‹ Perpétuité de la foi de l'Église catholique sur l'eucharistie (volume 2)Chapitre 199 sur 323 · CHAPITRE VL · texte numérisé non relu

CHAPITRE VL

Sentiments des Grecs louchant les sacrements en générât

depuis la condamnation de Cyrille Lucar.

Après des déclarations aussi solennelles qu'avaient été celles de l'église grecque contre la Confession de Cyrille Lucar, sur ce qu'il ne reconnaissait que deux sacrements, il faudrait, en cas qu'elle eût changé de doctrine , montrer en quel temps et à quelle occasion ce changement était arrivé. Ainsi jusqu'à ce que les calvinistes aient prouvé ce fait, inconnu à toute la Grèce et à tout l'Occident, les catholiques sont en droit de dire que puisqu'il est certain que les Grecs reconnaissaient sept sacrements lorsqu'ils condamnèrent Cyrille , ils ont encore la même créance. Quand ils n'auraient que cette preuve négative , elle serait suffisante pour détruire tous les sophismes des calvinistes ; car on est bien sûr qu'ils ne peuvent pas montrer qu'il soit depuis arrivé aucun changement. Mais nous avons des preuves bien positives qui démontrent cette vérité.

Quoique Cyrille Lucar eût lâché d'inspirer ses erreurs à diverses personnes de son clergé, il est remarquable que depuis sa mort, et depuis la condamnation de sa Confession, il ne s'est trouvé qu'un seul homme qui l'ait soutenue, et qui ait attaqué la doctrine commune de l'église grecque louchant les sacrements. C'est Jean Caryophylle, qui n'étail pas ecclésiaslique, quoiqu'il fût logothèle de la grande église; car celle charge était souvent exercée par des laïques, elMauro- Cordato, ce fameux drogman, la possédait de nos jours. Nous ne répéterons pas l'hisloire de Corydale , qui a été rapportée fort en détail dans le volume pré-

C93 LrV. I. CROYANCE DES EcttSES

cèdent (plus haut, dans ce même tomejiv. 6, cliop. i), sur ce qu'en a écrit Dosilhée , patriarche de Jérusalem, dans un traité particulier, par lequel il a réfuté ses erreurs, dont une principale était que les sacrements pouvaient être administrés et célébrés par les laïques, parce que la foi de ceux qui les recevaient était la cause efficiente , et non pas le ministère des évoques ou des prêtres. Caryophylle était un impie, sans religion, qui abjurait ses erreurs sans y renoncer dans le cœur, qui avait passé ainsi plus de quarante ans dans une dissimulation abominable , et qui fut enfin condamné solennellement par le patriarche Callinique en 1G91. Mais comme cette affaire dura longtemps, parce qu'elle n'éclata qu'après plusieurs années, nous en parlerons après avoir rapporté les témoignages des Grecs qui précédèrent la dernière sentence.

L'église grecque n'eut donc aucune occasion de faire de nouvelles déclarations touchant sa créance, par rapport aux points controversés entre les catholiques et les protestants, jusqu'à l'ambassade de M. de Noinlel , qui arriva à Constantînople vers la fin de

1670. Les auteurs de la Perpétuité l'avaient prié de s'informer sur les lieux de la créance des Grecs et des autres Orientaux , particulièrement sur rEucharistic. L'acte le plus solennel qu'ils lui donnèrent, fut celui que dressa Denis , patriarche de Conslantinople, au mois de janvier 1672, dont l'original est à la Biblioihèque-du-Rol. Il est collé sur une étoffe de soie rouge, et le sceau patriarcal, qui est d'argent doré, y est attaché; il est signé par Denis, par Païsius, Denis et Méthodius, ci devant patriarches de Constaiitincple, par Païsius d'Alexandrie , et par quarante métropolitains ou évêques. Dans le premier article il est dit : Nous avons sept sacrements saints et vénérables, que nous conservons de toute antiquité , depuis que le saint Évangile nous a été annoncé ; tous véritables {sacrements) et nécessaires pour le salut des fidèles. Celte même doctrine se trouve établie par les attestations de plusieurs églises particulières , qui les donnèrent environ dans le même temps : entre autres |iar celle de sept métropolitains, signée à Conslantinople le 1 8 juillet

