‹ Perpétuité de la foi de l'Église catholique sur l'eucharistie (volume 2)Chapitre 239 sur 323 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

De la vie monastique selon les Orientaux.

Tout ce que les Grecs dirent el pratiquent par rapport à la vie monaslique leur est commun avec les autres chiéliens orientaux, puisque les uns el les autres ont puisé dans les mêmes sources; et connue les premiers fondateurs de cette vie pénitente ont vécu longtemps avant que les églises fussent divisées par les hérésies ou par le scliisme, ils sont regardés partout avec le même rcspecl. Les règles de S. Antoine et de S. Pacônie, les paroles des saints du désert, recueillies pir plusieurs auteurs, el les Ascétiques de S. Basile, sont iriidiiiics il y a plu ieurs siècles en toutes les langues orienlalcs; elles font le fondement de la règle pratiquée par tous les religieux en Orienl; et de plus ils en ont tiré divers canons, qui ont une entière autorité, et qui sont considérés comme les lois de la vie monastique. On pourrait faire plusieurs volumes de ce qu'on trouve sur celle matière dans les manuscrits syriaques et arabes, parce qu'il n'y a presque aucun livre grec qui en traite, dont il n'y ait eu des traductions ou des abrégés. D'abord les Oiientaux ont traduit h Vie de S. Antoine, celle de S Pacôme, et plu* sieurs autres, el c'est la principale lociure qui est recommandée aux religieux, après celle de l'Écrilure sainte. Le Paradis ou Astfj.u-^Kpioj , le npojrir.bj , les Apophtegmes des anciens anacliorcles, et plusieurs semblables recueils sont traduits de même, ainsi que le navSoxo;, dont ils oui conservé le nom grec ; TÉchelle de S. Jean Climaqiie, les Instructions de S. Dorothée, et divers autres traités ascétiques sont tellemenl ea usage dans tout l'Orient, qu'à peine on voit une bibliothèque tant soil peu fournie de manuscrits orientaux, qui n'en ait plusieurs de cette sorte.

Conmie la matière esi sulfisammenl éclaircic par tout ce qui en a été dit dans les chapitres précédents, nous rapporterons seulement quelques témoignages choisis d'auteurs généralement approuvés. Nous ne parlerons pas des niclcliiles ou orthodoxes , parce qu'ils sont du corps de I "église grecque, dont la doctrine el la disei|)line ont élé assez expliquées. Parmi lesjacobiles, un des plus considérales esl Isaac Ebnassal, qui a souvent été cité dans cet ouvrage; et dans sa Collection de canons il traite fort au long de la vie monasiique, et des exercices auxquels elle engage. Il dit que ta vie monastique est la philosophie de la religion chrétienne; de sorte que les religieux sont des ange* terrestres el des hommes célestes, qui suivent Jésus- Christ en l'imitant selon leur pouvoir ; qui ressemblent à ses apôtres par le renoncement à tous les biens de it. monde; qui condamnent tous les désirs mondains, et qui méprisent tout jusqu'à eux-mêmes, par principe d'obéissance et d'amour pour Jésus Christ ; qui accomplissein les prrcejites qu'il a donnés, cherchant à parvenir à iw.

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Mal de perfection; qui raimeiU vnifjuemeitt, el plus que ktirs pères, leurs cnfanls, leurs femmes et que les richesses ; qui sont contents et heureux dans le repos quils espèrent avoir des travaux présents et nécessaires de cette vie, et être délivrés dans l'autre des peines éternelles, pour ensuite parvenir aux dignités qiCil leur a préparées dans le royaume des deux, en récompense des mortifications passagères auxquelles ils se soumettent volontairement.

Il dit ensuile que cet ëlal est fondé sur ce que Jésus-Clirisl dil à un homme : Si vous voulez être parfait, allez, vendez lotit ce que vous avez et le donnez aux pauvres, et vous aurez un trésor dans le c'iel; Verh'z el mô suivez. Il dil aussi ix celui qui lui demandait ce qu'il devait faire pr)ur parvenir à Phérilage de la vie éleruelle, et qui, étant interrogé sur les préceptes, répondit qu'il les avait observés depuis sa jeunesse, qu'il lui manquait encore une chose, qui était de vendre ses biens el de le suivre. De même Jésus-Ciuist a dil : Celui qui aime son père et sa mère plus que moi n'est pas difjne de moi ; et celui qui ne porte pas su croix, et ne me suit pas, nesl pas digue de moi.

