‹ Perpétuité de la foi de l'Église catholique sur l'eucharistie (volume 2)Chapitre 211 sur 323 · LÏV. II. DU DVPTEME ET DE L\ CONFIRMATION · texte numérisé non relu

LÏV. II. DU DVPTEME ET DE L\ CONFIRMATION

dans la suite , et qui n'y a aucun rapport, puisqu'il s'agfl d'un prétendu canon par lequel il semble que les Copliles croient qu'on peut suppléer le baptême à un enfant qui meurt sans le recevoir, en faisant sur lui des onctions. Cet abus ne pourrait cire justifié par un pareil exemple, duquel on tire seulement que suivant la tradition de l'église cophte d'Alexandrie, le baptême administré par une femme a été jugé valide par un de leurs pins saints patriarches, conmie en effet celui là l'éiait selon les règles de l'Église.

Ce qu'on doit conclure de ces contrariéics apparente-, est que ce qui se trouve marqué dans les canons et dans les consiilulions patriarcales, est la règle commune de la discipline ; et que ce qui n'y est pas conforme doit être regarde comme un abus. Les lois générales sont marquées; mais les exceptions, cl c<î qui se doit pratiquer dans les cas extraordinaires, n'est pas toujours écrit. Les canons de l'église grecque et l;Uine défendent aux femmes de baptiser, et on ne croit pas qu'il s'en trouve d'anciens qui marquent qu'elles peuvent le faire en cas de nécessiié. Cependant la discipline de l'Église latine, qui a réduit en l;)i ce qui s'était pratiqué longtemps auparavant, y a rcn)édié; el les Grecs ont établi parmi eux cette même discipline. Il est très-possible que ceux qui Tout ignorée aient quelquefois agi autrement, et encore plus que des cbréiiciis orientaux en des pays barbares aient éic dans une pareille ignorance; ou que quelques évêqucs, présimiaut de leur capacité, aient introduit divers abus, tels que peuvent cire ceux qui se trouvent autorisés pir ces canons anonymes. Mais ces décisions et les pratiques particulières ne peuvent être considérées comme la doctrine el la discipline commune de ces églises.

ClIAriTRE M.

De (juelqms abus dont on ne peut juslifiei- diverses communions orientales touchant le baptême.

Un des principaux abus dont on ne peut justifier h plupart des Orientaux est la réitération du baptême il regard de plusieurs licréiiciues, quoiqu'ils ne pussent être mis au nombre de ceux que le concile de Nicée el les anciens canons ordonnaient de baptiser, comme ne l'ayant pas clé. Ils ont ces mêmes canons dans leurs collections, cl ils les cilerit pour établir ce qu'ils croient avec toute l'ancienne Église, que ce sacreiiieut ne peut être réitéré; el les Grecs, plus éclaires que l;S chrétiens des autres nations, établissent comme nous que c'est parce qu'il imprime un caractère ineff.içable, en quoi ils s'accordent avec nous, ausii bien qu'avec touie l'antiquité. C'est ce que le patriarche Jércmie, Gabriel de Philadelphie, Georges Coressius, Grégoire protosyucelle, Syrigus, cl en dernier lieu le patriarche de Jérusalem Dosiihée, ont expliqué si clairement, qu'ils n'ont pas laissé lieu aux fausses interprétations qu'on pourrait tâcher de donner à leurs paroles.

On sait bien que les protestants , parliculièremer.l les calvinistes, ne peuvent accorder celte doctrine

avec l'iilëe qu'ils ont des sacrements. Les Grecs assurent qu'ils produisent efficacement la grâce ex opère opcrato, comme on parle dans l'école. Les protestants ne les regardant pas comme causes de la grâce, mais comme des sceaux qui excitent la foi, de laquelle ils font dépendre tout l'effet des sacrements, ne peuvent pas reconnaître que quelques-uns impriment caractère. Leurs théologiens se donnent beaucoup de peine pour combattre cette raison ; il n'est pas nécessaire d.; rapporter ce qui a été dit pour prouver combien elle est conforme à l'ancienne doctrine de tous les Pères ; et il nous sufut de dire que les Grecs s'accordent enlièrement avec les Latins sur cet article. Ainsi, quand les protestants cherchent des raisons pourquoi on ne réitère pas le baptême, ils n'en produisent que de générales ou de fort douteuses, que telle a été la volonté de Dieu, qu'il n'y a aucun précepte de rebaptiser; qu'on ne trouve pas dans l'Écriture sainte qu'aucun ail été rebaptisé , et de semblables défaites que les anabaptistes réfutent plus facilement que les calvinistes ne réfutent les arguments des catholiques.

