‹ Perpétuité de la foi de l'Église catholique sur l'eucharistie (volume 2)Chapitre 232 sur 323 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Examen de ce qui a été publié depuis peu touchant la discipline des Cophles sur la pénitence. Les continuateurs de Bollandus ont donné depuis peu au public, à la tête du cinquième volume des Actes des saints du mois de juin , une ample dissertation sur l'église d'Alexandrie , particulièrement sur ce qui regarde la succession des palriarciies jacobites, à l'occasion de laquelle ils ont expliqué la créance et la discipline des Cophles avec un très-grand travail. Car ils ont ramassé tout ce qui avait été écrit sur cette matière par les auteurs modernes; ils y ont joiiit divers mémoires fournis par M. Ludolf, qui avait acquis une grande réputation de capacité dans les langues orientales par son Histoire d'Ethiopie ; el ils ont de plus été aidés par ceux qui leur ont éié envoyés d'Egypte; de sorte qu'ils n'ont rien négligé pour la rendre utile et curieuse, connne en effet elle est plus exacte que tout ce qui avait éié publié sur ce sujet. A l'égard de l'histoire de ces patriarches , ils n'ont rapporté que ce ({u'ils en ont trouvé dans la Chronique orientale, traduite par Abraham Échellensis, de l'ori- {■mal (le LtqueUe on ne peut rien dire, parce qu'il oa ( Vingt-huit. )

se trouve dans aucune dos plus fameuses bibliothèques riches en manuscrits orientaux. On voit seiileinent que l'auteur, tel qu'il puisse être, a exlrail fort négligemment la grande Histoire de l'église jacobiie d'Aiesandrie et quelques autres. Elmacin n'a dit que très-peu de choses , dont même on ne peut faire une suite de ces patriarclies. M. Ludolf , comme il n'avait aucuno connaissance de celte même église, n'ayant ni les li\Tes, ni assez de capacité dans la langue arabe pour les consulter, n'a doniié que des extraits forl inutiles d'un Synaxarion éthiopien, où il se trouve des hjmnes à la louange de quelques-uns des patriarches d'Alexandrie, dont les Éthiopiens font mémoire dans leur calendrier, mais rien d'historique. Ses conjectures sur divers endroits d'Elmacin, ou sur quelques points d'iiistoire, sont ordinairement fort peu heureuses, et il aurait eu beaucoup de peine à tirer aucune himière des livres éthiopiens sur l'église d'Alexandrie , puisqu'ils n'en fournissent pas même sur celle d'Ethiopie. Car de tout ce qu'il a extrait de ces livres on ne peut faiie une suite exacte des métropolitains du pays ; on n'y trouve jias plusieurs faits con-idérables marques dans l'Histoire des patriarches d'Alexandrie; et, jiour ce qui a rapport à la religion, M. Ludolf était tellement prévenu de la sienne, que lors iu'il en a parlé, c'était plutôt en conlroversiste qu'eu historien, faisant dire ce (|ui lui plaisait à un Éthiopien par des questions captieuses , dissimulant ce qu'il ne pouvait accommoder avec son luthéranisme, cl cherchant à embarrasser les choses les plus claires par des systèmes bizarres et insoutenables. Aussi ces auteurs ont été assez prudents pour ne pas suivre toujours ses mémoires par rapport à la religion des Cophles; mais comme il est Irès-difficiic et peut-être impossible de bien éclaircir colle matière sans consulter les originaux, sur lesquels seuls nous avons travaillé , il se trouvera dans leur dissertation plusieurs choses qui ne s'accordent pas avec ce que nous avons recueilli, cl c'est pour cela qu'il est, nécessaire de faire que!([iics remarques.

