‹ Perpétuité de la foi de l'Église catholique sur l'eucharistie (volume 2)Chapitre 3 sur 323 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

présenl inconnue à ions ceux qui se sont mêles de l'aiic des livres, a prcteiidii répondre à ce livre, sans nier, ou au moins sans condjallre expressénicul ni celle conséquence, ni ce (ait. CJu'on dise lanl qu'on voudra que cela esi incroyaljle, je dis que cola est effectivement.

Et quoi, dira-l-il, n'ai je pus fait un livre enlicr qui porte pour titre, Nullité de la conséquence que M. Arnnuld prétend tirer des éijlises schismatiques? il est vrai. Mais c'est ce livre même qui prouve invincihlcment que M. Claude n'a nié ni coinbatlu la véritaîjle con- £é(iuence du livre de la Perpétuité, puisque celle qu'il y nie n'est point celle dont il s'agit.

Pour démêler cet embrouillement, il ify a qu'à remarquer qu'il y a une conséquence que l'on tire du fait que Ton prouve, qui est que s-i l'on fait voir qive toutes les sociétés éiaienl unies, du leinps de Béreuger, dans la doctrine de la présence réelle, ce cliau gement est impossibli;.

Et une autre conséquence qui lend à établir ce fait, et qui en est la preuve.

Cette seconde conséquence est que si . de siècle en siècle, de|)uis le onzièni^î , il paraît qu8 li;s Grecs et les auires conmiunions scliismali(jues ont tonjouis été dans la doctrine de la présence réelle, elles y étaient donc aussi au temps de Bérenger.

La diflërence de ces deux conséquences esl toute visible. Le fait capital, qui esl que toules les communions schismatiques éiaienl miies, du temps de Bérenger, avec l'Eglise romaine dans li doctrine de la présence réelle, est lanlécédent et le principe de la première conséquence; et au conlriire ce même fait est le conséquent et la conclusion de la dernière. Car on conclut dans la prentière, que si toutes les conin:unions se sont trouvéfS «nies au temps de Bércnger, il esl impossible qu'elles aient changé de créance. Et on conclut par la seconde, que si elles se sont trouvées de siècle en siècle dans celte créance , elles V étaient donc aussi du temps de Béreuger. Aitisi cette dernière conséquence est destinée à établir le fait; et la première lait voir ce (jui s'eusuii de ce fait.

Or <|ue fait M. Claude dans ce second livre de son dernier ouvrage, et à laquelle de ces deux conséquences s'altache-t il? Esice à la première, qui est que, supposé cette union de toules les communions oricnmles avec l'Eglise romaine dans la créance de la présence réelle au temps de Béreuger, il est impossible «ne cette doctrine se soit introduite par cliangen.enl? Non. Au contraire, il l'avoue par son silence. C'est i.uii(|iicmenl à la seconde, c'est-à-dire à celle (jui C(uicliit de ce (lue les Grecs et les autres chiélieiis schis maliqnes se sont trouvés dans cette créance de siècle en siècle depuis le *nzième, qu'ils y étaient donc aussi dans le onzième. C'est contre celle coi)sc(iuencc (lu'il propose, dans son second livre, ces divers moyens jtar losipiels il prétend que cette doctrine aurait pu s'introduire dans l'Orient depuis Bérenger. C'est pour cela (|u'il nous fait ce long dénombrement des missions qui ont été envoyées par les |)apes en ces paysià, qui, étant louies postérieures au temps de Béienger, ne pourraient prouver autre chose, quand même on forcerait sa raison pour accorder à M. Claude la conséquence qu'il en lire , sinon que la dociiine de l'Eglise latine a pu s'introduire en Orient depuis le onzième siècle.