1671, par celle de l'église de Siphanto, celle d'Anaxia du 22 du même mois, par celle de Céphalonie, Zanteet Ithaque, celle deMycone, celle de Milo, celle de Cliio, les témoignages des religieux de Mauromale et de S. Georges, enfin par toutes les autres qui ont été titéiîs dans les trois volumes de la Perpétuité de la foi, et dans la Réponse générale, que chacun peut consulter. Enfin il fallait être aussi ignorant que l'auleur des Monuments authentiques , pour donner comme une MKiniue certaine de la fausseté de toutes ces attestalions , (|u'elles contiennent la créance de sept sacrenicnts, puisque, si elles parlaient autrement, c'est-àdire conformément à la Confession de Cyrille, ce serait une preuve indubitable de leur fausseté. Tous 1( s Grecs l'ont condamné par cette raison , et aucun jusqu'à présent n'a formé le moindre soupçon contre ces attestations, parce qu'elles sont aussi conformes à la foi de l'église grecque que l'autre y était contraire.

Le synode de Jérusalem, auquel présida Dosilhée, patriarche, et où Nectarius, son prédécesseur, assista et souscrivit les décrets, a confirmé la même doctrine. Nous croyons, disent ces Grecs, qu-il y a dans l'Église des sacrements évangéliques , au nombre de sept, cl nous n^en avons ni plus ni moins , parce que changer ce nombre est une production de l'extravagance des hérétiques. Ce nombre de sept est établi dans l'Évangile, et en est tiré aussi bien que les autres dogmes de la foi catholique. Il fait ensuite le dénombrement des sacrements , et cite les passages qui les établissent , suivant en cela le sens auquel les catholiques les entendent. Puis Dosithée poursuit ainsi : Les sacrements sont composés de choses naturelles et de sur^ naturelles. Ils ne sont pas de simples signes des promesses de Dieu ; car, si cela était , il n'y aurait point de différence entre eux et la circoncision ; y aurait-il rien de plus pilouablel Nous confessons qu'ils sont des inslruinems qui opèrent la grâce dans ceux qui les reçoivent. Nous Vijclons comme une opinion éloignée de la doctrine chrétienne, que la simplicité du sacrement demande absolument l'iisage de la chose terrestre : car cela est contraire au sacrement de l'Eucharistie, qui, étant établi sur ta parole qui le produit, et étant sanctifié par l'invocation du Saint-Esprit f est achevé par l'existence de la chose signifiée , c est-à-dire du corps et du sang de Jésus-Christ; de sorte que la consécration ou l'accomplissement précède nécessairement l'usage. Car s'il n'était pas parfait avant l'usage, celui qui en rise mal ne man" gérait et ne boirait pas son jugement, parce qu'il ne re- ' cevrait que du pain et du vin. Or celui qui communie indignement mange et boit son jugement ; par conséquent ce n'est pas dans l'usage, mais avant l'usage, que le sacrement de l'Eucharistie reçoit sa dernière pcrfec tion. Nous rejetons de même avec horreur ce que Cyrille dit ensuite , que si la foi manque , l'intégrité du sacre~ ment est détruite. Car l'Église reçoit les hérétiques, quand ils ont renoncé à leurs erreurs, et qu'ils reviennent à l'Église catholique ; et quoiqu'ils eussent une foi défectueuse, comme ils ont reçu le baptême entier, lorsqu'ils ont nne foi parfaite, on ne les rebaptise pas. On a fait voir ailleurs la faiblesse de toutes les objections qui ont été faites contre les décrets de ce synode; mais quand elles auraient quelque solidité , elles sont entièrement dé-truites par la publication que Dosilhée lui-même en a faite à Bucharesl en Yaiachie dix huit; ans après, aux dépens et par ordre du vayvode Jean Constantin Basaraba, sans que les Latins y aient eu plus de part qu'à l'impression qu'il avait fait faire huit ans auparavant du traité de Nectarius, son prédécesseur, contre la primauté du pape. ^ Le même Dosithée a donné aussi des preuves bien f, claires de la créance des Grecs et de leur éloignement des opinions des calvinistes louchant les sacrements, dans le traité contre Jean Caryophylle , imprimé à Jassi en Moldavie en 169-i , et voici ce qu'il dit dans la préface : // faut savoir que la saitile Église catholique de Jésus-Christ a reçu les sept sacrements seuls proprement dits, de Jésus-Christ même, notre Sauveur,

