MV. VII. ITE LA
que Dieu est admirable dans ses saiiils , iiiêino après Ir-ur niorl.
Siiiiéon de Tliessaloniqne, que les Grecs regardent comme un de leurs plus grands ihéologiens , et dont les ouvrages ile|)nis l'impression quels princes de Moldavie en on fait faire, sont entre les mains de tous les ecclésiastiques de l'église grecque, pinit suffire seul pour faire connaître la graiulc vénération qu'elle a pour les reliques des saints. Dans son premier traité, parmi phbicurs autres preuves qu'il rapporte de la loale-puissantc protection de Dieu sur TÉglise, il met les miracles qui se font par les reliques des saints , que les i))ipies voient cl dont ils sont obligés de reconnaître la vérité. Dans son traité de la Dédicace des églises il en parle fort au long, en expliquant la cérémonie qui se fait de mettre sous ratilel des reliques des martyrs. l'évêque, dit-il, allant dans une ancienne église, oii ont été dépotées les reliques , dit deux prières qui contiennent des actions de grâces à Dieu, pour le don qu'il nous a fait des reliques des saints martyrs, et il les met sur sa tête ; puis les ayant ainsi portées , il les dépose selon la coutume. Car on ne peut pas consacrer une église sans les reliques des martyrs ou d'autres suints, parce que les martyrs sont les fondements bâtis sur le fondement du Sauveur, Il faut aussi que dans l'église ils soient sous faulel ; car l'église est un autel , étant le trône de Dieu et le monument de Jésus-Christ Dieu. C'est pourquoi Caulel est oint avec le chrême, l'Évangile est mis dessus, et et on met dessous avec raison les reliques des saints, sans lesquelles, comme les saints l'ont déclaré , la dédicace ne peut cire faite. On les met auparavant dans l'église, comme étant sanclijlés et comme les membres de Jésus- Christ, enfin comme des autels consacrés par le sfxrifice qui en a été fait pour lui. On les met dans le sttint disque ou patène, parce que les reliques des saints qui ont combattu pour le Maître participent à l'honneur qui Itii c'ot rendu. On les dépose sur la table consacrée , parce qu'ils sont morts avec Jésus-Christ, et qu'ils assistent à son trône divin. C'est pourquoi l'évêque les porte élevées sur sa tête avec le disque , de même que les divins mystères, et les honorant comme le corps et le sang de Jésus- Christ. Car si S. Paul , parlant à tous les fidèles , dit : « Vous êtes le corps de Jésus-Christ et une partie de ses membres, » ceux qui ont combattu pour sa gloire, et qui ont imité sa mort, sont le corps de Jésus-Christ et ses membres. Par cette raison on transporte tes reliques d'une ancienne église dans la nouvelle en pompe, avec des encensements, des lumières et des hymnes, pour faire voir que les suints sont toujours avec Dieu, mais qu'ils sont aussi avec nous , par vu renouvellement de la grâce de Jésus-Christ envers nous.
Il dit à peu près les mêmes choses en parlant des cérémonies praliijuées en pareille occasion à Constantinople, ajoutant qu'on met les reliques dans une boîte d'argent, de cuivre ou de pierre, ayant versé dessus auparavant du chrême , cl qu'on les dépose sous la 8:;inte table, qui est le tombeau de Jésus-Christ: «m'ensuite l'évêque enferme cette boîte s>)remeiil, afin «ju'on ne puisse rien ôler des samics rvliqi;es.
TRADITION. fO^JS
Tous l'S chrétiens orientaux ont les niê;nes on «le scmbiables pratiques, comme il est maniué eu divers oflices de la dédicace des églises , et suivant l'ancien usage ils mettent des reliques des martyrs sous l'autel avec de grandes cérémonies. C'est ce qui est expliqué en détail dans le ililuel du patriarche Cabri 1 , dans Abulbircal et dans presque tons les canonistir* ; et ils sont tellement éloignés de ce que les premiers réformateurs ont enseigné et pratiqué sur ce sujet , qu'ils comprennent bien que des Juifs cl des Malioniélans puissent brider et foult-r aux pieds les reliqucs des saints; mais on aurait delà peine à leur faire concevoir que des chrétiens, ei surtout des hommes qui prétendaient réformer 1 Église , aient commis el justifié de pareils excès.