Le même lliéologion, ciiant ensuite les Ascétiques de S. Dasile, dil que le choix de ta vie monastique doit être fait avec une entière liberté, et sans aucune contrainte; que, par cette raison, avant que d'y admettre quelqu'un, il faut que le supérieur du monastère examine mgneusement les qualités de celui qui se présente : s'il est libre, parce qu'on ne doit pas recevoir un esclave sans le consentement de son maître, ni un homme marié sans que sa femme y consente, ni uu fils de famille qui est sous la puissance de ses parents, sans qu'ils y consentent. On trouve en cel endroit une exception, qui est qu'on peut recevoir un homme marié lorsqu'il ne peut vivre mec sa femme, et qu'il l'a quittée; cl il y aurait quelque s;ij('t de doulcr de cel article, s'il n'y a pas de f.mte (i.uis les manuscrits. Enfin on peut recevoir un lininicitie pour lairc pénitence, si le meurtre qu'il aconnuis u"a pas clé de propos délibéré.

Après diverses choses qui n'ont pas rapport à notre dessein, Ebnassal explique les obligations de la vie Uionastiquc, dur.t la première, dit-il, est de renoncer au mariage. Il y ades personnesgui n'ont jamais été mariées, et c'est de celles-là que Nolre-Scigneur a dit, t qu'elles se sotit faites eunuques pour le royaume des deux ; * les autres suivent ce (/«"i/ a dit, que « celui qui quittera sa femme aura la vie éicrnelle. > Enfin les uns et les autres choisissent dès cette vie l'étal oii on sera dans t'au'.re, sans être marié, mais comme des anges de Dieu. Il faut ensuite renoncer à ses parents selon la chair, aux biens el à tous les désirs mondains, demeuier dans le désert, être vêtu de laine, porter la ceinture, renoncer à manger de la chair pendant toute sa vie, même à boire du vin, sinon lorsque la nécessité y oblige, et se retrancher tellement sur la nourriture, qu'on n'en prenne qu'autant qu'il est nécessaire pour contenir sa vie; enfin de vivre avec ses frères comme n'ayant qu'une âme et un même esprit, par la charité qui doit engager les religieux à vivre, non pai xUacnn pour soi, mais por.y les r.u'ies, par une sou-

lO.iTllLNE DES ORIENTAUX SUR I.A l'ÉNlT, 910

mission mutuelle, et une obéissance parfaite aux supérieurs. Ils doivent enfin passer toute leur vie dans le jeûne, dans la prière, dans le travail, dans une mémoirt continuelle de Dieu, dans la méditation de ses suintes Écritures el dans la lecture des Vies des saints, pour tâcher de les imiter.

Le même auteur rapporte aussi plusieurs règles tirées des Ascétiques de S. Basile , qui rogardenl la conduite des supérieurs de monastères, et quelques autres pour les religieux, dan.s lesquelles il n'y a rien de singulier, sinon qu'il est dit qu'ordinairement ils coucheront sur la terre , habillés , et sans dénouer leur cdiliure, pour être toujours prêts à se lever, afin de vaquer à la prière et aux veilles ; que les malades et les vieillards pourront coucher sur des lits; que lorsqu'ils travailleront à quelque travail pénible ils mangeront deux fois le jour : la première, après l'heure de sexle, la seconde, à la fin du jour ; les autres jours ils ne mmgeront qu'une fois ; et que, selon le conseil de S. Paul à Timothée, ils pourront dans le besoin prendre un peu de vin. Il est aussi parlé dans ces extraits des pci:;cs qui doivent être imposées 5 ceux qui lombcnt eu diverses Hautes : lorsqu'elles sont grièves, il est ordonné qu'ils seront fouettés , et on ne trouve pas que celle pénitence soit prescrite à l'égard des laïques pour le-i plus grands péchés.

