‹ Perpétuité de la foi de l'Église catholique sur l'eucharistie (volume 2)Chapitre 224 sur 323 · LIV. ni. DE LÀ PENITENCE · texte numérisé non relu

LIV. ni. DE LÀ PENITENCE

, S'il est pauvre , qu'il expie ses péchés par les prières , , par les larmes et les soupirs , le jeûne et l'abstinence , , selon ses forces.

Eiifm ce qui termine toute la difficulté, s'il y en (pouvdii rester après des témoignages aussi positifs , est la suite de ce traité, qui marque toutes les pénitences qu'on doit imposer pour cliaque péché ; ce qui ne se peut faire sans que le pénitent ne les ait déclarés en détail. On en parlera plus amplement lorsqu'on expliquera la discipline de la pénitence selon les Orientaux.

Il nous reste à faire quelques réflexions sur les témoignages qui ont été rapportés, dans lesquels il est aisé de remarquer une conformité entière de doctrine avec l'ancienne Église, et avec ce que les catholiques .cnsoigncnl présentement louchant la pénitence. On ne peut coniesler que tout ce qui fait Tessence du sacreiicnl ne s'y trouve exprimé d'une manière bien pré- :i^r. La puissance de remettre les pécliés y est établie )Ui' les mêmes passages de la sainte Écriture, dont es Grecs et les Latins se servent pour montrer qu'elle 3st d'institution divine, qu'tile a été donnée aux iipôfros par Jésus-Christ, et que les apôtres l'ont ransmise aux évoques, dans lesquels elle réside prin- ;;p:ilcmfint, puisque les Orientaux, aussi bien que |ioas, croient qu'un siinpi*; prêtre n'a pas le pouvoir le romellre les péchés s'il n'a été autorisé par son îvcijue. Ainsi ils conviennent avec les Grecs et avec es Latins sur l'autorité du ministre de la pénitence, ;!t il ne se trouvera pas un seul de leurs tliéologieiis ]ui la fasse consister dans le seul pouvoir d'annoncer a parole de Dieu, et d'exhorter les pécheurs à la repenlancer, en les assurant que leurs péchés leur ,>ont remis, pourvu qu'ils le croient fermement. Au •Oiilraire, ils parlent de cette confiance dénuée de la îcnfcssionet des peines canoniques comme d'une véritable impénilence.

Ils connaissent la pénitence intérieure, et ils la re- ;ommandent comme une préparation nécessaire au .sacrement ; mais ils déclarent bien clairement que ces seules dispositions de cœur ne suffisent pas pour obtenir la rémission des péchés, si on ne les soumet .lux clés de TÉglise. !is ignorent celte proposition .Cinéraire de Calvin : Lorsque nous sommes tombés il»: ". quelque péchéy il faut rappeler la mémoire de notre i{ii i.'ine, et en armer son esprit, afin qu'il soit toujours iùr cl certain de la rémission des péchés. Michel, patriar- .îhed'Anlioche, l'ait un raisonnement pour prouver que !a confession des péchés, et la rémission qu'on obtient ipar les prêtres, est fondée sur cet arlicle du symbole: .1 Confileor unum baptisma in remissionem peccatorum.i Il est certain, dit-il, que la confession faite au prêtre est un baptême perpétuel, qui opère la rémission des péchés. Ce baptême est unique et ne cesse point tant que quel- ^M'îin est en vie, et c'est ce que nous enseigne le symbole ,ies satjits Pères assemblés à Constantinople. On convient que ce raisonnement a besoin de commentaire, et il n'est pas difficile de le faire, conformément à la doctrine de S. Augustin. Quod ait Apostolus mundan$

eam lavacro aquœ in verbo vitœ sic accipiendum isi, ut eodem lavacro regenerationis et verbo ianclificationis omnia prorsiis mala hominum regeneratorummundenlur, non soliim prceterita peccata, quœ omnia nunc remittuntur in baptismo, sed eliam quœ posleriùs humanâ ignO' rantià vcl înfirmitate conlrahuntur, non ut baptismus quoties peccatur, loties repelatur ; sed quia ipso quod semel datmn est fit, ut non soliim antea, veriim etiam postea quorumiibet peccatorum venia fidelibus impetretur. Si le patriarche Michel avait pensé autrement , il n'aurait pas commencé son discours par ces paroles : // est impossible absolument qu'aucun homme puisse être délivré du péché, sinon par le ministère des prêtres, qui tiennent la place de Jésus-Christ sur la terre.

