‹ Perpétuité de la foi de l'Église catholique sur l'eucharistie (volume 2)Chapitre 23 sur 323 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

nue c'est celle faiisse tradiiciinn qui est la snurco de IVirciir (lo M. ('.Iniidc; mais il n'est pas iKiamiuiins ( \ciisai)le di' s'y êire laissé liompcr, piiisiiu'il iioiivail t,i'oMvt'i' de quoi se déiromier d;iiis le lien iiiciue où C-Ji yopiiile expliiine le sens de Cergan, d'une manière si laiisse ei si maligne; car il a éié l'iiliiié d'y reconnaiire (|ue le même Geigan , au livre 9 de s^n Catéchisme, (Hie>lion 5, interrogations 12 et 15, eiiseii,'ne que dans In cowiiiunion cl dans toulrs ses parties, II! corps ei le snnçj de Jcsns-Clirist, soûl tous entiers avec ses deux nutitres, parce que Jésus-Clirisl csl iiidivisibh', ce qui contient une prolessinn fornuillemcnl opposée à l'erreur (pie M. Claude lui im|)U!e, ce (|n'i[ CÛl &'é hon qu'il ne nous eût pas dissimulé.

L'aml)assadcur eilé par M. Glande est le comte de Carlisie, qiu, ayant dressé mie relation de son amiiassade on Muscovie, depuis (pi'il en ist de retour, pniie de Celte s^irle île la créance des .Mosco viles : An reste je ne me suis point aperçu de ce qiCOténrius (dl'cque qu'Us croient la trnnssubstiintidiion , et il y a trois dioses princip/denieiil qui me le persuadent ; car quand on leur pm-le d^ s suites de cette créance, ils témoignent qu'elles choquent trop leurs sentiments ])our en être et pour la soutenir. Ils ne recour, nt pus , c mine font ordinuiremenl les catholiques , à la touti'jniissaucc de Dieu. 2" U y n toute sorte d'apjinroice que s'ils croyaient la transsubsUDitiation, ils (r.iraie)ii plus de respect qu'ils n'ont pour ce mystère ; et il serait fort clra}i(je que dans une reinjion si superstitieuse qucst la leur , on inanquùt de zèle et d'adoration , Ici où toutes deux devraient éclater le plus , comnie on voil parmi ceux de la communion de Home. Enfin s'ils avaient celte créance qn'Oléarins leur attribue , ils l'auraient des Urecs dont ils ont reçu lesdoymes de leur religion Mais on ne trouve point que les Grecs aient été de ce sentiment là.

M. (Glande conclut de là cpie roii ne peut tirer avantage du léin'iignage d'Oléarius qtn dit rormelieuK'iil le conlraire, mais il le cnnclui t(!mérairemoiil;car, an lieu qtril |)arail par Oléarius qu'il ,^'éiait informé très-exaolenient de la créance des iMoscoviies sur la Iranssubslaniialiou, il parait an Connaire, parla relatiim de cet ambassadeur, (pi'il ne s'en était pctini infnrmé, piiisqxi'W ne nous y rapporte pas ce (ju'il a appi is positivement des Mosciivil(;s , mais (pi'il mnis y dél)it(! les réflexions qu'il lui a plu de l'aire dans son cabinet , sur ce qu'il se souvient d'y avoir vu, ei sm- quehines discoins, non touchant le mystère même, mais touchant des suites pliilosophicpies (itii penvenl ètie ignorées de ceux qui croient le mystère le plus fernicmeut.

Ainsi en laissant à pari ces raisonnements, auxquels sans doute M. Claude ne nous voiidraii pas ohliger (le délérer, tout ce (|ni résulte de son ic!ii(!rgna;;e, c'est qu'ayant élé en Moscovie, il n'a jamais onï due à aucun Mosco\ile (pi'il ne crût pas la transsubsianlialion, ce qui n'est pas l'orl avaniageux à M. Claude, ni fort propre à adfaihiir le témoignage; d'Oléarius.

