LIVRE PREMIER. Lvm
réputation de savant critiqua , et que l'on sait que
les gen. de cette sorte soni fort éloignés de falsifier les auteurs.
Il n'y a pis plus de bon sens dans le mépris que M. Claude fait des passages qui sont cités par Ekellen.sis, sous prétexte que Gahi ici Sionita , dont il éiail associé àli correction de la Bible polyglotte impriii;ée àParis, s'élanl brouillé avec lui, l'a chargé de diverses injures qui n'ont nul rapport avec la falsidcalion des |)assages. Il ne sied pas bien à M. Glande de se rendre juge du diirérend de ces deux Maronites , et encore moins de se déclarer partie contre Ekeilensis sur le seul témoignage de S'Ui adversaire. Mais quoi qu'il en Soit, tous ces reproches personnels ne lui donnent aucun droit de rejeter les passages qui sont cilés dans les livres de cet auteur, parce qu'ils ne rendent point croyable que citant, comme il fliit, les livres dont il les a pris , qui sont pour la plupart dans la bibliothèque Vaticane, il ait eu la hardiesse de les inventer à plaisir.
Ainsi, i)our lui montrer combien on est résolu d'avoir peu d'égard à ces vains reproches , je ne laisserai pas de lui citer un témoignage considérable de la Coi des Copines , rapporté par cet auteur dans son KiiltjcIiJus Vindicnlus, que l'on a oublié de pi'odiiire dans le premier tome de la Perpétuité. Il est tiré d'un livre c(.mposé, il y a deux cent soixante ans, par des religieux d'un mon:iMcrc d'f^gyple, el intitulé. Delà siirro- ablation. Voici de quelle sorte ils en jiaiient : U Eglise chrétienne, disent ces religieux, croit fermemont que la sainte ablation on l'Eucharistie est le corps de ISôlrc-Scignenr Jésus-Christ et son saiiq précieux qiCil a versé pour la vie du monde cl la rémission des péchés. La preuve de cette vérité est la parole du Très- Haut, lorsque mangeant lu pàque avec ses disciples il prit le pain el le bénit, et le divisa, el le donna à ses disciples, en leur disant : Prenez et mangez, ceci est mon cor])s, qui est livré pour vous, faites ceci en commémoration de moi ; el qu'il prit te calice, rendit grâces, cl le bénit après te souper, el le leur donna en disant : Buvez en tous, c'est mon sang du nouveau Teslameul , qui est versé pour plusieurs en la rémission de le}trs péchés. Et cette autre parole du même Jésus-Christ : Le pain que je do)inercd est ma chair que je donne pour la vie du monde. En vérité , en vérité , je vous dis que si vous ne mangez la chair du l'^ils de l'Homme, el ne buv-zsan sang, vous n'aurez point la vie en vous. Il faut donc que tout fidèle qui le reçoit ail cette vraie foi dans le cœur, et qu'il confesse de bouche que ce qu'il a reçu a élé fait le corps de Notre-Seigncur Jésus-Christ et son sang précieux par le moyen de la consécration du prêtre cl de ses prières, de la descente du S. -Esprit, de la vertu divine el d'un miracle incompréhensible.
Dans le chapitre suivant, ces mêmes religieux disent r/KC le S.-Esprit, qui a formé le sacré corps de Jésus- Christ dans te sein de la Vierge de la subslcmce même de Marie qui était nourrie cl formée de pain et de vin, est le même qui fait ce pain el ce calice le corps de Notre- Seignetir cl son sang très-pur, et qui les consacre ; et que la vertu divine qui a produit el nourri te corps de Jésus- Christ dcms le ventre de laVierge d'une manière qui surpasse toutes les opérations de la nature , est celle qui ojière le miracle de la conversion du pain el du vin au corps cl au sang de Jésus-Christ ; cl que le Verbe qui a dit, Ceci est mon Corps, ceci est mon Sang, est lemême qui le dira toujours du pain consacré p.'T le moyi;n du prêtre, auquel ce pouvoir est attribué; de même que ce que Dieu a dit en produisant el en formant les créatures est demeuré ferme, el produit tovjo'ns son^ effet. Ces passages ont tant de caraclères de vérité, que Ton napprélieiide pas (juc les déclamations injustes de M. Claude portent les personnes judicieuses à en donler; etils forment des idées si différentes de celles des calvinistes, que ce serait en vain qu'il s'efforce^ rait de les accorder avec leurs sentiments
t,x RÉPONSE GÉlNÉUALE AU NOUV