‹ Perpétuité de la foi de l'Église catholique sur l'eucharistie (volume 2)Chapitre 229 sur 323 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

De la discipline parliculière des Orientaux touchant la pénitence, et des changements qui y sont arrivés.

Comme la séparation des nestoriens est la plus ancienne de celles qui subsistent encore en Orieiit, on ne trouve dans les livres ecclésiastiques rien de plus ancien sur la discipline de la pénitence que le temps de Neclarius, qui précéda d'environ trente ans Nestorius dans le siège de Conslanlinople. Ainsi la première idée qu'on peut se former de leur plus ancienne discipline est conforme à ce ([ue les plus habiles auteurs du dernier siècle ont écrit louchant la forme qu'elle eut, après que Neclarius eut fait le changement sur lequel il y a eu tant de disputes. Ceux qui ont prétendu qu'il avait aboli la confession et la pénitence sont réfiiiés par les Grecs et par tous les Orientaux, puisqu'ils ont conservé l'une et l'autre; et on ne peut douter que lorsque les nestoriens se sont séparés de l'Église, ils n'aient conservé la discipline qui était alors en usage, et dont la plus grande partie subsiste encore présentement.

Il est vrai qu'ils n'ont aucune connaissance de ce qui a précédé le temps de Neclarius, ni même de celte parlie de son histoire qui a rapport au changement qu'il iniioduisil sur la pénitence. Sévère n'en parle pas, traitant particulièrement ce qui regarde les patriarches d'Alexandrie ; Abulfarage et les autres historiens n'en font aucune mention, et il ne paraît pas que les plus habiles théologiens aient su ce que signifiaient les anciens canons par rapport aux différents degrés de la pénitence.

Ainsi en remontant à la plus haute antiquité des églises nestoriennes et jacobiles, on ne voit point que la pénilence ait eu une autre forme que celle dont l'église grecque se sert depuis ce temps-là, particullièrement depuis Jean-le-Jeûneur. Le savant P. Morin ( de Pœnit. ,1.6, c. 23 ) a marqué qu'elle consistait dans une confession exacte de tous les péchés faite en secret , après laquelle le prêtre interrogeait le pénitent sur toutes les circonstances des péchés ; puis il imposait des pénitences prescrites pour chaque péclid, soit par les anciens canons, soit par les livres

pénilenliaux approuvés dans l'Église, qui dans les premiers temps n'avaient guère moins de sévériléque les anciens canons. Ensuite le prêtre donnait l'absolution an pénilent, mais sans l'admettre à la participation de l'Eucharistie, jusqu'à l'accomplissement entier de la pénitence, qui néanmoins pouvait être abrégée et diminuée suivant la [)rudence du confesseur. 11 peut y avoir eu quelques légères diversités dans celle discipline, mais elles se rapportent toutes à celle foi me générale.

Les Orientaux, autant qu'on en peut juger par les monuments d'anliquilé qui nous restent , avaient de pareilles règles. On ne voit dans leurs histoires ni dans Icuis canons aucun veslige de confession faite en public, mais il parait qu'elle a toujours élé faite en secret ; que toutes les instructions faites pour les prêtres leur recommandent expressément, et même sous peine de déposition, de ne révéler pas les péchés qui leur ont éié dils en confession, et que c'est uudes cas pour lesquels on impose de plus rudes pénitence» à ceux qui, par haine ou par légèreté , manqueraient au secret qu'ils doivent aux pénitents. 11 ne paraît pas que la déclaralion qu'ils font de tous leurs péchés aux confesseurs soit une action distinguée des interrogations que ceux-ci doivent leur faire , puisque cela se fait conjointement; et même le Pénilenliel de Barsalibi et quelques autres plus anciens, parlant de l'acte de la confession , qu'ils appellent comme les Grecs ÈÇayv£)a'«, marquent simplement que le confesseur interrogera le pénitent ; ce qu'on voit prescrit non seulement dans les Pénilenliaux grecs, mais dans les lalins et dans les formules que Réginon , BurcharJ et d'autres canonisies ont dressées pour l'usage de leurs siècles.