Car à l'égard de la dernière el'c est entièrement fausse dans leurs principes, puisque comme ils prétendent que le baptême de S. Jean el celui de Jésus- Clirisl ne diffèrent point, ils ne peuvent nier que ceux qui n'avaient reçu que le premier, recevaient nécessairement le second ; d'oij il s'ensuivrait que la rebaptisation est autorisée par l'Écriture. Mais comme le dessein de cet ouvr.nge n'est pas de traiter ces matières, que nos ibéologiens ont assez éclaircies, il suffit d'établir que toutes les propositions sur lesquelles sont fondées les opinions des calvinistes louchant les sacrements, el particulièrement touclianl le bap:ême, sont également rejeiées par les Grecs, et que Mclétius Syrigus n'a pas dit sans fondement que lorsqu'ils reconnaissaient deux sacrements , ils n'eu conservaient que le nom, mais qu'ils en tlélruisaient enlièrement la substance.

Ce que croient donc les Grecs el tous les Orientaux est que le baplcrae, étant une fois administré dans la forme de l'Église, ne peut être réitéré sans sacrilège, parce qu'il imprime le caractère de Jcsus-Chrisl. Us le croient d'autant plus fermement, que comme ils administrent en même temps la confirmation cl l'Euchi'.ristie aux enfants, ils regardent celui qui a reçu le baptême comme un chrétien parfait auquel il ne manque rien. El si par les péchés qu'il connnet après le baptême, il perd la grâce sanctifiante, ils conviennenl avec les catholiques qu'il n'y a d'autre remède que celui de la pénitence. Le baptême , dit Dosiihée (Enchir., p. 39), imprime un caractère ineffaçable, ainsi que les ordres sacrés ; et comme il est impossible qii'une personne reçoive deux fois le même ordre, de même il est impossible de rebaptiser celui qui a été baptisé selon les règles , quand il lui arriverait de tomber dans dix mille. péchés, el que même il renierait la foi. Car voulant se convertir à Dieu, il recouvre par la pénitence Vadoption quil a perdue. Ils condamnent dans les marcio-

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Dites la réilcralion du baptême ; et jamais personne i)'a enseigné parmi eux que s'en ressouvenir avec foi puisse servir à la rémission des pécliés.Car ceux-mènics f|«i ont aboli la confession , dont il sera parle en son lieu, n'ont jamais eu recours à une nouveauté si dangereuse cl si propre à nourrir l'impénilence.

Il est cependant vrai que les Grecs, el encore plus "les Orientaux , se sont écartés des règles de l'Église eu ce qui concernait le baptême des hérétiques , nu de ceux qui étaient réputés pour tels. A l'égard des Grecs, leur discipline ecclésiastique se trouve toujours conforme aux anciens canons du concile de Nicéo, du cinquième de Constantinople, de celui de Laodicée, et de tous les autres qui ont distingué les hérétiques dont le baptême était regardé comme valide, d'avec ceux qui ne le donnaient pas selon la forme de TÉp,iise, ce qui le rendait entièrement nul. Tous ces anciens canons se trouvent dans les collections grecques, interprétés par leurs canonistes suivant le sens ordinaire que leur a doimc IT.glise romaine; et dans 1.1 suite on a compris dans la classe de ceux qui devaient èlre baptisés lorsqu'ils revenaient à l'ÉLçlise catlioiique, les bogomiles et d'autres héréli(pies. Mais les Grecs n'ont pas rebaptisé les nesioriens ni lesjacobites; encore moins les Latins. On trouve sur cela une i-ièce décisive et qui sert de règle, qui est le traite de Timothée, prêtre do la grande église , pour recevoir les hérétiques qui se convertissent à ia foi ; et il paraît que les Grecs ont toujours observé exactement cette disciplii c lorsqu'ils ont examiné sérieusement In matière. Cela n'a pas cmpcclié néanmoins (pie di- ■ Ters parlienliors sans autorité, et par h due contre les Latins , surtout ajirès la prise de (]onslaulinople . ne les aient souvent rebaptisés, comme on le voit par le chap. 7 du concile de Lairan sous Innocent III, et ou lie peut justifier les Latins, qui plusieurs fois eu ont fait autant. . .