Les auteurs, commençant à parler de la pénitence, citent d'abord le passage de la Chronique orientale où il est dit que le patrinrclie Jean , appelé Abulméged dans le monde, avait abrogé la confession. Ils s'inscrivent (Mi faux coiUre ce fait, prétendant que ce patriarche n'avait pas prétendu nier qu'elle ne fût un véritable sacrement, ni qu'il la fallût :>.bolir ; mais que cela devait s'expliijuer par un passage qu'ils rapporicnl d'Ebnassal , sur la loi de Fauste Nairon , qui ne Va donné qu'en latin , le citant comme du cinquanteunième chapitre des Constitutions de l'église cophte. Il est vrai (|ue les auteurs de la dissertation méprisent Il es -judicieusement la raison que contient ce passage, qui est que quelques patriarches ont interdit la confession, à cause que les conditions nécessaires se trouvaient rarement dans les ministres qui devaient la recevoir. Celle qui suit, que tous n'ont pas !)Csoin de la médecine spirituelle non plus que de la corporelle, est encore plus frivole, et ils disent fort bien que

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c'était la pensée de (iuclques particuliers, non pas la créance de tous les Coplites , qui se confessent, comme on le prouve par le témoignage de Yanslèbe.

Il est cependant très-vrai que quelques patriarches cojjliles ont abrogé la confession , non seulement Jean, dont parle la Chronique orientale, mais Marc, fils de Zaraa, son prédécesseur ; ce qui fait croire qu'il y a une erreur ca ce qu'elle attribue à Jean, soixantequatorzième patriarche , ce qui avait été fait par ua autre Jean, soixanlc-donzième, surnommé fds d'Abul fétali, prédécesseur de Marc. Car l'histoire des contes talions sur le sujet de la confession, rapportée par Abusélah dans un grand détail, marque qu'elle commença sous ce premier Jean, et non pas sous l'autre. Outre celte autorité, nous avons celle de Michel, métropolitain de Damieltc , dont le traité est inséré en diverses collections, et il vivait sous Marc, par l'ordre duquel il entreprit de soutenir cet abus. En voilà doue deux au moins dont on ne peut douter; et par conséqui ni il est vrai de dire que quelques patriarches cophles avaient abrogé la confession.

Fauste Nairon, qui n'était pas fort habile en ces matières, comme le peuvent témoigner ceux qui l'ont connu, s'est trompé grossièrement sur le passage d'Ebnassal, qu'il n'avait certainement pas lu en original et même qu'il ne connaissait pas, puisqu'il appelle cet ouvrage les Constilulions de l'église coplile. Ce n'est rien moins que cela ; mais une collection de canons par lieux communs sous dillérents litres, qui n'eii conticiil aucun qui soil particulier à cette église-là, sinon qu'on y trouve cilécs quelques constitutions synodales des derniers patriarches. Il a aussi confondu les deux frères de même nom ; l'autre, (jui est le théologien, ayant dit, touchant la uécessilé delà confession, tout ce qui se trouve à la fin de la collection de cannas de son frère. Ils n'ont ni l'un ni l'autre prétendu que les mauvaises raisons qui se trouvent alléguées par Michel de Damielle pussent servir à justifier l'abus qufe les deux patriarches voulaient introduire, puisqu'ils ne les rapportent que comme des objections, et qu'ils les réfutent solideinent par les paroles que nous avons cidevant rapportées. Ils parlent avec ménagement de leurs patriarches, ne les nommant pas par respect ; mais ils combattent en même temps leur erreur par les passages de l'Écriture, par la tradition et par le consentement de toutes les autres églises à enseigner et à pratiquer le contraire. C'est ainsi que Michel, patriarche jacobite d'Antiochc, l'auteur des homélies, Echmimitt d'autres ont traité celte di<-pule. On ne peut donc contester que l'abrogation de la confession n'ait été non seulement tolérée parmi les Cophtes, mais soutenue par l'autorité de quelques patriarches, ei pal des écrits de leurs théologiens. En même temps on doit r.ecoimaître que l'abus n'a jamais été si général, que la vérité n'ait trouvé ses défenseurs, et en assez grand nombre, qv.'. cl aiaiulenu dans la suite l'arcicri usage parmi ceux de leur nation, quoiqu'on ne puisse nier que l'abus a été soutenu par plusieurs autres.

L'!>uleur de la dissertation cite les raisons que Vans

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