‹ Perpétuité de la foi de l'Église catholique sur l'eucharistie (volume 2)Chapitre 263 sur 323 · L\Y. \I. DU · texte numérisé non relu

L\Y. \I. DU

gam/îs , el en rejetant entièrement les quairièmcs noces. Es refusent la bénédiction nuptinlc aux troisièmes el aux quatrièmes , ce qui a été remarqué comme une de leurs erreurs, qui leur est commune avec les Orientaux, par quelques missionnaires, quoiqu'il s'en trouve peu qui aient connu leur discipline sur cet article. On peut en effet, suivant les principes de leur théologie rapportés ci-devant, juger qu ils ne reconnaissent pas les troisièmes ou les quatrièmes noces pour un sacrement, parce qu'ils ne les bénissent pas, et qu'ils mettent en pénitence ceux qui les contractent. Or on ne donne pas de pénitence , et on ne prive pas durant quelques années de la communion, pour des actions bonnes ou indifférentes.

Ce qu'on peut dire sur cet article est que les Grecs , comme le témoignent Balzamon et Blastares, ne cassent pas les mariages de cette nature , quoiqu'ils les désapprouvent et qu'ils ne les bénissent pas. Si on croit , comme plusieurs théologiens , que le consentement des parties, les signes et les paroles sont ce qu'il y a d'essentiel dans le sacrement, il se trouve dans les secondes, les troisièmes et les quatrièmes noces, et par conséquent elles sont un sacrement, que le défaut de la bénédiction de l'Église ne peut pas détruire ; puisque , selon S. Thomas, elle ne liât pas partie du sacrement. Mais comme les Grecs ni les Orientaux n'ont pas traité ces questions avec tant de subtilité, et qu'il semble qu'ils font consister le sacrement dans la bénédiction nuptiale, on en pourrait conclure que lorsqu'ils ne la donnent pas ils ne croient pas qu'il y ait de sacrement, c'està-dire un rit sacré qui produise une grâce spéciale. 11 disent ordinairement, surtout les théologiens orientaux , que la conjonction naturelle de l'homme et de la femme ne devient licite que par la bénédiction de l'Église; par conséquent le mariage qui en est destitué ne sera pas, selon eux, un sacrement. Cela n'empéchc pas que ce mariage n'ait la même force que ceux qui sont célébrés selon les règles, et il n'est pas cassé comme d'autres entièrement illégiliines; d'où il s'ensuit que quoique l'église grecque ne bénisse pas les troisièmes et quatrièmes noces , elle les permet néanmoin-;, el elles les tolère, non pas comme un moindre bien , mais comme un mal moins grief que la débauche ou le concubinage. Car une preuve certaine qu'ils regardent ces mariages comme un mal, est qu'ils les punissent même plus sévèrement que la simple fornication , outre qu'ils n'y trouvent pas la signification de Tunion niy.-li(iue de Jésus-Christ avec l'Église, prétendant qu'elle ne se rencontre que dans le premier mariage, qui est le seul qu'il appellent Tc>ito5 yà^aoj, et qui, selon S. Épiphane, consisle principalentent dans la monoijomie.

Il paraît qu'aucun particulier n'est en droit de tmiler celle pratique comme contraire à la foi , puisqu'elle est fondée sur une autorité aussi considérable que celle de S. Basile , et sur une tradition de plusieurs siècles, que l'église grecque a pratiquée sans

P. DE LA F. III

MARIAGE

aucun reproche de la part des L;Uins, lorsque l'union a subsisté, et sur laquelle il n'y eut aucune contestation dans le concile de Florence. C'est cependant ce qu'ont fait quelques écrivains de ces derniers temps, dont un a donné des réponses comme faites à des questions proposées par le patriarche des maronites, dont un article était : qu'ils ne croijaient pas qiCon pût admettre les hommes et les femmes à de quatrièmes noces. A cela on répondit, selon cet auteur, par un passage de S. Jérôme cité dans le décret , par lequel il dit qu'il ne condamnait pas ceux qui se mariaient, non seulement deux fois , mais encore plus ; et que la raison était que des noces , quoique multipliées , il en venait un bien , qui était les enfants et le remède à la concupiscence; et que celui qui nie que cela soit permis n'est pas dans des sentiments catholiques (i). Cet auteur devait marquer sur l'autorité de qui était fondée cette réponse, suivant laquelle non seulement les Grecs et les Orientaux , mais S. Basile el toute l'ancienne Église n'étaient pas orthodoxes ; ce qu'on ne peut dire sans une grande témérité, et ce n'est pas entendre l'ancienne discipline que d'en parler ainsi.

L'Église orientale a souffert les troisièmes el les quatrièmes noces, mais sans les approuver, puisqu'elle leur a refusé sa bénédiction. Elle n'a pas néaiunoius retranché de son sein ceux qui les contractaient , mais elle les a châtiés par des peines salutaires, en les mettant en pénitence, à laquelle n'étaient pas reçus ceux qui ayant commis quelque crime n'y auraient pas renoncé. Or, comme il a été remarqué , elle n'oblige pas les personnes mariées en troisièmes el en quatrièmes noces à se séparer, comme on y oblige ceux qui auraient contracté des mariages entièrement illégitimes , à cause des empêchements canoniques. Les autres sont donc considérés comme valides, et le commerce des contractants n'est pas comîamné comme un concubinage illicite. Cela seul suffit pour montrer que l'église grecque ancienne el moderne n'a jamais été à cet égard da.is des sentiments pareils à ceux des monlanistes et des novatiens, puisqu'elle les condamne, en même temps qu'elle défend les noces dans lesquels l'incontinence est le principal motif qui y engage ceux qui les contractent.

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