‹ Perpétuité de la foi de l'Église catholique sur l'eucharistie (volume 2)Chapitre 253 sur 323 · LIV. V. DE L'EXTRÈME-ONCTÎON ET DE L'ORDRE · texte numérisé non relu

LIV. V. DE L'EXTRÈME-ONCTÎON ET DE L'ORDRE

Les Grecs el les autres Orientaux ne se servent pas (ronclion dans ronlinalion des prêtres ; maisM.Uahert, leP. Morin, Maldonat, et d'aulrcsontlailvoirqnc relie cértMnonie n'élail pas essenliellc , puisqu'on ne voit par aucune preuve certaine qu'elle ail été praii- ([ucedans l'ancienne église grecque.

Ils en ont une autre, que les Oecidentaux n'ont pas pratiquée , qui est que Tévèque met entre les nsains de celui qu'il ordonne un pain lel qu'on l'offre à \\\u- 1(1 poi-ir la consécration de rEucliaristie; ce qui marque le pouvoir qu'on lui donne d'offrir le sacrifice. 11 y a (juelque différence entre les rites grecs et ceux des jacohitos syriens en celle cérémonie; car il paraît dans les premiers que c'est l'Eiicharistie qu'on donne entre les mains de celui qui est ordonné , quoiqu'on put en douter, parce que dans les Pontilicaux ordinaires, et surtout dans deux anciens manuscrits , on voit que l'évèque prend un des pains qui sont sur la I atèiie , pour le nietlrc entre les mains de celui qui 1 si ordonné , lorsqu'on ôte le voile qui couvre la |)aleiie et le calice ; et la consécration n'est pas encore r.iile. Les Eucologes modernes et Sinii'on de Tliessa-

I inique marquent néanmoins que c'est le pain consa- ( é, et 1-3 r. Morin croit avec raison que les Grecs oui iiinové sur cet article. Cependant il y a une antre manière de dunner quelque éclaircissement à celle ililliculté. Il paniîl irès-vraisembiable, que lorsqu'on (iiiinie ce pain au prêtre nouvcllemcnl ordonné, la conccralinn n'est pas encore faite; car on le liii donne avant la préface , lorsqu'on a répondu dignum e! jusltim est. Auireinenl il aurait fallu se servir des piésanclifiés, ei on ne voit aucun vestige dans l'anli- (iniié qui puisse faire juger qu'on en ait f:iit un tel

II âge. Si donc lorsqu'on le lui donne il n'est pas cons;u lé, et s'il l'est lorsque le prêtre le remet sur la piiiène, il faut que les Grecs croient que cette partie de l'oblation est consacrée avec les aut^s , soit |)ar ifs paroles sacrées el l'invocation du Saint-Esprit que prononce le célébrant, soit par celles que prononce le nouveau prêtre , de même que dans le rit latin les nouveaux prêtres célèbrent la messe avec l'évèque. ("est ce qui paraît de plus vraisemblable par rapport à cette cérémonie.

Les Copbtes donnent au nouveau prêtre une parlicdle consacrée, qu'ils lui mettent dans la paume de la main; mais ce n'est que dans le temps de la connriunion ; et alors il prononce la confession de foi loucliant l'Eue haristie que nous avons rapportée ailleurs. Celte céréuH n e est toute différente de celle des Grecs ; et <lle contient une preuve démonstrative de leur créance loucliant la présence réelle du corps el du sang fia Jésus-Cbriit dans l'Eucliarislie.

CIlAPmsE IX.

Des aicliiprélres el archimandrites.

Il n'y .1 rien de pariicidier à observer touchant celte dignité ecclésiastique par rajjport à l'église grecf|uo, qui a eu des arcliiprêires, des premiers prêtres el des prolopapas, inais dont h' ran^; cl les (onet*-)ns iia-