L'imposition de la pénilence canonique suit immédiatement la confession dans les Pénilentiaux des églises d'Orient; mais on ne peut dire certainement que leur usage ait été de donner l'absolution aussitôt ; car on pourrait même douter qu'elle ait élé donnée aussitôt parmi les Grecs. On trouve diverses oraisons que le prêlre prononce sur les pénitents avant la confession, d'autres après qu'elle a été faite, et d'autres après l'imposition de la pénitence. Elles conviennent

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toutes dans le même sens, qui est de demander à Dieu miséricorde et la rémission des pécliés pour le pénitent; et pendant le cours de la pénitence, le prêtre en dit de pareilles lorsque celui qui y est soumis travaille à s'en acquitter. La conformité de ces prières avec celles qui se disent lorsqu'on réconcilie entièrement le pénitent peut faire croire que les premières contiennent une sorte d'absolution. Cependant elle n'est pas assez marquée pour le pouvoir assurer , et elles ont beaucoup plus de conformité avec celles qui se disaient autrefois dans l'église grecque et dans l'Église latine sur les pénitents, lorsqu'ils se présentaient pour recevoir l'imposition des mains des évêques ou des prêtres, dont il est parlé dans les anciens conciles , et dont il reste encore quelques vestiges dans nos offices de la semaine sainte. Mais il y a beaucoup plus de vraisemblance à croire que l'absolution n'a proprement été donnée qu'en même temps que les pénitents étaient admis à la participation de l'Eucharistie ; et il ne paraît pas qu'on puisse prendre dans un autre sens ce qui est marqué sur ce sujet dans les Pénitentiaux de Barsalibi et d'autres plus anciens.

A l'égard des pénitences, les Orientaux aussi bien que les Grecs les appellent canon, parce qu'elles ont été d'abord réglées sur les anciens canons des conciles et des Pères grecs qui se trouvent dans les collections arabes et syriaques. C'est pourquoi Ecbmimi, Ebnassal et divers canonisles, non seulement les ont conservés dans les recueils entiers de ceux des conciles, comme des monuments d'antiquité respectables, mais ils les ont insérés dans les abrégés qu'ils en ont faits par lieux communs. Cela ne prouve pas qu'ils soient en usage ; mais quelques-uns de ces canonistes disent qu'ils les rapportent , afin que les prêtres, en étant instruits, s'en servent pour faire comprendre aux pénitents combien la discipline de l'Église est mitigée à leur égard , et que ce motif serve à leur faire recevoir et accomplir avec plus de soumission les pénitences qu'on leur prescrit.

Outre ces anciens canons, il y en a plusieurs autres qui ne sont pas de la même antiiiuilé, mais qui ne sont guère plus récents que les builième et neuvième siècles, dans lesquels la face de l'église d'Orient fut entièrement changée par la conquête que les Maliométans firent de la plus grande partie de l'Asie et de l'Afrique. Ces canons sont tirés de la discipline de ces temps-là ; et une marque certaine de leur antiquité est qu'ils sont ordinairement plus sévères que ceux suivant lesquels la pénitence a été réglée depuis plus de six cents ans. Ceux-ià se trouvent dans la collection de Barsalibi, et il y en a d'autres qui y sont assez conformes , mai^ de l'âge desquels il est difficile de juger, parce que ordinairement on les trouve sans nom d'auteur. Ce sonl-là les règles sur lesquelles toute la discipline des églises orientales a été fondée, et on trouve encore un assez grand nombre de ces canons pour en faire im ample recueil.

Après l'accomplissement de la pénitence, ou en-

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tière ou en partie, carie confesseur a toujours eu pouvoir de la modérer , de l'abréger , ou de la changer, le pénitent recevait l'absolution et était admis à la communion, ce qui était le sceau de sa parfaite et entière réconciliation, il y a dans les manuscrits un grand nombre de prières pour absoudre les pénitents ; et, comme la plupart de celles qui sont dans les Pénitentiaux grecs et latins, elles sont en forme déprécatoire, et c'est par cette raison que quelques missionnaires les ont eues pour suspectes, ou même les ont condamnées. Mais on sait assez q\ie ce jugement n'a pas été suivi par plusieurs grands théologiens, et que l'Église, durant tant de siècles d'une parfaite communion entre l'Orient et l'Occident , n'a été troublée par aucune conlestation sur ce point de discipline. Telle est celle qui a été o!)servée dans les églises orientales, et il faut présentement l'expliquer plus en détail selon ses parties.

Les témoignages qui ont été rapportés prouvent suffisamment que les églises orientales ont cru la confession nécessaire ; et voici comme elle y a été pratiquée. Tout homme coupable de quelque péché grief devait s'adresser à un prêtre, qui avait reçu le pouvoir de son évêque ou du palriarclie pour entendre les confessions. Les Grecs l'appellent Trveuaarixà; , le père spiriiiiel, et les .-arabes mohalem, c'c-sï-à-dire le maîire ou le docteur. Voici comme en parlent les Pénitentiaux :