Ceux qui ne connaissent pas d'autre pénitence que celle qui consiste à rappeler la mémoire de son baptême, n'ont aucun jjesoin du minislère des préires. 11 ne faut aucune autorité émanée de relie que les apôtres reçurent de Jésus-Clirist pour renouveler ce souvenir, ni confesser les péchés en détail, ni imposer des peines canoni(iuos, ni une absolution juridique; aussi toutes ces pratiques sont ignorées parmi les protestants, et même condamnées comme des superstitions et des abus de l'Église romaine. On peut donc conclure avec une entière certitude que puisqu'elles se trouvent dans tous les auteurs orieiv taux, ils ne peuvent avoir une doctrine qui ne peut subsister avec une pareille discipline, d'autant plus qu'ils regardent la confession, la satisfaction, et l'absolution comme parties essentielles de la pénitence.

Les témoignages de leurs théologiens et canoiiistes qui ont été rapportés font aussi voir très-cbiirement qu'ils la considèrent comme un sacrement. S'ils ne parlent pas lout-à-fait le langage de l'école, ils parlent celui de l'Église. Il faut powr la définition d'un sacrement que ce soit un signe sacré ; et les actes extérieurs des minisires de la pénitence, les prières et les antres cérémonies sont des signes visibles d'uiie grâce invisible, qui ne peut être produite que par le sacrement. C'est une grâce sanctifiante, puisqu'ils disent que le Saint-Esprit retourne dans l'âme dont il avait été banni par le péché; que, de même que le baptême efface tous les précédents, ainsi l'absolution efface ceux qui auraient été commis depuis, et que par cette raison la pénitence est un second baptême; qu'il n'y a pas d'autre moyen d'en obtenir la rémission que par la pénitence, par laquelle ils sont entièrement effacés, de même que les précédents l'avaient été par le baptême. Or il n'y a que la grâce qui puisse produire la sanctification, qui est la cause de la rémission des péchés ; la douleur vive, la contrition, les peines canoniques et toutes les autres mortifications qui les accompagnent, disposent à recevoir cette grâce ; mais, selon leur doctrine, ce n'est que l'absolution accordée à la fin qui la produit. ;

C'est une cérémonie toute sacrée , puisqu'elle ne peut être faite que par les prêtres; et elle renferme un acte d'autorité supérieure émanée de celle des

apôlres, et fondée sur le pouvoir qu'ils avaient reçu de Jésus-Christ , puisque le simple prêtre ne le peut exercer sans l'autorité de Tévéque. Elle est d'institution divine, puisqu'elle est fondée sur l'Écriture; et, comme on l'a dit ailleurs, tout ce qui constitue la pénitence est censé d'institution divine, selon les Orientaux, lorsqu'il vient de tradition apostolique, dont ils tirent leur discipline pénitentielle , qui comprend la confession, la satisfaction et l'absolution.

Enlin le changement qui arriva dans l'église cophle, et que nous expliquerons ailleurs, marque d'une manière incontestable que la doctrine et la discipline commune aux autres églises était l'ancienne reçue partout ailleurs, puisque les jacobites d'Ântioche et les plus fameux théologiens , même en Egypte, combattirent la nouveauté comme un abus qui précipitait les pécheurs en enfer par l'impénitence , et qu'ils élablirent comme une maxime certaine, que sans la confession , le canon ou la pénitence canonique et l'absolution du prêtre , personne ne pouvait s'approcher de l'Eucharistie sans sacrilège, lorsqu'il avait la conscience chargée de quelques péchés contre le décalogue, ni en obtenir autrement la rémission.

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