vaienl presque aucune conformité, sinon dans le nom, avec ceux des églises orienlales. De plus, comme l'archidiacre était dans l'ordre des diacres, les archiprctres ctaienl aussi dans le rang des prêtres ; au lieu que dans les églises d'Orient il semble que ces dignité?, ont éié considérées comme un ordre particulier, puis qu'on trouve dans les Pontificaux des melchitcs et de- , jacobiles, syriens ou copbtes, des prières et des céré-. monies particulières qui marquent une ordination véritable; et en effet elles ont en litre le mol ^stooToviV. On trouve plusieurs noms différents pour signifier ceux que les Grecs et les Latins ont appelés nrcliijnêtres. Les Syriens les noumuni (piebpiefois simplement chefs des prêtres ou premiers prêtres; en d'autres occasions ils se servent d'un mot rpii signifie la même chose que visiteur, puis de celui de péridouté, cnlin de celui de chorévêqne, quoiqu'ils ne fassent guère nsiige de ce dernier, sinon en traduisant les anciens canons. Le mot de péridouié, qui est écrit diversement dans les manuscrits, n'est point syriaque, c'est le grec ireptsiîsùTKt, qui se trouve dans le concile de Laodicée : Qu'f/ ne faut pas établir des évêques dans les bourgs on villages, mais des visiteurs, qui sons l'autorité des évêques fassent la visite des paroisses. 11 en e>t aussi parlé dans le litre vingl-deuxième d'une ancienne collection syriaque de la bibliothèque du grand duc, qui est des chorévênnes ou périodeutœ. C'est pourquoi ce mot est expli.jiié par un fameux grammairien comme signiHant visiteur cl vicaire de tévêcjUP. On trouve ce nièaie mol do ttsoioSsùtvîî dans le concile de Calcédoine, dans celui de Conslan:inople sons Mennas, où signe Sergius prêtre Tzipiodeùr-zn des églises de la campagne de Syrie. Un autre prend le litre de m- P'.oôeùrrii d'un oionaslèrc. Gennadins, patriarche de Constantinople, en parle dans sa lettre circula re, mais il le distingue du cborévèque. Cependant comme les Syriens, parliculièremenl les jaeobiles cl les nestoriens, n'ont guère connu les chorévêques que dans le sens du mol de nspioôeÙT/j;, et que ceux qui avaienl l'autorité d'ordonner des prêtres cl autres minisires inférieurs n'ont presque jamais eu lieu dans l'église d'Orient, il n'y a pas sujet de s'étoimer qu'ils n'aient pas donné d'autre sens à ce mot.

On ne voit pas que dans l'Iiisloire de l'église d'Alexandi ie, ni dans les livres des théologiens et des canonisles de sa conununiou , il soit fait mention dj c!iorévc(iues. lis ont nue dignité presque semblable, qu'ils appellent /coHios ou comis, qu'ils expliquent également par deux mots assez différents , qui sont rV/^V-Evo? ou archimandrite et archiprétre, comme on lo voit dans les collections de glossaires copliles el arabes; les Éthiopiens oui pris le mol de komos des Égyptiens, etScaliger se trouipa quand il le prit pour le surn(uu de Pierre qui vint à Roni^ sous Paul III, el y fit imprimer le nouveau Testament et la Liturgie ; c'était la qn:ilité qu'il avait dans son église. Il n'y a pas lieu de douter que ce mot ne vienne de x^fi-i, et du génitif x&V»;'. ft ilsiguilia-il un prêtre chargé de l.i conduite d'une église ilc campagne, rnslicaui p.rsi'if-

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teri; car dans le Levant de tout temps les curés o-il été amovibles. Ainsi les Syriens dans le même sens ont mis en usage le mol de/town de ^wp». q»i signilio la niénie chose, soit qu'ils l'aient abrégé du mot x"f- «Triffxoacs ; car ils appellent présentement couri les prè- Ires qui gouvernent les églises de la campagne , que nos Français établis dans ce pays-là appellent curés , ce qui a assez de rapport. Tels étaient ceux qui ont signé avec celte qualilé plusieurs altestalions sur l'Eucharistie, pendant l'ambassade de M. de Noiiitel.

