‹ Perpétuité de la foi de l'Église catholique sur l'eucharistie (volume 2)Chapitre 197 sur 323 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Témoignages des Grecs sur leur créance touchant les sacrements depuis la mort de Cyrille Lucar.

On a vu dans les chapitres précédents que les Grecs longtemps avant Cyrille, et même de son vivant , ont soutenu la doctrine de l'Église catholique touchant ks sept sacrements ; nous allons faire voir qu'ils l'ont eiicore soutenue plus fortement depuis sa mort. II faut se souvenir de ce qui a élé dit fort en détail dans la quatrième partie (ci-dessus, dans ce même volume), que cette fausse exposition de la foi, quoiqu'elle eût été imprimée à Genève cinq ans auparavant, n'était presque pas connue parmi les Grecs ; que ceux qui étant informés plus particulièrement des dispositions de cet apostat, le voulurent accuser, coururent grand risque, parce qu'ils n'avaient aucunes preuves juridiques à alléguer contre lui, car il désavouait avec serment sa Confession ; et il pouvait le (aire avec vraisemblance , puisqu'elle n'était revêtue d'aucune des formalités requises dans un acte patriarcal. Il paraît aussi par divers endroits de ses lettres qu'on l'accusait publiquement d'être hérétique; mais la cabale, l'argent, les faux serments et toute sorte de mauvais moyens le soutinrent, jusqu'à ce qu'enfin ayant comblé la mesure de ses crimes, il périt ignominieusement.

Nous avons vu que Coressius et Grégoire protosyncellc, aussi bien que ceux qui donnèrent au premier la commission de disputer contre Léger, et qui approuvèrent l'ouvrage du second, ne trahirent pas la vérité , mais qu'ils la soutinrent en face de ce faux pasteur, qui la trahissait en secret , la soutenant en public. Lorsqu'ils en furent délivrés, ils se déclarèrent encore plus hautement. Car en 1038, peu de temps après la mort de ce malheureux, Cyrille de Berroéo son successeur assembla un synode, où se trouvèrent avec lui Métrophane, patriarche d'Alexandrie , Théophanc de Jérusalem, vingt-un métropolitains ou évèqucs, et vingt-trois officiers de la grande église, qui condamnèrent unanimement la Confession de Cyrille, et fulminèrent analhème contre sa personne. Voici comme ils s'expliquèrent sur la doctrine des sacreînents: Analhème à Cyrille, dogmatisant et croyant qu'il n'y a pas sept sacrements de l'église; c'est-à-dire , le baptême, le chrême, la pénitence, l'Eucharistie, le sacerdoce, l'extrême-onclion et le mariage, selon l'institution de Jésus-Christ, la tradition des apôtres et ta coutume de l'Église ; mais qui dit faussement que Jésus-Chrisl dans l'Evangile n'en a donné ou institué que deux , U baptême et l'Eucharistie {\elt. 2 Moiumi.). Tel fui le jugement que firent d'abord les Grecs assemblés synodalemcnt de la proposition IS de Cyrille, sans qu'aucun de ces métropolitains, qui devaient tout sacrifier, jusqu'à leur vie, p;)ur souienirsa doctrine, osât y faire la moindre opposition. Cependant si on roulait croire la préface de Genève, à peine alors se trouvait-il un Grec

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