ONCTION ET DE L'ORDRE
taux touchant l'Eucharistie, qui a élé rappor:»5 2H son lieu.
L'évêque officiant, après avoir mis une particule du pain consacré dans le calice, el fait ce que les Rituels appellonl In consommation ou Vunion des deux esjjèces, met ses mains au dessus du voile qui couvre la patène cl le calice, pour les sanctifier en quelque manière on les approchant des saints mystères, et en imiwsant les mains à celui qu'il ordonne, il les élève cl les abaisse par trois fois , pour figurer en quelque façon la descente du Saint-Esprit; el en même temps les autres évêques tiennent le livre des Évangiles éle\é sur sa tête, par-dessus les mains de l'officiant, qui après quelques autres prières dit : Un tel est ordonné évêque dans la sainte Église de Dieu, ce qui csl répété par les autres évêques, cl ou nomme le nom de b ville. Après cela le nouvel évêciue s'élanl levé, l'ofiicianl le tenant par la maîn, on le conduit au siège épiscopal où il est placé. On le porte ensuite autoinde l'église aux acclamations de tous les assistants qui crient : A|co;, il est digne; enfin il reçoit la crosse ou lo bâton pastoral.
II y a diveiscs choses dans la traduction el dans les remarques du P. Morin qui mériteraient quelque éclaircisse;ncnt, que nous donnerons ailleurs dans les disserlations latines sur les ordres sacrés selon les Orientaux. Mais il csl nécessaire de remarquer que dans la note cent quatorzième, qu'il a jointe à, ces offices syriaques, il confirme ce qu'il a mis dans^sa traduction, qui donne lieu de croire que les jacohiles versent dans la main de l'évêque consacrant quelque particule de l'Eucharistie. Il n'y a rien de semblable dans le texte, el ce qui est marqué doit être enlemlu spirituellement, selon qu'il est expliqué dans le manuscrit de Florence; c'csl-à dire qu'il fait comme» s'il prenait quelque chose avec les mains. Au resle l;i discipline exacte des églises d'Orient pour conserver jusqu'aux moindres particid>s de l'Eucharislie, ne permcttrail pas qu'on en fil un usage pareil à celui que cette note doimc à entendre.
L'office qui se trouve dans le même manuscrit do Fiorcnce est d'un plus grand détail. L'élu évêque est mené au patriarche par deux autres évêques , cl il se prosterne devant lui. Le patriarche lui dit : Le S(.i:it- Esprit vous appelle pour être évêque ou mélropol'itaiit de N., et il doane s :n consonîcment. On commciice la Liturgie, et on lit diverses Lçons liiécs d'cn<lroU» choisis des Actes des apôtres cl des Éiiîlres qwi it^ gardenl les devoirs d.s évêques. Le pairiarche lui présente ensui'.e une formule de confession do foi» afi I qu'il la récite à haute voix; et après plusieurs oiaisons, un des évêques prononce Cralia divina, etc. Le patriarche en dit d'autres, donl le sens, ainsi qiie des piécéUonles, csl de demander la grâce du S.iint- Esjirit pour celui qui va cire sacré. Puis il fait l'im- |)0sili(m des mains, après les avoir approchées du voile sous lequel sont les saints mystères; ce qu'il fait en la manière qui a élé cxjiliquée en parlant de lordinalion des prêtres. Ou élève le livre des évan-
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piles sur la têlc de celui qsii esl (ordonné, et en même temps le patriarclic lui impose les mains en la manière marquée ci-dessus. Alors il prononce une prière qui conlienl l'invocation du Saint-Esprit, afin qu'il «iiscende sur le nouvel cvêque, el qu'il lui donne toutes les vertus et les qualités nécessaires pour s'acquiiter dignement de son ministère, qu'il lui donne aussi la puissance de juger, de lier, de délier, cl Celle qu'il a donnée à ses apôtres.
Lorsqu'on fait l'ordination du patriarche, tous les cvêques qui sont présents lui imposent les mains, en disant : Nous imposons nos mains sur ce serviteur de Dieu qui a été élu par le Saint Esprit, etc. On ôtc ensuite le livre de l'Évangile, el, après d'autres oraisons il bcnédiclioiis, le patriarche ou celui qui faii l'office tlit : Un tel est ordonné dans la sainte église de Dien ; <i un des évoques continue : évêque de telle ville; ce qui est répété par celui qui fait l'office. On lui donne I iisuito les ornements épiscopaux , et on le place sur le trône. Ce soiil-là les principales cérémonies, cl celles des Cophtes sont assez semblables.
Il esl à remarquer que suivant le rit jacobile, dans lequel il faut comprendre, comme il a été dit ci-dcssiis, celui que le P. Morin appelle des maronites , ni dans celui de l'église d'Alexandrie, il n'y a que quelques oraisons parliculières qui distinguent l'ordinalion'des métropolitains, cl môme des patriarches, de colles des évoques; ce (|ui est conlorme aux règles de l'Église. Les nestoriens seuls, par un abus inexcusable, et qui esl particulier à leur communion, font des prières, l'imposition des mains et d'autres cérémonies essentielles à l'ordination ; de sorte qu'ils semblent Cfoiie que le patriarcat esl un ordre distingué.