Le confesseur et le pénilent vont à l'église, et le confesseur s'assied à la porte. Le pénitent met le genou droit à terre, et, ayant la tête découverte, les mains jointes et les yeux baissés, il confesse tous ses pécliés sans en celer aucun. Les Grecs prescrivent que le prêtre interroge en la manière qu'il est marqué dans le canon de Jean-le-Jeùneur et en divers autres. Ou trouve la même chose en divers offices syriaques et arabes. Après cela le confesseur fait une courte exhortation à son pénitent, pour lui dire que s'il a une ferme résolution de ne plus commettre les péchés qu'il vient de confesser, il en obtiendra de Dieu la rémission par le ministère sacerdotal , et que tels pécliés ne seront pas révélés à sa confusion au jour du jugement , ni punis comme ils auraient dû l'être. Le pénitent demeure cependant à genoux , et les mains jointes. L'évêque ou le prêtre disent quelques hymnes, des psaumes et d'autres prières marquées dans les offices ; puis ils en disent de particulières sur le pénitent pour chaque péché. Il y en a de cette sorte plusieurs recueillies par Denis Barsalibi ; et, lorsque le prêtre les prononce , il impose sa main droite sur la tête du pénitent; en quoi on peut remarquer un reste de l'ancienne discipline, suivant laquelle les pénitents devaient recevoir souvent l'imposition des mains des prêtres.

Il n'y a rien dans ces prières qui puisse nous faire connaître qu'elles signifiassent l'absolution, quoiqu'elles soient assez semblables à celles qui étaient employées lorsqu'on la donnait : parce que leur sens principal est d'implorer la miséricorde de Dieu sur les

fiOl LIV. IV. EXAMEN PARTICULIER DE LA DOCTRINE DES ORIENTAUX SUR LA PÉNIT.

pénitents , afin qu'en accomplissant les règles de l'Église, ils se rendissent dignes de l'absolution , qui leur était accordée pleinement lorsqu'ils étaient admis à la communion. Si cela peut être regardé comme une absolution préparatoire, c'est une question que nous ne trouvons pas dans les lliéologicns orientaux , qui ont ignoré les subtilités que divers théologiens du moyen et du dernier âge ont apportées dans les écoles sur cette matière. Ce que le P. Morin a dit des Grecs qu'ils donnaient l'absolution en imposant la pénitence, peut avoir rapport à ces prières; mais comme cette conjecture peut souffrir quelque dilficullé à l'égard des Orientaux, et que nous n'avons pas dans leurs livres les secours nécessaires pour l'éclaircir, nous en laisserons le jugement aux savants.

Après cette première action , qui est le fondement de la pénitence canonique, le prêtre imposait le canon, c'est-à-dire les peines prescrites par les canons reçus dans cliaque église et confirmés par l'usage , pour régler la longueur et la qualité de la pénitence seloii le nombre et la grièvelé des pécliés. Il reste dans les livres syriaques et arabes plusieurs colieclions de ces canons, avec cette différence, que les uns sont plus sévères, ce qui l'ait connaître qu'ils sont plus anciens, et que les autres le sont moins, marque certaine qu'ils sont plus récents, parce qu'il est ordinaire qu'on se relâche de l'ancienne sévérité à mesure (ju'on s'en éloigne.

Us sont tous fondés sur les anciens canons, si ce n'est que quelques-uns sont appropriés à des péchés qu'on ne commettait pas alors. Ainsi la plupart ordonnent, à l'égard de ceux qui ont renoncé à la foi, les peines établies anciennement contre ceux qui tombaient dans l'idolâtrie, et ainsi du reste.

Ce que les anciens canons marquaient, que la pénitence devait durer tant d'années, est ordinairement réduit à retrancher de la communion pendant ce temps- là; et les exercices laborieux sont déterminés en détail par celui qui impose la peine canonique, il y a même sujet de conjecturer que, dans les collections de la première sorte, on a eu plus en vue de rappeler la mémoire de la rigueur de la discipline des premiers siècles, afin que les prêtres ne se relâchassent pas trop, et que les pénitents se soumissent plus vohinliers à la pénilence qui leur était imposée, que de presci iic des règles qui dussent être suivies dans la praii(|ue. Par exemple la pénitence d'un homicide volontaire est de douze ans ; celle d'une femme qui se fait avorter, des incestes, de la bestialité, de quinze; ce qui a plus de rapport à l'usage ancien qu'à tout ce qui s'observe dans les livres qui nous restent deiiuis le mahométisme.

