LIV. V. DE LEXTRfcMt-ONCTlJN KT DE I/oRDKE
Bulgarie fit cnlvndrc qu'il clail prêlrc , et sons ci. prélexle il administra les sacroiiicnls pondant un temps consi(lcr;il)lo. Ensuite touclic des remords de sa conscience, il avoua son crime, et le mélrop litain d'Andrinopie, iioinme trcs-ignor;»nt, comme on en peut juger par ce qu'il (il, se trouva embarrassé lo.icliaiil la validiié des sacrcmeiils qu'avait célci)rc-i ce maLhenreux. Sur la grande opinion de capacité qu'alors Jian Caryophylle , l.»gollièic de l'église de Constanlinople, avait dans le pays, ce mélropolilain le consulta. L'autre lui répondit que comme c'était la foi iiui élit le foiidemeit de tous 1<'S sacrements, ceux qui l'avaient eue n'avaient rien perdu de l'effet qu'ils auraient pu en espérer, quand ils auraient été administrés par un prêtre vériiablcmenl ordonné ; comparant cet imposteur à do mauvais prêtres qu'il siip, osait ne pouvoir pas produire l'efiet des sacrements , parce qu'il dépendait de la foi de ceux qui le recevaient. Dosiiliée comhallit celte erreur par son ouvrage, f lisant voir qu'elle ciail celle de Luilier et de Calvin , et que l'église d"Orient croyait que Irs sacrements produisaient la grâce dans ceux qui les recevaient, ponrvu qu'ils n'y missent aucim cnipèclicmenl par leur indigivilc; mais que pour la célél-ralion des sacrements il lallail néccssairmient un ministre , comme niayen instrumental déterminé par l'Écriture sainte et par l'Église catlioliqne , el que ce moyen était le sacerdoce.
On ne croit pas qu'il soil nécessaire de ramasser des autorités en plus grand nombre pour prouver une vérité aussi cla re, p.iiscpi'il n'y a qu'à ouvrir les Rituels el les Pontificaux des Grecs, pour recoimaîtrc, parles cérémonies el par les prières quMs emp'oioul da: s les orJi iali(ins, qu'ils regardent l'or Ire comme un véritable sacrenien» , et que leur discipline ne condanme pas moins (pic leurs décrets les nonv.autés téméraires de Cyrille Lucar. Tout y est conforme à ce que lÉglise a observé sur cela depuis plusieurs siècles ; les prières expliquent les cérémonies, et l'ont connai! re qu'elles sont des signes sacrés d'inslituiion divine et a|)OStoliipie qui produisent la grâce conforme au ministère auquel sont consaciés ceux qui reçoivent l'imlosi'.i.in des m;iins des évêques, qui leur doar.e la pui-saiu c que Jésus-Cbrisl donna à ses apôtres, et qui iniprime un caractère.
{.iiapitrî: V.
Cowpardison de la dhciptine des Oricntnux cl de celle des proteslmUs.
Si les protestants, comme ii s'en trouve encore tous li>s jours, qui, pins ils sont ignorants, plus ils ont poussé la témérité sur celle niaiièrc , veulent contester une vérité aus^i connue, il n'y a qu'à comparer ce qu'ils a;pellent ordination avec celle des Grecs. Oit ne trouvera pas d ns toute Tbisloire ecclésiasti(iue grecque un exemple comme celui de Lullier, qui, n'étant que simple prêirc, fut assez Iiardi pour ordonner un <^vèque lutliérien ; fait singidier dont les tliéologiens de Wiliemberg ne jugèrent pas à propos d'informer le paliiarclic Jérémie , de peur d'augmenter la mau-
vaise opinion qu'il avait de leur doctrine. Il n'approuva pas ce qu'ils lui marquèrent touchant la manière dont ils ordoimaient leurs ministre* Qu'ils appellent évctpies, prêtres et d'acres, ceux qui sont ainsi ordonnés, ou ceux qui portent ce litre dans les églises protestantes, el qu'ils rapportent de quelle manière m les a ordonnes, il n'y a point deGrec^sacliant sa religion qui ne les regarde comme des laï(]ues, quand ce ne serait que parce qu'ils n'onl été ordonnés que par d'autres laï pies ou par de simples prêtres, dans lesquels jamais l'Église na reconnu le pouvoir d'en ordonner d'auircs. Que si ou examine les cérémonies et les prières que les protestants ont employées à la place de celles dont l'ancienne Église s'esl servie, et qui sont encore en usage dans l'Orienl aussi bien que dans l'Occident, la différence paraît encore d'une manière jtlus sensible ; car on ne trouvera aucune de ces anciennes prières dans laquelle il ne soit ()as fait mention de la puis ance d'offrir à Dieu le sacrifice non sanglant, et de ce qui a rapport au sacerdoce de la nouvelle loi. Tous ceux qui ont détruit ce sacrifice, et qui ont réduit lout le ministère sacré à annoncer l'Évangile , c'est-à-dire à discourir devant un peuple qui croit en savoir autant que ses maîtres sur la parole de Dieu, ne pouvaient pas parler de la même manière. On ne trouvera jamais qu'aucmi ancien évoque ait été ordonné par la présen.'alion qu'on lui ait faite d'une Bible; encore moins que des laïques assemblés pussent faire un prêtre par leur simple suffrage, comme iis se font parmi les calvinistes.