quelle a toujours eus, et qu'elle conserve encore présentement. Ces sacrements contiennent la grâce et la justification qu'ils signifient , et ils la confèrent à tous les fidèles qui n'y apportent de leur part aucun empêchement. C'est nn seul et même Saint-Esprit qui opère tous ct's sacrements par le ministère des prêtres. Et quoique, dans une nécessité pressante , un luique administre le premier sacrement , qui est celui du baptême, cependant il est impossible qu'il puinse administrer les six autres; il n'y a que les seuls prêtres qui. le puissent. En \oil, parut l'Iiérélique Martin Luther, cl en 1558, l'hérétique Jean Calvin, qui tous deux ont rejeté absolument cinq sacrements , la confirmation , l'ordre, le mariage, la pénitence et l' extrême-onction . Ils en reçoivent deux, le baplême et l'Eucharislic, mais en tes tronquant en deux manières : car, pour le baplême, ils disent qu'il est une marque de prédestination , et que la communion est le signe du corps el du sang de Jésus- Christ. Puia Us disent qu'un laïque célèbre la Liturgie, parce que peut-être tous les chrétiens sont prêtres. Ceux qui réfutèrent es hérésies furent d'abord Jérémie , patriarche de Constantinaple , puis M élèce d' Alexandrie , Inaximus Murgunius, Gabriel de Philadelphie, Georges Coressius , Grégoire protvsyncelle et d'uulrvs. La sainte Église de J ésus-Chrisl les anathématisa en deux synodes, l'un sous Cyrille de Berrvée , oii se trouvlrent les patriarches a'Alexandric , d'Àniicche et de Jérusalem ; l'autre sous Parllténius Ic-Vieux, à Jassi et àConslantiuople; el, de plus, elle a anulhémulis épurtoul ces héré" sies, en Orient, en Occident, dans le Nord el dans le Midi.

U (iil ensuite que l'occasion de son ouvrage fut qu'un laïque faisa.il senihlanl d'èlic prélre baplisa plusieurs personnes el célébra la Liiurgie ; qu'éianl toucl)é (le remords, il confessa son crime el en demanda l'.éuili'nce. On consul la sur ce^a le mélropolilain d'Andriiio, le, (|ui , n "élaiil pas un homme fort Ijnbile, propcisa la (pieslion à Jean Caryo, byile ([u'il croyail ircs-sa\aiil el oribod'ixe, pour savoir si un laïque pouvait célébrei- el admlnislrer les sacrements. Caryopiiylle lui rép:>iidil , selon le sentiinenl de Calvin, que cela se p()u\aii ; parce que ce n'élail pas le sacerdiice (jiii opérail les sacreii.ents, mais la foi seule des chréliens.

Dosiiliéc réfute celte Iiérésie irès-exaclenient, faisant Voir(i'al;or(i([uece(jueCary()|»liyll avai.çaiiiDiicliaulla foi , comn.e cuncoisranl seule à produire le. sacremcni, clail un | m- calvinisme condanmé dans la Confcss'Oii do (iyiiih' Lucar, où il se irouvail, partiinlii'ri'nu'iil dar.h le> arliclos l.j el 17, sur quoi il icnvdie à la ixéfulJlion qu'en a faite Svrigus, p ige 85 et 9.'); que celle doctrine avait éié condauiiiée comme ca.vinislc dans les deux sym des dont il a cié parlé ci dess\is, cl qu'il a insérés dans son Euchiridion ; que ( elle mauvaise doctrine a été aussi soutenue par les luthériens, el exposée dans la Confession qu'ils envoyèrool au patriarche Jérémie. il cite ensuite la Confession orthodoxe, dont les paroles ont été rapportées «i- dttssus; et ilconclul qu« la foi esi nécessaire,

Sm LES SACREMENTS.

nnn vas afin que les sacrements soient accomplis , mais afin nue ceux qui en approchent reçoivent la grâce qu'ils vroduisenl; ce qu'il prouve avec beaucoup de doctrine cl d'exactitude.