On ne peut même juger, sinon au hasard, du véritable étal de la discipline pratiquée parmi les neslorieiis et les jacobites dans les premiers temps de leur séparation , puisqu'il ne reste aucune collection de canons péuitenliaux dont l'autorité soit certaine; et ce qu'on en peut dire de plus vraisemblable est que ces premières, dont la sévérité marque en même

temps l'antiquité , nous en peuvent donner quelque idée. Car depuis que ces églises, séparées déjà par l'hérésie et par le schisme , cessèrent à cause de Is^ domination des Barbares d'avoir aucun commerce avec celles d'Orient et d'Occident soumises aux empereurs chrétiens, il ne s'y est tenu aucun concile qui pût établir des règles de discipline commune à toutes celles que la même créance unissait ensemble, comme celles d'Alexandrie et d'Anlioche , jacobites. Quand il y aurait eu quelque synode ou règlement général , approuvé et reçu dans l'un des deux patriarcats, il ne pouvait être considéré comme ayant force de loi dans l'autre , chaque patriarche se regardant comme indépendant, et n'ayant point de supérieur ecclésiastique. Les melchites ou orthodoxes reconnaissaient le patriarche de Constanlinople; mais l'éloignement et le défaut d'autorité dans des pays soumis aux infidèles rendaient cette subordination inutile. Les nestoriens ne reconnaissaient d'autre supérieur ecclésiastique que leur catholi(|ue ou palriarche. Le patriarche jacobile d'Alexandrie était dans la même indépendance; parce que si, avant le concile de Calcédoine, ses prédécesseurs avaient reconnu la supériorifé du siège do Constanlinojile, conformément au droit nouveau , ils cessèrent de la reconnaîire après la déposition de Dioscore , et celte séparation dure encore présentement. Il en était de même du patriarche d'Anlioche, jacobile, que sa conniiunion avec celui d'Alexandrie n'empêchait pas de gouverner son église et le diocèse d'Orient avec une autorité absolue.

11 n'y eut donc pas apparemment de règles générales pour les pénitences canoniques, mais chaiiuc église conserva quelque chose des anciens canons : ce qui se peut prouver par la conformité entière qui se trouve entre ceux que nous avons, quoiqu'ils aient été recueillis par des auteurs de différeuies sectes, à cause qu'ils étaient tirés de la source commune de l'ancienne tradition. Les colieclions faites par les Grecs qui n'avaient aucune communion avec les nestoriens ou les jacobites, qui sont des nomocanons, ne sont guère différentes en substance, puisqu'on y voit les canons anciens, quoiqu'ils soient hors d'usage , rapportés comme le fondement de la discipline des temps suivants. Mais dans des temps d'ignorance el de licence, qui était souventforl augmentée par la protection que ceux qui avaient intérêt de l'introduire ou de la maintenir trouvaient auprès des infidèles, il y fallut apporter plusieurs tempéraments. En diverses rencontres la discipline ancienne n'était pas praticable; et même les Grecs, quoiqu'ils ne fussent pas dans la même servitude, l'avaient modérée considérablement. Suivant le droit commun, les évêques et même les confesseurs, à plus forte raison les patriarches, pouvaient abréger la pénilence pour le temps et en modérer la rigueur, ayant égard aux forces ou à l'infirmité du pénitent, à son zèle, à ses facultés ; de sorte qu'ils pouvaient ordonner des aumônes à celui qui ne pouvait pas soutenir les jeûnes et les abstinences par infirmité, ou qui n'était pas en état do

faire les prosternemenls et les oraisons qu'on prescrivait ordinairement ; comme des jeûnes et des prières extraordinaires élaient imposés à celui qui ne pouvait pas l'aire l'aumône.

Ces palriiirches ayant une aulorilé absolue en abusèrent, accordant très-facilement des relaxations de pénitences, parce que comme toute l'aclion de la pénitence canonique cessait ordinairement par la communion, dès qu'ils l'accordaient tout était fini ; et c'était ce (ju'ils faisaient très-souvent, laiit par faiblesse et pardéréglenienlque par des vues hum;ùnes; sous prétexte de crainte que les i)énilenls ne se portassent au désespoir, et ne se lissent mahomélans. La discipline se trouva donc en peu de temps fort relâchée, et les prêtres, abusant de leur ministère, accordaient souvent l'absolution sans pénitence. Ensuite k'S abus vinrent à un si grand excès, que la diflicullé de irouver des confesseurs qui eussent les qualités retiuises pour s'acquitter dignement de leur ministère , fut un des prétextes duquel se servirent les jacobiles d'Égyple pour abolir la confession.