Aussi les lliédogiens de Witlemborg rccoiinurcnl celte diversité de doctrine el de discipline, puisqu'ils ne s'expli(|uèrent qu'en termes généraux sur col article. Ils dirent, toiiclianl l'ordre ecclésiaslique , que personne ne devait publi(piemenl enseigner dans l'église, ou administrer les sacrements, sans une vocation légitime. De ordine ecclesiasiico docenl qnbii nenio debeal in ecclesià publiée docere aul sacramenta adininislrare, 7iisi rite vocalus (I). La traduction grecque, outre qu'elle est barbare, ne réjtond point à l'original. Il semble que tonte Tessencc de l'ordnî (pie jamais les anciens Grecs n'ont ap;ielé Tây-ia, sinon pour signifier le corps de tous ceux qui soal employés nu ministère desaulels) ne cons'ste qu'à prêcher en public avec permission, et à distribuer bs sicremenls. Da plus, ietTouf/siv Eùav/Diov csl une façon de parler inconnue. Ce mol est employé dans les A«us d. s .apôircs en un sens absolu, el il signifie les fondions ecclésiastiques, pariiculièrenient la prédicatiim et la célébration des saints mystères, ce que la Vulgaie a exprimé par celui de minislrare. On peut donc croire que les traducteurs avaient affecté de se s rvir d'un mol qui pouvait imposer aux Grecs, à cause de l'usaga loul difféient qu'il a dans le style ecclésiastique. Il y
(l) Ilspi Se TayjtxaTfi; toO È/)')>;ïHtîTi/eû ScôaTxeuït c;us-
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Pr-lUÉriiTÉ DK I A FOI
t aussi une grande iliffércr.cc entre sacrnmenta admhtistrure cl /jivTzripU St«Stôovat, car 1« laliu signifie iio:i sculenicnl radininisiraTion qui se fail d'un sacicincnl à l'égard des nJèlcs qui le rccoiveiit, mais :uissi sa célébrarKin ; an lieu que le grec ne sigiiide que rndniinistralidii qui en rsl l'aile à celui qui le reçoit. C'est encore une dissiniul;ition cajjtieuse f!e ne inrquer que la vocation légitime, coniine la seule chose qui donne pouvoir d'administrer les sarremcnis ; et que c'est en cela que consiste l'ordination. Mais Jcrémie ne s'y laissa pas tromper, comme on reconnaît par les paroles rapportées ci-dessus, qui inarqiicnl si précisément l'excellence et la puissance du sacerdoce , conféré par l'imposition des mains, et par leiiuel lous les sacrements sont opérés, x«i èJ'-
axizr^i r.5.'Cf.i ri'xïJ ui T£).£Tat ht{,-/oxtnoi.i. Ccsl CC que Si-
f nifient ces paroles , non pas omnes rilus à nobis admiinstraiilur. Ce même pnlriarclie n'aurait jamais entendu ce ([n'est un miinsire protestant, si on ne le lui avril expliqué ; car il fallait un nouveau dictionnaire pour entendre ceci : Les prêtres , que mus appelons viiitistres ou diacres, ne sont pas établis parmi nous pour offrir dans la Liturtiie le corps et le sang de Jésus-
Christ ; »?in/s afm qu'ils annoncent Jésus-Christ,
•qu'ils baptisent, et qu'ils administrent la sainte com.mur.ion, en public dans le temple, et dans les maisons particulières à ceux qui la veulent , et qui sont près de leur fin (1). lis co:ivenaienl donc qu'ils appelaient diacres ceux qui étaient vérilablemenl prêtres ; et la raison <iu'ilse!i donnèreul, quiî^c'élaitalin qu'ils ne se reg.-vrdassenl pas connue maîtres , mais comme serviteurs de J Église , est fort inulile ; oir même parmi eux on sait assez qu'un ministre, c'est à-dire un diacre, est supérieur à un prêtre, qu'ils appell.nl ancien. Enfin lorsque, exposant comuient ces minisires étaient or-
doimCS, ils disaient yeipOTO-JOwncii û-& toû i;TiixÔ7roU «û
TSTroj, ce qu'ds ont traduit : Imponit illis superintendens manus, c'était une illusion manifeste et contraire à 1 > hoinie foi. Car ils devaient supposer qii'im Grec f-n;endait le mol d's-tV/iTio,- suivant l'usage de sa lau;5ue ; et qui aurait jamais i)U deviner que par le mol il'évêque on dût entendre un superintendant des kitliéricns, ou un suneillaiit des calvinistes, qui ne se resscndilent pas plus qu'un évoque à l'un ni à l'autre? Ceux -qui traduisirent en grec vulgaire la Confession Ijclge, le Calécliisme et les prières dont les lloliandaissc servent dans leurs assemblées, furent oLlifés de fliellre à la lêlc une glose pour se faire entendre, dans laquelle ils disent qu'ils appellent exxUsix-