II semble néanmoins que les nesloriens aient eu autrefois de véritables chorévêques ; car on en trouve quelques-uns nommés dans l'inscription syriaque et chinoise, qui est un monument certain de la mission qu'ils envoyèrent à la Chine, dont nous parlerons ailleurs amplement, entre autres /2</6M2i(/, prêtre el chorévêque de Cumbdan, c'est-à-dire Nankin. Mar Sergis, c'est-à-dire Sergius cliorévêque, sans marquer de quel lieu. Enfin on trouve le nom d'Adam, diacre du cliorévêque el papas de la Chine. On n'a aucune connaissance en détail de ces ecclésiastiques; mais puisque dans le dernier article la dignité de cliorévêque est JMnte à celle de papas, qui signifie la même chose que métropolitain de la Chine, on peut conjecturer avec fondement que ces chorévêques avaient la puissance épiscopale pour ordonner des prêtres, des diacres et d'autres minisires inférieurs , ainsi qu'il était nécessaire dans le nouvel établissement d'une église. Car la tradition des Portugais, que leurs auteurs modernes ont fait trop valoir, touchant la prédication de S. Thomas à la Chine est insoutenable, quoiqu'un de nos derniers écrivains l'ait voulu faire passer comme constante. Ainsi il y a tout sujet de croire que les premiers chrétiens qui soient entrés dans la Chine, ont été ces nestoriens dans le huitième siècle : et on reconnaît par les autres^missions qu'ils ont faites dans la Tarlarie et aux Indes, qu'ils y envoyaient des évoques, qui ordonnaient ensuite des naturels du pays. On ne peut pas douter non plus qu'il n'y ail eu dans l'église nestorienne une métropole de la Chine, puisqu'on la trouve marquée dans la notice que nous avons des églises dépendantes du catholique , et que lorsque les Portugais arrivèrent aux Indes, ils y trouvèrent un prélat auquel tous les chrétiens du pays étaient soumis , qui avait élé ordonné par le calholique ou patriarche des nestoriens, et qui prenait la (jualité de métropolitain des Indes el de la Chine. II y a donc tout sujet de croire que dans le huitième siècle ces chorévêques nestoriens avaient la puissance épiscopale; mais nous ne voyons pas que cela ait subsisté dans la suite.

Les Syriens jacobilcs n'ont connu les chorévêques que dans le sens que nous avons marqué; de même que les Copines ou Égy|)tiens ceux qu'ils ont appelés comos. Il y a encore une difierence de discipline entre ces deux communions, en ce que les Syriens n'ont pas regardé cotte dignité comme un ordre distingué du sacerdoce, en quoi ils se sont conservés dans l'ancieu usage; au lieu que les Cophtes en ont l'ait, ce

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senilde, un ordre distingué du sacerdoce el de répiscopat. Car il est ordoiuié dans leurs constitutions , et la pratique en csl prouvée par divers exemples, qu(! quand un patriarche d'Alexandrie est ordonné, s'il n'est pas komos, ouarchiprêlre, ou igumenos, ce ou'ils regardent comme la même chose, on lui donne celte dignité avec les cérémonies et les prières dont i. sera parlé ci-après; ce que les autres jacobiles ne pratiquent point, et ce que les Cophles même n'observent point à l'égard de la dignité d'archidiacre.

Il n'y a que les Coi)hlcs qui mettent au même rang la dignité de Vignmcne ou d'archimandrite, et celle de komos ou d'arcliiprêlre ; apparemment parce que comme les arcliiprêtres ou curés ont la charge des âmes à l'égard des séculiers, de même les archimandrites ont cette autorité à Tiigard des religieux, quoique depuis plusieurs siècles il parait que ce ne sont que des marques d'honneur sans aucune fonction, puisque les Cophtes font des archiprêlres ou curés sans charge d'ànies , el des archimandrites ou supérieurs de monastère* sans religieux.

Les Syriens n'ont pour leurs archiprêtrcs aucune ordination proprcmcnl dite; ce n'est qu'une bénédiction, quoique le mol de xstpsTovîK y soit employé. Suivant l'office que le P. Morin a donné, l'archidiacre prés nie celui qui doit être pronui à celle dignité , et il se sert de ces paroles : Nous offrons à voire sainteté, père saint et élu de Dieu , notre évêque , ce serviteur de Dieu qui attend l'ordination divine, pour passer de ["ordre des prêtres à celui des archiprêlres. L'évêque dit : Gratta divina, etc.; ensuite quelques autres prières , dont le sens est conforme aux répons que chante le chœur, pour demander que la grâce du Saint-Esprit descende sur celui qui est présenté. L'évêque dit une oraison qui est presque la même en subsl.ance ; il souffle trois fois au visage du nouvel archiprêtrc, mais il ne fait pasjimposition des mains.