Ecliniiuii, dans sa Collection de car.ons, pailecomme Ebnassal; et Abulbircat, postérieur aux deux, a copié le dernier en propres paroles pour faire l'éloge de la vie monastique, en sorte qu'il serait inutile de les rapporter. A l'égard des principales règles selon lesquelles les séculiers doivent être admis à la profession religieuse, il se conlcnlcd'cn faire l'abrégé. On trouve à pou près les mêmes clioses dans le traite de la Science ecclésiastique, cl eu divers antres aulcurs anonymes. C'est qu'ils ont tous puisé dans la mémo source, qui, à l'ég ird des Orientaux qui ont écrit depuis mille ans , csi le Recueil des canons arabes de Nicée. II y en a une partie, conmic il a été marqué ailleurs, qui regarde la vie religieuse; el la iraduclion, qui en a été faite par Abraham ÉchclLMisis, est imprimée dans l'édition des Conciles du P. Labbé. Oii trouve dans le 15' canon les conditions nécessaires pour admettre les séculiers à la profession, telles que les marque Ebnassai ; il y a quehpie différence néanmoins qui peut avoir été introduite piir la longueur du temps, avec laquelle il est rare qu'il ne s'introduise (juclque changement dans la discipline : car Abulbircat marque qu'il faut que le postulant demeure trois ans dans le monastère sous la conduite du supérieur, qui pendant cet intervalle éprouvera sa vocation. Les pi étendus cauoiih de Nicée, ni lescanonistcs que nosis avons cités, ne prescrivenl |;Oiiil de terme jtrécls, laissant à la prudence du supérieur de le déterminer.

i; est aussi marqué dans ces canons qu'oH ne pourra recevoir personne à professer la vie religieuse, sans la permission du chorcvcque, comme ou lil en queliiues u:ai!uscrits, quoique Écbcllciisis ne fasse pas miuiiiui de celle condiliou dans le là' caiu);i ; iwAs diW.r le

on rKlUÉiLllÉ i)î- LA FOI SLU

.îixièine il clahlil r;i!itor:ié du cliorcvèquc sur les sujiéricurs des iiioi:as!ciCS, ce qui csl la iiiè;i;c clioso. Abiilbircat dit qu'on doil avoir la permission de l'cvèque. ce qui u\vl pas ui-.e diflërerioc iiviportaiilc lar en Orieiil, piiiiciiîalcmeiil depuis qtie les Mahoinclaiis en sont nsaitivs, le mol ùi chorévéque ne signilic pas un ccclchiasliciuc, qui, ayanl reçu Tordination c|)isoopale , rcxciçait dans les paroisses do campagne, ce qui avait anlrefois lieu en OccidenI ; mais c'élaienl à proprement parler des arcliiprêires, ou, coninic les Syriens les ont a[>pc'cs, ]K\iiloulé, c'est-àdire TitpiîOEuw.!, qui sont di.s!iiigués des évê(;ues par ;o 57* canon du concile de Laadicée, et p;ir un AbrCj^é de canons en syriaque très ancien ; même par .îésus- I)ar-Hali, auteur d'un Dictionnaire ^yiia(iua et arabe l'orl estimé, qui dit que ce sont ceux qui for.t la v'isilc des paroisses sons rautorilé de révêqite.