5Tï;v, TioiiJîJVf io^s/jifuxa , iitriphyiv toO ).6-/0'j, JeiTCrjfyc-j,
celui qui enseigne l'évangile dans l'église, lis ont apparemment évité de se servir du mol de Stâzovc;, mais il n'y a pas un seid de tous ceux dont ils se servent qui
(1) Toy; UpsXi ^y.X) l/x).>;aias Staxivcuj 2vo;/âÇctv ïOoî, «Gj xaOtJTa/iev ri/J'Sts ér^wç «v iv J.Eirsupyta tô sûijix /.a.i rà
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SLli; Li;S S.VCRE.MENTS Ko
soit ou ail jamais été en usage dans l'église grecque. Personne n'ignore néanmoins que dans l'Écrilure sainte la fonction et la dignilé des diacres ne sont pas les mcincs qtie celles des prêtres et des évêques; que par toute l'ancienne discipline les fondions qne les protesianls ailribuent à leurs ministres éîaient défondues aux diacres, et que celle de baptiser ne leur était accordée qu'en l'absence ot au défaut des prêtres, qui étaient leurs supérieurs. Ainsi le lang:ige dans lequel il a fallu exposer aux Grecs la discipline des proteslanls, était aussi nouveau que la chose signifiée, q li est un renversement entier de toute la forme de l'anciciuie Eglise ; car elle n'a jamais reconiiu les di:icres comme les premiers de; sa hiérarchie ; n.nis les évêqu'S, les prêtres, les diacres et les ordres iu!ériciirs sont ceux qui Tonl composée depuis la naissance du cliristi.inisme. S. Ignace , martyr , dans ses lettres pleines de ce feu aj)0St()lique que Jé.->us-Clirist nvail allumé sur la terre, ne recommandait pas les églises aux diacres, mais aux évêques; et il n'avertit pas ceux-ci d'obéir aiix diacres, mais les évêques de gouverner leurs peujdes, et entre antres les diacres, suivanl les règles prescrites parles ai'.ôlres.
il est inulile d'aHéguor que le moi de ministre no signifie pas diacre, d'autanl plus que dans ies conununions proleslanles il y a des diacres distingués des ministres, et qui sont d'un rang inférieur. On le sait, ete'estccqui n'est pas moins ridicule, d'avoir introduit deux senssidiffcrenls et si contraires d'un même mol^ dont ilsontété obligés de se servir lorsqu'il a fallu parler aux Grecs. Ils n'y pouvaient rien entendre, sino» que l'Église était gouvernée par dos diacres supérieuis à tous, puis par des prêtres ou anciens, comuie ils les appellent très-mal à propos, puisqtie Tiniotliée qui ordonnait des prêtres, et qui l'était même en lem' .sei'.s, selon lequel ils prétendent qu'il n'y a aucune distinction entre le prêtre et l'évêque, était fort jeune, selon le lémoignagc de S. Paul. Enfin puisque les protestants ont de diacres, ils ont été fort embairassésà faire comprendre aux Grecs conunent le même nuil pouvait avoir de;ix sens si différents. Qu'on leur explique ce que les calvinistes entendent par nn surveillant,'pmuh personne ne s'imap;ii!era querelle f uk;lion donne l'idée du fuot i7zi<:/.o-Kc:, do.t les Grecs savent assez la significatiin pour ne l'apprendre p :s de lels maîtres.
Ils n'avaient pas besoin de théologie pour être en garde contre de pareilles nouveautés ; la seule forme du gouvernement ecclésiastique établi parmi eus depuis les premiers siccles les instruisait suffisamment. Chaque église savait par tradition ses premiers cvéques, et on n'ignorait pas la succession des autres. Les ordinations se faisaient publiquement, et les prêtres, les diacres, ainsi que tous les autres du clergé, avaieiil leurs fonctions distinctes, pi-eseriles par les canons, et observées par une discipline de temps immémorial. Longtemps avant que les proieslanli parussent, il y avait des patriarches à Consianlinople, à Alexandrie, ;> Anliochf et à Jérus.lem, auxauels