V. i)i. LA r. III
inouïe, se sont réservé le droit d'ordonner le métropolitain d'Ethiopie, qu'on appelle abusivemenl le p.';- Iriarclie. Il s'est trouvé que par des empêchements imprévus, on par des laisons qui paraissaient bien fondées, lÉthiopie a été plusieurs années sans évoques, cl niên:e les prclns éiaient en si petit nombre, qu'ils ne surfisaiciil pas pour administrer les sacren.ciits. Un des rois força un simple prêtre à faire les foaciions épiscopales ; cela était dans l'ordre, suivant les principes des protestants. Cependant les patriarches d'Aleaxandrie traitèrent cet allental comme un sacrilège, et toutes les ordinations faites ainsi furent déclarées milles.
On trouve aussi dans la Vie de Damien, patriarche jacobitc d'Alexandrie, qui est le trente-cinquième selon leur histoire, que les acéphales ou barsimuficns, secte particulière parmi plusieurs autres qui convenaient dans la créance d'une seule nature en Jésus- Christ, mais sans s'accorder sur d'autres points, se trouvèrent alors sans évêques, et que, pour empêcher leur égîisc de périr entièrement, q .aire prêtres, qui seuls restait ni parnd eux, choisirent le plus ancien d'entre eux, et l'ordoimèrent évêque. Non seulement Sévère, qui écrit celte histoire, en parle comme d'un allental inouï jusqu'alors, mais il ajoute que d'autres barsanufiens, qui étaient dans la partie occidentale de l'Egypte, l'eurent en telle horreur, qu'ils se séparèrent des premiers, et n'eurent plus aucune comnuinion avec eux. Daiiueu mourut, selon le calcul de Sé\ ère cl de' 'juclques autres, l'an de Jésus-Christ 5!» ! , après avoir tenu h; siège ircnle-six ans. Sous Marc, quarante-neuvième palriaiclit", ces mêmes hérétiques se réunirent à l'église jacoiiite d'Alexandrie aii CO!i!nieiiccnienl du neuvième siècle. Deux de ces faux évêques, nommés Geoiges et Abrahaui, son fils, vinr(!nl se jeter à ses j^icds, et )cc<;i;iiurcnl leur erreur. 11 leur déclara ipi'ils ne pouvaient être évêques : Car, leur dit-il, le Saint- Esprit qui descend sur les évêques lorsqu'on prononce sur eux la prière canonique que tes (ipôlres ont établie, n'est pas descendu sur vous, cl apiès les avoir réconciliés, il les ordonna comme s'ils avaient élé de simples laïques.
Il est donc certain, par tout ce qui nous reste de plus authcnti(pic dans les églises orientales, que l'oîdin.ition a été regardée connue le fondeuient de la religion chrétienne; puisque sans ce sacrement l'Église ne peut avoir ni le sacrifice du corps cl du sang de Jésus Christ, ni la rémission des [)échés par la péuilonce, ce qui csl la doctrine du concile de Trente. Oo reconnaît, par la forme de toutes les églises unies ou séparées, qu'elles ont toujours été gouvernées par des évêques; que ceux-ci sont les seuls par lesquels d'aulres évêques ont élé ordonnés ; qu'ils ont de même ordonné des prêtres, et que par l'ordination, ils leur ont donné le pouvoir d'offrir le sacrifice de la nouvelio l.)i, de baptiser, de remettre ( t de retenir les péchés, de bénir le mariage et de donner l'onction aux malades. Ou y a toujours cru qu'aucune de ces fonctions u.'. i <iu\ail êi!c faite par ceux qui u'aviacnî p.is reçu {IrciUeJ
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jiar riniposilion des mains, celte puissance que Jésus Ciirisl avait laissée à son Église. Les prières et ïos cérémonies avec lesquelles l'ordinalion s'y est toujours faite sont de tradition apostolique, et aussi conformes aux usages de l'ancienne Église, qu'elles sont éloignées de ce que les protestants ont substitué à la place. Qu'on explique aux Grecs et aux autres Orien- ,laux ce que c'est qu'un ministre de la parole de Dieu, "ou un prêtre de l'église anglicane, ou même un évoque ou un archovcquo ordonné de la manière dont ils le sont, il n'y en a pas un seul qui ne soit regardé comme un laïque. Et lorsqu'il est dit par les lliédo- Ijiens grecs que l'épiscopat est de droit divin, ou qu'il a été institué de Dieu même, que le Saint-Esprit a établi les évoques pour gouverner l'Église de Dieu <iu'il a acquise par son sang, ils regardent cette véri:é lout autrement que ne font ceux qui ont conservé une ombrevaincd'épiscopal, sans succession apostolique, et sans ordination légitime. Au contraire ils les regardent commodes hérétiques, et n'ontaucune communion avec eux, tant s'en faut qu'ils aient jamais, comme les évoques anglais, prouvé sérieusement que l'épiscopat est de droit divin, cl irailé d'erreur l'opinion des calvinistes, en conservant néanmoins la commmiion avec eux, cl imposant les mains à ceux qui le rejettent comme une invention purement humaine, ni qu'on ail Ml dans un synode de Grèce un évêque présidé par (les prêtres ou par des laïques, comme on vil dans celui de Dordreclil.