Enfin dans le douzième siècle, on fit quebjues nouveaux recueils de canons pénilenliaux proportionnés à la calamité des temps et à la faiblesse des hommes ; et tel fut le dessein de la Collection de Denis Barsalibi, dont il est à propos de donner quelques exemples. Ce/t(i, dit-il, qui a commis un homicide volontaire dans la personne d\m chrétien jeûnera quarante jours au pain et à Peau, sans xin et sans huile; il jeûnera de la même manière le jeûne de Noël et celui des Apôlres; et pendant le carême il le rompra seulement le jeudi elle samedi-saint, et le jour de Pâques et de Noël, usant de vin et d'huile, et mangeant du poisson. Il passera deux années de cette manière, jeûnant ainsi les jeûnes ordinaires excepté les jo7irs marqués. La première année il n'entrera point dans réijlise, mais il demeurera à feutrée prosterné à terre pleurant ses péchés. Enfin il jeûnera h s mercredis et vendredis tout le reste de sa vie; et nous défendons, dit le même canon , au prêtre de diminuer cette pénitence. L'homicide fait par vengeance de la mort de quelques amis ou parents est pup.i d'un jeûne de quarante jours au pain et à l'eau, et de sept ans de liénitence, que le prêtre réglera comme il jugera à propos.

Le parricide jeûnera toute sa vie sans boire de vin, et ne niangeant qu'une fois par jour, excepté les samedis et les dimanches. Durant un an il n'entrera point dans l'église, mais il demeurera à la porte. Après cela il pourra y entrer, mais par la porte de derrière; et quand il aura terminé sa pénitence, il ne communiera qu'une fois par an. Celui qui tue sa femme surprise en adultère est soumis à six ans de liénitence. Si quelqu'un tue sa mère en pareil étal, après quarante jours continus d'une très-rude pénitence, il est condamné à faire trois fois le pèlerinage de Jérusalem, et à jeûner toute sa vie les mercredis et les vendredis, même après les onze années auxlueis est délermhié le temps de sa pénitence. Une fcmme qui étant grosse se défait de son fruit, est

soumise à une pénitence de quatorze ans ; et d'aborc elle doit jeûner quarante jours dans la dernière ri gui'ur, et les mercredis et vendredis an pain et à l'eai toute sa vie. Celle qui tue son enl;mt est encore punie plus sévèrement ; car il lui est ordonné de jeùnei douze ans de la même manière , c'est-à-dire au pair et à l'eau.

La discipline n'est pas moins sévère à l'égard des péchés de la chair. Pour la simple fornication, les mêmes canons prescrivent un an de pénitence , penpant lequel le pénitent sera éloigné des sacrements , et il jeûnera les mercredis et les vendredis au pain et à l'eau. Celui qui a forcé une femme fera pénitence pendant six ans, jeûnant d'abord une quarantaine au pain et à Ccau, et deux jours par semaine de même. Celui qui a commis le même péché à fégnrd d'une vierge jeûnera ainsi durant un an; et s il est marié, pendant six ans. Ceux ijui ont péché avec des Muhométans, hommes ou femmes, sont exclus douze ans de la communion; iU sont obligés à faire le pèlerinage de Jérusalem , et pendant tout le temps de leur pénitence ils ne peuvent entrer dans l'église. La pénitence est encore plus sévère à l'égard de ceux qui ont eu un commerce criminel avec des Juifs, et ils sont soumis à une pénitence qu'c-;i pcui regarder comme perpétuelle, puisqu'elle est de quarante ans. Les sodomistes sont exclus de l'entrée de l'église pendant un an, qu'ils doivent passer dans les veilles , dans les prières , les prosternemenls et la jeûnes, ■%' abstenant de vin, d'huile et de toute chose grasse ; puis ils feront le voyage de Jérusalem, ils se laveront dans le Jourdain, après quoi ils seront réconciliés. Le temps que doit durer la pénitence n'est pas prescrit. Mais elle est de vingt-cinq ans pour l'iucestc, et de quinze pour la bestialité. Il y a d'autres canons aussi sévères pour divers péchés dans cette première collection, qui non seulement semblent donner dans l'excès, mais qui ne s'accordent pas entièro ment avec la discipline ancienne, et ne paraissent pas avoir été prati(piés. Telles sont les pénitences d'im an pour avoir eu la pensée de commettre un homicide, un péché contre la chair ou quehpie autre, quoiqu'elle n'ait pas été exécutée; celle de douze ans pour avoir reçu l'Eucharistie sans être à jeun , même par inadvertance ; celle de deux ans pour avoir seulement mangé avec des Juifs, et quelques semblables, qui surpassent la sévérité des temps les plus anciens de l'Église.

Il y a surtout un canon attribué par une grande ignorance à saint Basile, par lequel il est ordonné que celui qui, renonçant à la foi, embrassera le mahoniélisnîe, ira dans le Heu même où il en a fait profession, pour renoncer de la même manière à celte fausse religion. On a déjà parlé de cet article.

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