Aussi n'en tire-t-il pas lui-même d'autre ; cl il but lui donner la louange de n'avoir pas étendu ses préientions plus loin. Quand M. ArnauUl, ditil (1), aurait solidement prouvé que les Grecs croient la conversion des substances, cl quils adorent l'Eucharistie, il en pourrait conclure contre moi que c'est témérairement que je fui niée; mais il nen pourrait tirer auciui avunliige pjur le fond de la cause, puisqu'il faudrait encore examiner si ces peuples n'auraient point reçu ces doctrines de la main des Latins par le commerce qu'ils ont

Cl)ô'iUT., p. 102

eu ensemble depuis la dernière condamnation de Béreuger.

Il est aisé , dil-il en un autre lion (1) , de conclure de toutes ces histoires ( qui sont toules postérieures à Il conilamnation de l'hérésie de Bérenger) que les Lilins oui eu en main tofts les moyens qu'ils pouvaient souhaiter pour introduire leur religion , leur doctrine et leur culte an milieu des Grecs. Il esl certain , dit-il encore , que, depuis la (in du onzième siècle, c'est-à-dire, depns la dernière condamnation de Bérenger jusqu'à ^itaintcnani , l'église grecque a presque toujours été C9mme sous le joug des Latins, et qu'ils ont toujours eu tontes les ouvertures du monde les plus favorables pour y faire entrer les dogmes de la transsubstantiation ; d'où, il s'ensuit, dil-il ensuite , que quand M. Arnauld nous ferait voir la transsubstantiation et l'adoration de eucharistie établies parmi les Grecs depuis le onzième siècle , sa preuve serait vaine, inutile et de nulle conséquence.

On peut voir la mémo chose dans les pages 83, 146, 147, et enfin dans tout le second livre, qui tciul uniquement à prouver que la doctrine de la Iranssubsiantialion a pu être introduite dans l'Orienl depuis le onzième siècle; mais qui ne montre nnlienicnt que supposé qu'elle y lui établie au temps de la coud un nation de Bcrei-.ger, lecliangement universel de créance ait été possible.

Tout cela niï regarde donc que la seconde conséquence qui lend à rétablissement du fait; et encore la regarde-til d'une étrange manière , comme nous dirons tantôt. Mais que devient donc la conséquence essentielle , et qui fait le capital de l'argumenl de la Perpéluilé, qui est que, supposé, que la doctrine de la présence rétlle fût reçue géuéralemeiU dans tentes les communions schismatiques au temps de Bérenger, il s'ensuit clairement que le changement de créance inventé par les ministres esl impossible? M. Claude la combat il positivement? Non. Y rcpond-il? Non. Au contraire il l'accorde i)ar le silence où la nécessité l'a réduit. Car toutes les fois (ju'on l'a pressé sur cela , et (ju'on lui a mis devant les yeux l'absurdité où l'on s'engagerait en supposant le coulr.iiie de cette consé- (pience, quehpie hardi qu'il soit, il a mieux aimé nier le fait que la conséiiuence.

On avait tourné, par exemple , ce prétendu changement en ridicule (2), en lui reprochant qu'il n'avait osé s'engager à soutenir qu'il fût possible dans tonle son étendue II esl certain, lui dit on . que c'aurait été un grand embarras pour M. Claude d'aller planter ta créance de lu présence réelle parmi les Grecs, les Arméniens, les IScsioriens , les Jacobites , les Cophtes. Quel moyen de trouver assez de prédicateurs paschasiles pour en envoyer dans la Grèce, dans l'Asie- Mineure, dans la Syrie, dans la Moscovie , dans In Géorgie, dans la Tarutrie, dans la Moldavie, dans tEqypte , dans l'Ethiopie ? Quelle peine n'auruit-il pas fallu se donner pour leur faire apprendre lanl de langues différentes , pour leur faire traduire le livre de Pascliase , pour gagna- les esprits, et pour convertir lanl de patriarches , d'évéque.% , de religieux, et leur faire embrasser une doctrine incon-' nue, et cela s'en qu'ils s'en aperçussent et qu'ils reconnussent qu'ils changeaient de sentiment ?