Cependant on ne peut faire une règle de ce qui était un abus énorme de part et d'autre : d'autant plus que, comme le marque Allntins, les Grecs n'ont jamais ordonné qu'on rebaptisât les Latins depuis la séparatii n des deux églises par le ;clusme. Ou cite sur cela le témoignage de Macaire d'.^ncyre, qui dit que leurs rèies ont ordonné que les Latins qui reviendraient à réi^lise grecque abjureraient leur dogme particulier, et recevraient l'onction du chrême, ce qui avait été pratiqué depuis le commencement du schisme. Allalius (Concord., liv. ô, chap. 16, col. 12G'2) réfute par cette autorité Caucus , qui avait dit que les Grecs avaient tellement les Latins en horreur, qu'ils les osaient rebaptiser, ut audeanl in calliolicœ fidci conlemptum ipsorumqne Latinorum... impiinc rrbaplizarCy ungentcs cas oLo, cl i.sscrentcs FxcUisiœ Roniaiiœ doililnnin de baplismo non cssc vcrum , ({uemadnwditm ueque (onnani. Il montre loit bien qu'on reconnaît dans ces paroles mêmes l'ignorance de l'accusateur, qui a cru que cette onction avait rapport au baplcme ; au lieu que c'était celle pu' laquelle, selon les anciens csuous, on réconciliait les hérétiques dont le baptême

SUR LES SACREMENTS. 73i

était reconnu légitime. Mais il est inuiile de s'étendre sur une matière qui a été suffisamment éclaircie, puisqu'il est très certain que dans les disputes que les Grecs ont eues avec les Latins, toutes les fois qu'on a parlé de réunion, il n'y a jamais eu de contestation sur la validité du baptême des uns ni des autres ; et il n'y eut sur cela aucune difficulté dans le concile de Florence. Grégoire protosyucelle ( Myst., p. 97 ) dislingue les liéiéiiques qui doivent être baptisés, et il parle sehm les anciens canons, mais sans faire aucune nienti;<n des Latins , non plus que Timothée ou un autre auteur qui est imprimé à la suite. Us ne parlent pas même des nesioriCi.s , de plusieurs espèces de jarohiles, ni des Arméniens, auxquels il y a longtemps que les Grecs reprochent un plus grand nondjre d'erreurs qu'aux Latins. Ncclarius (adv. pr. Pap;c, p. '211) reproche aux missiouuaircs qu'ils ont rebapti.sé de celle manière les Grecs qui se réunissaient. Ainsi il ne faut pas , sur le lémoiguage de quelques auteurs peu exacts , comme Caucus , ou sur la témérité de ceux qui , contre loules les règles de l'Église, entreprirent de les rebaptiser, imputer à l'église grecque une opinion qui nesl fondée sur aucun canon , ni sur aucune décision de leurs patriarches el de leurs plus savants théologiens, qui enseignent le con'raire.

Ou ne peut pas dire la même chose sur les Orientaux ; car 11 se trouve dans leurs collections de canons plusieurs décisions qui marquent qu'on doit donner le baptême h la plupart de ccu\ qui l'ont reçu hors de leur communion, et que les Grecs réconcilient par la siaq.le onction. H est vrai que ce n'est pas dans les canons de la première classe, ni même de la seconde, qu'on trouve celle discipline; c'est plutôt dans des collections anonymes, dont l'autorité est fort médiocre. Une marque certaine que ce qu'elles conlienneiit sur celle matière n'est pas tantraneiem.e doctrine de ces églises que des abus qui se sont introduits dans la suite, est qu'il se trouve des décisions entièrement contraires en divers auteurs dont l'autorité est égale, comme nous allons le faire voir après avoir expliqué les sources de cet abus.

Nous en trouvons deux principales, dont l'une est une simple erreur de fait, l'autre l'animosilé el la passion contre les Latins. L'erreur de fait est que dans les collections de canons les plus anciennes que les Orieniaux ont faites pour l'usage de leurs égli-es, le concile deCarthage, sous S. Cyprien, pour rcbapti- ^ ser les hérétiques, est inséré non seulement en extrait, 9 mais traduit entiêiemenl, sans qu'il y ait aucune note ni préface qui fasse connaître que toute l'Église, dans le concile de Nieée et dans les suivants, avait décidé le conlraire. C'(;st ainsi qu'on le trouve dans la version syriaiiue, qui e^t certainement !a plnsancenne de toutes celles qu'on connaît, et qui n'a pas les défauts des versions arabes, puisqu'elle est fort exacte, cl qu'il paraît par plusieurs endroits qu'elle a été faite sur des manuscrits grecs meilleurs que ceux qu'on a suivis dans les impressions que nous en avons. Le itoiii de S. Cyprien a donné une grande aulorilé à rc cou-

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