CHAPITRE VI
On explique ce que tes Grecs et Orientaux comprennent sous le nom général de sacerdoce, ou ordres ecclésiastiques, et leurs différents degrés.
On voit dans les Liturgies le dénombrement de plusieurs ordres ccclésiasiiques co)il'orméincnt à l'anti- «juilé : des portiers, des exorcistes , des acolyllies cl antres , que nous appelons connnunément les quatre mineurs , dont quelipics-uns sont niarqué.s dans les anciens canons, cl parliculièremenl dans les Cunsti- I niions apostoliques. Ccpemlant depuis plusieurs siè- «Ics , les Grecs réduisent ces ordres nioindrcs aux lecteurs cl aux chantres, et il n'y en a point d'autres dans leur église , ni dans loul l'Orient. Les fonctions parliculicres des clercs qui ont reçu dans l'Église laliiie les qualrc mineurs sont faiirs par les lecleiiis. Leur ordinatiim csl particulière , en ne se lait pas dans le sanctuaire, non plus que celle des sous-diacres, en quoi elle est distinguée des autres principales, qui sont celles des diacres, des prêtres et des évêques, cl celle distinction est marquée par Siinéon de Tncssalonique. Les Syriens orthodoxes, jacobilcs ou ncsjloriens, ont la niênic discipline, ans i bien que les Cophles, les Élbiopions et les Arméniens.
Ainsi les ordres qui sont reçus dans toutes ces églises sont la cléricalurc, qui comprend les offices de lecteur ci do c haiilie, qui ne sont pas quelquefois distingués ; le sons-diaconal , qu'ils no mettent pas aa nombre dcsordirs sacrés; le dia.'ona!, !a prèlrisc
et l'épiscopat. Comme ils n'ont jamais , sinon depuis environ deux cents ans, examiné la matière des sacrements suivant la méthode de nos scolasliques , ils n'ont pas fait cette distinction qui nous est familière, d'ordres sacrés, et de ceux qu'on n'appelle pas ainsi. Car la raison qui nous les fait distinguer, est priucipalemenl que les uns engagent au célibat , les autres non ; et elle ne subsiste pas parmi eux , puisque les prêtres el les ccclésiasiiques inférieurs peuvent exercer leur ministère et être mariés.
Il en est de même de la tonsure, qui est connue el pratiquée par les Grecs et par les autres Orientaux , mais aulremenl que parmi les Latins. Elle n'est à proprement parler qu'une préparation à la vie monastique , comme autrefois elle était une manière de profession pubrupie, par laquelle on renonçait au monde ; ce qui se pratiquait particulièrement eu France, où la tonsure, même forcée, engageait à l'étal ecclésiastique ou à la vie monastique. On ne voit pas que dans les premiers siècles, et môme beaucoup plus tard, elle fût regardée autrement que comme une entrée dans la vie cléricale , en quoi elle différait de la tonsure monastique. Ce qui a depuis été établi , de ne pas admettre aux ordres sinon ceux qui auraient reçu la tonsure par une cérémonie parliculière , n'a pas toujours été pratiqué , puisqu'on trouve dans l'histoire ecclésiastique plusieurs exemples de personnes qui d'abord avaient été ordonnées lecteurs ou exorcistes , sans qu'il soit parlé de tonsure. On ne doit donc pas marquer comme un abus, ou comme une LMTCur essenlielle parmi les Orientaux, le défaut d'une cérémonie qui n'a pas toujours été uniforme.
Il en est de môme des ordres que nous appelons mineurs, puisque les Orientaux ne les connaissent point; et on voit avec étonnemenl un interrogatoire sérieux fait sur cette matière à un prêtre éthiopien , nommé Técla-Mariam , qui a été inséré par Thomas à Jésu dans son ouvrage. Car il était contre toute raison de vouloir juger de la validité de son ordination, par l'omission ou la célébration des rites particuliers à l'Église latine , qui a conservé l'unité avec les autres églises, nonobstant la différence des cérémonies, quand elles n'onl rien eu de contraire à la foi ni à l'essentiel de la discipline reçue également eu Orient et en Occident. Aussi les papes en ont jugé lo II autrement, et ils n'ont jamais fait réitérer des ordinations par une semblable raison.
On peut voir sur cela ce qu'a écrit le savant P. Moriu, qui prouve d'une manière très-solide que la différence des cérémonies grecques cl latines n'enii)êciic pas que les ordinations des lecteurs el des sous-diacres ne compreiHient tout ce qui est nécessaire pour la validité entière de l'ordinalion ; parce que l'imposition des mains est ce qu'il y a d'essentiel, et qui peut être regardé comme le signe exiérictr et la matière, et les prières comme la forme, il fait voir aussi que la cérémonie de présenter les instruments, purrcclio instruuicnlorum, qui se fait dans l'Église hlin i\ n'est pas essentielle, puisque les Grecs n'ont rien