M. Claude n donc cru que cela fatiguait un peu trop l'imagination , et il a trouvé à propos de se délivrer de cet embarras. C'est à quoi il emploie une machine de retranchement qui est courte , mais décisive et telle au possible. Il ne s'agit pas, dil-il, de toutela terre..^ il s'agit de l'Occident , c'est à-dire, de la commuilon du Pape.

On l'avait encore poussé plus foriemenl par les paroles suivantes : M. Claude se fatigue l'imagination à inventer une fable impertinente d'un jeune religieux qui, / sans sortir de son cohvcnl, et s(ms qu'on en'.ende parler de lui, change la foi de tout l'Orient. Il se donne la gr henné pour accompagner cette fable de mille supposw

(1) Pag. 121, 123.

(■i) loin. 1 de la l'crpétui/

vn RÉI'ONSE GluNÉliALE AU NOU

faiitds'.iques. Il épuise toutes ses fiçjurrs et tous ses (iratids mois pour éblouir les yeux des simples , et pour leur cacher un peu l'absurdité de ce roman.

Mais il ne prend pas garde que tous ses efforts sont vnius, et qiiil lui reste encore plus des deux tiers de son ouvrage, sans quoi toutes les peines qu'il prend sont inutiles ; (lu il faut qu'il trouve encore d'autres Paschases qui portent celle foi dans toutes les sociétés séparées de l'Eglise romaine, et dans tes provinces les plus reculées ; qu'il faut que tous ces Paschases aient le même succès : que personne ne les contredise cl ne s'oppose à leur entreprise ; que personne ne s'aperçoive qu'ils renversent la foi ancienne; et qu'il faut enfin qu'ils aient tous accompli au même temps leur ouvrage lorsque Uércnger viendra à paraître, afin qu'il pût dire avec raison que l'Eglise était périe, et qu'elle n'était demeurée que dans ceux qui le suivaient.

Que ré|ion(I à cela M. Claude? Dil-il qu'il n'y a vieil d'impossible dans ce changement ? Nie-l-il la conséiiucncc «in'on en lire en sii|ipo?anl le lait? Non. il reconnaîl lacilement la véiilé de la C()nsc{|uence , cl il s'ailaclie ; u fait pour s'en délivrer. Après ce qu'on u vu, dil-il (I ), on peut bien reconnaître, ce me semble , qu'il ne faut être ni un ange , ni même un homme fort exlraordinairc pour lui soutenir encore une fois avec raison qu'il ne s'agit pus en efl'et de ces églises , pat ce qu'elles ne cioicnl nullemcvl la Iranssub.sliintiaiion roiiuiiiie, et que quand n.cme il serait vrai qu'elles la crussent, ce qui n'est pas, il ne serait pas difficile de deviner qu'elles l'auruient reçue des Lu'iiis par le ministère des croisades, des séminaires et des missions , ce qui suffirait pour les exclure de notre dispute.

On pcnl voir par là liicn précisément ce que M. Claude nie. Il nie le fait, qui e.-t (pie tontes les <OMnnunionssi:bisniali<|uesse soient trouvées au temps de Bcrcnger dans la doctrine do la Iraiissubstanlialion. Il prétend que, quand elles y seraient à présent, <elic doctrine aurait |)u s'être établie parmi elles par !<! moyen des missioiiS et des croisades , e*est-àdire qu'il nie la seconde conséquence (|ui consiste à conclure ([ue si elles sont piébeniemcnt dans <ette doctrine, elles y éiaienl aussi au temps de Béicnger. Mais il ne dit en aucune sorte qu'en cas que toutes les sociétés se fussent Iromées dans la créance «le la présence réelle au temps de liéiengcr , elles pouriaienl toutes l'avoir reçue par le livre de Pas- «liase.