Ccl abus esl inconnu dans les autres communions «rihodoxes ou hérétiques. Les nestoriens l'onl inlro- <luil vraisemblahlemenl longtemps après leur séparalion, puisqu'ils n'avaient pu tirer colle coutume de l'Église catholique, où elle n'a jamais été. Les Grecs ont les premiers donné atteinte à l'ancienne disci|)line, en violant les canons qui défendaient avec tant de sévérité les translations des évoques. Les jacobiles syriens n'y ont pas eu plus d'égard, cl quoique l'abus n'ait pas été si fréquent parmi eux, cl qu'il ne se soit établi que dans les derniers temps, ils l'ont pratiqué néanmoins. Mais un évoque transféré à une métropole ne recevait pas parmi eux l'imposition des n:ains, el (wj ne pratiquait pas à son égard, non plus que pour établir un patriarche, aucune des cérémonies qui eût I apport au sacre ; on faisait seulement celle de r intronisation.
Les nestoriens ont porté le renversement de la disiipline au dernier cxeès. On trouve dans les manc.scrils un abrégé de l'Iiisloirc de leurs catholiques ou patriarches , qui va jus(pi'au connnencement du quatorzième siècle , el qui rapporte les noms de soixantc-dix-huit. Il ne paraît pas (|ue les dix-huit premiers aient été transférés; mais des autres (pu suivent, il y en a quarante-neuf qjii étaient évoques ou Miétrop iliiaiiis avant que d'ôlrc faits patriarches,
cl même quelques-uns avaient été transférés plus d'une fois.
Les jacobitcà du patriarcal d'Alexandrie ont au contraire observé très -exactement les anciens canons; car depuis S. Marc jusqu'à ces derniers temps, on ne trouve aucun patriarche qui eût été attaché par une première ordination à une autre église, et c'éiait une exclusion pour cette dignité que d'êire évêque , comme il se prouve par les cmonistes cl par ceux qui ont écrit do l'ordination.
Celte matière est si étendue, qu'on ne pourrait entrer dans un plus grand détail sans passer les bornes de la brièveté que nous nous sommes prescrites. Mais ce qui a été rapporté suffit pour l'aire voir la différence entière de la créance et de la discipline des Orientaux el de celle des prolestants, qui n'ont conservé aucune ancienne cérémonie, sinon l'imposition des mains , qui même esl fort différente de celle que toute l'antiquité a rcconinie comme le fondement et la source du sacerdoce de la nouvelle loi. Car, comme il a élé remarqué, tous les chrétiens ont cru que pour imposer les mains efficaccmeut, et communiquer aux autres la puissance de lier el de délier que Jésus-Christ donna à ses apôtres , il faut l'avoir re- ^ue de ceux qui avaient été ordonnés par leurs successeurs, ce qui ne se trouve dans aucune société protestante. Us ont encore moins attribué aux laïques l'autorité de conférer celle puissance; et quoique le peuple, selon l'usage des premiers siècles, ail pari .Ti!x élections des évc(pies el des patriarches , ils o«l parfaitement distingué l'élection el l'ordination ; de sorte qu'ils n'ont jamais cru que les ministres sacrés pussent être ordonnés sinon par des évoques. C'est ce que les patriarches d'Alexandrie jacobites reprochèrent à une secte obscure de barsanufiens, qui s'était conservée en Egypte durant plusieurs années, cl qui se réunit à eux. On trouve à la vérité que les Éthiopiens, ayant élé longtemps sans métropolitain, •hligcrent un prêtre à faire les fondions épiscopales ; mais les patriarches d'Alexandrie regardèrent ccl allenlat comme un sairilége qui n'avait eu aucun effet. Un autre abus qui s'est introduit parmi ces mêmes Élliiopiens d'ordonner indifféremment un nombre infini de prêtres , de peur de se trouver dans l'état où ils ont été quelquefois par la longue vacance du siège métropolitain , esl une nouvelle preuve de la créance qu'ds ont qu'on ne peut être ordonné, sinon par des évoques.
Nous ne trouvons pas dans les Pontificaux la confession de foi sur l'Eucharistie , que chaque prêtre est obligé de faire , tenant une particule s icrée dans sa niaiu , comme le marque Abulbircat, dont le témoignage ne peut être suspect , puisqu'il est confirmé par le Rituel du patriarche Gabriel. Elle a été rapportée précédemment , cl si les Pontificaux n'en parlent point, c'est que cela regarde la Liturgie.
On fera peul-ôlre quelque difficulté sur ces ordinaiDns orientales, parce que quelquefois elles ont élé coiidanmécs comme invalides. Mais ce n'a jamais fié
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l>:»r aucun jugement de l'Église ni des papes ; cl ce qui pcul avoir élc Tail à leur insu par des personnes •ipii avaienl plus de zèle que de sncnce, ne peut eue regardé comme revêlu de leur anloriié. Il esl au moins Irès-cerlain que sous le ponlidcal d'Urbain V)II, on jugea , après avoir écouté les avis de plusieurs grands théologiens , que les ordinations orienlales niaient valides; cl longtemps auparavant Léon X et C.léuienl Yll avaient publié un bref en forme de conslitulion , par lequel ils conlirmaienl anlanl qu'il était besoin aux Grecs l'usage de loules leurs cérémonies dans les sacremcnls , cl ils les conservent encore à Home cl parioul ailleurs. Allaiius a doinié ce bref
MAUiAGE.
en grec cl en lalin , et Yi. ilabcrt l'a fait imprimer aussi dans son Ponlilical des Grecs. Lui-même, le P. Morin et plusicuis aulres théologiens versés dans ranlifiuiié ecclésiasliiiue , oui sunisamment éclairci celte matière , qui ne regarde pas notre dessein. C'est aux prolestants à montrer que ceux qui conscrveni une discipline [lareillc à celle des Orientaux peuvent s'accorder avec eux, et si les premiers réformateurs ont en raison d'abolir , comme des abus introduits dans l'Église romaine , des cérémonies que ces cornmimions séparées d'elle conservent depuis tant de sii'cles.