, n'accusent point l'Église romaine d'erreur, sur ce qu'elle enseigne , comme elle l'a toujours enseigné, que le mariage ne peut être dissous à cause de l'adultère de l'une des deux parties , ce qui donne tout sujet de croire que le concile n'a pas eu en vue

SACREMENTS. LIV. I. CROYANCE, etc. 658

de les condamner : c'est aussi ce que le cardinal Palavicin et Fra-Paolo assurent positivement.

Pour ce qui regarde le concile de Florence , il est certain que dans le décret d'union il n'est pas parlé de cet article. Les actes qui ont été cités portent que l'archevêque de Mitylène satisfit le pape sur ce sujet; d'autres témoignent que le pape ne fut pas pleinement satisfait des réponses de l'archevêque. Les actes imprimés à Rome en grec par ordre de Grégoire XIII, en 1587, ne font aucune mention de ce discours du pape, ni de ce que dit l'archevêque de Mitylène. Ainsi on a cru devoir plutôt s'en tenir au décret synodal , où il n'est fait aucune mention de l'article du divorce, qu'aux conjectures de celui qui a recueilli les actes latins.

S'il élait échappé quelque autre chose qui parût donner la moindre atteinte à la doctrine de l'Église, ce que je ne crois pas qu'on trouve aisément quand on lira cet ouvrage avec attention , ce serait par inadvertance et contre mon intention. Car j'espère qu'on reconnaîtra partout que je n'expose pas la créance et la discipline des Orientaux avec prévention , pour excuser les erreurs et les abus dont il n'est pas possible de les justifier; maison même temps je n'ai pas cru qu'on dût condamner tout ce qui leur a été reproché par des écrivains qui n'avaient aucune connaissance de cette matière.

LiV PERPETUITE DE LA FOI DE l'Église catholiqjje

SUM LES SAGREMINTS

ET SUR TOUS LES AUTRES POINTS DE RELIGION ET DE DISCIPLINE QUE LES PREMIERS RÉFOR- MATEURS ONT PRIS POUR PRÉTEXTE DE LEUR SCHISME, PROUVÉE PAR LE CONSENTEMENT DBS ÉGLISES ORIENTALES.

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