Celle effroyable absurdité a frappé l'esprit du monde le plus inseiisible aux absurdités , cl qui les digère le plus facilement. Il cruit possible que cette dot Irinc se soit introduite depuis Dérenger , mais il n'ose dire qu'il est possible qu'elle s'y soil répandue ii(>puis Pasciiase jus<iu'à Héienger , et il ne propose aueniis moyens par où il prétende qu'elle ail pu s'y établir.

Voilà donc la conséquence fondamentale .assejt clairemenl reconnue par M. Claude, et celle conséquence nous donne déjà des avaiilases très-réels et irès-solides. Car elle fait voir tiu'il n'y a rien de plus injuste ([ue les déclamalioiis par lesquelles M. Claude a lâclié de décrier, dans le premier livre de sa Réponse (2), la méihode du livre de la Perpétuité, en supposant que ce ne sont que des vraisemblances, des inipusf.ibiiués morales qui sont fort douteuses , et siirloiil • elles que Ton établit eoniine celles de la reipéliiilé, sur les incUiKitions des peuples, dont la conduite, dit- il, ,st qucijucfois fort bizarre, cl qui a si peu d'uni formiié, (juon n'en saurait faire que des règles fort incertaines. liar il paiail au coiilraiie tpi'y ayant dans la |>reiive employée par l'auteur de la l'erpélu;lé un fait qu'un ciurepieiid de prouver, et une conséquence de raisonnement , M. Claude n'a eu rien à dire sur la conséquence de raisoniieincnl, cl la reconnaît véritable yav so 1 silence.

Or encore qu'on avouai à M. Claude que la ccrtilu-

5' U6p.,iag. 7a9.

'>ii/., 1 ag. -n.

Y!:au liyhe de m. CLAUDE. vm

de des laits pûl être plus grande que celle des raisonnements, il faut pourtant qu'il avoue qu'un raisonnement non contesté a plus de force qu'un fait co|itcslc , et que la plupart du monde juge h\i\, comme est celui de ce cbangemenl qu'Aubertin eiilreprenJ de prouver.

Qu'il cesse donc de nous dire en l'air qne l'arguînent du livre de la Perpétuité se réduit à des raisonnements el à des conjectures ; car ces conjectures cl <es raisonnements étant ceriains et non contestés, ils ne font pas propremenl partie de la (piestion, el elle retiiinbe toute sur le fait (pie M. Claude révoque en doute, qui est (|ue tontes les communions scbismali- «lues fusscjil an temps de Cérengcrdansla doctrine de la présence réelle.

Il est vrai que l'on prouve aussi ce fait par divers raisonnements, mais on le prouve aussi par plusieurs passages, comme par ceux de Nicolas Pecloralus, de ilumberl, de Lnnfranc, du j apc Léon IX, de Tl.é)pbilacte, de Hasile, évoque de Tliessaloni(|ue, de Jean Fiirne, d'Euiliymius, de la princesse AnneConinenc, de la confesssion de fui qu'on faisait signer aux barrazins. El ainsi la n.éihode du livre de la PerpélJii:é est toute pareille en ce point à celle du livre d'Aiibcrtin, qui prétend établir de même, par des passages el des raisonnements, que les Pères ont tenu l'alisence réelle. Il s'agit en l'une et en l'aulrc de vélilier un lait. Celui d'Anberlin est (|ue l'ancieniMi église II a point cru la présence réelle el la iranssubsianliaiion; celui de la Per|)étuité est que toutes li'S églises scbisinatiques éiaienl dans la doctrine de la prt'sence réelle au temps de liérenger. On emploie dans l'une et dans l'autre des raisonneinenls cl (bs passages. Mais pour la consé!|uence de riin|)ossibiliié du cbangeinenl que l'on lire, dans le livre de la Por- I éini:é, du fait que l'on y piouve, elle ne cliangc pas la niétliode, el ne la rend pas moins certaine, puisque M. Claude, qui mépi isc les raisoniienienls lorsqu'il s'agit de les décrier en l'air, n'a osé aitaquer Celui-là dircclemenl, et qu'il a beaucoup mieux aimé se retrancher dans la question de fait.