De quelque manière que soit entendu ce point de discipline , le sens csl toujours le même : car les aroliiprèlrcs ou visiteurs , qu'on doil enlendrc par le mol de cliorévcqncs dans ces canons prétendus de Nifée, agissaient avec mission et par Taulorilé des évoques auxquels , par le droit commun, tous les monastères étaient soumis dans l'église grecque, comme le remarquent les canonisles. Il est vrai qu'il y cul du «hangcmcnt dans la suite à celle discipline, (]i:i produisit la dislinclion de trois sortes de monastères: ies premiers élaienl ceux qui conservaient l'ancien usage ; les autres é:aicnt soumis aux seuls patriarcbes, et d'aulresaux empereurs. De plus, quelques-uns avaient des privilèges particuliers compris dans la fondation , cl c'était ce (;u'on appelait typique, comme celui d'Iicnc Ducana, pid)lié par les VP. bcncdiclins. Dans réglisc d'Alexandrie il paraît que, suivant l'usage ordinaire, les monastères étaient soumis aux c\é(ji!es des lieux , ce qui n'empècbe pas qu'il n'y ail di\crs exemples de l'auloriié que les palriarclies y exerçaient; cl même en trouve que quelques-uns avaient donné à des cvê(;ue5 choisis par eux l'inspeciion générale sur les iiionuslcres, connne en voit (jue dans le patriarcal de ♦ ".(inaantinoplc il y avait un ét.p/uj -di fjo-.v.arripiûj, ol que ceux qu'on appelait archimandrites en a\ aient plusieurs soumis à leur juridiction. Kn Egypte, et même dans le patriarcal jai'obite d'Anlioche, il n'y a presque aucun exemple d'exemption que pour le monastère de S.-Macaire, qui conservait des usages parliculiers, connue celui de ne rie;i chanter ou récilcr dans le service sinon en langue cophlc ; de ne reconnaître les ])a;narches que lorsqu'ils ciaienl v< nus ( éiéhrcr la Liturgie dans leur église , cl ([uelqucs autres. Il déjiendait néanmoins des patriarches, qui ordinairement y passaient le carême , cl y faisaient la bénédictioti du c'.irêmc. Llgumhte ou archimandrite de S. -Mac:. ire souscrivait à l'acte do l'élection des paliiarches au nom de l'ordre monastique, de même qu'aux lettres d'iniroiiisation, et il avait inspection avec autorité sur les monastères ou cellules d'anachorètes qui e;j déicndaienl, mais non pas sur les autres. On remarque qu'il n'y a qu'en iMhiitpie on (rus les r; ligicnx s; ni

LES ÛACi^LMENTS.

soumis il une SOile de général qu'on appelle iccgné. Ailleurs il ne paraît pas qu'il y ait eu rien de semblable. Les catholiijues vn patriarches des nestoricns oui gouverné les monastères à peu près comme les palriareh;-s d'Alexandrie gouvernaient ceux d'Egypte ; et de même que ceux-ci avaient un grand respect pour celui de S -Macaire, les ncslorieiis avaient aussi une considération parliculière pour celui iprils appelaient dir kani , près de .Modaïii, où la plupart étaient ordonnés et choisissaient leur sépulture , cl ils y avaient une grande autorité. Mais comme tout ce détail engagerait à de longues digressions, et qu'il n'a qu'un rapport indirect à la matière princi]ia!e , nous n'en parlerons pas davantage, et nous pourrons l'édaircir ailleurs.

I! reste à expliquer de quelle manière les Orientaux donnent l'hahit monastique; sur quoi il n'e>-l pas besoin d'un grand éclaircissement, [larce que les cérénKUiies cl les prières sont assez semblables à celles des Grecs, dont nous venons de parler. Le Rituel du patriarche Gabriel , Abulbircat et d'aulrcs livres font menlian de ce qui se praliqtie en cette occasion. Le po.^lulant, après avoir fait durant Irois ans son noviciat, pendant lequel on lui donne les inslruclious nécessaires contenues dar.s le livre du Paradis des Pères, se prosterne ayanl la tête iour;iée vers lOricnt, et le visage contre terre, et on étend sur lui ses babils. On dit l'oraison d'aclion de grâces, on encense, cl on lait la lecture d'une Épîlrc et d'un Évangile : la première de TÉpître aux Éphésiens, c. 0, v. iO; l'autre de S. Jean, c. 3, jusqu'au verset 22 On dit \m psaume, le Sanclus; puis on couj^c les chcvcMX au novice, et on lui fait ensuite la tonsure en forme de croix ; puis on lui donne la cucule , en disant trois oraisons. 11 se lève, cl celui qui officie fait sur lui le signe do la croix, di.sant : Béni so.it Dieu le Père. Amen. Béni sait son Fils unique Jésus-Clirist Nolre-Scigneur. Amen. Béni soit le Suint-Esprit consolateur. Amen. En donnant l'iiabit de dessous, que les Copiites appellent tlioraiji, et les Arabes de môme par un mot lùrmé du grec, le célébrant lui dit: Revêtez-vous delà robe de pureté, et de la cuirasse de sulut ; \'ai;es des fruits dignes de pénitence, par Jésus-Christ Notrc-Se'g)ieur, etc. En lui donnant la ceinture, il dit : Que vos reins soient ceints de toutes les armes de Dieu et de lu force de la pénitence, par Jéms-Chrisl Noire Seigneur. Ensuite, lorsqu'on donne Vaskim , c'esl-à dire le G-/r,yM, ou grand habit , celui qui fait rufiice le bénit, en faisant le signe de la croix ; il dit deux oraisons, cl les assistants disent ; La Trinité parfaite en une seule Divinité, fortifie, bénisse et confirme celle âme dans la perfection jtisqu à jamais. Amen. Lorsqu'il a reçu Thabil, le célébrant lui dit : Recevez le gage du royaume des cicvx, qui est le saint habit ; portez sur votre dos la figure ce la croix vénérable et salutaire; suivez Jésus-Christ Notre. Scigueur, véritable Dieu, afin que vous parveniez à l'hé' riiage de la lumière de la vie éternelle, par ta puissance de la iuiute Trinité, Père, Fils cl Saint Esprit. Apici c la il est revêtu du bornas, ou /.««â-iov, qui est riiabil