Caryopliylle avait Hulunocomparaison captieuse d'up. laïque vertueux el vivant saintement, avec un ecclésiastique vicieux; d'où il tirail plusieurs fausses consé- . quences, entre autres que comme c'était leSainl-Espi il qui opéi ail les sacrements par le minisière des hommes, celui qui était agréable à Dieu obtenait plutôt cette grâce que celui qui était son ennemi par le péclié r et que la boulé divine ne permeltail pas que les fidèlea fussent frustrés des sacrements, quand ils en approchaient avec foi , quoiqu'ils lussent célébrés par un liomme sans caractère. Il enlermait plusieurs semblables erreurs dans un discours eiid)arrassé. Dosilhée lui oppose ces propositions comme des vérités de loi: V Qu'il y a sept sacrements de la sainte Église , dont la cause efficiente est le Saint-Esprit, l'organe ou l'instrument duquel est, à l'égard de tous, l'évéque ordonné selon les lois el la tradition de la sainte Église, el pour, quelques-uns, le prèlrtordoinié par l'évéque. 2° Que quand l'évéque ou le prêtre sont pécheurs, ou publics ou cachés. Dieu agit par eux, de même que par les saints : car les mêmes sacremeuls qui étaient célébrés par le grand S. Basile , S. Chrysoslôme , S. Ath.mase, les Cyrille, les Grégoire, S. Épiphaiie, S. Hilaire, S. Ambioise, S. Augustin, S. Jules, S. Sylvestre, el par les apôtres mêmes , sont célébrés par les mauvais piètres exerçant leur ministère selon riiileulion de lÉglise. 5° Celui qui n'est p s ordonné, et dont la vie est parfaite, en sorte qu'il s'offre à Dieu comme un sacrifice vivant, est appelé prêtre dans l'Apocalvpse, de même que celui qui , par une droite raison soutenue de piété, est maître de ses liassions, esl appelé roi. Celui qui n'a pas reçu l'ordiiiallon n'est point prêtre pour célébrer les sacrements, et n'est pas appelé ainsi. Que s'il lail semblant d'être prêtre, cl qu'il ce ébre, on ne les réitère point; mais on les fait tout de nouveau, de même que s'ils n'avaient pas été faits, parce qu'en effel ils ne sont point fails absolument; comme ce qui n'existe pas no reçoit pas un second être, non pas parce qu'il était, mais parce qu'il n'était pas.

11 prouve ensuite que l'Église n'a jamais enseigné que les sacrements faits ou administrés par les héréliques qui confessent la sainte Trinité fussent nuls, el que, par celte raison, elle recevait leur ba|)tême et leurs ordinations; en sorte qu'un prêtre et un évoque arméniens venant à l'Eglise catholique n'étaient pa& réordonnés. Puis il entre dans un grand détail de plusieurs hérétiques qui ont tenu les grands sièges, do.il les ordinalions ont lonjoiirs été reconnues comme valides ;el,pour marque qu'il n'était pas nn grec latinisé, il dit que plusieurs évéques de rancieime Kouie ont été héréiiques; néanmoins il ne nomme que Honorius.

On ne peut mieux finir ce chapitre que par un extrait des propositions que Dosilhée a publiées ea

607 LIV. I. CROYANCE UtS ÉGLISES

foiiiie d'analhemes contre les erreurs de Caryophvllo

en 1G04.

Aiiallicmes contre les hérésies de Jean CanjophijUe. Si quelqu'un dit que les sept sacreinenis du nou-

v(aii Testarnenl n'oiil pas éié inslilnés par Noire-

Scigneur Jésus-Chrisl, el qu il y en a plus ou mons,

qu'il soil aualiiènie.

Si quelqu'un dit que les sept ne sont pas propreineiU et vériiablenient sacrements , qu'il soit analliènie.

Si quelqu'un dit que tous sont égaux, el qu'absolument il n'y en a pas un de plus grande dignité que l'autre, qu'il soit anrulièuie.

Si quelqu'un dit que ces sacrements ne sont pas tous sept nécossiiires , mais seulement quelques-uns, et que sans eux on peut être justifié par la foi, qu'il soit anatlième.

Si quohiu'un dit que ces sacrements sont seulement des marques extérieures de la profession clirétienne , pour distinguer les fidèles d'avec les infidèles , ou que ce sont des signes extérieurs de la grâce et de la justice (|iron reçoit par la foi , et qu'il ne confesse pas qu'ils contiennent intérieurement la grâce qu'ils signifient , et qu'ils confèrent à ceux qui n'y mettent point d'empêchement, qu'il soit anatlième.

Si quelqu'un dit cpie la grâce produite par ces sacrements n'est pas toujours donnée , quand même ils sont reçus avec foi et avec pureté de conscience, mais qu'elle est donnée seulement quelquefois et à quelques-uns, qu'il soit anatlième.

Si quelqu'un dit que par le baptême et par l'ordinalion il ne s'imprime pas un caractère inelfiiçable spirituel dans l'âme de ceux qui reçoivent ces sacrements , de sorte qu'on ne les peut réitérer, qu'il soit anatlième.