CuAPirnE H.

Que M. Claude n'a pas osé non plus combattre directement le fait que l'on a entrepris de prouver. J'avoue que ce que j'entreprends de prouver ici est encore un paradoxe; mais c'est un paradoxe exaclemeiit véritable, el dont personne ne pourra douter après avoir vu les preuves que nous en allons rapporter.

Ce fait csl que Véglîse grecque, Yéglise arménienne, Véglise égyptienne, el toutes les autres sociétés schiamalitiars se sont trouvées unies de sentiment avec l' Eglizè romaine dans la créance de la présence réelle. Ce soiil les propres termes dans les(piels il csl exprimé ei> la page 55 du premier traité, comme lonl le monde l'y jieut voir.

Que réiiond donc M. Claude sur ce fait, qui est re- Inid'où Ton a liié la consétpience de l'impo^sibiliié du cbangtment, cl qui éiani accordé, tout le livre de la Peipéiuité subsiste? U léiiond qu'il n'en a point liarlé, qu'il ne s'en agit point, (lu'il est (|ueslion de la traiissubstaniialion.el non de la présence léelle. Il se met en colère, cl dit des injures aux gens toutes les b)is (pi'oii lui dit (pi'il s'(!ii agit, el il se travaille j'our établir ce point < omine lui éiant fort avantageux.

■le dis donc, dit il (1), (jue dans cette dispute des Crées el des autres chrétiens séparés de l'Eglise romaine, il s'agit de lu iraiissubstanliation, et nullement di la présence réelle, soit parce que l'auteur de lu Perjiétiiiiéa expressément parlé de la transsubstantiation dans son premier truite, soit aussi parce que c^esl à cette doctrine seule cl à l'adoration que je me suis formellemenl resireul dans ma première réponse , et qu'ensuite la dispute a été précisément continuée sur ces deux urlivles.

fJVRK PREMIER.

Kt ailleurs i\) : Il csl ccrtci» qu'il ne s\igil ici que de. la tratissiibsinniiation el de l'adoration, et non du ta yréncncc réelle , de laquelle je n'ai point encore pnrlé.

Et sur ce qu'on avait conclu que les Gnics lli-nnenl la pré encc réelle parce que Cénilariiis et Léi»ii d'Acride n'avaient pu ignorer que ce ne fût la iU)cirine (les Lalins , cl ne leur en avaient néanmoins fnit aucun nproelie, il répond (2) : Au lieu de dire présence réelle , il fallait dire transsubslnndalion. Car notre Question touchant tes Grecs n'est que sur ce point. Et ailleurs (ô) : La conséquence de M. Arnnntd se trouve encore défectueuse à régnrd de ta présence réelle, bien que ce ne soit pas cela dont il s'agit entre nous.

il en fait de même par loui son livre. Quand on lui parle de la présence réelle, il répond de la Iranssuhsianlialion ; il ne pailoqiie de lr;uissul)slnnlialii>n, ol il fait un capital de persuader à ses locleurs qu'il ne s'agit point do la présence réelle , et qu'il n'en avait point encore parlé.

Il lait même île ce point im sujet de reproche à son adversaire, el il le jtropose avec des termes qui ne si'nl permis que lorsque l'on a clnrcnienl mison. Cesl mal à propos, dit il (.4), et contre ta bonne foi que M Arnaulda voulu faire croire au monde qu'il s'agissait aussi de la présence réelle. El dans l;i page suivante : // n'y a donc que M. Arnauld qui se soit avisé de fiire entrer la présence réelle malgré nous dans la dispute, sans autre raison que parce qu'il veut qu'elle y soii.