!i 9:3 LIV. IV. LXAMEN PAIiriCliLILll 1>V. Î.V DUCTHINE UL3 OîdKNTAUX SUR L\ l'E.NiT. DM

(le dessus, cl le cé!éi)raiil (!il : Vous avez reçu fliabil titiiil des apôtres, mjnnl les pieds chaussés pour [a prcp:iration de t Évangile, afin que vous puissiez écraser les serpents et les scorpions, cl toute la puissance de l'ennemi; suivez donc Notre-SeigmurJéÂUs-Clirist. On dit cnsiiile une oraison (radio» de grâces; le célébrant mol la main sur la Icle du nouveau religieux, puis il dit une autre oraison ; il lui met une croix sur la lèlc, il dit l'oraison de rabsolalion, et lui donne la béné- «liclion.

Toute la cérémonie finit par une cxliorialion, dorU la formule estrapporlée parAb;ilbircal el pard"nulrcs nulcurs. Connaissez, lui djl le supéri iir, mon frère, le prix de la grâce que vous avez reçue en recevant l'iiab'il (aigélique, lorsque vous vous êtes fait soldai de Jésus - Cliriit , pour combattre génércuscmsiit. Avant toutes elioies vous avez été renouvelé et purifié de toutes les tnaitvaises œuvres du s'ccle ; car, comme dit S. Antoine, père des moines, de même que le Saint- Esprit descend sur le saint bapiénie, ainsi il descend sur l'Iiabit monasli;ue, et purifie celui qui se fait religieux. Il dit auad ifuil avait vu son àme sortir de son corps; que les démons lu voulaient préripi'er dans l'en fi r, cl lui faire rendre compte de tous les pèches commis dès sa jeunesse; qu'alors on entendit une voix du ciel, qui disait (jue tous tes péchés qiCil avait commis jus<iiC à ce qu'il se fil religieux lui avaient été remis par la profession de lu vie n:omstique. Ainsi , mon frère , vous avez été purifié de toutes sortes de péchés que vous avez commis dans le monde. Ayez donc une grande atlcnlion sur vous-même, pour être bon soldai de Jésus-Christ, et pour comlallre t ennemi caché , qui est le démon el ses armées malignes. Observez soigneusement la promesse que vous venez de faire, servant Dieu avec crainte et tremblement ; récitez les psaumes dans les veilles de la nuit et dans la psalinodiCf et les prières de l'Eglise selon qu'elles sont ordonnées, vous acfjuiltanl exactement de ce devoir avec beaucoup de soin. Observez les jeûnes prescrits selon Votre pouvoir; conservez la chasteté el la pureté de corps, afin d'éire semblable aux anges. .Ayez aussi une parfai.e soumission et obéissance, pour faire tout ce que vous ordvnuera celui (jui vous conduit dans la v^Ae de JJleu cl de ses saints préceptes, pour êtrj soumis jusiiu'à la mort , afin de recevoir la couronne des cnpints de Lieu, clc.