Mais puisqu'il est sans doute permis d'opposer à un ambassadeur (|ni n'a eu aucun soin de s'inlormer de la créance des M scôviles ni des Grecs, et (|iii muis débite des raisonnements qui n'ont d'auire ibndeinent que ses préjiigés, le témoignage d'un autre ambassadeur qui nous rapporte des (ails dont il s'e-t exaelement informé, et (pii ne parle (jue de ce qu'il voil do Ses yeux, M. Claude trouvera bon que ji; lui allègue ce (pie M. de Noinlel, ambassadeur de sa njajesié irèschrélienne auprès du grand-seigïieur . a écrit depuis peu à un de ses amis qui l'avait prié de s'informer deiacréancedesGiecs. Je ne produirai passa relation entière, parce qu'elle conlient d'autres I ils : mais voici ce qui regarde ce sujet; cl si M. Claude en a quelque doute, on le lui fera voir dans l'original,

« La longueur de ma lettre ne m'empècliera pas de vous laire part d'mi témoignage foii aulbeiili(|uc, puis(pie c'est celui liii palnarehe même, eu présence i'iinc douzaine de métropolites et des plus coii>iiié- .ablcs olliciers de son église , où j'allai le jour de la

Trinité. Lorsque le service fut fini, la curiosité m'ayanl pris de voir la maison patriarcale, j'eoirai dans piisiems cliambres; et ayant renefiiuie b- pairiarclie dans la sienne, je ne pus me dispener de lui laire civilité. Hl (il en même temps entrer tous ses mélropolites et ses principaux ofiiciers. Je me mis dans une chaise, lui clanlàlerre, à la mcide du pays, aii-si bien que la plus grande partie du monde ("luI étaii présent.

< Je lui fis dire que j'étais fort édifié d'avoir assisté aux cérémonies de sou église, et d'avoir rémaniiié (jue son âge ne l'empcciraii pns de s'y anpliquer avec tout le zèle que l'on peut désirer.

t L'on me répondit de sa pari ipie la domiiia;ion sous laqnc'llc gémissaii l'égli.se d'Orieni était mi obstacle à 1,1 grandeur et à l'éclal (jui devraient accompagner le service divin.

« Je ré])li.inai i\[ie. les minisires et les lein|)Ies de Pierre pouvaient bien à la vérité êlre en la puissance d'une domination eiiiiemie, et êirc soumis à l'excès (le son aulorilé; mais que chacun avait son hoinme intérieur, que eliaenn avait ^oii leiiiple re;, ferme dans lui même, (j»i n'est auire chose (|iie le cœur, dans lequel on pouvait sans c sse Cl avec liberté olïrirà Dieu s. 'S vœux et ses prières; (pie Ton y priait avec d'aiilani plus d'eflicace, que les soidl'raiice. et les afflictions exlérieuies étaient grandes, |)aiee (]iie les acceptant avec sonini>sioii à la volonté de Dii'ii, oi\ lui en faisait un sacrifice (jui lui était toujours fort agréable.

« La répoiiS(> du patriarche fut (.-u'il fallait espéicr en la miséricorde de Dieu, leipjcl après avoir aliligé son église d'Orient aurait assez de bonlé pour la délivrer.

^ « La conversation ayant été interrompue par les régals du pay>, je la rejuis pour lui témoigner la sa-lisfaction que j'avais d'avoir é:é témoin omlaiie d'une venté (lue des héréli(pies de France et des pays voisins s'cfl'urçaient d'obscurcir par toutes sories de déguisements; cl, pour m'expliijuer davantage, j(j lui (lis qu'ayant vu de mes pnqires yeux l'ador.aion qu'il avait rendue an Sainl-Saci eiiient après la coiiséeialion, (Nuijoinlenieni avec sou clergé et son neii- |ile. Je croyais p(uivoir lémoigiior à tonte la t'erro (|ue l'église d'Orieni cnut et a loiijotirs cru la présence réelle de Jc^is-Chrisl dans r'Eiichaiislie, et la Irans.ubslaniiaiion ou le cbangemcnl du pain cl du vin en son corps et son sang.