Mais s'il csl permis de prendre droit sur ce que V. Glande nous veut forcer de croire malgré que nous en ayons; que devienneni loules ses réponses, cl c|ue pouvait-il faire de mieux pour confirmer et pour établir tout le livre de la Perpétuité, puiscjue consi- 8lant tout entier, comme nous avons dit, d;ins un f;iil q':e l'on y prouve, et dans une conséqtience que l'oti en lire , il ne conteste ni la conséquence , ni le lait?

On lui dit : Si toutes les communions scl)ismatiqu(>s fe sont trouvées unies au temj>s de Bérenger dans la créance de la pié^ence réelle , il est impossible qu'elles soient venues à cet élat p:ir un cliangement de créance M. Claude ne répond rien à la conséiiuence, et n'ose s'engager à la nier. Ainsi cette proposition conditionnelle, qui est la majeure de l'argument, doit passer (tour accordée.

On ajoute: Or loules ces sociétés étaient unies à TEglise romaine , au temps de Bérenger, dans la créance de la piésenee réelle. Il réplique qu'il ne s'agit p:ts de cela , qu'il n'a point encore parlé de la présence réelle , à l'égard des Grecs et des autres S(!ciélés d'Orient. Il n'ose donc non plus combattre direclenienl la seconde proposition qui en est la mineure.

On conclnl : Donc il est impossible qu'elles eussent cliangé de créance sur ce point : donc celte doctrine a éié perpétuelle dans l'Eglise. M. Claude s'oppose, à la vérité, à celle conclusion. Mais il nous permettra de lui dire que c'est combattre le sens commim dont il parle tant, que de nier la conclusion d'un argument régulier donl on n'a osé nier ni la majeure, ni la mineure. Et assurénienl lorsqu'il y aura pensé, il se défendra d'ime autre sorte. Mais cependant il est clair qu'en demeurant dans les termes auxquels il veul réduire loule la question , le livre de la Perpéliiité subsiste lotil entier, parcequ'il esi tout conijnis dans cet argument, et qu'd lend uniquement à la preuve de l'un ou de l'autre de ces deux points dont .M. Claude ne veut eont(;sler aucun.

Puisqu'il est donc de si bonne volonté, et qu'il prend la peine d'établir lui-même avec grand soin , qu'en enlrcprcnant avec éclat de réfuter un livre, il n'en alia(|uc aucun di.-s points capitaux et essentiels , cl qui S'.uit seuls nécessaires et seuls suffisants pour

(1) Pag. I.-M.

tirer (lémonslcalivemeut la conclusion de l'impossibililé du changement, il nous permettra d'user du Cette grâce, cl d'en tirer d'.ibord les autres conséquences qui en naissent nécessairement.

La première esl que le changement de doctrine dms la créance de la présence réelle étant reconnu comun; impossible ,1e livre d'Aid)eriin, au reg:ird de ce qiuî les catholiques cl les liilhériens soutienneni conjoii!lement contre les sacrameiilaires , doit passer pour délruil d;uis l'esprit de Ions ceux qui n'auront p's d'autres réponses à faire à l'argument de la Perpéluilé, que celle que M- Claude y a faile.

La secondiî, qu'il n'y, a rien de plus ridicule que le mépris alTccté que M. Claude a fait paraître en toutes sortes d'occasions , d'une méthode et d'un raisonnement dont il n'a osé comballre directement aucime partie.

La troisième, que cet argument suffisant pour montrer que les calvinistes sont engagés dans l'Iiérésio , puisqu'il les convuiuc d'être contraires au senti nient de toute l'Église, depuis les apôtres, sur la piésenee réelle, il siilfit pour porter tous Us calvinistes à quitter une société qu'ils ne samaient défendre d'hérésie sur un point si important.

El la quatrième enfin est, que celte célèbre réponse de M. Claude, dont il parait si satisfiit, ne piiu\a'.t cire plus mal concertée, puisqu'elle laisse subsister dans loule sa force le livre qu'd a entrepris de léhitcr.

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