LIY. II. DU BAPTEME ET DE LA CONFIRMATION
lis reniarquaieni avec étonnemcnl , dans un ininps auquel la discipline r.iicicnno élail inconnue, que dans rOricnl on ne baptisait pas d'abord les cnlauls, et qu'on allendail aulant qu'il était nécessaire a!in que les mères pussent elles mêmes les oiîrir à Dieu en les présentant au sacrement. Mais ils no i^avaicnt pas que selon celle même discipline, en cas de péril, on ne devait pas diflërcr un moment à l'administrer. Ils ' voyaient que dans celte pressante nécessité, le préiro ; commençait jiar la première onction des catéelinmèncs ; cela leur faisait croire que les Orientaux l;i croyaient capable de suppléer le baplèmc , et cela trompa Wanslcbe, qui était un très-înédiocre llicolo- .• gien. Il était assez ordinaire de les entendre déclamer » contre les Latins, sur ce que les laïques parmi eux j donnaient le baptême, et souvent les femmes. Cela donnait lieu à nos Latins de supposer qu'ils ne croyaient pas qu'un laïque ou une femme le pussent validemenl administrer. De cette manière on a <iiultiplié les erreurs de part et d'autre, faute de s'enicndrc, el surtout faute de connaître la discipline ancienne; car si nos auteurs accusent à tort les Orientaux en plusieurs points, ceux-ci ne sont guère plus {équitables à l'égaid des Latins, comme on peut voir jpar ce que leur imputent Pierre évêque de MelicJia, jacobile égyptien, P;iul de Sidon, Melchile, Ebnassal et quelques autres.
Pour conclusion, tous les cbrétiens d'Orient n'ont aucune ereur toucliant la matière du baptême, croyant que c'est l'eau naturelle. Ils la bénissent avec des exorcismes, des prières el des cérémonies sendjlables à celles des Grecs cl des Latins, con)nie plusieurs offices que nous avons en font foi. Et conune ils conservent aulant qu'il est possible dans leurs cérémonies tout ce qui peul renouveler la mémoire de rinsiilulion de nos mystères, ils appellent ordinaiiemcnt Jordanoii, le Jourdain, les fonts baptismaux, comme ailleins ils appellent le pain eucliaristique YAgneau , et ainsi du reste.
Les protestants conviennent que ces cérémonies ne sont pas inventées d'iiier ni d'aujourd'iuii , mais que comme elles n'ont aucun fondement dans l'Écriture , elles ne sont pas de l'essence du baptême (1) , et ils avouent en même temps que S. Hasiie en fait mention, auquel ils auraient dû ajouter pres(iue tout ce qui nous reste d'auteurs contemporains ou plus anciens, pour ne pas parler des modernes. Ils disent enfin que, comme l'Église a pouvoir d'établir des cérémonies s'il est besoin , elle a la même autorité pour les a!)roger lorsqu'on en fait abus. Voiià connsie pariciit les calvieistes modérés. Mais Calvin, qui ne gar- . diiii pas les mêmes mesures, ne fait pas de difiiculté d'en allribuer l'oiigine au diable, et de la placer dès
(i) Qui ritus etsi inventi non suiit x^U /.«ÎTrpwvjv, ta- !men in Scriplmis fuudamenliun bal)cnt nullum , eoique me simt de baplismi cùîiV.... Ncc ca rimoniaî hu-
jus anii(jnitas jjra^scribere temporibus noslris potesl, ,qnia ut instltnendi aliciijus rilûs, si nsus exigat, ita
ejns abrogandi, si abusns requirat, Ecclesia liafaeî
poiesiaiem. Voss,, lococit.fp. 28, 29.
les commencemenis de l'Évangile (1). Il n'est pas diflicile de reconnaître la fausseté de ce système impie, qui n'est établi que sur ce faux principe, rejeté égale ment par les Grecs et par tous les Orientaux , aussi bien que par les catholiques, que ce qui ne se trouve pas précisément marqué dans l'Éerilure doit être regardé comme un abus contraire à la parole de Dieu. Les Orientaux conservent toutes ces cérémonies comme des traditions apostoliques, sans croire pour cela qu'elles soient de l'essence du baptême, puisque lorsqu'ils baptisent un enHinlqui est en péril de mort, ils les omettent suis scrupule, et môme ils ne les suppléent pas dans la suite, s'il revient en santé.