Si quelqu'un dit que tous les chrétiens ont pouvoir de célébrer les sacrements, en sorte qu'un laïque sans ordination peut les célébrer et les administrer, qu'il soit anathèiue.

Si qiiehiu'un dit que les évêques et les prêtres , faisant leur ministère dans les sacrements , ne doivent pas néccssairemeul avoir l'inientiou convenable à chaque sacrement , au moins celle de faire ce que fait l'Église, qu'il soit anatlième.

Si quelqu'un dit qu'un évêque ou un prêtre pécheur et méchant , observant tout ce qui est essentiel et nécessaire pour faire le sacrement, ne le fait pas, et n'opère pas le sacrement, qu'il soit anadième.

Si (pielqu'un dit qu'on ne doit pas réitérer les sacrements célébrés par un laïque sans ordination , et qu'ils ne laissent pas d'être parfaits et sacrements , qu'il soil anathéme.

Si quelqu'un dit que le prêtre ne consacre pas, et n'opère pas les sacrements par la grâce du Saint-Esprit , mais que c'est la volonté, la foi et l'intention des assjsiaiits , qu'il soit anathéme.

Si quelqu'un dit que les chrétiens voulant , croyant et se proposant de recevoir les sacrements célébrés

')ar des laïques , ces sacrements sont véritablement parfaits, qu'il soit anaihème.

^ Si quelqu'un entend ces paroles de S. Chrysostôme : Le Saiiil-Esprit n'ordonne pas tous les hommes , mais H opère par tous, comme si elles signifiaient qu'un méchant étant ordonné n'est qu'un laïipie, qu'il soit anathéme.

Si que!(|u'un dit que le baptême des orthodoxes, (u même celui qui est donné par les hérétiques au nom du Père, et du Fils, et du Saint-E^p^it, avec intention de faire ce que fait l'Église , n'est pas un véritable baptême, qu'il soil anatlième.

Parmi les héréiifiues qui reviennenl à l'Église catholique, il y en a rpii, nediUeranl en rien de véritables athées , sont rebaptisés ; d'autres ne le sont pas, mais ils reçoivent seulement l'onciion du divin chrême. On ne pratique ni l'un ni l'autre à lëgard de qu('l(|ues-uiis , qui sont reçus en confessant la foi de l'Église catholique. Si donc ([uelqu'un dit que le baptême des hérétniues est une souillure , el qu'û .faut rebaptiser ceux (\m reviennent à l'Église, qu'il soit anatlième, comme enseignant une doctrine contraire à celle des saints Pères ei au septième canon du second concile général.

Si quelqu'un dit que le baptême conféré par un mauvais prêtre, selmi l'ordre de l'Église, n'est pas parfait , et qu'il le faut réitérer, qu'il soit anathéme.

Si quelqu'un dit que celui qui reçoit les sacrements du baptême ou de l'oi dinalion , par les mains d'évê(iues ou de piètres qui en tecret sont hérétiques , les reçoit véritablement, non pas parce (pie la première cause eflîcicnle des sacrements est le Saint- Esprit; que le prêtre est un simple instrument et moyen nécessaire par lequel le Saint-Esprit tout-puissant opère également , soit que ce prêtre soit juste , cl de même s'il est pécheur ou Iié!éti(iue, mais que cela se fait par la foi des assistants , et de ceux qui reçoivent les sacrements, qu'il soit aiiathème.

Si quelqu'un dit que celui (jui, étant ordonné prêtre et se trouvant indigne du sacerdoce , par les péchés qu'il a commis avant ou depuis sou ordination , opère les sacrcmenls, qu'il célèbre devant ceux qui ne le connaissent pas , el qu'à l'égard de ceux qui le connaissent, ce ne sont pas des sacrements, à cause de leur doute, mais des abominations, qu'il soit anatlième.

Si quelqu'un dit que le doule des assistants sur U bonne ou mauvaise vie du prêtre empêche (|ue les sacrements ne soient parfaits, qu'il soil anatlième.

Si quelqu'un appelle mystères immaculés et sainte communion de l'Eucharistie , ce qui serait fait par un laïque, mais qui ne le regarde pas comme une ahominatiou immonde, étant plutôt la table des démons que la table du Seigneur, qu'il soil anathéme.

^0 PERPÉTUITÉ DE LA lOi

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