«Il me fil iéiioiiS(! qu'il ressentait une joie particulière delà gràe(î (|ne le lui ollrais de rendre témoiçiiage d'une vériié qui lui éiait très-précieuse, poi;r laquelle lui el son église avai.'ni toujours en une ferme croyance , d'autant plus iiiéiiranlable qu'elle venait de Jcsus-Cbrisl même, el (iu'clle avait été conservée jusqu'au temps pré^Mil par h» tradition sainte et sacrée des evangélisies, des apolrcs cl des l'èr(;s de l'Eglise.

« Je répliquai (|ue je n'a\ais jamais cru qui- l'église d'Orient se fût si fort oubliée qu • de participer en celle occasion aux opinio s des calviiiisies el des liilliériens; mais (pie l'opiniàirelé de (jnelqu^s nus d'entre eux à le soutenir m'avait obligé de m'en informer plus exaelriuenl.

» Il répondit (pi'ou ne. poiivail pas être plus éloigné de leurs senlimeiits sur celte maliènî, el sar rmvocation des saints et piiiMCiirs autres points . que l'éiaii l'égli-e d'Orient; (-n'il croyait, cl .pi • p.r la glace de Dieu les Grecs croiiaienl toujours la pré seiice réelle d," JéMi-,-Clirist au Sainl-S.'icrcmiMit, el la lraiis>ubstantiatioii (iti pain et du vin en so.i cor s el en son sang; que leurs lÎMes en insaienl loi, que l'histoire du pairiaicbc Jérémie et des lu béiiei.s en était une preuve incoiuesiable , et que c'éia l ca lomiiier l'église d'Orient ipie d'en parier autrenuril. « J'insistai en lui r. présenlani que des miiiisties calviniNies de France ne lais.saient pa-, nonoh^iaiit des léiiioignages si clairs, de peisévérer dans ce qu'ils avaient avancé, qu'ils niaieul les livre$ dont

REPONSE GÉNÉRALE AU NOUVEAU LIVRE DE M. CLAUDE-

on se servait conire eux, qu'ils accusaicnl les synodes tle faiisselé, et (pfils soulenaieui ([uc la profes- Pion de foi de Cyrille Lucar, palriarclie, élait une p'tce sans réplique qui élablissail la vérité du fait eu qui stion.

« Le i)atriarche nie fil dire qu'il élait très-facile ■ ùî nier les vérités les plus constantes, et que la calomnie qu'on avait faiie à Cyrille Lucar en l'accu- :a t (le parlicipcr aux dogmes des calvinistes sur le SaiiiUSacronitnt, et riuvocalioii des saints, cl pliisitnrs antres points, élait une invention de ses enneuiis; qu'il n'en avait jamais rien paru durant sa vie à la face de son éi^lise, ce palriarclie ayant toujours conservé la foi orthodoxe de la présence réelle de Jésus-Christ au Saint-Sacrenient, et de la iraiissubsiaiiii;iiion du pain et (lu vin en son corps et en son s^ang , et de tous les autres articles qui sont de la croyance de l'église grecque, ainsi qu'il l'avait témoigné par des professions de foi qu'il avait faites en ce teuips-là.

« Voilà, monsieur, un récit fidèle de la conversation que j'ai eue avec rarthenins, à préseni patriarche de Conslaiilinople : elle n'a pas éié plus loin, mais je crois (pi'il yen a siiffisamnieul pour établir une vérité qui est incoiuestable en celle ville et dans tout le Levant, comme je le sais par ma propre expérience et par le rapport de personnes dignes de foi. Celte vérité est que les Grecs croient la présence réelle de Jésus-Clirisi dansTlMicliarislie, et la iranssubstanliation du pain et du vin en son corps et en sou sang; qu'ils l'ont loujotirs crue; que c'est la doctrine universelle de leur église, à hKpiellc l'ignorance, qui n'est (lue trop grande parmi eux, n'a point donné d'atleiule : je m'en suis informé non sculeinenl de ceux qui sont dans les premières dignités de l'église, mais encore des séculiers et des papas qui paraissent les plus simples. >

.le laisse aux personnes judicieuses à comparer les témoignages de ces deux ambassadeurs, cl à discerner celui (\m mérite le plus de créance.

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