C'est la pratique de l'église grecque, qui se trouve marqiiée dans une réponse d'Élie métropolitain de Crète, à un religieux nommé Denis, qui est dans le droit oriental. Un enfant, dUes-vous, étant malade , et prêt à mourir, a été présenté à un prêtre pour être régénéré par le saint baptême. Celui-ci voyant qu'il n'avait qu'un souffle de vie, et craignant qu'il ne mourut avant qu'on eût récité les prières et les exorcismes sans recevoir la régénération du saint baptême, retranchant les prières el les exorcismes qui précèdent le sacrement, raccomplit par les trois immersions , et par autant d'invocations du Père , du Fils et du Saint-Esprit. L'enfant guérit, le prêtre vient pour achever les prières et tes exorcismes qu'il avait omis. Vous demandez si cela est permis ou non. Je crois qu'aprls qu'on a donné le baptême , on ne doit pas dire ces prières qui le précèdent sur celui qui l'a reçu par l'immersion vénérable , et par l'iniocatioji des trois personnes, en quoi consiste la perfection du baptême. Car on ne trouve pas q:ic cela ait été ordonné par aucun des saints canons : et le quarante si'piième de Laodicée, parlant de ceux qui ont c.é baptisés dans une maladie périlleuse, ne dit pas qu'on doive rien faire de semblable, bénir ou exorciser après le baptême , mais seulement apprendre ta foi , etc.
Nous ne trouvons rien, de marqué précisément sur ce sujet dans les Rituels orieulaux.
La manière de faire usage de l'eau , selon l'institution de Jésiis-Christ , est ce qu'il faut ensuite examiner. Baptiser, selon l'usage de la langue chaldaïque ou syriaque , aussi bien que de la grecque , signiîie plonger , et selon ce sens-là, l'ancienne discipline de l'Église a été de plonger dans l'eau ceux auxquels on administrait le baptême, ce que les Grecs et tous les Orientaux pratiquent encore , aussi bien que les trois immersions, lis sont fondés sur les canons des apôtres qui sont dans toutes leurs collections ; el comme il a été dit d'ailleurs , celte autorité est d'autant plus grande parmi eux, qu'ils croient que les apôtres les onl eux-mêmes fait mettre par écrit. Celte discipline est établie par tous les offices baptismaux , et par tous les théologiens et canonistcs mclchites , nesloriens et jacobites.
(l)Cùmautemvidcret Satan slnlîà nnmdicredulitate absqne negolio ferè inleripsa Evangelii exordia receplasesse suas imposturas, ad crassiora ludibria prorupit : bine spulum et similes nuga; paiàm in baptisint probruni eûrauji liceniià inveclae. Inslit, l. 4. ç, 15, § i^.
Les Grecs font un grand crime aux Luins , de ce que non Sf-uleiiicnl W n'y a piiitl d'immersion dans leur i):<i)!éme, mais de ce qu'il n'y en a pas trois; et le pairiaicho Jéréuiic leur fait le même reproche, ce que foulau^si plusieurs Grecs, qu'il est inutile de citer, puistjue les proleslanls n'ont pas Sîir cela d'autre pralii|ue que la nôlre. Ou trouve «juclques Orientaux qui accusent les Latins sur le même moiil'; il ne s'est pas ncamiioius encore trouve de Grecs , ni dOrientaux assez hardis, pour déclueruuUe l);ipiême donné par infusion. Au contraire Ehnassal dit expressément (]ue si on ne trouve pas tissez d'eau pour y plonger celui quon baptise , cl qiCon n'en ail qu'aiiianl qu'il en pourrait tenir trois fois dans le creux de la main , il faut la lui verser sur la tête au nom de la sainte Trinité. Echmiuii, autre ciinonisle égyptien, dit la niême chose , qui est confirmée par Grégoire Ahulfarage dans sou abrégé de canons , sur l'autorité de Jaccjues d'Édesse , dont voici les paroles : Si un enfant qui est présenté au baptême est en péril de mort , et qu'il n'y ait point de rivière , de réservoir d'eau , ui de fonts baptismaux , mais seulement de l'eau dans un vase , le prêtre la versera sur la tête de l'enfant , en disant un tel est baptisé , etc.