On pourrait soupçonner que le manuscrit dont on a tiré la copie que le P. Morin a suivie dans sa traduclion , n'était pas entier; mais celui du grand-duc , qui est très-complet, confirme que l'imposition des mains ne se pratique pas à l'égard des archiprêlres. Les oraisons sont plus courtes, el ne signifient qu'une simple bénédiction, et non pas une ordination proprement dite, ce qui se p'VMivc par deux raisons incontestables. La première est que l'évêque ne dil pas cette oraison , ni les autres qui peuvent contenir la forme d'une ordination vi aiment sacramentelle , sur la tête du nouvel archiprêlre, ni étant tourné vers lui, comme il se pratique dans toutes les autres ordinations, mais éiaul tourné vers l'autel. La seconde raison , qui est encore plus foi te, est que la mente prière par laqe-ciie finit l'office se dil également pour bénir une abbesse, qui n'est pas un sujet capabb; des ordres sacrés. On peut encore ajouter que sinvant ce Rituel du grandduc on ne prononce pas la formule Gratta divina , ni l'autre par laquelle il est dil : Un tel est ordonné à tel ou tel ministère ecclésiastique.

Le P. Moiin a donné un aulre office , qui a j)our.

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tilrc : VOrdînation des chorévêques, dans lequel cepcn daiil on ne peul rcmannicr nucunc difTérence cssenlielle de celle des arcliiprêtrcs ; cl la comparaison de cclni-ci avec les aiilres l'ait voir que c'esl la niénne cérémonie sous différenis noms. S'il reslail quelque difficulié, elle cesserait enlièrcment par le témoignage du manuscrit de Florence, où il est mar(|ué que par les clioré éqnes les jacobites syriens entendent les arcliiprêlres ou curés de campagne; et même dans l'office donné par le P. Morin, ceux qui sont appelés chorévê- ([ues au comniciicctneni., veis la fin sont appi'lés court. 11 est aussi très-lacile de reconnaître par les prières et par les riles qu'on ne pourrait ordonner de celle manière un cliorévéque , suivant l'ancienne acception de ce mot dans les auteurs ecclési;>sliqucs. On ne peut alléguer au contraire les traductions orientales des anciens canons, où le mot de cliorévéque est souvent employé; car les traducteurs se sont contentés de rendre fidèlement les paroles (pi'ils trouvaieut dans le texte grec, de même qu'ils ont fait à l'égard de plusieurs autres semblables, qu.iiqiie les oriiees qu'elles signifiaient ne fussent plus en usage dans leurs églises.

On n'a trouvé jcsqn'à présent aucune ordination des archiprèlres, nideschorévèques, selon l.es ncstoricns; car quoiqu'il y ait (pielque sujet de croire , sur ce qui a élé rapporte de leurs missions à la Cliine et aux Indes, qu'ils ont eu des chorévèques avec puissance épiscopale, il ne s'en trouve aucun vestige dans ce qui nous reste de leur histoire , ni dans leurs Pontificaux.

Les jacobites égyptiens ont une discipline différente touchant les archiprèlres, igumènes, archimandrites ou komos, ainsiqu'ils les appellent, et non pas abigumenus, coumie on pourrait se l'imaginer sur la version qu'Allalius a insérée dans ses Symmicla. Ab signifie père en arabe comme en hébreu et en d'autres langues; et un liégumène ou igumenos, comme ils prononceni, peul s'appeler ab ou père; mais cela ne fait pas qu'abigiimeuos soit le titre qu'on lui donne. La différence consiste en ce que l'évêiiue impose les mains à celui qu'il ordonne arcliiprétre ou igumène; qu'on dit l'oraison Cratia divina , et que l'évcque faisant le signe de la croix sur le front de celui qu'il destine à celle dignité, dit ces paroles : A'oms appelons ou déclarons un tel igumène au saint autel de telle église. Les Rilucls cophles rapportent les mêmes paroles, ainsi que font les auleurs qui ont explitpié les riles; de sorte qu'on ne peut pas douter de la pratique de celle discipline. Cependant ni les i ites ni les prières ne contiennent rien qui fasse connaîire que celte ordination tende à conférer aucun pouvoir semblable à ceux des anciens cliorévêques ; mais sculemenl l'aulorilé pour conduire les âmes , et pour faire les fonctions propres aux pasleurs ordinaires qui ne sont pas au-dessus de l'ordre •acerdolal, sans entreprendre aucune fonction cpiscop-Me. C'est ce qu'on reconnaît par l'iuslruclion que révoque donne au nouvel archiprclre, après que la cérémonie est achevée ; puisqu'elle ne parle que de la conduite des âmes, de la prédication de la parole de Dieu et du bon exempte.

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