Celle exiiorladou fail counaîlie ((ue ces Oriealaux soiiUlans les mêmes so:ili:i!(.'nls (jue q-iebpu'S Grecs modernes, touchant la comparaison peu exacte de la proiéssion rnoaasliqnc et du baplcine , pour la rémission cniiére des léchés , ce qui est encore pjO'.aé |):ir le canon dix-liuilième (jui a été cilé d ms le chapitre précéJenl , cl par quelques aulies scmlilaliles qui n'onl pas plus d'auloriié. Ce qui a été dit loucliaul celle opinion , peut servir de léponse aux conséquences (ju'on pourrait en tirer louchant li.ur créance sur les sacrements. Car comme il par;'.ît que les prières et les ccrcuionies sont les niènics , il s'en snil que "la doclrine doit être semblable. Les Giecs . J:'r'-q<:"ih parlent esact(. nient, el <-n théologiens ,

disent ijuc la piofession monastique est comprise sous le sacrement de pénitence; c'est donc en ccllo qualité que la rémission des péchés eU assurée à celui qui , avec les dispositions nécessaires , fait profession de la vie religieuse , de même qu'elle est certainement promise à celui qui embrassera séricusemenl la pénitence , et qui la fera selon les lois de l'Église. Sur celle assurance, elle a accordé la pénitence, l'aiisolulion et l'Eucharislic aux mourants, (pii n'élaicnl pas en état d'accomplir l's œuvres laborieuses ordonnées pour l'expiation des péchés , el quand ils entraient sincèrement dans l'esprit de l'Église, ello ne doutait pas (;u'ils n'obtinssent un pard.in entier de tous leurs pccliés. Ceux donc qui s'engageaient à i\n élat de pénitence contir.ueîlc , el qui , devant durer autant que leur vie, surpassait la plupart dis pciies canoîiiqucs qui étaient imposées pour les pins grands crimes, étaient encore dans un étai plus parfait, et c'était sur ce fondement que les Grecs et l s Orientaux concevaient ime espérance certaine, qiuf pir celle action les péchés passés leur étaient remis. Il n'est pas extraordinaire que d'une véritc coraiiiC; celle-là , qui est siuiple , el qui n'a on soi rien que df coniorme à la doclrine de rÉiilibC, on ait tiré de;*, conséquences peu exactes à la loumge de la vie monastique. On ne voit pas (]uc la discipline marquét dans ce canon des Copliles , ail élé connue dair rÉglise grecque, el même ii y a lieu de douter qu'élis fût généralement suivie parmi ceux qui le lapporlcnt dans leur coUecîion. Car lors(ju'ils marquent en détail les conditions requises pour cire élu palrianho d'Alexandrie , une des piemièits est qu'il soil exempt de loul péché de la chair depuis son enfance ; cependant celle précaution n'eût pas élé nécessaire si la profession monastique, q:;e luus ont fail ordinairenienl, eifaçait les péciiés couime le baplcme.

Mais ci>n;me nous ne préicndons pis faire l'apologie des Oiicnlaiix , (piand ils seraient tombés dans l'crresir sur cet arlide , on ne \oil pas quel avantage les pruleslanls en peuvent lirer, puisqu'il s'ensuit que c.'lte vie (pi'ils regai'dent comme un grand abus, et comme un pharisaisme, que les premiers réformateurs ont abandomiéc sur ce prélexic, et qu'ils ont détruite lors(|u"ils ont été les plus forls , est tellement respectée parmi les Grecs cl tous les chrétiens orientaux, qu'ils l'ont égalée au baplènic. Tout ce qu'on en peut conclure , comme ont fail quelipies théologiens qui ne les excusent en rien , est qu'ils en font un iuiilième sacrcmeitl, cl qu'ils sont par conséquent éloignés de la doctrine de l'f'glise catholique Gur le nombre des sacrements. Mais Siméon de Thessalonifjue satisfait claircnienl à celle difficulté , eu disant que le saint habit ou la profession monastique est une partie du sacrement de pénitence; et tons ceux qui onl écrit après lui ne comptent que .sept sacrements. Il en esl de mcnie des Orientaux , dont les plus anciens théologiens ayant j^arlé comme les Grecs, ne doivent pjs avoir eu d'aulrcs senlime ils ; el les jioJernes avafit oar îcr.rs altc-i 'fions solon-

9,5 l'ElU'ÉTUlTÉ DE LA FOi SLT» LES SACREMENTS. 91 f

iicllcs déckié qu'ils rccoiiuiissaicnt sept sacrcinenU , niant, il faut qu'ils compreiinciil aussi la prufessioj que nous avons dans TÉslise romaine , cl les nom- monasiique sous la pénilcMice.

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